B&B Electronics -bb-elec.com
Actualité Tribune Libre Sports Sites Interviews
Interview
Entretien avec Apédo-Amah Togoata : Je préconise contre l'armée putschiste au pouvoir, le boycott de la présidentielle de 2010

AgoraPress - Interview réalisée par Noèl Tingayama Mawo le 27 mai 2009

« Les partis politiques togolais, dont la plupart des présidents sont propriétaires de leur parti, ont un grand besoin de renouvellement : renouvellement des hommes vieillissants et sans imagination, renouvellement des structures et des discours. Il s’agit d'un véritable aggiornamento à faire par ces partis au regard de la nouvelle donne politique nationale et de la géopolitique régionale. Ils sont devenus archaïques et désemparés à cause de leur échec à propulser leurs leaders à la présidence de la République. Or il se fait que tous leurs programmes politiques ne se limitaient qu’à cet objectif : remplacer des hommes par d’autres hommes. D’où l’embouteillage de petits leaders charismatiques dont les petites personnalités ont valeur de programme politique. C’est ce qui explique le faible niveau de culture politique de toute la classe politique togolaise... « C’EST POURQUOI JE PRECONISE, CONTRE L’ARMEE PUTSCHISTE AU POUVOIR, LE BOYCOTT DE LA PRESIDENTIELLE DE 2010. »

 

VOTRE PUB

 

VIDEO
Jimi Hope - Agbebavi
agbeadjezo
Oro Below - Wolo
Ossara -- Levez vous (Bidiguini)

Togoforum.com : M. Ayayi Togoata Apedo-Amah, quelle analyse faites-vous de l’histoire du coup d’Etat dont Kpatcha Gnassingbe serait le commanditaire ?
Apedo-Amah : Eyadema, le père des héritiers qui se battent comme des chiffonniers pour la couronne, a fait du régime politique togolais une féodalité archaïque dans laquelle l’Etat se ramène à un individu qui incarne à travers sa personne tous les pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire, etc. Il s’agit dans le cas d’espèce du Togo d’un régime analphabète, kleptocrate, tribaliste, misogyne, corrompu, terroriste, bête et méchant. Que les fistons en viennent à se battre à mort pour les os rongés par leur père défunt, rien de plus normal dans un régime féodal où le frère doit tuer le frère, le neveu l’oncle, l’épouse sa rivale… pour accéder au pouvoir. Dans un tel système politique, les règlements de compte sont une affaire de famille. Toute succession en régime féodal obéit à l’arbitraire, à la violence, au meurtre, à la barbarie d’autant plus que les égoïsmes y sont exacerbés entre les héritiers putatifs. L’on ne s’y bat pas autour de programmes politiques, de projets de développement, d’une vision ambitieuse du pays mais par appétit du pouvoir afin de jouir de privilèges exorbitants, criminels et mafieux. Avoir le sentiment vertigineux d’être un dieu de la terre ayant droit de vie et de mort ! Que tout cela manque de dignité !

Le Togo est le champ de maïs du clan Gnassingbé. Comme il s’agit d’un régime basé sur l’arbitraire, l’on ne nous produira, évidemment, jamais de titre foncier du Togo justifiant un quelconque droit de propriété. Le peuple se gausse des héritiers qui font l’objet de blagues, véritable expression du rejet total des usurpateurs du clan Gnassingbé putschiste. La situation politique de notre pays est devenue si pathétique que nous ne pouvons qu’en conclure que notre cher Togo ne mérite pas toute cette médiocrité ; la présence de ce clan réactionnaire et antipatriotique au pouvoir est une véritable insulte pour notre peuple. Au fond, l’on peut comprendre les frustrations de Kpatcha, l’homme inculte, dans sa vision patrimoniale archaïque du pouvoir,  dans la mesure où c’est Faure qui le premier a ouvert les hostilités en l’écartant du ministère de la Défense. Kpatcha, co-président virtuel, ses partisans et certains frères n’ont pas compris qu’ayant été publiquement adoubés à deux devant le peuple par l’armée, que son cohéritier de frère puisse l’écarter du pouvoir. Il s’est donc senti agressé, trahi et victime d’une injustice en tant que fils et héritier d’Eyadema. Quoi qu’ait fait Kpatcha, il a la circonstance atténuante d’être victime d’une rupture abusive de contrat par Faure. Si les kaki qui leur ont partagé le pouvoir ont laissé faire (la mise à l’écart de Kpatcha de la mangeoire), cela veut dire qu’ils ne sont pas eux-mêmes fiables comme arbitres. Parole de militaire ! Comme dirait Eyadema.

