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8 fevrier 2006

[ No 68: 7 fev. 2006]

Dialogue inter togolais à Ouagadougou: Pourquoi transporter nos casseroles dans d’autres pays ? Ne sommes-nous pas capables de nous entendre ?

Le CAR, la CDPA, l’UFC et la sélection par le régime d’associations de la société civile iront-ils à Ouagadougou enterrer une fois de plus le peuple togolais et le sacrifier à l’autel du bon vouloir des Gnassingbé ?

Telle est la teneur de la question qu’il faut à bon droit se poser aujourd’hui. Car le clan des usurpateurs qui depuis toujours a placé sa volonté au-dessus de celle du peuple vient de décider que cet énième dialogue qui, de l’aveu de la jeune garde qui crie aux anciens « faites place », sera celle du dernier recours, aura lieu sur le sol burkinabé.

De plus le RPT aurait même de façon unilatérale décidé et retenu la date des prochaines législatives qui auraient lieu en octobre prochain. On ne peut qu’ici reprendre ces mots du président de la Commission de l’Union Africaine Oumar Konaré, qui disait en son temps lorsque le RPT avait décidé d’organiser que « ces gens n’organiseraient pas des élections pour les perdre ». La suite lui a donné raison et aujourd’hui le même scénario semble se répéter avec une fois de plus cette coopération qui frise la complicité de ces mêmes ténors de l’opposition qui ont accepté d’aller aux élections en avril 2005 alors que des voix s’étaient levé au sein du peuple et qui s’opposaient au principe des élections organisées dans les conditions et les circonstances de l’époque.

Le RPT va encore essayer de prendre de vitesse cette opposition au moment même où la division semble consommée en son sein. Les questions essentielles vont une fois de plus au motif de l’urgence être négligées : comme l’interventionnisme de cette frange de l’armée acquise à la cause des Gnassingbé et qui prend en otage à la fois le reste de l’armée, majorité silencieuse et inactive et la population civile. De même, les questions du cadre électoral, celles des réfugiés et de l’impunité vont être lettre morte. Il n’y a pas à s’étonner de voir poindre un plan assassinant une fois de plus le Togo après le passage de Bonnecorse à Lomé.

Face au refus consommé de recourir au service du facilitateur alimentaire qu’est Moustapha Niasse, dont on connaît les antécédents, la France a envoyé Michel de Bonnecorse jouer une sérénade qui semble avoir eu effet sur les partis d’opposition qui auraient accepté de dialoguer sans facilitateur.

Avec ce nouveau coup d’Etat, qui ne dit pas son nom mais qui se prépare lentement mais sûrement le RPT soutenu par Chirac au nom de la France, va remettre sur le tapis la théorie des 22 engagements qui sont aujourd’hui désuets en réalité.

L’historique du concept de dialogue inter togolais semble n’avoir pas édifié les ténors de l’opposition togolaise et le florilège d’associations se réclamant de la société civile, mais que l’on sait triées sur le volet par le pouvoir.

L’autorité morale et l’impartialité de Blaise Compaoré ne semblent pas leur poser problème dans la mesure où Faure Gnassingbé compte sur ce Monsieur au nombre de ses parrains, sans oublier que les négociations de Ouagadougou dans les années 90 ne furent qu’une supercherie.

L’histoire témoigne de pis-aller entre le pouvoir et l’opposition, de ces accords pipés comme un dé qui eurent lieu sous pression orchestrée par Eyadema (les événements de Fréau jardin, le 25 janvier 1993, le ratissage dans les quartiers de Bè et Kodjoviakopé les 30 et 31 janvier poussant plus de 500.000 Togolais en exil, la grogne des militaires démocrates qui sera réprimée, étouffée dans l’œuf, le 25 mars, par une purge meurtrière au camp RIT. Une série qui conduira le face à face togolais à Colmar sous l’égide de la France et de l’Allemagne, puis à Ouagadougou où la France driblera son partenaire allemand en soutenant sous cape le RPT. Le résultat sera un échec qui de l’aveu des participants, est imputable au rôle joué (une intransigeance et une mauvaise foi exacerbées) lors de ces passes d’armes par Natchaba.

Aujourd’hui, le choix de Blaise Compaoré et de Ouagadougou est encore une fois le fait de cette France de Chirac. Un choix exclusif qui éloigne toute implication de la communauté internationale ; Blaise Compaoré, acceptant comme lors de l’assassinat de Thomas Sankara d’être l’exécutant du sale boulot pour le compte de la France.

Agboyibo, Gnininvi et Olympio (Gilchrist) ignorent-ils cette sagesse populaire togolaise qui recommande de craindre le ver de terre, une fois qu’on a subi dans sa vie la morsure d’un serpent ?

            Pourquoi donc faut-il toujours transporter nos problèmes politiques internes sous d’autres cieux ? Ne sommes-nous pas capables de laver nos linges sales en famille ? On ira déballer sur le sol burkinabé nos divergences, nos discussions stériles…

            Sur quel budget seront imputées les dépenses liées à ce fameux dialogue à Ouaga. Les frais de déplacement, de logement et de restauration de nos leaders seront-ils imputés au budget du gouvernement burkinabé ? Certains observateurs pensent que c’est le maigre budget Togolais qui doit supporter cette charge.

Si c’est vrai nous disons que les opposants s’arrangent avec le pouvoir pour gaspiller les sous de l’Etat. On crée un dialogue pour se remplir les poches.  

 Momo

 
 

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