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Interview réalisée à Lomé le 21 fevrier par Alain Nococo
A propos de  la crise à la Fédération : « Ne pas respecter nos statuts, c’est renier notre identité. La FIFA ne respectant pas nos statuts, renie notre identité.»

La crise que traverse la Fédération Togolaise de Football (FTF) depuis quelques mois a connu son épilogue le 06 février dernier avec la lettre de la FIFA adressée au ministre de la jeunesse et des sports, M. Antoine Folly, au vice-président de la CAF, le général Séyi Mèmèn et au 1er vice-président de la FTF, M Gabriel Améyi demandant la réhabilitation du bureau issu du congrès électif du 09 janvier 2007. Cette lettre à polémique a créé de confusion dans l’esprit du public sportif togolais et la presse vecteur de l’information en a fait son chou gras. Qu’est-ce qui s’est réellement passé et quelles sont les solutions de sortir définitivement de cette crise. Nous avons approché un spécialiste du sport, M. Bernard Walla, président du Comité Provisoire de Gestion (CPG) mis en place par le gouvernement suite à la suspension à vie de Tata Avlessi. Il nous donne ici son analyse de la situation.

Bernard Walla, Président du Comité Provisoire de Gestion de la FTF

Monsieur Bernard Walla, bonjour ! Vous n’êtes plus à présenter aux Togolais. Le public sportif togolais vous reconnaît comme un de ceux qui se sont plus investis pour le sport-roi au Togo. Pourquoi refusez-vous de passer le témoin au bureau réhabilité par la FIFA si la solution à cette sempiternelle crise de la FTF passe par là ?
Merci de me donner la parole pour éclairer l’opinion sur tout ce qui se passe réellement. Oui, dire que j’ai plus investi, non.  Je dirai que j’ai quand même contribué financièrement et physiquement à l’évolution du football togolais à la mesure de mes possibilités. Dans ce domaine, toute comparaison avec d’autres est aléatoire.  Etant proche du bureau exécutif de la fédération de 1988 à ce jour, j’ai contribué financièrement au niveau des clubs mais également au niveau des activités qui sont celles attribuées à une fédération qui fonctionne. Je me suis investi corps et âme dedans. Les textes de 1994, je fais partie de ceux qui les ont rédigé. C’est ce que je peux dire à ce niveau.

Pour ce qui concerne le fait qu’on trouve que je suis le facteur bloquant, je suis un peu étonné puisque j’étais le premier à prendre acte de la décision de la FIFA bien que celle-ci ne soit pas motivée et contradictoire à la décision de cette même FIFA : Référence : lettre de
la FIFA du 15 août 2007 dans laquelle l’institution s’alignait sur la décision de la CAF exprimée dans sa lettre du 14 août 2007 où la mise en place du Comité Provisoire de Gestion (CPG) a été bel et bien reconnu par la CAF. Il est regrettable qu’une grande institution comme la FIFA se mette elle-même en contradiction. Nous avons tous les éléments d’appréciation que nous tenons à disposition de qui veut en faire lecture.

Si nous avons pris acte, c’est que le ministre de la jeunesse et des sports en accord avec la FIFA se sont convenus après plusieurs réunions que la solution de la crise résidait en la réhabilitation de l’ancien bureau. Je prends acte que la FIFA, en accord avec le ministre, ont trouvé une bonne solution à la crise, c'est ce que nous souhaitons depuis. Ceci dit, je ne suis pas impliqué par la dernière lettre et décision de la FIFA et j’estime que,  s’il devait avoir passation de service, cela devait être entre l’institution qui nous a délégué le pouvoir ou l’organe désigné par la FIFA. Nous avons remis tous les pouvoirs qui nous avaient été délégués au CNOT. Donc, si nous continuons à collaborer, c’est dans le souci d’apaisement.

Je confirme que la lettre de la FIFA est une simple machination. Je le dis parce que au mois d’août, la FIFA et la CAF ont reconnu le CPG et le CNOT qui nous a mis en place conformément à nos statuts. Entre août et mis janvier, nous avons eu des correspondances régulières avec la FIFA. Il est donc curieux que ce soit à partir du début de la CAN au 05 février que la FIFA ait changé subitement de position. De toute façon, c’est son droit le plus absolu ; les institutions font aussi des erreurs et si au moins pour ce cas, la FIFA pouvait accepter qu’elle a fait des erreurs, cela contribuerait à ramener la confiance ou du moins calmer les esprits. Nous savons ce qui s’est passé réellement mais nous le gardons par respect à l’institution.

Ceci dit, pour faire une passation de service, il faut qu’un certain nombre de conditions soient réunies. C’est pourquoi nous avons adressé ce 20 février 2008 une requête au ministre de la jeunesse et des sports après bien sûr des discussions préliminaires et nous attendons la réponse.

Vous contestez la légitimité de la lettre de
la FIFA. Avez-vous des éléments qui fondent votre contestation ou vous fiez-vous tout simplement à cette prétendue amitié dont bénéficieraient certains responsables au plus haut sommet du sport au niveau des instances de la FIFA et qui aurait facilité cette lettre à polémique ?
Moi je me base uniquement sur les documents de la même FIFA et qui sont contradictoires. J’ai cité tout à l’heure la lettre de la FIFA du 15 août 2007 et celle de la CAF du 14 août 2007. Éventuellement si une délégation veut, on pourrait confronter les documents en notre possession avec les signataires de ces documents.

Le vrai problème est l’interprétation de la vacance du bureau exécutif à ne pas confondre avec la vacance du poste de président. La FIFA veut aujourd’hui parler de la vacance du poste de président, nous nous voulons parler de la vacance du bureau. C’est deux choses différentes. Il ne s’agit pas de la vacance du poste de président du bureau exécutif, il s’agit de la vacance du bureau exécutif par le fait qu’à partir de la sanction de Tata, deux camps se sont formés : un camp pour Améyi de quatre (04) membres et un camp pour Tata de six (06) membres plus un copté. Et à ce moment précis, aucun des deux camps n’avait le quorum statutaire qui est de deux tiers (2/3) des membres, soit huit (08) membres pour espérer diriger la Fédération. En plus, il y a eu une lettre de démission des six (06) membres pro- Tata qui ont remis leur démission le 20 juillet 2007 conformément à l’article 19 du règlement intérieur de la FTF.

Compte tenu de ces éléments, nous disons qu’il y avait vacance du bureau exécutif. Et dans ce cas d’espèce, l’article 12 de nos statuts s’applique, c'est-à-dire que le CNOT de plein droit peut former un comité provisoire pour des prochaines élections. Donc, sur ces faits, toute autre position ne peut être que partisane et sans considération de nos statuts. Nos statuts sont notre identité, ne pas respecter les statuts, c’est renier notre identité. La FIFA ne respectant pas nos statuts, renie notre identité.

Maintenant que chaque camp campe sur sa position, quelle serait à votre avis la solution qui permettrait de régler définitivement cette crise ?    
Quel camp campe sur sa position ? Je l’ai dit plus haut, nous avons envoyé ce 20 février 2008 une requête au ministre de la jeunesse et des sports. Nous attendons sa réponse. Si on estime que nous sommes un élément bloquant, la FIFA peut faire recours à une institution sportive de l’Etat pour débloquer la situation

Entretien réalisé par Alain Nococo

 
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