Togoforum.com : Ne pensez-vous pas que Kpatcha Gnassingbé, étant devenu un adversaire redoutable pour Faure Gnassingbé, ce dernier aurait pu monter le scénario du coup d’Etat juste pour l’éliminer de la course à la présidentielle de 2010 ?
Apedo-Amah : A propos des deux frères adoubés par les officiers des Forces Armées Togolaises le 5 février 2005, à travers un coup d’Etat méprisable et rétrograde qui a transformé la république bananière du clan Gnassingbé en monarchie ubuesque, j’avais dit que cet attelage ne marcherait pas. Il n’est pas nécessaire d’être devin pour le comprendre. L’histoire est un bon maître en la matière. On ne désigne pas de numéro deux à un dictateur qui, par définition, ne délègue aucune parcelle de son pouvoir de peur de s’en faire déposséder  par un rival en puissance formé à la même école de l’arbitraire, de la violence et du crime que lui. Si le dictateur de service a un adversaire à craindre, c’est d’abord dans son propre camp, pire, dans sa propre maison dans le cas d’une monarchie où prévaut le droit du sang.

Quand ont commencé les chamailleries, j’en ai conclu que le vainqueur sera celui qui tirera le premier. Faure a tiré le premier et a gagné pour l’instant. Je dis bien pour l’instant parce que Kpatcha n’est pas son seul frère. Il y aurait même embouteillage au niveau de la fratrie polygamique ! La vengeance pourrait devenir une forte motivation. Lisez ou relisez Shakespeare ! Vous savez, cette histoire de complot ne convainc pas un esprit rationnel au vu des prétendues preuves apportées par l’accusation. Certes des armes ont été exhibées mais tous les Togolais savent que cet homme a toujours été très armé  comme pas mal de gens du clan militaro-fasciste; et dans le régime, c’était accepté tant qu’il tournait ses armes contre le peuple pour défendre le pouvoir illégitime de papa puis des héritiers. C’est un civil militarisé ! Je me souviens que nous avions été pris en otage à la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, le 13 juin 2005, dans le prolongement du putsch sanglant de Faure Gnassingbé, par des responsables civils du RPT et autres chenapans -  qui firent irruption dans notre conférence de presse destinée à livrer aux Togolais le bilan des morts et blessés de la sauvage répression antidémocratique -  parmi lesquels le responsable de la jeunesse, le directeur de cabinet de Pitang Tchalla, ministre de la Communication, et un certain Gilbert Bawara qui a obtenu une promotion ministérielle pour ce forfait ! Les tarés étaient presque tous armés avec des flingues dans la ceinture de leur pantalon.

En réalité, il est vain de se focaliser sur la vérité ou la fausseté du complot. Dans toute dictature qui se respecte, le simple fait d’être un rival ou de déplaire a valeur de complot. Quant aux preuves matérielles, ça a toujours été un jeu d’enfant de les fabriquer. Le dictateur est à la fois « victime » et juge puisque la justice de l’Etat, une justice parodique, pour ne pas dire une injustice institutionnalisée, est aussi sa propriété privée. Les seuls éléments crédibles du complot sont l’ambition déclarée et affichée de Kpatcha qui a eu le mauvais goût d’avoir démarré sa campagne électorale depuis 2007, surtout dans la Kozah, le fief familial, en y distribuant des centaines de millions de francs et en s’offrant des limousines de milliardaires pour conforter son statut de faiseur de pluies à l’image de son père qui poussait le cynisme jusqu’à faire l’aumône avec mépris au peuple qu’il avait ruiné par le pillage systématique du pays. Dans les mœurs florentines des potentats qui nous gouvernent, l’argent est considéré comme une puissante arme de corruption et d’achat des consciences. Kpatcha cumulait donc tout ce qui pouvait le présenter comme un rival dangereux. C’était suffisant pour l’éliminer de la course à la présidentielle et au pouvoir d’autant plus que le clan se couvrirait de ridicule en présentant deux voire trois candidats confortant l’esprit dynastique que les caciques médiocres du RPT s’acharnent à nier avec stupidité en dépit du bon sens. Le vrai complot est donc l’ambition et les moyens de l’ambition de Kpatcha. Mais, de toutes les façons, cela devait finir tôt ou tard par un bain de sang. Faure a tiré le premier en limitant la casse pour demeurer seul à la barre. Avec l’argent du peuple, chacun des deux frères s’est acharné à recruter des partisans dans l’armée, surtout dans la hiérarchie. A ce jeu-là, Kpatcha, relativement populaire parmi les criminels et les ennemis du peuple de l’armée, avait pris de l’avance sur son frère, d’où la décision de le virer de la Défense. Kpatcha a perdu parce qu’il est le moins intelligent des deux frères, complètement imperméable à toute notion de stratégie. Pour lui la violence est une fin en soi parce qu’il n’est pas intelligent.

