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Tout
avait commencé par l’envoi de l’UFC d’une recommandation
proposée par son Conseil National, qui s’est tenu à Lomé
les 03 et 04 février dernier, au gouvernement d’Union
Nationale dirigé par Me Agboyibo. Ce dernier, par le
truchement de son Directeur de cabinet, Georges K. Aïdam
répond au nom du Gouvernement en dévoilant la plaie
puante qui ronge l’opposition depuis toujours. L’UFC de
son côté réplique par la voix de son 3ème
vice président Patrick Lawson. « Nous regrettons de
constater que votre réponse verse dans la polémique en
abordant des aspects sans rapport avec la recommandation
de notre Conseil National. Il y a lieu de relever
l’amalgame que vous faites entre l’acceptation du
principe de la formation d’un gouvernement d’union
nationale dans le cadre de l’APG et l’obligation de
participer à un soit disant gouvernement d’union
nationale qui ne reflète pas les réalités du pays »
a lancé Lawson Patrick. Même s’ils essaient de camoufler
leur mépris derrière les mots aux uns envers les autres,
l’UFC et le CAR se sont désormais lancés sur les champs
d’une guerre ouverte.
Pourquoi sont-ils arrivés là ?
La lutte pour le leadership au sein de
l’opposition démocratique a, depuis divisé le CAR et l’UFC.
Le Premier s’estimant être le premier à se lancer dans
une opposition ouverte avec le régime dictatoriale en
place et le second de se vanter avec la confiance
obtenue auprès du peuple et souvent exprimé au cours des
différentes élections auxquelles il a participé. Le
peuple étant resté, malgré tout le maître du jeu du
moins au sein de l’opposition a toujours imposé à
celle-ci de rester et de travailler ensemble.
L’UFC
doit changer de ton
Même
imparfaite et incomplète l’APG a le mérite de gagner
l’assentiment de toutes les parties prenantes au
dialogue et ainsi de tout le peuple togolais.
« L’acceptation du principe de la formation d’un
gouvernement d’union nationale » n’inclut-il pas
« la participation à ce gouvernement » ? Non. Répond
l’UFC. Il préfère rester à l’extérieur pour critiquer.
Et critiquer qui ? Le CAR, la CDPA ou le RPT ? Pourquoi
avoir alors accepté le principe du gouvernement
d’union ? Et si l’UFC avait eu la primature comme elle
l’avait estimée lui revenir de droit formerait-elle un
gouvernement pour critiquer les autres ? Ou encore si
des ministères clefs comme l’intérieur, la finance, la
sécurité, les affaires étrangères leur avait été
accordés par le RPT, refuserait-elle pour rester à
l’extérieur et critiquer ? Tant de questions qui se
bousculent dans la tête des togolais et qui ne trouvent
pas encore de réponses.
C’est vrai. L’UFC a le droit de rester en
dehors du gouvernement. Mais rester dehors et tenir
certains propos pour décourager ceux qui sont dedans
conformément à un accord qu’ils ont ensemble signé n’est
pas sérieux. Le problème viendra du fait que la
primature a été refusé à l’UFC. Mais ce n’est pas la
faute du CAR ni de la CDPA. L’UFC a été tout simplement
dupée par le RPT dans la nomination du PM et la
formation du gouvernement. Si l’UFC a, à la fin des
multiples tractations infructueuses, décidé de rester
dehors et de critiquer, la moindre des choses est de se
réconcilier avec ses amis du gouvernement en cessant de
tenir des propos désobligeants. Cette arme devait être
plutôt utilisée contre l’ennemi du peuple et non les
compagnons de lutte.
Le
CAR en est pour grande chose
Madji « je ne veux pas » et pourtant il a
accepté. D’ailleurs personne ne peut lui reprocher ça.
Si ce n’était pas lui, le RPT était parti pour renommé
l’usurpateur de tous les temps, le malheur des togolais,
l’administrateur Kodjovi Kodjo à la primature.
