Les Eperviers du Togo ont perdu de leur
superbe depuis vendredi au coup de sifflet
final du match qui les opposait aux Bleus de
la France.
Les poulains de l’entraîneur Otto Pfister ont
fait une prestation à l’image de la
fédération, nulle ! Pendant que leurs
adversaires peaufinaient les derniers réglages
pour la compétition, Shéyi Adébayor et ses
amis se sont bien illustrés dans les faits
divers.
Tout commença avec la sortie ratée du Gunner à
la TV7 où il fit montre d’une carence en
fair-play en critiquant la sélection de Robert
Malm. Comme s’il redoutait la concurrence,
Shéyi a laissé entendre qu’il ne lui adressera
pas de passe sur le terrain. Les critiques ne
se sont pas faites attendre et le grand
Adébayor s’envole pour Wangen via Paris.
Sur place, les Eperviers signalent leur
présence par une ténébreuse affaire
d’hébergement. Les joueurs inexpérimentés,
s’attendaient à un hôtel cinq étoiles en lieu
et place d’une base d’entraînement. La FTF
aussi désorganisée qu’on ne pouvait
l’imaginer, tend la perche à Shéyi et ses
camarades pour animer les faits divers. La
ridicule affaire de prime connue à la veille
de leur décevante Coupe d’ Afrique des Nations
en Egypte refait surface. Les joueurs exigent
d’entrée 101 millions de F CFA comme prime de
participation avant de le revoir à la baisse à
80 millions. Nibombé Daré et autres Abalo
Dosseh arguent que l’enveloppe de la FIFA
permettait cette prime.
Le bras de fer entre joueurs et dirigeants
togolais devient mondialement préoccupant et
le Togo devient la risée des autres
participants. Un journal allemand va jusqu’à
traiter les joueurs togolais de 23 acteurs de
cirque.
Otto Pfister, le doyen des sélectionneurs à
cette 18e Coupe
du monde, à quatre jours de la première sortie
des Eperviers dans la compétition démissionne.
« J’ai tiré les conclusions que l’équipe
n’avait plus besoin d’entraîneur », a-t-il
laissé entendre ; car depuis 72 heures ses
poulains refusaient de participer à toute
séance d’entraînement si leur problème de
prime n’était pas réglé.
Cette démission donne lieu à toute
interprétation ; Pfister sera traité de tous
les noms d’oiseaux alors que la fédération et
son président Rock étaient perçus comme une
confrérie d’incapables. L’envoyé spécial du
chef de l’Etat, le Gal. Zoumarou Gnofame
n’arrive pas à débloquer la situation.
La piste d’autres sélectionneurs est vite
explorée, l’Allemand Winfried Shäffer, après
un tour à Wangen formule des conditions pour
prendre la place de son compatriote : l’ordre
dans l’instance dirigeante du football
togolais et la discipline des joueurs.
Contre toute attente, « le vieux »,
Otto Pfister est annoncé à quelques heures de
la rencontre contre la Corée du Sud sur le
banc togolais. Kodjovi Mawuéna et Akoussa
Camélio retrouvent leur rôle de doublure et
directeur technique au grand mécontentement de
ces derniers.
Togo – Corée, Pfister assiste l’organisation
de la déroute
Après avoir vainement réclamé leur prime, les
joueurs se rendent à l’évidence qu’ils ont
trop perdu d’énergie. Ils retrouvent leur
mental de gagneur et promettent de livrer un
match mémorable face aux Coréens afin de laver
l’affront de la CAN ratée et prouver aux yeux
des observateurs du football mondial qu’ils
sont capables aussi du meilleur.
Après une dernière disposition tactique à
Frankfort le onze de départ est donné.
Certains joueurs pressentis titulaires seront
délégués le lendemain au banc de touche. Les
cadres en ont décidé ainsi.
