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LITTÉRATURE
ROMANS, NOUVELLES
AFRIQUE NOIRE
Bénin
France
Togo |
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Dans l'Etat imaginaire du
Kiiguland, coincé entre le Soudan, l'Ouganda, Djibouti et
la mer Rouge, un casque bleu français est épris d'Aurore
Bitimuku, une belle Kiigulandaise qu'il cherche à faire
sortir du pays en guerre. Le dénouement de l'histoire est
poignant et tragique. Des sentiments divers comme la peur,
le désir et la haine scandent le récit; et l'amour, le
seul vainqueur de cette aventure, laisse un goût amer à la
bouche. |
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"Au
départ, il y a le Kiiguland : Etat imaginaire coincé
entre le Soudan, l’Ouganda, le Djibouti et la mer
rouge. La guerre civile y fait rage depuis deux ans.
Puis il y a Aurore. Belle Kiigulandaise de vingt
deux ans, maîtrise de droit, fille unique du Pr.
Bitimuku. Elle a deux passions. Elle aime Jérôme, un
officier Français du contingent onusien, et elle
veut faire la peau à Ba, un militaire qui a tué son
père. Mais à choisir entre les deux hommes, elle
préfère Ba... au cimétière. Ensuite, il y a Jérôme.
Jérôme de Bercenay, fils du duc-sénateur de Bercenay,
vingt quatre ans, saint-cyrien, même promotion que
Ba. Lui aussi aime Aurore – au grand dam de la
duchesse- et est prêt à tout pour la sauver de
l’enfer. Puis il y a Ba. Lieutenant Ibrahima Ba-Yoko,
numéro deux des services secrets kiigulandais. C’est
lui le meurtrier du Pr. Bitimuku. Mais c’était une
bavure et il est bourrelé de remords. Homme de
l’ombre, il protège la fille de sa victime, tout en
connaissant ses projets de vengeance. A ces trois
personnages, il faudra ajouter une Portugaise
acariâtre, un président de la République pittoresque,
un général gouailleur, et une offensive du têt à la
Kiigulandaise. Une longue aventure au bout de
laquelle l’amour parait être le seul vainqueur. Mais
nous sommes en Afrique, et cet amour là est comme le
paludisme, il laisse un goût amer dans la bouche." |
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Togoforum.com :
Vous venez de signer avec
Parcours de combattants, votre
entrée dans l’univers littéraire togolais. Quel (s) regard(s)
portez-vous sur la littérature togolaise en particulier et la
littérature africaine en générale produite depuis les années
80 ?
Gerry Taama :
D’entrée de jeu, j’aimerais dire merci à Togoforum.com pour
cette interview. Pour répondre à votre question, je ne pense
pas disposer encore, enfin, pas suffisamment à mon goût, des
calibres nécessaires pour apprécier la culture tant togolaise
qu’africaine. Vous savez, j’ai encore beaucoup à apprendre.
Mais en me limitant à mes connaissances parcellaires, je pense
que cette littérature est mue d’une dynamique évidente, même
si on peut en déplorer une certaine délocalisation en
direction de l’occident.
Togoforum.com : Si vous aviez à parler de la culture
togolaise, en quels mots la présenteriez-vous ?
Gerry Taama :
C’est l’une des cultures les plus riches, les plus
complètes et les plus complexes de la sous-région. Elle
souffre cependant d’un handicap de taille : elle est
mésestimée par les Togolais, et ça, ça le fout mal, parce que
sans porte étendard, elle ne peut pas emporter de bataille.
Togoforum.com : Gerry Taama : parlez-nous de vous. Comment
êtes-vous parvenu à la littérature ?
Gerry Taama :
Je m’appelle Komandéga Gerry TAAMA, j’ai 34 ans, officier
des FAT en position de non-activité, marié. Je ne sais pas si
je suis arrivé à la littérature, et si c’est le cas, c’est un
sacré coup de bol, parce que j’aime lire, j’écris depuis la 4ème,
et honnêtement, vu le nombre de fois que word surligne mes
mots, je ne sais pas si on peut m’appeler un littéraire.
J’écris parce que je pense que j’ai des choses à dire, à
raconter et ces choses ne passent que par la chose romancée.
J’aime tout ce qui a trait à l’aventure, aux grands espaces,
aux expéditions.
Togoforum.com :
Quelles sont aujourd’hui les références littéraires qui
ont fait de vous l’écrivain que vous êtes devenu ? Des
auteurs ? Des œuvres ?
Gerry Taama :
La plus part du temps, quand je suis accro d’un auteur, je
lis toute sa bibliographie. Donc auteur et œuvres seront liés.
Je suis passionné de Steinbeck, Hémingway et Faulkner. Hugo et
Camus pour les auteurs Français. Tolstoï pour la littérature
russe. En Afrique, je suis un indécrottable d’ Hampaté Ba,
Kourouma, Sonyinka et Brink, le sud-africain. Des essayistes
comme Réné Dumont, Axel Kabou et Kelman sont mes préférés. Au
Togo, je dois dire que je suis en train de découvrir notre
littérature, et Kangni Alem et Sami Tchak m’ont accroché. Mais
je n’ai pas encore fini mon apprentissage.
