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Agni l'Abeille

28 fevrier 2007

[ 121 du 27 fevrier 2007]

 

Querelles stériles et dangereuses entre le CAR et l’UFC : Le peuple togolais dans la gueule du loup

Le peuple togolais a assisté durant la semaine dernière à un honteux échange de courriers entre l’Union des Forces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo.

Tout avait commencé par l’envoi de l’UFC d’une recommandation proposée par son Conseil National, qui s’est tenu à Lomé les 03 et 04 février dernier, au gouvernement d’Union Nationale dirigé par Me Agboyibo. Ce dernier, par le truchement de son Directeur de cabinet, Georges K. Aïdam répond au nom du Gouvernement en dévoilant la plaie puante qui ronge l’opposition depuis toujours. L’UFC de son côté réplique par la voix de son 3ème vice président Patrick Lawson. « Nous regrettons de constater que votre réponse verse dans la polémique en abordant des aspects sans rapport avec la recommandation de notre Conseil National. Il y a lieu de relever l’amalgame que vous faites entre l’acceptation du principe de la formation d’un gouvernement d’union nationale dans le cadre de l’APG et l’obligation de participer à un soit disant gouvernement d’union nationale qui ne reflète pas les réalités du pays » a lancé Lawson Patrick. Même s’ils essaient de camoufler leur mépris derrière les mots aux uns envers les autres, l’UFC et le CAR se sont désormais lancés sur les champs d’une guerre ouverte.

Pourquoi sont-ils arrivés là ?

            La lutte pour le leadership au sein de l’opposition démocratique a, depuis divisé le CAR et l’UFC. Le Premier s’estimant être le premier à se lancer dans une opposition ouverte avec le régime dictatoriale en place et le second de se vanter avec la confiance obtenue auprès du peuple et souvent exprimé au cours des différentes élections auxquelles il a participé. Le peuple étant resté, malgré tout le maître du jeu du moins au sein de l’opposition a toujours imposé à celle-ci de rester et de travailler ensemble.

L’UFC doit changer de ton

Même imparfaite et incomplète l’APG a le mérite de gagner l’assentiment de toutes les parties prenantes  au dialogue et ainsi de tout le peuple togolais. « L’acceptation du principe de la formation d’un gouvernement d’union nationale » n’inclut-il pas « la participation à ce gouvernement » ? Non. Répond l’UFC. Il préfère rester à l’extérieur pour critiquer. Et critiquer qui ? Le CAR, la CDPA ou le RPT ? Pourquoi avoir alors accepté le principe du gouvernement d’union ? Et si l’UFC avait eu la primature comme elle l’avait estimée lui revenir de droit formerait-elle un gouvernement pour critiquer les autres ? Ou encore si des ministères clefs comme l’intérieur, la finance, la sécurité, les affaires étrangères leur avait été accordés par le RPT, refuserait-elle pour rester à l’extérieur et critiquer ? Tant de questions qui se bousculent dans la tête des togolais et qui ne trouvent pas encore de réponses.

            C’est vrai. L’UFC a le droit de rester en dehors du gouvernement. Mais rester dehors et tenir certains propos pour décourager ceux qui sont dedans conformément à un accord qu’ils ont ensemble signé n’est pas sérieux. Le problème viendra du fait que la primature a été refusé à l’UFC. Mais ce n’est pas la faute du CAR ni de la CDPA. L’UFC a été tout simplement dupée par le RPT dans la nomination du PM et la formation du gouvernement. Si l’UFC a, à la fin des multiples tractations infructueuses, décidé de rester dehors et de critiquer, la moindre des choses est de se réconcilier avec ses amis du gouvernement en cessant de tenir des propos désobligeants. Cette arme devait être plutôt utilisée contre l’ennemi du peuple et non les compagnons de lutte.

Le CAR en est pour grande chose

            Madji « je ne veux pas » et pourtant il a accepté. D’ailleurs personne ne peut lui reprocher ça. Si ce n’était pas lui, le RPT était parti pour renommé l’usurpateur de tous les temps, le malheur des togolais, l’administrateur Kodjovi Kodjo à la primature.

            Mais ce qui a été regrettable est que Me Agboyibo, après avoir posé cet acte qui, il le savait très bien, allait mécontenter l’UFC, devait peser de tout son poids pour que cette dernière fasse partie de son équipe. Ce n’est pas une histoire de faiblesse ou de déshonneur c’est plutôt démontré son charisme de médiateur et de combattant. Au lieu de faire la cours à son partenaire de lutte, Me Agboyibo tombe dans le jeu du RPT et piétine l’UFC. La tension ne pouvait que monter d’un cran et décider l’UFC à se tenir sur ses gardes. Quoi de plus normal. Me Madji Agboyibo a sûrement une grande responsabilité dans cette sale et honteuse guerre qui est née entre les deux forces démocratiques du Togo. Ceci ne fera que diviser le peuple et faire la part belle au RPT. La primature n’avait pas besoin d’adresser une telle lettre réponse à l’UFC d’autant plus que d’abord, le conseil de ministre n’avait pas été saisi du problème et ensuite, les recommandations faites n’avaient rien de contraignant au processus électoral en cours. Et si c’était un autre parti autre que l’UFC (le PRR de Nicolas Lawson par exemple) qui avait adressé ces recommandements, Me Agboyibo aurait-il répondu de la même façon ? C’est dire qu’il y a des rancoeurs qui existent entre les deux partis. Et que chacun se reproche quelque chose.