Togoforum.com : Comment expliquez-vous que Kpatcha Gnassingbé, simple député, ait pu jouir d’une protection militaire infiniment plus importante que celle des ministres ? Il faut souligner que les militaires qui constituent sa garde, sont recrutés et payés par l’Etat togolais ; alors comment une telle situation a-t-elle été possible ?
Apedo-Amah :
Kpatcha n’est pas le seul dans ce cas. Presque tout le clan s’octroie ce privilège illégal en s’entourant d’une garde pléthorique et injustifiée dans la mesure où la  plupart des individus qui en profitent abusivement n’occupent aucune fonction officielle. La vérité, c’est que le clan Gnassingbé a privatisé l’armée togolaise comme il a privatisé l’Etat. En toute impunité. Malheureusement, le Togo est la vache à lait du clan. On devrait leur facturer l’usage abusif des services de nos militaires à titre privé au taux des sociétés de gardiennage privées. Et pourquoi cette hantise sécuritaire au sein du clan ? De quoi a-t-on peur ? Vous savez, celui qui respecte la dignité humaine des autres, ne vole pas le peuple, ne tue pas et accède au pouvoir par la volonté du peuple, a la conscience tranquille, dors en paix et ne vit pas la peur au ventre poursuivi par les fantômes de ses victimes. Celui qui règne par l’épée n’a qu’une peur : périr par l’épée de la vengeance de ses victimes ou de leurs proches. Il est très facile d’être courageux et arrogant une arme à la main en jouant les Rambo et les Terminator face à un peuple à genoux.

Dans le système militaro-RPToche, les ministres n’ont aucune valeur, ce sont des boys ou des chiffons du dictateur, constamment humiliés et qui vivent dans la hantise de se faire virer ou zigouiller du jour au lendemain. Il n’y a aucune norme rationnelle pour leur servir de garde-fou. La seule « norme », si l’on ose utiliser ce mot, est l’humeur versatile du dictateur. Ce pour quoi on vous a félicité la veille, peut vous valoir la fessée le lendemain ! L’insécurité psychologique est le prix à payer par les voleurs de la République. Croyez-moi, je ne les plains pas. Tout cela explique pourquoi des activistes politiques du clan Gnassingbé et autres sicaires du régime sont mieux protégés que des ministricules pétochards à la con. La vraie hiérarchie au sein de la dictature militaire est une hiérarchie parallèle, invisible pour le non-initié. Il n’est pas rare de voir des sergents et autres sous-fifres plus puissants que des généraux et des ministres qu’ils peuvent gifler ou enfermer au gnouf en toute impunité du fait du rôle qu’ils jouent dans l’appareil sécuritaire ou de prédation de l’Etat. Je vous rappelle que la Conférence Nationale Souveraine avait, en son temps, dénoncé la privatisation de l’armée par des barons et des officiers qui utilisaient les militaires payés par l’Etat sur les chantiers de leurs villas privées et dans leurs fermes comme des esclaves. Cela s’appelle du vol. Ce sont des kleptocrates. Il est donc facile de comprendre pourquoi ces individus ne veulent pas quitter le pouvoir.

