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Campagne tonitruante, projet de grands travaux,
ambition politique, un homme jeune pour un Togo
moderne…sont les unes des grandes intentions qu’on
nous a laissé entendre durant les deux semaines
qu’ont duré les campagnes électorales de l’élection
« suicidaire » du 24 avril 2005 qui a conduit
quelques soldatesques de l’armée togolaise à imposer
le natif d’Afangan Essozimna Faure au peuple
togolais.
Bientôt un an après son investiture à la
tête du pays comme chef de l’Etat, rien de concret
comme politique de grands travaux à indiquer
aujourd’hui. Le fils est pire que le papa. Après le
recul du Togo de 100 ans, sur son développement
économique, aujourd’hui, le premier intellectuel de
la famille Gnassingbé joue avec le destin de la
population qu’il prétend diriger. Alors, les
inquiétudes sont aujourd’hui multiples. Le constat
est là et l’on se pose la question de savoir à quand
donc la réalisation de ces grands travaux ;
c’est-à-dire de ces vingt plus de Faure pour que
finisse le calvaire. D’autres continuent de croire
que ces ambitions font distorsion à la réalité même
qui prévaut sur le terrain. C’est pour cela que les
vingt plus de Faure deviennent encombrant et
embrouillent les bras valides qui commencent par
s’atrophier. Est-ce donc plus pour la
réconciliation et l’unité est lorsqu’on continue de
fêter les événements qui divisent ? Les inquiétudes
sont alors diverses et l’on s’interroge sur les
« vingt plus » de Faure
Plus pour la sécurité est lorsque les
zélés d’une armée constituée à plus de 90 % du clan
Gnassingbé, des beaux parents amis et proches de
cette famille continuent de torturer la pauvre
population civile. Plus pour la sécurité est-il le
renforcement des rackets policiers, gendarmes et
militaires le long de nos routes, est-ce plus pour
la démocratie et l’Etat de droit est quand on
augmente le degré de barbarisme, de massacre, de la
chasse à l’homme, du régionalisme, de
l’ethnocentrisme, de la désinvolture, le laxisme, le
renforcement de l’impunité?
Plus pour les libertés, est-ce lorsque
la pauvre population et les journalistes sont la
cible des menaces des incongrus du régime au
pouvoir. Plus pour la liberté est lorsqu’on marche
sur le cadavre de ses concitoyens pour accéder à la
magistrature suprême.
Plus pour la bonne gouvernance et la
fonction publique, est ce quand on gaspille le
budget de l’Etat pour des funérailles sans fin,
est-ce plus pour la bonne gouvernance est lorsqu’on
dilapide les fonds de l’Etat dans les événements qui
n’apportent rien à l’économie du pays. Plus pour la
bonne gouvernance est-il aussi l’utilisation de
l’économie du pays qu’on aime pour des voyages qui
ne rapportent que des discours pour la population.
Plus pour la bonne gouvernance est quand les faucons
et les conservateurs du RPT ne cessent de piller les
banques et les derniers publics de l’Etat sans être
inquiétés. Plus pour la société civile est-ce en
renforçant la famine, la misère, le désespoir, le
marasme économique, rendant plus misérables les
foyers ? Plus pour la société civile, sans augmenter
les salaires, sans payer les arriérés qui perdurent,
sans respecter les engagements. Plus pour la
jeunesse et l’éduction en remplaçant les professeurs
par les policiers et les gendarmes, plus pour
l’éducation en érigeant des camps militaires sur le
campus universitaire, sans encore promouvoir la
gratuité du cours primaire plus pour la jeunesse ;
est-ce en augmentant le pourcentage des conducteurs
de taxi-moto (zémidjan) plus pour la jeunesse en
renforçant la prostitution, le vol à main armée.
Plus pour les retraités sans reverser
les cotisations faites par ces personnes âgées
lorsqu’elles étaient fonctionnaires. Plus pour la
création des emplois en privatisant le peu que nous
disposons aujourd’hui, en hypothéquant la terre de
nos aïeux aux rebuts étrangers qui en font leur
territoire d’outre-mer?
Plus pour les villes et l’habitat
signifie-t-il rendre plus sales les villes, en
érigeant des « forêts » de dépotoir sur les
rues de la capitale, plus pour les villes, en voyant
l’état dégradant de ses rues surtout pendant la
saison des pluies sans rien faire ? Plus pour
l’habitat en augmentant les bidonvilles partout à
Lomé et dans les grandes villes du pays.
Plus pour les grands travaux, est-ce en
laissant inachevés les chantiers (rues, caniveaux)
malgré ces budgets colossaux débloqués.
Plus pour la santé si le CHU de Tokoin
veut toujours privilégier les bons d’accès aux
salles d’hospitalisation que malades. Plus pour la
santé, est-ce lorsque le premier soin n’est pas
gratuit et que les institutions sanitaires manquent
de main d’œuvre qualifié et que certains agents
deviennent les voleurs de produits pharmaceutiques.
Plus pour l’agriculture, est-ce en refusant de payer
les cotonculteurs bien que même leurs produits
soient en stockage depuis des années.
Plus pour le sport et la culture en
s’excellant dans l’improvisation, l’impréparation,
le hasard, le doute ? Plus pour le sport sans
installer des complexes sportifs dignes de ce nom.
Plus pour la culture sans construction des salles de
spectacle, de théâtre, sans revalorisation des us et
coutumes ?
Plus pour la communication, est-ce en
confisquant la chaîne de la télévision et des radios
nationales pour un seul régime et en augmentant le
degré de mensonge ? Plus pour la communication, en
laissant les professionnels de la communication de
la presse privée pour compte, en refusant la
formation à leur personnel et sans aide financière
pour son autosuffisance.
Du bluff à la démagogie, tout est du
bluff. 100 000 emplois en 5 ans, le budget de la
santé doublé en 5 ans, des actions à conduire, des
chantiers dénommées « Fleuve de l’espérance »,
artisanat dynamique, des hôtels de classe
internationale et nous en passons tout ceci en 5
ans. Que c’est formidable ! Un an presque fini sans
signe précurseur pouvant annoncer la bonne lune.
N’est-ce pas dit-on souvent que si le lundi sera bon
c’est le dimanche qu’on le sait ?
De toutes façons c’est à l’œuvre qu’on
connaît l’artisan. Attendons-nous de voir la suite
même si la population est débordée de la famine, de
la misère et d’une souffrance graduelle.
En tout cas le Togo a des problèmes très
sérieux.
Jérôme SOSSOU |