|
 |
|
Comi Toulabor |
Togoforum : Finalement le temps en politique aura été un facteur déterminant pour Faure. Nicolas
Sarkozy lui a déroulé le tapis rouge. Comment expliquez-vous ce revirement ?
Comi M. Toulabor : Le temps est une échelle importante. En politique, il peut être un facteur autant de crispation que de décrispation. On constate que Sarkozy, hier opposant à la Françafrique chiraquienne, mais par ailleurs représentant sans complexe de gros intérêts économiques français en Afrique, a beaucoup évolué depuis son accession à l’Elysée. La rencontre Faure-Sarkozy se situe dans la Realpolitik débridée que « l’Homme de la rupture » pratique s’agissant surtout des relations avec le pré carré africain. C’est le parrain Omar, proconsul de ce pré carré, qui a servi d’intermédiaire et a favorisé cette rencontre. Faure désespérait et dépérissait littéralement d’attendre trop longtemps au purgatoire, alors ses papilles olfactives n’ont jamais cessé de humer les odeurs du paradis élyséen. Sortira-t-il des lambris dorés de la Réplique avec le front illuminé du signe de l’onction de confirmation sarkozyste pour les présidentielles 2010 dont il commence déjà à enfumer les Togolais à coups de milliards et de nouveaux Premiers ministres ? C’est ce soutien que le « fils du père » est venu quémander auprès de son suzérain avec lequel toutes les options possibles et inimaginables sont ouvertes. Quoi que fasse Paris (ainsi que Berlin, Bruxelles, Rome et Washington qui aiment suivre la locomotive françafricaine parce que la vie des Blancs n’est pas en jeu au Togo), le tapis rouge étalé pour Faure restera toujours rouge du sang des Togolais, et ça, le temps aura du mal à jouer comme détergent. A moins que leurs leaders politiques et eux-mêmes décident de tourner définitivement la page sanglante afin d’aller, apaisés comme leurs chères démocraties « apaisées » à un hypothétique GUNT, cette divine étable où loups et agneaux se retrouver pour s’adouber au nom de la « réconciliation nationale » et de l’« esprit nouveau ».
Togoforum : On avance des réformes que Faure et ses multiples gouvernements auraient réalisées pour lui forger une légitimité. On dirait que autant le père (Eyadema) avait des solutions à ses problèmes, autant le fils (Faure) en a hérité. Tout marche bien pour les Gnassingbé. Comment arrivent-ils á se faire mieux écouter que l’opposition toute entière en France ?
Comi M. Toulabor : Commençons par le dernier point : il faut marteler fort qu’il n’y a pas d’opposition togolaise en France surtout. Il y a peut-être individuellement (et encore !) des opposants, mais ils n’ont aucun lien structuré entre eux. A partir de là, ils sont inexistants dans le débat politique et ne peuvent mener ou nourrir une action collective en tant que groupes de pression. Il s’en suit que le pouvoir multidécennal, ou plus précisément le RPT avec le pouvoir d’Etat qu’il détient avec ses réseaux et ses obligés françafricains, ne trouve aucun obstacle devant lui. Le RPT occupe tout l’espace laissé vacant auprès des autorités françaises qui sont habituées à lui. Les années d’ouverture démocratique n’ont pas servi à capitaliser les résistances des années antérieures, et la machine erpétiste a broyé ou vidé de leur substance les nombreux sigles et avatars apparus en France. Ainsi donc le RPT occupe le terrain et peut agir à sa guise avec des moyens d’Etat dont le mensonge et la manipulation. Les dirigeants politiques français, étant eux-mêmes d’habiles cultivateurs de mensonge et souteneurs des dictatures du pré carré, ne demandent qu’à croire. Il y a une prédestination chez eux à croire tout discours de réformes émanant de leurs vassaux, l’essentiel étant que Faure préserve les intérêts et la longue amitié tissée par papa avec la France. Il convient de savoir que la mauvaise foi est la chose la mieux partagée en politique, surtout quand des intérêts, jugés plus importants que la vie d’un nègre, sont en jeu. Faure lui-même et ses Premiers ministres auront du mal à établir un bilan qualitatif clair des réformes effectuées et effectivement appliquées jusqu’à ce jour, encore que son père faisait déjà des réformes ! Ce discours de réformes dont personne ne voit jamais les effets palpables constitue un avatar de légitimité dont Faure peut se vêtir, d’autant qu’en face, de Lomé à Paris, le terrain est vide d’opposition.