Mais ce qui a été regrettable est que Me
Agboyibo, après avoir posé cet acte qui, il le savait
très bien, allait mécontenter l’UFC, devait peser de
tout son poids pour que cette dernière fasse partie de
son équipe. Ce n’est pas une histoire de faiblesse ou de
déshonneur c’est plutôt démontré son charisme de
médiateur et de combattant. Au lieu de faire la cours à
son partenaire de lutte, Me Agboyibo tombe dans le jeu
du RPT et piétine l’UFC. La tension ne pouvait que
monter d’un cran et décider l’UFC à se tenir sur ses
gardes. Quoi de plus normal. Me Madji Agboyibo a
sûrement une grande responsabilité dans cette sale et
honteuse guerre qui est née entre les deux forces
démocratiques du Togo. Ceci ne fera que diviser le
peuple et faire la part belle au RPT. La primature
n’avait pas besoin d’adresser une telle lettre réponse à
l’UFC d’autant plus que d’abord, le conseil de ministre
n’avait pas été saisi du problème et ensuite, les
recommandations faites n’avaient rien de contraignant au
processus électoral en cours. Et si c’était un autre
parti autre que l’UFC (le PRR de Nicolas Lawson par
exemple) qui avait adressé ces recommandements, Me
Agboyibo aurait-il répondu de la même façon ? C’est dire
qu’il y a des rancoeurs qui existent entre les deux
partis. Et que chacun se reproche quelque chose.
Que
fait la CDPA ?
Le développement actuel de la situation au
sein de l’opposition n’arrange ni l’UFC, ni le CAR et
encore moins la CDPA, la grande muette. Dans plusieurs
de nos articles précédents nous avons souvent interpellé
le Pr Gnininvi de la CDPA d’intervenir en tant que
médiateur ou réconciliateur au sein de l’opposition. Le
peuple togolais ne fait pas les choses au hasard.
Lorsque plus rien n’ira au sein de l’opposition la CDPA
ne doit jamais penser que toute seule elle pourra faire
grande chose. A défaut de les voir ensemble, le peuple
togolais, soit s’abstiendrait de voter ou pire,
boycottera leurs candidats pour se jeter dans les bras
du premier venu en occurrence le RPT. Le professeur ne
joue vraiment pas son rôle. Peut être que la CDPA a été
offensée de son côté par l’UFC ou le CAR Ce n’est pas
pour ça qu’elle doit faire la grande muette et laisser
pourrir la situation qui ne l’arrange même pas.
Si l’UFC a été plébiscité aux élections
présidentielles de 1998 c’était parce que la CDPA avait
donné l’ordre de voter pour celle-ci. Si le CAR garde
toujours une réputation aux yeux des togolais c’est
parce que la CDPA fait partie de son gouvernement. Et
les exemples sont légions. Pourquoi n’userait-elle pas
de ce charisme pour raccorder les liens au sein de
l’opposition avant les élections prochaines ?
Une
nouvelle opposition doit prendre corps
Le principe d’opposition traditionnelle doit
être dépassé maintenant. Le peuple togolais commence a
être victime de ses leaders traditionnels qui depuis
très longtemps ne s’entendent pas sur une méthode de
travail afin de le libérer de son oppresseur.
Les nouvelles forces politiques du pays
doivent se regrouper pour définir une ligne de conduite
qui pourra convaincre le peuple et surtout combler ses
attentes. Il ne s’agit pas de se lever et de créer son
parti et c’est fini. Il faudra s’affirmer et organiser
la vie politique du pays autrement que ce qui se fait
jusqu’alors.
Les querelles stériles et dangereuses entre
le CAR et l’UFC appuyées dans l’ombre par la CDPA
jettent le peuple togolais dans la gueule du loup. A
cette allure, même si les prochaines élections
législatives sont transparentes libres et démocratiques
ces partis auront des revers au profit du système RPT et
de ses partis satellites. Et le grand perdant sera comme
toujours le peuple togolais.
Sani Vich |