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La
rumeur est devenue réalité. Edem Kodjo n’a jamais
voulu quitter la Primature. Les spéculations
allaient bon train dans la presse annonçant le refus
catégorique de Edouard Kodjo de quitter la primature
et surtout de céder la place à un opposant en la
personne de Me Agboyibo Yawovi ou plus grave d’un
membre de l’UFC. La preuve, après la passation du
pouvoir entre lui et son successeur, le plus
administrateur de tous les togolais a, semble-t-il,
refusé de rendre les clefs de la primature au
nouveau locataire.
Vomi par le peuple togolais suite à ses nombreux
coups bas qu’il n’a jamais eu la peine de porter à
ses compagnons de lutte et par là à tous les
togolais, l’ex-PM Edouard Edem Kodjo, a été
naturellement remercié par son premier patron de
Lomé II, feu Etienne Gnassingbé et ensuite par le
fils Faure Gnassingbé.
Edouard Edem Kodjovi Kodjo est le « mauvais
esprit qui gêne l’Unité Nationale du Togo »
comme le dit si bien l’hymne du Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT) dont il a été l’un des membres
fondateurs et aussi le Premier Secrétaire Général.
En
effet, à la suite des élections législatives de 1994
il est devenu parti charnière et vole la primature à
son compagnon et ami Me Agboyibo à qui logiquement
était destiné ce poste. C’était le début d’une suite
de trahison dont lui seul maîtrise le secret.
Les manœuvres sous-marines auprès du Général
président d’alors n’ont eu leurs effets que durant
deux ans. En 1996, il sera chassé de la primature
suite à des élections législatives anticipées qui
donnent victoire au RPT.
Ce
n’était que partie remise, Edem Kodjo refait surface
au sein de l’opposition où il est accueilli bien sur
avec une méfiance. Un pied dans l’opposition et un
autre dans le système RPT, Edem Kodjo s’est laissé
découvrir par le peuple, trahi par son ventre et les
effets de son pacte avec le système RPT. Les scores
microscopiques de son parti réduit à lui et à
quelques amis, aux différentes élections
présidentielles et législatives qui vont suivre
montreront combien ce diplômé des grandes écoles
administratives est méprisé et considéré comme « le
mauvais esprit qui gène l’unité nationale ».
Le
05 février 2005, le Général Eyadema mourut et son
fils Faure Gnassingbé prend le pouvoir dans une
situation de violence indescriptible et à la suite
d’une élection présidentielle la plus meurtrière et
la plus frauduleuse au monde.
C’est alors que le sieur Edem Kodjo revient à la
charge et dame encore une fois le pion à Me Agboyibo,
président de la Coalition démocratique, pressenti
Premier ministre de transition et soutenu par le
peuple.
Les armes secrètes de cet ancien fonctionnaire de
l’OUA (devenue UA) ont encore servi. Edem Kodjovi
Kodjo est rappelé à la primature pour soit disant
« rétablir le calme dans le pays à la suite des
troubles survenus après la mort de Gnassingbé
Eyadema ».
En
somme son deuxième passage à la primature a fait
plus de tort que de bien au peuple togolais.
Après l’Accord politique global, Edem Kodjo se verra
encore chasser de la primature et cette fois
remplacé par son éternel tourment Me Agboyibo. Et
ceci n’a pas été facile pour le président Faure de
prendre cette décision tellement le vieux coq a
repris ses racines au sein de son ancien parti
politique le RPT qu’il a sorti toutes ses griffes et
menacé qui de droit pour qu’on ne puisse pas le
bouter hors de la primature qu’il considère
désormais comme son héritage aussi.
Quelques jours après la formation du gouvernement
déjà pléthorique de Agboyibo, le Roi Gbogboyagbo est
nommé Ministre d’Etat à la Présidence élevé au rang
du numéro 2 du régime ou encore vice Premier
ministre. Et c’est là que le bas blesse. Me Agboyibo
se voit talonner par son éternel porc-épic qu’il est
désormais obligé de rencontrer dans les couloirs de
la présidence. Les basses manœuvres de ce fils de
Noépé n’ont jamais cessé.
D’ailleurs ceci a des racines lointaines. Lors de
son passage à la tête de l’OUA il a laissé des
tâches indélébiles dans la mémoire de la communauté
internationale : la reconnaissance de la République
Sahraoui
sans l’accord des chefs d’Etat et de gouvernement ;
le plan de Lagos qui apparaît comme une incantation
plutôt qu’un remède contre le sous-développement des
pays africains etc.
La
vie politique d’Edem Kodjo depuis son retour au Togo
en 1964 après ses études, est faite d’intrigues et
de trahison, le tout au service de son ambition. Que
retiendront les togolais de l’action politique de ce
personnage imbu de sa personne qui a toujours trahi
ses collègues pour assouvir ses intérêts ?
L’histoire nous le dira. Mais pour l’heure, il
semble que l’exaltation de son ego presque atrophié
pourra être retenue comme fait marquant sa carrière
politique.
Pourquoi Faure Gnassingbé n’arrive pas à se
débarrasser de ce personnage conspué par la
population toute entière ?
De
la primature au Conseiller du Président de la
République en passant par le poste de ministre
d’Etat à la présidence, Edem Kodjo apparaît
aujourd’hui comme un Vice-président et celui là qui
est choisi pour soutenir l’action du pouvoir après
les législatives afin de permettre à l’héritier du
« Royaume du Général Fondateur du Togo nouveau »
d’aborder l’échéance présidentielle de 2010 avec
moins de soucis et moins de sang que celle de 2005.
Ou encore de servir de remplaçant au PM actuel au
cas où. Me Agboyibo doit passer des nuits blanches
et rêver d’Edouard Kodjo qui lui hante le sommeil.
Un faux pas de sa part et M. Kodjo prendra sa place
automatiquement. Me Agboyibo a des soucis à se faire
car cette position dominante d’Edem Kodjo qui jouera
le rôle de conseiller prééminent au Palais, ne lui
facilitera pas la tâche. Lui qui n’avait pas ménagé
ses acerbes flèches contre celui qui se considère
comme étant le plus qualifié des opposants à diriger
le Togo.
Pauvre Togo ! Tes fils n’ont aucun idéal pour toi,
sinon à satisfaire leurs intérêts personnels.
Vich
S. |