Togoforum : ..mais Mr Toulabor il y a des opposants et pas des moindres qui disent que sous Faure quelque chose
a changé. Je citerai par exemple Jean Dégli ou encore Logo Dossouvi. Le seul tort de Faure ne seratit-il
pas le fait qu’il est enfant du dictateur defunt?
Comi M. Toulabor : Vous qualifiez Jean Dégli et Logo Dossouvi d’« opposants et pas des moindres ». Excusez-moi de dire que l’un et l’autre ne me convainquent pas de leur « opposionnitude » qui ne se résume pas évidemment à une attitude radicale permanente. On a suivi le parcours plus ou moins tortueux de Jean Dégli et de Logo Dossouvi dans la diaspora, et on pourra ajouter à leurs noms d’autres de la même trempe et allonger la liste. Qu’ils proclament « que sous Faure quelque chose a changé » ne me dérange absolument pas, mais ils me gênent beaucoup quand qu’ils ne nomment pas, quand ils ne désignent pas concrètement pour si peu que ce soit ce « quelque chose » qui « a changé » « sous Faure ». Est-ce pour eux après l’errance le fait de retourner au Togo qui est ce « quelque » qui « a changé » ? Dans ce cas, on pourra mettre leurs propos sur la bouche de Kofi Yamgname, de Robert Dovi, d’Eloi Koussawo, de Gilchrist Olympio ou de Kagni Alemdjrodo lequel après une longue précarité matérielle à Bordeaux que son hyperego de « grand écrivain » n’arrive pas à voiler, s’est constitué une place au soleil maintenant auprès de Faure, après avoir prononcé des propos identiques à ceux de Jean Dégli. Au risque de déplaire, Jean Dégli et Logo Dossouvi que vous citez constituent la figure même de l’absence d’opposition politique réelle et conséquente dans la diaspora. Et ils sont nombreux comme eux dont la seule ressource politique lourdement affichée est d’avoir été des cinq-octobristes. Mais les véritables initiateurs de ce mouvement complexe du 5 octobre 1990 venu de loin ne sont pas toujours ceux qui revendiquent avec frénésie sa paternité. Ce que Jean Dégli et Logo Dossouvi disent de Faure n’est pas prendre pour du pain béni, c’est très probablement un appel du pied que des compatriotes, fatigués de leur errance en Occident, posent comme stratégie pour s’attirer les bonnes grâces du pouvoir au Togo. Faure, s’il veut changer « quelque chose » aura intérêt à leur remonter les bretelles : ce sera un grand changement éthique que son père n’aura jamais effectué. Je note ici simplement que Faure et son père Etienne se ressemblent en récompensant la flagornerie plutôt que de la sanctionner : n’est-ce pas le propre de toutes les dictatures dans le monde ?
Togoforum : Que reconnaissez vous en lui comme résultats effectifs, positifs depuis qu’il a « capté » le pouvoir en 2005 ?
Comi M. Toulabor : J’ai eu à répondre dans d’autres interviewes à ce type de questions. C’était une erreur de ma part. Car c’est à Faure ou à son Premier ministre qu’il revient de présenter le bilan de l’action gouvernementale menée jusqu’à présent. Et il revient à d’autres en observateurs vigilants d’en faire la critique en soulignant les aspects positifs et négatifs. Gilbert Houngbo nous avait promis un bilan dans moins de six mois. On patiente ?
Togoforum : Le nom Gilbert Bawara ne rime qu'avec les mots « dons » et « prêts ». Un homme politique comme Nicolas Lawson pense que le Togo n’en a pas besoin pour se relever de sa paralysie économique. Avez-vous des arguments pour convaincre Gilbert Bawara qu’un pays ne se développe pas avec des dettes et la mendicité ?