Togoforum.com : La justice va-t-elle suivre son cours ou y aura-t-il une farce comme d’habitude à travers un règlement de comptes entre frères ennemis ?
Apedo-Amah : Osons-nous dire la vérité : il n’existe pas de justice digne de ce nom au  Togo ; et ce n’est pas du dénigrement. Il suffit d’écouter les vrais magistrats parler du fonctionnement politico-mafieux de la justice togolaise pour avoir froid dans le dos. Je précise bien vrais magistrats pour faire la distinction avec les nervis du pouvoir dictatorial qui ont fait carrière dans le mouchardage quand ils étaient étudiants et qui ont été promus à de grands postes au sein de la magistrature malgré leur médiocrité et leur corruption phénoménale de voyous afin d’aider le pouvoir exécutif à instrumentaliser et privatiser la justice. Ces petits juges véreux sont les principaux agents de l’insécurité judiciaire dont souffrent tous les justiciables togolais que nous sommes.  Kpatcha risque  à son tour de goûter à l’appareil d’injustice instauré par son tyran de père pour terroriser les Togolais. Contrairement à ce que d'aucuns pensent, il ne s’agit pas d’une ironie du sort, mais d’une logique systémique qui tôt ou tard finit par dévorer ses propres concepteurs. Pour vous en convaincre, il suffit d’examiner la longue liste des barons et officiers, tous bourreaux fieffés du peuple togolais, victimes de l’injustice d’une justice aux ordres. Cette caricature de justice sert au pouvoir à donner un habillage légal à ses règlements de comptes. Tant que perdurera la dictature féodale du clan Gnassingbé, il n’y aura pas de justice au Togo. Parce que la justice, l’Etat de droit, le respect des droits humains, la démocratie ne sont pas solubles dans la tyrannie et la barbarie. Prendre à leurs comptes ces éléments d’un Etat moderne et civilisé, reviendrait pour nos autocrates médiocres à se faire harakiri. Or le courage politique ne fait pas partie de leurs mœurs politiques. Ce sont de lâches vermisseaux méprisables et haïssables. Si Faure  a eu recours à un montage contre son frère, celui-ci n’aura aucune chance avec leur propre « justice ».

Togoforum.com : Kpatcha et autres miliciens du HACAME incarnent l’aile dure et brute du RPT. Depuis 1991, on les a vus à l’œuvre de façon violente et cruelle, faut-il se réjouir qu’il soit derrière les barreaux ?
Apedo-Amah :  Tous les criminels qui ont violenté le peuple togolais doivent répondre de leurs crimes. Rien de solide ne peut se bâtir sur l’impunité. Les morts, les blessés, les  suppliciés, les exilés et autres victimes ont droit à ce que justice soit faite par la condamnation de leurs tortionnaires qui ne sont courageux qu’une arme à la main. A ce titre Kpatcha Gnassingbé devra aussi, comme tout  justiciable, répondre des actes qui lui sont reprochés devant la justice, je veux dire une justice dépolitisée et propre qui ne soit plus prise en otage par des juges voyous et leurs commanditaires politiques. Ces individus ne sont hélas pas derrière les barreaux pour agression contre le peuple, mais dans le cadre d’une course au pouvoir. Ce procès, s’il a lieu, ce qui n’est pas certain, en raison de ses implications familiales dont les conséquences peuvent rejaillir gravement sur l’appareil militaire, instrument du pouvoir du clan Gnassingbé, ne nous intéresse que médiocrement puisque, dans tous les cas, il s’agira d’une sordide vengeance.

Mais le vrai procès, celui des ennemis du peuple qui ont ensanglanté le Togo par appétit du pouvoir et crapulerie en se servant de l’appareil militaire et du RPT, le cache-sexe malodorant de l’armée putschiste, seul nous intéresse. Gaston Aziaduvo Edeh, député élu du CAR en 1994, Tavio Amorin, Marc Attidepe, Gilchrist Olympio, Agbakpem, Antoine Idrissou Méatchi, Koffi Mathieu Kégbé, Léopold Ayivi, le journaliste démocrate ; David Bruce, Komlan Yébessé, le syndicaliste Oroumonvi  Essiba et une dizaine de membres de sa famille disparus corps et biens au niveau d’un barrage militaire, Omer Adoté, etc. et des dizaines de milliers de victimes anonymes de Sokodé, Kara, Sotouboua, Agbandi, Diguina, Mango, Dapaong, Tsévié, Atakpamé, Aného, Niamtougou, Notsé, Kpémé, Kpalimé, Bassar, Pya, Lomé… , trois cent mille compatriotes réfugiés au Bénin et au Ghana suite aux massacres de la soldatesque d’Eyadema en 1993, à Lomé ; et ceux du coup d’Etat crapuleux et de la présidentielle frauduleuse et sanglante de 2005 de Faure Gnassingbé,  attendent que justice soit faite, que leurs bourreaux cessent de les narguer et de les intimider.

