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De
Bonnecorse le Conseiller Afrique du Président
français Chirac qui a eu des discussions avec les
principaux partis de l'opposition la semaine
dernière pour préparer le dialogue inter togolais et
appuyer le processus de réconciliation nationale, a
quitté Lomé sans qu'une évolution sensible de la
situation politique soit remarquée.
On fait état de ce que, le pouvoir togolais aurait
privilégié les fêtes propres défunt Président qu'au
démarrage du dialogue. Il faut reconnaître que les
mois de janvier et février sont plein de ces fêtes
qui divisent les Togolais. Après le 13, le 24 a été
célébré comme à l'accoutumée. On attend le 2
février, " le retour triomphal ", le 5 février, date
anniversaire du décès du Général Eyadema et la
deuxième quinzaine du mois de février qui s'annonce
pour l'organisation des funérailles du " Vieux ".
Comme on le voit, ce n'est pas de tout repos. Le
dialogue peut attendre d'abord.
Lakdar Brahimi, l'homme des situations difficiles,
s'il venait à être confirmé par l'UE, aura fort à
faire pour concilier les positions difficiles et
très tranchées de la classe politique togolaise.
Beaucoup de points sont sujet à conflit et laissent
dubitatifs les Togolais quand à l'issue favorable du
dialogue. Il s'agit de la reforme de l'armée, le
retour à la constitution de 1992 et l'adoption du
cadre électoral répondant à toutes les aspirations
du peuple tout entier. Lakdar a du pain sur la
planche. On signale que la présence de M. Michel
Bonnecorse dans notre capitale avait pour but
d'enlever les réticences de Faure Gnassingbé au
sujet de la position des Nations Unis et de l'UE de
nommer Lakdar Brahimi comme facilitateur.
Lors de l'entretien de Michel de Bonnecorse avec les
principaux formations de la coalition de
l'opposition démocratique notamment l'UFC, le CAR et
la CDPA, la relance du dialogue intergolais occupait
une place de premier ordre. Il y a lieu de relever
que les principaux partis politiques ont réagit au
mémorandum élaboré par Faure Gnassingbé pour
circonscrire les contours du dialogue qui
ressemblait à une manoeuvre dilatoire de plus
destinée à une consommation extérieure. La question
du facilitateur aurait également été abordée au
cours de cette rencontre. A ce sujet, le diplomate
algérien, Lakhdar Brahimi, l'homme des missions
difficiles est pressenti comme médiateur dans la
délicate crise togolaise. Mais le point crucial
était l'exigence formulée par certains partis sur la
reprise de nouvelles élections présidentielles. Fort
du soutien de l'armée, de la françafrique et de
Louis Michel qui ont entériné les élections
controversées et contestées du 24 avril 2005, le
clan au pouvoir n'entend aucunement discuter de
l'organisation de nouvelles élections
présidentielles. Pour le clan, seules des élections
législatives sont envisageables. C'est la seule
concession qu'il peut faire en l'état actuel de la
situation politique togolaise. Le problème récurrent
de l'impunité n'aurait pas aussi été du reste au
menu des discussions. A cet effet, le clan s'oppose
à la traduction devant la justice des personnes
suspectées d'avoir participé aux graves atteintes
aux droits de l'homme. Mieux certaines d'entre elles
ont été promues.
Il convient de faire quelques observations sur
l'exigence d'organiser de nouvelles élections
présidentielles au Togo. Cette exigence de
l'opposition est en porte-à-faux avec son attitude.
Tout d'abord Me Agboyibor du CAR, appelle Faure
Gnassingbé, Chef de l'Etat, président de la
république et de surcroît, à la tête du directoire
du son parti, il était allé présenter ses meilleurs
voeux à la présidence à Faure Gnassingbé. De même,
Gilchrist Olympio en rencontrant Faure Gnassingbé
secrètement sans aucune consultation préalable des
autres partis de la coalition à Rome qui était
traité comme un Chef d'Etat contribue à donner une
certaine légitimité à ce dernier. En tout cas, la
Communauté de Sant'Egidio a traité Faure Gnassingbé
avec les égards dus à un Chef d'Etat. Ensuite, le
fait d'aller négocier avec Faure Gnassingbé à la
présidence de la république exprime qu'il est
considéré comme le Chef de l'Etat du Togo. A moins
d'un "séisme" politico-social, le clan n'accepterait
jamais organiser de nouvelles élections
présidentielles.
Enfin, seule une véritable réconciliation entre les
partis de la coalition et une vraie critique interne
qui déboucherait sur une réunion sacrée pourraient
contraindre le clan à céder aux revendications
légitimes de l'UFC, du CAR et de la CDPA. Le RPT se
maintient au pouvoir grâce à la division des forces
démocratiques et de leur neutralisation réciproque.
Certains partis de la coalition de l'opposition
démocratique n'excluent tout de même pas de
participer aux prochaines élections législatives.
Michel de Bonnecorse a quitté Lomé sans qu'aucune
évolution sensible se soit traduite sur le plan
politique au Togo où le peuple est endeuillé par la
débâcle inattendue de son équipe nationale de
football.
En
attendant, les Togolais sont dans l'expectative du
démarrage effectif du dialogue intertogolais lancé
par Faure Gnassingbé, il y a plusieurs mois déjà.
Ahmed |