Comi M. Toulabor : Il semble que Gilbert Bawara rime aussi avec tribalisme, vantardise et Louis Michel. Le Togo dégage annuellement assez de recettes pour se passer presque des dons et des prêts aliénant son développement. Aucun argument ne convaincra Gilbert Bawara qui pourrait dépenser plus de 20 millions de fr CFA rien que pour meubler son salon. Il n’est qu’une petite pièce non irremplaçable du puzzle politico-mafieux construit comme système pour régenter le Togo. Il est profilé dans la forge de Faure et de son archange protecteur Michel pour faire en sorte que la mendicité dans les rues des capitales occidentales devienne le fondement même de la politique de financement du développement du Togo.
Togoforum : Il se rapporte que des pugilats entre ministres sont d’actualité au Togo. Pensez-vous aussi comme le nouveau numéro 1 du CAR Me. Dodzi Apevon que le problème du Togo n’est pas les textes mais les hommes ?
Comi M. Toulabor : Des journaux ont fait état de ces pugilats interministériels en effet, Eyadéma giflait, lui, ses ministres dit-on. C’est un de mode de gestion des relations au sein de la Bande mafieuse en attendant des coups de revolver.
Il faut les textes et les hommes. Les premiers fixent des cadres précontraints dans lesquels les seconds agissent dans l’intérêt collectif. Dans toute société, il y a un minimum de règle que les acteurs observent pour le bien vivre ensemble. Même certaines espèces d’animaux ont des règles sociales. Au Togo les hommes (politiques) ont de gros problèmes avec les lois qui sont détournées par et pour des intérêts personnels. Je crois que Me Dodzi Apevon, qui est un homme de droit, veut dire que nos dirigeants se sont trop longtemps moqués des lois au point qu’ils sont devenus moins que des animaux et qu’il faut qu’ils commencent à s’humaniser d’abord avant de parler de l’effectivité des textes. Considérés sous cet angle, je partage ses propos. Osons espérer que le pugilat interministériel était réglé par des textes qui interdisent des coups en dessous de la ceinture, des gourdins cloutés sur les bourses, car au Togo tout, absolument tout est permis, à condition que l’on ne remette pas en question la survie du régime.
Togoforum : On dirait que Faure est en visite pour s’entretenir avec des ministres à portefeuille pas trop importants pour les affaires. A votre avis, qu'est
ce qui fait que Faure léche les bottes á la France : la légitimité, les affaires entre pays où les élections de 2010 ?
Comi M. Toulabor : S elon les dépêches Faure a rencontré son dieu : Sarkozy ; qu’il rencontre des cardinaux mineurs sans portefeuille important n’est grave en soi, encore que cela traduit la qualité diplomatique de la rencontre. La teneur et l’ambiance de celle-ci sont à analyser de près. Ce qu’il est possible de savoir très prochainement. Comme je le disais, Faure est venu négocier le ralliement de Sarkozy à sa candidature pour les présidentielles de 2010 dont l’issue comporte encore des zones d’incertitudes. C’est le but principal de sa visite au cours de laquelle il ne lui est pas interdit d’aller faire ses emplettes sur les Champs-Elysées, d’aller à Pigalle, ou même d’aller tâter les cuisses statufiées de la Vierge à Lourdes (c’est ce qu’il a fait en plus !), bref toutes ces choses agréables que vous appelez métaphoriquement : légitimité, affaires et lécher les bottes à la France que ses dirigeants ont su transformer en péripatéticienne douce et généreuse pour rois nègres.
Togoforum : On parle de l’axe Lomé Ouagadougou qui serait très utile pour la France depuis la crise ivoirienne. La France ne va-t-elle
pas surfer sur Faure plus crédible á leurs yeux qu’un Olympio où un Agboyibor ?
Comi M. Toulabor :
Tout à fait, vous avez raison. En l’état actuel des choses, l’axe Compaoré-Faure paraît plus crédible pour la France que toute autre perspective. Paris soutient cet axe faute d’une opposition crédible en face de Faure. Si Paris trouvait un autre candidat qui ferait son ou l’affaire, Faure serait projeté dans les oubliettes. Autrement dit pour la France (entendez spécialement les milieux françafricains dont Sarkozy articule les intérêts), son soutien à Faure serait un soutien par défaut. Dans cette perspective, Gilchrist Olympio, qui décidément ne veut pas descendre du faîte de son « Déti rouge » pour essayer de comprendre un petit bout des arcannes françafricains, est largué, entraînant dans son vertige le pauvre le Bélier de Kouvé. En fait tout se passe comme si les Togolais n’ont encore acquis le droit de choisir librement leurs dirigeants ! C’est cela qui fait fondamentalement problème.
