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Le CAR, la CDPA, l’UFC et la sélection par le régime
d’associations de la société civile iront-ils à
Ouagadougou enterrer une fois de plus le peuple
togolais et le sacrifier à l’autel du bon vouloir
des Gnassingbé ?
Telle est la teneur de la question qu’il faut à bon
droit se poser aujourd’hui. Car le clan des
usurpateurs qui depuis toujours a placé sa volonté
au-dessus de celle du peuple vient de décider que
cet énième dialogue qui, de l’aveu de la jeune garde
qui crie aux anciens « faites place », sera celle du
dernier recours, aura lieu sur le sol burkinabé.
De plus le RPT aurait même de façon unilatérale
décidé et retenu la date des prochaines législatives
qui auraient lieu en octobre prochain. On ne peut
qu’ici reprendre ces mots du président de la
Commission de l’Union Africaine Oumar Konaré, qui
disait en son temps lorsque le RPT avait décidé
d’organiser que « ces gens n’organiseraient pas des
élections pour les perdre ». La suite lui a donné
raison et aujourd’hui le même scénario semble se
répéter avec une fois de plus cette coopération qui
frise la complicité de ces mêmes ténors de
l’opposition qui ont accepté d’aller aux élections
en avril 2005 alors que des voix s’étaient levé au
sein du peuple et qui s’opposaient au principe des
élections organisées dans les conditions et les
circonstances de l’époque.
Le RPT va encore essayer de prendre de vitesse cette
opposition au moment même où la division semble
consommée en son sein. Les questions essentielles
vont une fois de plus au motif de l’urgence être
négligées : comme l’interventionnisme de cette
frange de l’armée acquise à la cause des Gnassingbé
et qui prend en otage à la fois le reste de l’armée,
majorité silencieuse et inactive et la population
civile. De même, les questions du cadre électoral,
celles des réfugiés et de l’impunité vont être
lettre morte. Il n’y a pas à s’étonner de voir
poindre un plan assassinant une fois de plus le Togo
après le passage de Bonnecorse à Lomé.
Face au refus consommé de recourir au service du
facilitateur alimentaire qu’est Moustapha Niasse,
dont on connaît les antécédents, la France a envoyé
Michel de Bonnecorse jouer une sérénade qui semble
avoir eu effet sur les partis d’opposition qui
auraient accepté de dialoguer sans facilitateur.
Avec ce nouveau coup d’Etat, qui ne dit pas son nom
mais qui se prépare lentement mais sûrement le RPT
soutenu par Chirac au nom de la France, va remettre
sur le tapis la théorie des 22 engagements qui sont
aujourd’hui désuets en réalité.
L’historique du concept de dialogue inter togolais
semble n’avoir pas édifié les ténors de l’opposition
togolaise et le florilège d’associations se
réclamant de la société civile, mais que l’on sait
triées sur le volet par le pouvoir.
L’autorité morale et l’impartialité de Blaise
Compaoré ne semblent pas leur poser problème dans la
mesure où Faure Gnassingbé compte sur ce Monsieur au
nombre de ses parrains, sans oublier que les
négociations de Ouagadougou dans les années 90 ne
furent qu’une supercherie.
L’histoire témoigne de pis-aller entre le pouvoir et
l’opposition, de ces accords pipés comme un dé qui
eurent lieu sous pression orchestrée par Eyadema
(les événements de Fréau jardin, le 25 janvier 1993,
le ratissage dans les quartiers de Bè et
Kodjoviakopé les 30 et 31 janvier poussant plus de
500.000 Togolais en exil, la grogne des militaires
démocrates qui sera réprimée, étouffée dans l’œuf,
le 25 mars, par une purge meurtrière au camp RIT.
Une série qui conduira le face à face togolais à
Colmar sous l’égide de la France et de l’Allemagne,
puis à Ouagadougou où la France driblera son
partenaire allemand en soutenant sous cape le RPT.
Le résultat sera un échec qui de l’aveu des
participants, est imputable au rôle joué (une
intransigeance et une mauvaise foi exacerbées) lors
de ces passes d’armes par Natchaba.
Aujourd’hui, le choix de Blaise Compaoré et de
Ouagadougou est encore une fois le fait de cette
France de Chirac. Un choix exclusif qui éloigne
toute implication de la communauté internationale ;
Blaise Compaoré, acceptant comme lors de
l’assassinat de Thomas Sankara d’être l’exécutant du
sale boulot pour le compte de la France.
Agboyibo, Gnininvi et Olympio (Gilchrist)
ignorent-ils cette sagesse populaire togolaise qui
recommande de craindre le ver de terre, une fois
qu’on a subi dans sa vie la morsure d’un serpent ?
Pourquoi donc faut-il toujours
transporter nos problèmes politiques internes sous
d’autres cieux ? Ne sommes-nous pas capables de
laver nos linges sales en famille ? On ira déballer
sur le sol burkinabé nos divergences, nos
discussions stériles…
Sur quel budget seront imputées les
dépenses liées à ce fameux dialogue à Ouaga. Les
frais de déplacement, de logement et de restauration
de nos leaders seront-ils imputés au budget du
gouvernement burkinabé ? Certains observateurs
pensent que c’est le maigre budget Togolais qui doit
supporter cette charge.
Si c’est vrai nous disons que les opposants
s’arrangent avec le pouvoir pour gaspiller les sous
de l’Etat. On crée un dialogue pour se remplir les
poches.
Momo |