Togoforum.com : S’il vous était demandé de donner un conseil à Faure Gnassingbé, dans l’intérêt du Togo, que lui diriez-vous ?  
Apedo-Amah : En général, on ne donne pas de conseils à un mur. On n’en donne qu’à ceux  qui sont capables d’en faire un bon usage. Faure, comme son père, souffre d’autisme politique, car il est complètement replié sur lui-même et peu réceptif au monde qui l’entoure. Vous ne trouverez aujourd’hui que des bandits pour vanter son « ouverture d’esprit et son amour inné de la démocratie ». Ces bandits opèrent, bien entendu, en mission commandée parce qu’il y a beaucoup de glands à manger pour les cochons. Prenons le cas d’école d’un vulgaire traître comme  Léopold Messan Gnininvi de la CDPA, un parti qui s’est rendu avec armes et bagages au RPT pour « bouffer un peu », selon l’expression consacrée. Ce mec, qui n’était qu’une taupe du RPT au sein de l’opposition, a prétendu ramener son maître Faure Gnassingbé à la démocratie en travaillant de l’intérieur le RPT,  l’ex-parti unique et inique dont il était le représentant emblématique à l’Université du Bénin de Lomé, dans les décennies 1970-1980, où son Timonier National chéri lui avait confié, à lui tout seul et en même temps, cinq ou six directions (Directeur de l’Ecole des Sciences, directeur de la Recherche Scientifique, directeur du Centre de Calcul, directeur de L’INSE, directeur de L’Energie solaire, etc.,) en tant que son homme de confiance avec mission de surveiller ses collègues enseignants sur le campus universitaire. Seuls deux autres barons du RPT eurent droit à cet insigne privilège de porter une demi-douzaine de casquettes en même temps sous le parti unique : le « syndicaliste » Nambog Barnabo et Tchalim Tcha Kozah. Eh bien, la stratégie bidon d’entrisme des filous de la direction de la CDPA n’a rien donné et ne donnera jamais rien ; mais par contre, la population les voit, sourire banania aux lèvres, prendre de l’embonpoint, beaucoup d’embonpoint ! La rondeur des joues naguère émaciées et la toute nouvelle bedaine de Gnininvi sont devenues un sujet de conversation en ville depuis qu’il a rejoint le RPT. Jamais, de toute son existence, le bonhomme n’a connu une telle prise de poids ! Certains jeunes qui ont déchiré leur carte de la CDPA, affublent, amers, leur ancien leader du surnom infamant « Gnininvi-RPT ». A présent, toute dignité perdue, Gnininvi s’est transformé en pourvoyeur de médaillés pour Faure Gnassingbé. C’est ainsi que les Togolais ont pu voir, complètement médusés et indignés, lors des cérémonies du 27 avril 2009, Faure Gnassingbé, dissimulé derrière une vitre blindée, distribuer des médailles en chocolat à des responsables indignes de la CDPA et de sa branche féminine, le GF2D, qui s’est prostituée avec le RPT pendant les négociations de l’APG jusqu’à entrer dans le gouvernement antidémocratique, droits comme des filaos, un sourire niais plaqué sur leur gueule enfarinée de traîtres de service.

Prenons le cas de l’éternel conseiller et joker du clan Gnassingbé, Edem Kodjo. Il a été humilié à son poste de ministricule d’Etat de Faure Gnassingbé et a dû démissionner, la queue entre les jambes, parce que son poste était une coque vide. Aucun dossier ne lui était soumis et le Monsieur s’ennuyait. Selon certaines indiscrétions, Kodjo, ulcéré et humilié, eut recours, pour se faire entendre, à l’arme du chantage en brandissant sa démission et fut pris au mot à son grand étonnement et indignation. Quand ceux qui sont de la maison RPT, des RPToches chevronnés et convaincus comme Gnininvi et Edem Kodjo ne servent que de faire-valoir, que voulez-vous que puisse conseiller un opposant révolutionnaire comme moi ? L’intérêt du Togo ne sera jamais pris en compte avec la dynastie Gnassingbe. Le seul conseil que je pourrais lui prodiguer, mais qu’il ne voudra pas suivre, serait de lui dire de dégager le plancher.