Togoforum : On croyait Olympio entreprendre des grandes initiatives devant le peuple á 15 mois des élections présidentielles comme naguère Wade le fit au Sénégal. L’interessé se sent curieusement mieux en France qu’au Togo…
Comi M. Toulabor : Banco pour votre question ! Je dis et je le répète quitte à énerver encore une fois les talibans de son parti : Gilchrist Olympio n’a rien à cirer avec le combat des Togolais. Il est mieux dans son XVIè arrondissement que dans un quartier et aveugle et poueux de Lomé. Si on additionne ses séjours au Togo depuis que la dictature lui a ouvert les portes d’entrée, on arriverait difficilement à une année pleine. A quinze mois des présidentielles, sa stratégie de conquête de la victoire est aussi incolore et inodore que l’eau de fontaine. Ses talibans vous diront qu’on ne montre pas au serpent le bâton avec lequel il sera tué. Mais ce dicton maintes fois ressassé cache mal l’inculture politique du patron de l’UFC dont l’ego est toujours égal à lui-même. Le fait pour un homme politique d’avoir un ego en permanence et en toute circonstance égal est signe de médiocrité politique. Les Togolais, s’ils veulent se rendre service, doivent oublier Gilchrist Olympio. De leur lutte de libération, il n’en a cure, eux dont l’immense majorité l’adule et lui accorde sa confiance pour ses nom et prénom et aussi pour l’état de ses services contestataires du pouvoir dans les années 1970 et 1980 ! Aujourd’hui, ce bilan est dépassé et est assez pauvre. Une autre stratégie s’impose, ce que Gilchrist Olympio n’est plus en mesure de comprendre.
Togoforum : A l’UFC on est suspendu aux promesses d’un certain Alain Johandet qui,
prétendument, va permettre que personne ne soit écarté de la course en 2010. Ne vont-ils pas á l’UFC se faire flouer par la France ?
Comi M. Toulabor : Réformes institutionnelles et constitutionnelles comme le discours politique formaté a l’habitude de l’appeler. A l’UFC, il me semble que Gilchrist Olympio ainsi que ses talibans sont les seuls à croire à ces réformes-promesses (du RPT, de la France, de la communauté internationale, etc. etc.) qui n’engagent que ceux qui les reçoivent. S’ils agissaient autrement en ne prenant pas en compte ces promesses et en mettant en œuvre une stratégie de conquête de la victoire, cela changerait tout. Si le patron de l’UFC croit encore aux promesses politiques, après tout ce que le pays a vécu, c’est la preuve de son immaturité politique ou du moins de son mépris pour les Togolais abonnés au sentimentalisme politique depuis la naissance du RPT en 1969.
Togoforum : Des élections municipales annoncées n’auront pas finalement eu lieu. Aucune reforme constitutionnelle où institutionnelle n’est en vu. Il y
a des ministres au Togo qui pensent que les priorités du Togo sont ailleurs.
Comi M. Toulabor : L’opposition togolaise ne laisse t-elle pas un boulevard au RPT pour 2010 ?
Je note à travers votre question que le bilan du pouvoir dans ce domaine de réformes est vierge. J’en viens à la question : ce qui tient lieu d’opposition au Togo s’est rarement mobilisé pour des questions institutionnelles et constitutionnelles. On pourra prendre l’exemple de la modification de la constitution en décembre 2002 qui est passée comme un message électronique, alors qu’au Bénin partis et société civile étaient descendus dans la rue pour potester. Le RPT ne fera pas de réformes dans la perspective de 2010. Des partis comme le CAR ou la CDPA n’en veulent pas mais ne le diront pas. Si l’UFC en tant parti en veut, son leader, lui, n’en veut pas contrairement à ses proclamations. Parce que ces réformes risquent de lui enlever son dernier cheval de bataille sur lequel il parcourt les ministères à travers la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, comme il le déclamait à ses militants au siège de son parti à Lomé le 15 octobre dernier. Aucun parti, aucun groupe de pression n’a intérêt à voir les élections locales et les réformes se faire. On crie aux réformes, on s’agite ici et là, mais au fond c’est sans conviction, parce qu’aucun leader politique n’en veut vraiment. Le RPT et l’opposition sont au moins sur ce plan sur la même longueur d’onde. Le reste relève de la théâtralisation politique.