Togoforum.com : Dans Parcours de combattant, il est
question de conflit armé opposant deux ethnies dans un
Kiiguland imaginaire aux lendemains d’élections
présidentielles, de mission onusienne, de distributions de
nourritures par le PAM, en somme un tableau qu’on pourrait
situer dans plusieurs pays africains. Pourquoi avoir choisi un
tel sujet ? L’urgence d’un dire ou simple témoignage d’une
époque qui est la votre ?
Gerry Taama :
Il fallait une trame à l’histoire et j’ai choisi celle là.
Je n’aime pas la littérature dite engagée, même si je
reconnais son importance. Pour moi, un roman, c’est pour
décrocher les neurones. Donc j’invente l’histoire, je fais en
sorte que cela soit du domaine du possible, c’est tout. La
pire des choses qu’on puisse me demander c’est de dire la
leçon à tirer de mon roman. Il n’y en a pas. C’est bon pour
s’évader, rêver, partir, c’est tout.
Togoforum.com : Vous êtes officier, vous avez participé à
la mission de maintien de la paix en Côte d’Ivoire il y a deux
ou trois ans. Cela a-t-il été le déclic pour démarrer un tel
roman ou le projet est antérieur à cette mission ?
Gerry Taama :
Non, j’ai démarré ce roman depuis 2002, donc bien avant mon
retour dans notre armée. Même si plusieurs apprentissages de
cette mission m’ont peut être permis d’étoffer certains
passages. C’est possible.
Togoforum.com : En tant que militaire, quelle lecture
faites-vous de la plupart des élections présidentielles dans
les pays africains, notamment les plus récentes du Ghana, de
la Zimbabwe, du Kenya et du Togo ?
Gerry Taama :
Sans blague, vous n’imaginez tout de même pas que je vais
répondre à cette question, en tant que militaire. Cependant,
en tant qu’auteur, je pense que nous avons tendance à voir la
catastrophe qu’en Afrique. Lorsque le Turkménistan avait un
président à vie, personne ne disait rien, lorsque Chavez fait
modifier la constitution pour être président à vie en jouant
sur le populisme, on ne crie pas au feu. Si c’était en
Afrique, les haros auraient fusé de toute part. L’Afrique fait
l’apprentissage de la démocratie comme beaucoup d’autres pays
au monde. Et dans ce processus, certains pays trébuchent.
Trébucher ne veut pas dire tomber, mais jauger son équilibre
pour mieux positionner son centre de gravité.
Togoforum.com : Il y a deux ans, vous avez demandé une mise
en disponibilité en tant qu’officier : pourquoi ? Que
faites-vous à présent ?
Gerry Taama :
La mise en position de non-activité est désormais possible
dans notre armée, en vertu de l’article 73 du statut des
personnels militaires des Forces armées togolaises. En 2008,
j’ai eu la possibilité de préparer un master en communication.
J’ai donc pris une disponibilité pour le faire. Mais comme
cette position sucre le salaire aussi, je dirige une agence
spécialisée en communication et sondages. Et puis, j’écris.
Togoforum.com : Récemment dans l’émission Atelier des
médias de RFI et dans votre blog, vous parlez de création
d’une maison d’édition : parlez-nous de ce projet et quel
apport pouvez-vous solliciter à travers cette interview ?
Quelle est la carte éditoriale au Togo qui vous pousse à
monter une telle entreprise ?
Gerry Taama :
Monter une maison d’éditions est un projet qui me tient à
cœur. Prenez mon exemple. Aujourd’hui, j’ai publié mon roman
aux éditions l’Harmattan. Le livre coute dans les 15000F en
France, et un peu moins au Togo, à cause d’une excellente
politique de prix qu’effectue l’éditeur. Mais même s’il devait
se vendre à 10000, le prix serait excessif. En créant une
maison d’édition à Lomé par exemple, qui publiera en coédition
les œuvres d’auteurs, ce serait bénéfique pour tout le monde.
Les livres seront disponibles en occident et en Afrique au
même moment, à des prix assortis aux différents niveaux de
vie. La particularité de cette maison sera qu’elle fera de
l’édition à la demande. C'est-à-dire qu’en s’appuyant sur un
équipement à dominante numérique, on pourra réaliser à peu de
frais des livres à l’unité. Donc pas de stocks à gérer, et
surtout possibilité offerte aux auteurs en herbe de se faire
éditer gratuitement, en ne prenant presque pas de risques. Le
jeune auteur se chargeant lui-même d’organiser son marketing.
J’ai accumulé un certain nombre de matériel, j’ai la maîtrise
technique. Je suis à la recherche d’associés pour conduire le
projet à bout.
Togoforum.com : Parcours de combattant : une œuvre isolée
ou d’autres sont à venir ?
Gerry Taama :
Certainement pas isolée. Non, je travaille déjà d’autres
projets. |