Togoforum.com : Qu’en est-il de la commission « Vérité, justice et réconciliation » ? Le cas Kpatcha pourra-t-il accélérer la formation de cette commission ?
Apedo-Amah : J’ai déjà eu à m’exprimer sur cette initiative qui relève de la pure bêtise. Kpatcha ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Le responsable numéro un des crimes et  violences et de la répression barbare est Faure Gnassingbé. C’est à lui que le crime a profité de A jusqu’à Z. Aura-t-il le courage de se présenter devant les tribunaux pour répondre de ce qu’il a déclenché pour s’emparer de son héritage sanglant ? Nous ne lui reconnaissons pas ce courage. Il est extrêmement rare de voir des criminels assumer courageusement leurs forfaitures à l’heure de la reddition de comptes. Une commission n’est pas un tribunal. Cette commission est un attrape-nigaud de plus pour permettre aux assassins de la République (ou plutôt de la monarchie) de s’octroyer à peu de frais une belle autoamnistie avec la complicité des partis de la souillure signataires du maudit Accord Politique Global (APG) : UFC, CAR, CDPA. Je récuse personnellement cette commission. Dès le début, j’ai eu des doutes en observant le zèle de l’ex-président félon de la Ligue, Hamadou Yacoubou, autour de cette sale opération de blanchiment des crimes des ennemis du peuple togolais. Sa nomination dans le gouvernement illégitime RPT comme ministron médiocre des Droits de l’Homme, pour service rendu, a transformé mes doutes en certitudes. Si jamais il devrait y avoir une telle commission un jour au Togo, elle ne peut en aucun cas être l’initiative de nos oppresseurs. Une telle initiative ne peut venir que d’un nouveau régime politique démocratique avec des hommes propres autres que les voyous de l’ex-opposition officielle actuelle qui ont aussi beaucoup de choses à se reprocher. Mais dans tous les cas, après jugement et condamnation des criminels. Si une telle mascarade a lieu malgré tous nos avertissements, toutes les victimes spoliées seraient en droit demain d’attaquer devant les tribunaux tous les individus qui se seraient rendus complices d’une telle mascarade devant les tribunaux pour violation de leurs droits humains.

Togoforum.com : Certains pensent que cette situation fragilise plus que jamais le RPT, surtout dans la perspective de son maintien au pouvoir après 2010. Serait-ce l’occasion pour l’opposition d’accéder enfin au pouvoir ?
Apedo-Amah : Toute lutte sanglante pour le pouvoir fragilise toujours un régime d’une manière ou d’une autre. Dans le cas d’espèce du Togo, il s’agit d’une situation inédite dans la mesure où l’on se bat à couteau tiré au sein de la famille qui a usurpé le pouvoir. Nous voyons certains cancres politiques de l’ex-opposition démocratique se réjouir de cette situation en simples spectateurs, oubliant que leur combat se situe sur le front et non sur un balcon de simple curieux. Se prenant pour des Machiavel tropicaux de pacotille, ils se contentent, prétendent-ils, de compter les points, comme si leur rôle consistait à jouer les pointeurs ! Quelle indigence de la pensée ! A contrario, les opportunistes de la CDPA, alliés du RPT, ont une peur bleue que cette bagarre fratricide ne verse du sable dans leur gari ! Cette affaire ne peut affaiblir gravement les protagonistes du RPT, en réalité la dictature militaire, que si leurs contradictions internes perdurent parce que Faure Gnassingbé n’est pas capable d’imposer sa terreur à l’ensemble des courants qui contestent son leadership comme avait pu le faire Eyadema par l’élimination radicale, parfois physique, de tous ses rivaux potentiels ou supposés en faisant le vide autour de lui au point de n’avoir à ses pieds que de vulgaires courtisans chanteurs, danseurs, applaudisseurs et liseurs de motions de soutien.

L’ « opposition » du trio de l’APG (UFC, CAR, CDPA) n’accèdera pas au pouvoir en 2010 parce qu’elle ne s’y prépare pas et n’y croit pas. Faure et Kpatcha sont en campagne électorale déguisée depuis 2007. La machine à fraude est prête depuis longtemps et tout est déjà empaqueté et ficelé. Les soi-disant opposants sont de simples spectateurs qui se préparent à assister à un évènement organisé par d’autres. Ils attendent une carte d’invitation. Qui l’eût cru ! Avec une élection à un tour, il faudra nécessairement regrouper toutes les forces dès le départ. Mais à quoi assistent les Togolais ? A des intrigues sordides à base de dénigrements et de calomnies odieuses. Aucune plateforme électorale n’est en vue ou en préparation entre le CAR et l’UFC. Agboyibo, nous dit-on, fait du chantage en exigeant de l’UFC le renvoi de l’ascenseur pour son désistement en faveur de son candidat  en 2005. Le CAR, toute honte bue, avec quatre misérables députés, veut être le leader de l’opposition face à un parti qui en a vingt-cinq ! Quelle usurpation ! Quelle escroquerie politique ! Le CAR se trouvait, en 1994, dans la même position que l’UFC aujourd’hui, lorsqu’ Edem Kodjo de l’UTD s’est vendu à Eyadema pour voler la primature aux forces démocratiques d’alors. Ce que le CAR avait dénoncé en 1994 comme une usurpation et une trahison ne l’est-il plus aujourd’hui ? Le CAR a déjà trahi l’UFC en 2006 en négociant avec Faure Gnassingbé la primature à ses dépens. La politique sans principe est sale. La descente aux enfers du Togo se manifeste aussi par un grave déficit de valeurs positives. Et puis comment combattre efficacement le RPT lorsqu’on gouverne avec lui en partageant son bilan calamiteux ? Le passage d’Agboyibo à la primature a tué politiquement Agboyibo et le CAR qui se sont salis avec le RPT en prenant la très lourde responsabilité d’organiser des législatives frauduleuses dont ils ont été les principales victimes. On ne dîne pas impunément avec le diable.