Togoforum : Fabre disait parlant de Faure en 2005 qu'« qu’il va plus faire du mal que son père ». Cette phrase
est-elle encore d’actualité ?
Phrase excessive ou prémonitoire ?
Comi M. Toulabor : Et Faure a fait plus mal que son père, prenant déjà par exemple le pouvoir dans un océan de sang. Il continue à faire en matière de gestion économique et financière du pays. Le régime de Faure se révèle autant sinon plus prédateur que celui de son père. La corruption avancée sous Eyadéma s’est amplifiée au de devenir le dénominateur commun de la société. La détention d’un simple tampon d’un service administratif peut rendre immensément riche. Il n’y a rien de nouveau à dire à ce sujet, sinon corriger le mal. Jean-Pierre Fabre a raison et sa phrase est d’actualité brûlante pour peu qu’on se souvienne de la mort récente d’Atsutsé Agbobli, du livre Michel Kalife, « Pourquoi le Togo va si mal ? », de l’état des infrastructures routières, sanitaires, scolaires, pendant que des résidences cossues et des fortunes colossales sortent du néant. Faure « va plus faire du mal que son père ». Il faut conjuguer cette phrase au présent.
Togoforum : Olympio voudrait des actions concertées avec le CAR. Y a t-il des signes visibles qu’ils peuvent réussir en 2010 ce qu’il n’ont jamais réussi en 17 années de lutte ?
Ne se moquent-ils pas du monde ?
Comi M. Toulabor : Gilchrist Olympio s’est autoproclamé candidat au congrès de son parti en juillet dernier. Yawovi Agboyibor, président d’honneur de son parti depuis octobre, se portera à tour candidat dans cinq mois. Gilchrist Olympio veut monter dans le car du Bélier de Kouvé et inversement alors qu’on sait qu’il n’y a qu’un volant pour un chauffeur dans une voiture. La voiture politique de l’opposition serait-elle à ce point si particulièrement pour que l’on ait deux volants à bord ? Qu’entendent-ils par « actions concertées » ? Pour le moment, tous les deux sont dans une stratégie solitaire qui ne fait pas avancer la cause de la conquête de la victoire pour 2010, ce qui rend les deux alliés objectifs du RPT, s’ils n’élaborent pas d’ici là une stratégie solidaire.
Togoforum : Pour redresser le Burkina feu Thomas sankara avait exigé de ses ministres pour leur voyage á l’étranger des billets de secondes classe.
Le général Wanke roulait dans une peugeot 505 d’occasion au Niger. Il faut une voiture Maybach de près d’un milliard pour un pays comme le Togo. C’est le ministre Pascal Bodjona qui se demande si Faure doit rouler dans un chariot et que en Côte-d’Ivoire ils en ont vu plein avec des ministres. Que lui répondez-vous ?
Comi M. Toulabor : Bongo, Mobutu, Houphouët et les autres pourront se livrer au pugilat pour s’attirer les services de Pascal Bodjona comme porte-parole. Le train de vie d’un chef d’Etat peut traduire son style dans l’administration du pouvoir qu’on pourrait situer sur un vecteur allant de l’austérité/modération à l’opulence/ostentation. En gros, les rois nègres aiment l’opulence et l’ostentation pour dissimuler des déficits intellectuels et psychologiques tandis que le chef d’Etat conscient de son rôle est dans la modération. Le roi nègre dispose de son propre jet et ses collaborateurs voyagent en première classe. Le chef d’Etat africain, s’il ne doit pas rouler en chariot, peut se passer largement de la Mercedes Maybach valant près d’un milliard de fr CFA. C’est un coup de gourdin clouté dans la bourse. On comprend que l’ancien « gourdineur » Pascal Bodjona soit aux anges !
Togoforum : Togoforum vous remercie pour votre disponibilité
Comi M. Toulabor : Merci et amitiés sincères à vous.
Comi M. Toulabor
Bordeaux, 22 novembre 2008 |