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30 janvier 2006

[ No 66: 24- 01-06]

Entre fêtes et voyage, le ialogue inter togolais peut attendre La mission du conseiller Afrique de Chirac n'a rien donné

De Bonnecorse le Conseiller Afrique du Président français Chirac qui a eu des discussions avec les principaux partis de l'opposition la semaine dernière pour préparer le dialogue inter togolais et appuyer le processus de réconciliation nationale, a quitté Lomé sans qu'une évolution sensible de la situation politique soit remarquée.

On fait état de ce que, le pouvoir togolais aurait privilégié les fêtes propres défunt Président qu'au démarrage du dialogue. Il faut reconnaître que les mois de janvier et février sont plein de ces fêtes qui divisent les Togolais. Après le 13, le 24 a été célébré comme à l'accoutumée. On attend le 2 février, " le retour triomphal ", le 5 février, date anniversaire du décès du Général Eyadema et la deuxième quinzaine du mois de février qui s'annonce pour l'organisation des funérailles du " Vieux ".

Comme on le voit, ce n'est pas de tout repos. Le dialogue peut attendre d'abord.

Lakdar Brahimi, l'homme des situations difficiles, s'il venait à être confirmé par l'UE, aura fort à faire pour concilier les positions difficiles et très tranchées de la classe politique togolaise. Beaucoup de points sont sujet à conflit et laissent dubitatifs les Togolais quand à l'issue favorable du dialogue. Il s'agit de la reforme de l'armée, le retour à la constitution de 1992 et l'adoption du cadre électoral répondant à toutes les aspirations du peuple tout entier. Lakdar a du pain sur la planche. On signale que la présence de M. Michel Bonnecorse dans notre capitale avait pour but d'enlever les réticences de Faure Gnassingbé au sujet de la position des Nations Unis et de l'UE de nommer Lakdar Brahimi comme facilitateur.

Lors de l'entretien de Michel de Bonnecorse avec les principaux formations de la coalition de l'opposition démocratique notamment l'UFC, le CAR et la CDPA, la relance du dialogue intergolais occupait une place de premier ordre. Il y a lieu de relever que les principaux partis politiques ont réagit au mémorandum élaboré par Faure Gnassingbé pour circonscrire les contours du dialogue qui ressemblait à une manoeuvre dilatoire de plus destinée à une consommation extérieure. La question du facilitateur aurait également été abordée au cours de cette rencontre. A ce sujet, le diplomate algérien, Lakhdar Brahimi, l'homme des missions difficiles est pressenti comme médiateur dans la délicate crise togolaise. Mais le point crucial était l'exigence formulée par certains partis sur la reprise de nouvelles élections présidentielles. Fort du soutien de l'armée, de la françafrique et de Louis Michel qui ont entériné les élections controversées et contestées du 24 avril 2005, le clan au pouvoir n'entend aucunement discuter de l'organisation de nouvelles élections présidentielles. Pour le clan, seules des élections législatives sont envisageables. C'est la seule concession qu'il peut faire en l'état actuel de la situation politique togolaise. Le problème récurrent de l'impunité n'aurait pas aussi été du reste au menu des discussions. A cet effet, le clan s'oppose à la traduction devant la justice des personnes suspectées d'avoir participé aux graves atteintes aux droits de l'homme. Mieux certaines d'entre elles ont été promues.

Il convient de faire quelques observations sur l'exigence d'organiser de nouvelles élections présidentielles au Togo. Cette exigence de l'opposition est en porte-à-faux avec son attitude. Tout d'abord Me Agboyibor du CAR, appelle Faure Gnassingbé, Chef de l'Etat, président de la république et de surcroît, à la tête du directoire du son parti, il était allé présenter ses meilleurs voeux à la présidence à Faure Gnassingbé. De même, Gilchrist Olympio en rencontrant Faure Gnassingbé secrètement sans aucune consultation préalable des autres partis de la coalition à Rome qui était traité comme un Chef d'Etat contribue à donner une certaine légitimité à ce dernier. En tout cas, la Communauté de Sant'Egidio a traité Faure Gnassingbé avec les égards dus à un Chef d'Etat. Ensuite, le fait d'aller négocier avec Faure Gnassingbé à la présidence de la république exprime qu'il est considéré comme le Chef de l'Etat du Togo. A moins d'un "séisme" politico-social, le clan n'accepterait jamais organiser de nouvelles élections présidentielles.

Enfin, seule une véritable réconciliation entre les partis de la coalition et une vraie critique interne qui déboucherait sur une réunion sacrée pourraient contraindre le clan à céder aux revendications légitimes de l'UFC, du CAR et de la CDPA. Le RPT se maintient au pouvoir grâce à la division des forces démocratiques et de leur neutralisation réciproque. Certains partis de la coalition de l'opposition démocratique n'excluent tout de même pas de participer aux prochaines élections législatives.

Michel de Bonnecorse a quitté Lomé sans qu'aucune évolution sensible se soit traduite sur le plan politique au Togo où le peuple est endeuillé par la débâcle inattendue de son équipe nationale de football.

En attendant, les Togolais sont dans l'expectative du démarrage effectif du dialogue intertogolais lancé par Faure Gnassingbé, il y a plusieurs mois déjà.

Ahmed

 
 

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