Que fait la CDPA ?

            Le développement actuel de la situation au sein de l’opposition n’arrange ni l’UFC, ni le CAR et encore moins la CDPA, la grande muette. Dans plusieurs de nos articles précédents nous avons souvent interpellé le Pr Gnininvi de la CDPA d’intervenir en tant que médiateur ou réconciliateur au sein de l’opposition. Le peuple togolais ne fait pas les choses au hasard. Lorsque plus rien n’ira au sein de l’opposition la CDPA ne doit jamais penser que toute seule elle pourra faire grande chose. A défaut de les voir ensemble, le peuple togolais, soit s’abstiendrait de voter ou pire, boycottera leurs candidats pour se jeter dans les bras du premier venu en occurrence le RPT. Le professeur ne joue vraiment pas son rôle. Peut être que la CDPA a été offensée de son côté par l’UFC ou le CAR Ce n’est pas pour ça qu’elle doit faire la grande muette et laisser pourrir la situation qui ne l’arrange même pas.

            Si l’UFC a été plébiscité aux élections présidentielles de 1998 c’était parce que la CDPA avait donné l’ordre de voter pour celle-ci. Si le CAR garde toujours une réputation aux yeux des togolais c’est parce que la CDPA fait partie de son gouvernement. Et les exemples sont légions. Pourquoi n’userait-elle pas de ce charisme pour raccorder les liens au sein de l’opposition avant les élections prochaines ?

Une nouvelle opposition doit prendre corps

            Le principe d’opposition traditionnelle doit être dépassé maintenant. Le peuple togolais commence a être victime de ses leaders traditionnels qui depuis très longtemps ne s’entendent pas sur une méthode de travail afin de le libérer de son oppresseur.

            Les nouvelles forces politiques du pays doivent se regrouper pour définir une ligne de conduite qui pourra convaincre le peuple et surtout combler ses attentes. Il ne s’agit pas de se lever et de créer son parti et c’est fini. Il faudra s’affirmer et organiser la vie politique du pays autrement que ce qui se fait jusqu’alors.

            Les querelles stériles et dangereuses entre le CAR et l’UFC appuyées dans l’ombre par la CDPA jettent le peuple togolais dans la gueule du loup. A cette allure, même si les prochaines élections législatives sont transparentes libres et démocratiques ces partis auront des revers au profit du système RPT et de ses partis satellites. Et le grand perdant sera comme toujours le peuple togolais.      

Sani Vich

 
Le mode du scrutin et la guerre au sein du RPT : Les barons du parti réclament les têtes des listes de candidature

Ce qui était rumeur, est devenu une triste réalité. Et dans les rangs du vieux parti, c’est la désolation ou mieux la déception totale. Le laboratoire vient de sortir un échantillon de médicaments pour traiter le malaise que risquait de créer le nouveau mode de scrutin. En effet, les vieux loups du RPT ont trouvé la formule magique qui les fera siéger à l’assemblée quelque soit le piètre résultat qu’ils produiront. Il est donc établi que les députés du RPT seront nommés. Comment est-ce possible ? D’après les informations que nous avons glanées ça et là et que nous avons recoupées, il est clair que le RPT est entrain d’instituer un système en son sein pour écarter les jeunes turbulents du parti.

En effet, les barons du RPT, n’ont jamais rien fait pour leurs localités ni même pour leurs parents les plus proches non plus pour les jeunes qu’ils exploitent en période électorale comme des objets. L’heure de la vérité vient de sonner causant un véritable dilemme à ces messieurs. Et face au nouveau mode de scrutin, leur déchéance électorale est plus que sûre. Mis en difficulté déjà par les personnes de bonne foi qui pensent venir aux affaires de l’Etat par le biais de cette législative et aider la population qui n’a que trop souffert, ces vieux, ont affûté leurs armes. Tout d’abord, s’il fallait établir les listes, ce serait eux les têtes de ces listes et tant pis pour ceux qui vont s’inscrire. Ils iraient juste pour jeter leur argent par la fenêtre. Ensuite pour être plus pratique et voiler les choses, on procède à une nomination au sein de la liste proposée. Et bien attendu les barons d’abord. Et s’il y a encore de la place viendront les jeunes. Ceci dit, si dans une circonscription à trois sièges, le RPT a un, ce ne sera pas la tête de liste qui passe ni la queue de liste mais on ira au puissant laboratoire du parti pour décider de qui doit siéger, où est donc la volonté du peuple ? Il est clair que le choix portera sur qui de la liste est membre fondateur du parti ou plus ancien dans les rouages et manœuvres du parti. Cette attitude consiste a écarté ceux pour qui les populations auraient vraiment voté. Et comme on peut s’y attendre, les problèmes ne peuvent que surgir. Nous ne serons donc pas surpris d’enregistrer un peu partout des listes de candidats indépendants qui sont des membres du RPT. Pour notre part nous estimons que tout système de fraude même interne à un parti, constitue un frein à la démocratie.

D’ailleurs ça n’étonne personne. Cela a été toujours le mode d’obtention des postes au sein de ce parti. Tout récemment au congrès du RPT, ce sont ceux que Faure a proposé qui ont été nommés dans le comité central du parti. Et pourtant ce sont eux les grands donneurs de leçon.

Pierrot

 

 

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