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C’est l’extrait d’une lettre circulaire adressée aux
responsables des forces de sécurité et aux autorités
judiciaires.
Devant cette volte-face du locataire de la
Primature, les tenants d’une justice libre ont la
bouche clouée. Edem Kodjo aurait pris la résolution
de libérer ceux qui ont massacré les populations au
lendemain du 24 avril de la peur.
Pourquoi une telle circulaire ?
Depuis quelques jours, l’association SURSAUT-Togo
animée par Kofi Yamgnane fait campagne pour que les
victimes des violences pendant la période électorale
portent plainte devant les tribunaux en vue d’une
action judiciaire de grande envergure. La peur des
tenants du pouvoir n’est pas voilée, car une telle
action serait compromettant aux efforts de Faure
Gnassingbé de polir l’image du Togo à l’extérieur.
La lettre qui instruit les autorités judiciaires
d’ignorer les plaintes déjà reçues et d’abandonner
toute poursuite n’est pas dans l’objectif de mettre
en confiance les nombreux réfugiés qui font leur
chemin de croix à l’extérieur du pays, mais par
contre c’est permettre le sommeil aux vandales qui
ont eu du mépris à la dignité humaine surtout que
Harry Olympio sans scrupule a tenté de porter
plainte contre Faure Gnassingbé.
Pour cette gaffe du président du RSDD, tous les
Togolais savent aujourd’hui quel sort lui a été
réservé.
L’art de la duplicité
Le
21 mars 2006, M. Edem Kodjo a présidé le lancement
du programme national de modernisation de la
justice. Pour la circonstance, le maître de la rue
Noépé dans son avalanche de gros mots déclarait :
« La mobilisation générale en faveur de la justice
doit nous amener aussi à mettre l’accent sur la
qualité des hommes et des femmes qui animent les
institutions judiciaires. J’y veillerai
personnellement, comme le firent avec un certain
nombre d’éminents juristes, à l’avènement de
Bonaparte, pour léguer à la France contemporaine
cette justice moderne à laquelle nous aspirons tant.
Vous pouvez comptez sur moi ! » Cette
déclaration ressemble à un somnifère quand on enlève
à la justice les dossiers épineux qui devraient
mettre à nu sa nouvelle tendance, c’est ridicule de
prôner le rayonnement de la justice togolaise mais
de ramer du coulisse contre son indépendance.
M.
Kodjo ne pourra pas convaincre les politologues qui
ne cessent de « rallier » sur son incapacité
de conduire les Togolais vers la Réconciliation.
Avant de parler de réconciliation, il faut toujours
une justice pour déterminer le coupable, ensuite le
coupable doit reconnaître sa faute et demander
pardon. Enfin supplier sa victime qui avec la
médiation qui pourra, s’il y a nécessité, accorder
son pardon et là c’est la réconciliation.
Le
scénario que présente M. Kodjo à l’opinion nationale
frise l’insulte à l’intelligence humaine et c’est
dommage pour la démocratie.
Alex MIKODOME |