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15 mars 2006

[No 73: du 14 mars 2006]

Le groupe Bolloré mis en échec au Togo

Bolloré tente de s’approprier l’exclusivité de la manutention du conventionnel

Pour le passage à la deuxième phase de libéralisation de la manutention Jacques Dupuydauby avait, en accord avec les Autorités togolaises, déposé une demande de licence de manuten­tion du conventionnel par l’inter­médiaire de la société SE2M Togo.

Le Groupe Bolloré lui ayant fait savoir qu’il entendait présen­ter via sa filiale SAGA-Togo une demande séparée, Jacques Dupuydauby s’est vu contraint de concourir sans armateur de réfé­rence à l’obtention de cette licence de manutention du conventionnel, via la société SE3M Togo dans la­quelle le Groupe Bolloré n’était pas présent,

Au final, SAGA Togo renonçait à présenter sa candidature, et prenait une participation minoritaire de 30 % au capital de SE3M Togo.

C’est dans ces conditions que l’agrément pour la manutention con­ventionnelle a été attribué en avril 2004 à SE2M Togo, par décret du Président de la République Togo­laise. Echec de cette première ten­tative.

Refus du groupe Bolloré de participer à la construction d’un troisième quai - projet vital pour  
Le Port de Lomé est le seul port de la région à bénéficier d’un tirant d’eau naturel permettant l’accueil des navires porte-conteneurs de nouvelle génération, et les Autorités Togolaises ont toujours souhaité exploiter cet atout majeur pour faire de ce port le point de transbordement vers l’hinterland du Togo (Burkina, Mali, Niger), ainsi qu’un centre d’éclatement vers la sous-région maritime.

Dans un premier temps, le Groupe Progosa a créé dans chacun de ces pays des filiales qui ont vocation à développer des ports secs dans ces pays.

Dans un second temps, le Groupe Progosa s’est attaché à dé­velopper le projet d’adaptation du deuxième quai et de construction d’un troisième quai. Ces infras­tructures, spécifiquement adap­tées à l’accueil de navires porte conteneurs de nouvelle génération, sont indispensables pour confirmer la vocation du Port de Lomé à de­venir le premier port de transborde­ment de la sous-région maritime.

Ce projet est donc un en­jeu majeur pour le Togo. A ce ti­tre, sa mise en oeuvre était suivie avec une particulière vigilance par son Excellence le Général Eyadèma alors Président de la Ré­publique Togolaise.

Insupportable perspective de concurrence pour, le Port d’Abidjan ce développement a été perçu par le Groupe Bolloré comme une menace directe pour ses in­térêts, puisque ce groupe ex­ploite sur un fondement dé­pourvu de base légale le termi­nai de Vridi en Côte d’Ivoire, et s’as­sure de fait une situation de mono­pole dans un pays où il possède de puissants intérêts.

Le masque est alors tombé.
En sa qualité d’actionnaire présent au capital de SE2M Togo, le Groupe Bolloré s’est opposé à ce que cette société participe à l’aménagement du Môle II du port de Lomé.

Le Groupe Bolloré a éga­lement refusé de participer au projet de construction du troi­sième quai.

Affichant sans aucune ambi­guïté sa stratégie d’obstruction à tout projet de développement menaçant ses positions de monopole, le groupe Bolloré manifestait ainsi clairement tout l’intérêt qu’il porte au développement des pays qui ont assis sa prospérité.

A la demande des Autorités Togolaises et du Président de la République, Jacques Dupuydauby s’est donc rapprochée d’autres par­tenaires pour mener à bien ce pro­jet.

Le Groupe CMA-CGM, pre­mier armateur français et cinquième armateur mondial, s’est intéressé à ce développement et le projet s’est ainsi concrétisé par la signature au mois de novembre 2004 d’un proto­cole entre la République Togolaise, par        son Excellence Faure Gnassingbé, alors Ministre de la République Togolaise, et la société SITC (partenariat Progosa/ CMA-CGM).

Le démarrage de la première tranche de travaux a fait l’objet d’une cérémonie d’inauguration en date du 12 janvier 2005, en présence de son Excellence le Général Eyadema, Président de la République Togo­laise.

Le projet est aujourd’hui en voie de réalisation. Echec de cette deuxième ten­tative.

Le Groupe Bolloré tente la mise hors jeu de Dupuydauby le Gêneur

Par une prise de contrôle de Progosa Investment en Espagne Dirigé par un raider, le groupe Bolloré excelle dans les montages financiers et les prises de participations qui, avec le soutien d’associés apparents ou occultes, lui permettent d’investir un groupe en ­catimini, puis de s’en assurer bruta­lement lé contrôle.

Prévoyant que Progosa Investment pourrait un jour lui porc ter ombrage, le groupe Bolloré avait discrètement préparé une opération de prise de contrôle par ses voies et moyens habituels, oubliant au passage que Jacques Dupuydauby les avait déjà person­nellement éprouvés. Puisque viré sans ménagement de la présidence de la SCAC en 1986 par Vincent Bolloré lui-même.

Dès qu’en 2004 l’éventualité d’une telle prise de contrôle avait été évoquée, Jacques Dupuydauby s’était immédiatement enquis de la position des plus hautes Autorités Togolaises, ainsi que de celle des plus hautes Autorités Gabonaises où le groupe est attributaire de la gestion des ports d’Owendo et de Port Gentil.

Ces Autorités ont confirmé leur totale opposition à ce raid, et confirmé qu’en cas de réalisation de cette prise de contrôle, les licen­ces et concessions dont bénéficient les filiales du groupe au Togo et au Gabon pourraient faire l’objet de procédure d’annulation.

Avec l’accord et l’appui de ces autorités, Jacques Dupuydauby a donc mis en œuvre une straté­gie préventive permettant de sor­tir les sociétés africaines du périmè­tre de Progosa Investment, au cas où le groupe Bolloré prendrait effec­tivement le contrôle de cette der­nière.

C’est aujourd’hui chose faite, et depuis la fin du premier trimestre 2005 les sociétés africaines sont sous contrôle du groupe Progosa Shipping Investment, où cette fois Bolloré n’est pas prêt d’entrer par effraction.

Le développement du Port de Lomé peut désormais se poursuivre sereinement.

Echec de cette troisième tentative.

Il faut noter que sommé d’as­sister à la conférence de presse que M. Jacques Dupuydauby a donné le 30 juin à l’Hôtel Mercure Sarakawa pour présenter au nom de son groupe toutes observations sur l’at­titude adoptée par le groupe Bolloré quant à la réalisation et la construc­tion du troisième quai au Port Auto­nome de Lomé et des accords qui avaient été convenus à cet effet. M. CZKOWSKI directeur juridique de la division développement Afrique du groupe Bolloré n’a pas ré­pondu à l’appel.


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