Pendant que ceux qui prétendent représenter le changement face à la dictature se tâtent, le  RPT est déjà en ordre de bataille pour la fraude ! Faure a écarté Kpatcha et a balisé la route devant lui. Il y a fort à parier qu’il ne gracie Kpatcha et ses partisans d’ici 2010 pour refaire une unité de façade au sein du camp fasciste, car l’emprisonnement de son propre frère est une patate chaude entre ses mains : les pressions familiales seront intolérables et difficiles à supporter d’autant plus que d’autres clans au sein de l’appareil militaro-fascistes rongent leur frein en rêvant de succéder au clan Gnassingbé. Le prix à payer pour Kpatcha serait la renonciation à toute ambition politique. La mise hors jeu de Natchaba au moment d’assurer l’intérim d’Eyadema le 5 février 2005 répondait à la nécessité de neutraliser les clans concurrents informels. Pour ce faire, il fallait au clan Gnassingbé un homme de confiance pour organiser la présidentielle frauduleuse. Natchaba aurait pu trahir au profit d’un autre clan. Les gens du RPT se connaissent bien entre eux.  

Togoforum.com : Quel candidat ou quel parti politique pour affronter le RPT ou Faure aux prochaines élections ?
Apedo-Amah : Je présume qu’il va y avoir une foultitude de candidats fantaisistes pour amuser la galerie dont des taupes du RPT se faisant passer pour des opposants démocrates. Mais la décence voudrait que ni Edem Kodjo ni Messan Gnininvi ni Zarifou Ayeva ni Agboyibo ne se présentent par respect pour le peuple togolais qu’ils ont tant trahi et couillonné pour soutenir la dictature liberticide. De toutes les façons, tous les candidats opposés au clan Gnassingbé seront bon gré mal gré des figurants d’un scénario écrit d’avance par une main hostile et qui a besoin d’être légitimé par leur présence aux yeux de la communauté internationale. Autrement dit, une formalité indispensable qui sera cautionnée par des « observateurs » internationaux aveugles comme ceux de la francophonie, de la CDEAO et de la France officielle néocolonialiste et un tantinet mafieuse. Reste le cas Gilchrist Olympio. Il est usé jusqu'à la corde. La retraite lui tend les bras même s’il fait semblant de ne rien voir. Il sera encore le représentant principal de l’opposition de la trahison, de la compromission avec le pouvoir RPT. A cause de l’APG, 2010 se présente comme une bouteille d’encre pour les Togolais. En effet, aucun des candidats de l’APG n’a l’étoffe d’un vrai opposant et leur discours sera forcément ambigu. Le CAR et l’UFC gouvernent avec le RPT auquel ils ont fourni des préfets pour brimer les populations à la demande de Faure Gnassingbé. Ces préfets sont encore en ce moment en fonction ! Cette fausse opposition ne représente malheureusement pas un système politique opposé au fascisme. Chaque leader ne veut qu’une chose : prendre la place du dictateur de service. C’est là tout le programme ! Il me souvient même que lors des législatives de 2007, ni l’UFC ni le CAR n’ont fait campagne contre le RPT ou si peu. L’essentiel de leur énergie s’est consacré à se dénigrer mutuellement avec rage et haine à telle enseigne que les pauvres populations désorientées se demandaient si c’étaient le CAR et l’UFC qui étaient au pouvoir et qu’il fallait déloger ! Chacun traitant l’autre des épithètes infamantes de « RPTiste » et de « monarchiste », signifiant ainsi aux électeurs que son concurrent devait être jeté dans la même poubelle puante que le RPT. Olympio est en train de payer cher sa stratégie irresponsable d’éternel fuyard qui fait la politique togolaise à partir de son salon douillet parisien. Ses retours « triomphaux » se passent à présent dans une quasi-indifférence de la population lassée par ses simagrées, ses volte-face et ses compromissions avec Faure Gnassingbé. C’est dire qu’avec ces zozos-là, le peuple togolais n’est pas prêt de sortir de l’auberge ! Ayant personnellement refusé de prendre la carte d’électeur APG, par dégoût, le jour de l’élection présidentielle, j’irai à la pêche.