Le 13 juin à Francfort ils seront
bien servis à la sauce coréenne d’abord avec
l’hymne de la Corée du Sud à la place de la
Terre de nos aïeux avant de se voir rattraper
en deuxième partie de jeu alors que les 45
premières minutes étaient à leur avantage
grâce à un but de Kader Touré Coubadja. Les
Togolais perdent par 1 but contre 2 et
remettent la promesse contre la Suisse.
Togo - Suisse, le rêve brisé
Après leur piètre prestation de leur première
sortie en Coupe du monde, les joueurs veulent
se racheter face à la Suisse.
Avec sérénité ils se préparent,
seulement, à quelques heures de la rencontre,
les éperviers reviennent à la charge et
refusent de se rendre à Dortmund s’ils ne sont
pas satisfaits.
La FIFA se mêle au débat et trouve
un dénouement en promettant aux joueurs des
avances sur primes dès le lendemain de la
rencontre face à la Suisse. Enfin Agassa et
ses coéquipiers prennent l’avion pour
Dortmund, lieu de la rencontre. Le 19 juin, la
volonté d’Adébayor d’améliorer son image
atteinte en faisant une bonne prestation ne
sera que de courte durée. Le Togolais bien
contrôlé par le vétéran Patrice Müller a dû se
rendre à l’évidence que Dortmund n’est pas le
stade de Kégué.
Les Togolais seront renvoyés à
leurs chères études par les helvètes. 2 buts à
0 c’était le score qui a sanctionné la
rencontre.
Les Togolais éliminés, avaient le
dos au mûr. Tous les regards se tournent vers
les Bleus de France, leur troisième
adversaire : Sauver l’honneur.
France - Togo, l’expérience a payé
Les Togolais avaient la pression au dos car
les cadres se sont illustrés plus dans la
rubrique des faits divers et leur image
sévèrement atteinte « Shéyi, beau parleur
mais nul » pourrait on lire dans certaines
presses qui ont trouvé l’occasion pour
remettre le jeune à sa place.
Conscient de cette situation, les
hommes d’Otto Pfister remettent le cœur à
l’ouvrage face à la bande à Patrice Vierra le
23 juin. Seulement une mi-temps a permis
d’apprécier la bonne présence des Eperviers.
On s’attendait à une seconde partie bien
disputée mais les Togolais qui jouaient à dix,
à cause de la méforme de Shéyi présent sur la
pelouse mais anéanti par les milieux
français, vont s’incliner par deux fois devant
les Bleus.
Les Eperviers du Togo et le
mondial, c’est fini. Les joueurs après trois
défaites en trois sorties auront désormais le
regard tourné vers les éliminatoires de la CAN
2008 qui va se dérouler au Ghana.
Les Eperviers pour leur première
phase finale à une Coupe du Monde ont fait
montre d’une équipe en manque d’expérience.
L’ambiance morose entre les
joueurs entretenue par certains qui se
prenaient pour des stars, a pesé dans le
résultat médiocre bien concocté par une
Fédération ridicule aux yeux des observateurs
de la compétition.
Les Togolais quittent tout de même
la compétition avec des enseignements. Si la
prestation des joueurs ne prête guère à
l’euphorie, des satisfactions individuelles se
dégagent.
Kader Touré Coubadja entre dans
l’histoire comme unique butteur togolais dans
cette compétition.
Alaixys Romao, le jeune milieu
récupérateur qui a relégué au banc de touche
Aziawonou Kaka, le « spice boy » et
Akoto Eric, a démontré que ce n’est pas sur
les médias qu’il doit démontrer qu’il est une
pièce maîtresse de l’effectif togolais.
Tchangaï, Nibombé Daré, Ludovic
Assémoassa, et à la moindre mesure Salifou
Moustapha et Agassa Kossi contre la France,
ont démontré qu’ils méritent leur sélection.
Le Togo rentre avec 3 défaites en
autant de matches disputés avec un seul but
marqué contre six encaissés.
Alex.