Togoforum.com : Après Agboyibo à la tête du CAR, Edem Kodjo vient aussi de céder la place à la tête de son parti. C’est une génération qui s’en va ? Les nouveaux dirigeants auront-ils l’envergure de leurs prédécesseurs ?
Apedo-Amah : Je ne crois pas beaucoup à ces départs lorsque l’on sait que Kodjo et  Agboyibo restent en embuscade pour reprendre les rênes de leur parti à tout moment. Agboyibo a posé comme condition de son retrait d’être désigné candidat du CAR à l’élection présidentielle de 2010. Quant à Kodjo, l’homme des réseaux françafricains mafieux, il n’en est pas à son coup d’essai : après la présidentielle de 2003 et son score extraordinaire de 0,90 %, il avait reçu un véritable coup de bambou derrière le crâne et, tout couvert de honte comme une bave de limace, avait décidé de se retirer. Cette fois-ci encore, il semble ruser avec le public puisqu’il ne s’est pas choisi un successeur mais un triumvirat d’hommes liges à sa totale dévotion comme si, de tous ses petits camarades de la CPP, aucun n’est capable ou digne de lui succéder. Les partis politiques togolais, dont la plupart des présidents sont propriétaires de leur parti, ont un grand besoin de renouvellement : renouvellement des hommes vieillissants et sans imagination, renouvellement des structures et des discours. Il s’agit d'un véritable aggiornamento à faire par ces partis au regard de la nouvelle donne politique nationale et de la géopolitique régionale. Ils sont devenus archaïques et désemparés à cause de leur échec à propulser leurs leaders à la présidence de la République. Or il se fait que tous leurs programmes politiques ne se limitaient qu’à cet objectif : remplacer des hommes par d’autres hommes. D’où l’embouteillage de petits leaders charismatiques dont les petites personnalités ont valeur de programme politique. C’est ce qui explique le faible niveau de culture politique de toute la classe politique togolaise. Quand vous écoutez les ministres, leur niveau fait honte, car c’est le degré zéro de la culture politique. Où les a-t-on ramassés ?

Il faut souhaiter que les nouveaux leaders des partis rénovés ne soient pas à la hauteur de leurs prédécesseurs, car ce serait une catastrophe pour le Togo. Ils doivent les dépasser, car les anciens sont des nains politiques. Contrairement aux anciens, ils se doivent d’incarner une véritable politique pour le vrai changement de système politique. Je rappelle que c’est faute d’imagination et surtout de convictions politiques chevillées au corps que les pseudo-leaders archaïques ont tous opté pour une place à la mangeoire du clan Gnassingbé.

Togoforum.com : Les précédentes élections au Togo ont toujours été émaillées de violences. Quelle va être la réaction des militaires, de la milice et des caciques du RPT au cas où Faure Gnassingbé viendrait à perdre les élections : semer la terreur ou accepter le verdict des urnes ?
Apedo-Amah : La réponse n’est pas bien compliquée : ils tricheront et auront recours à la  violence en cas de forte contestation, comme d’habitude. Toutes les « élections » d’Eyadema ont été des coups d’Etat. Quand on perd une élection en se maintenant à la tête de l’Etat par la terreur, cela s’appelle un coup d’Etat. La propulsion de Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat s’est faite dans les mêmes conditions de terreur. Pire, lui, a dû marcher sur un millier de cadavres ! Un putschiste n’organise pas une élection pour la perdre puisqu’il ne croit pas à la démocratie. Les mêmes causes produiront encore une fois les mêmes effets. Si des membres du clan Gnassingbé ont pris le risque de se tirer dessus et de s’embastiller entre frères, croyez-vous que ce soit pour offrir le pouvoir sur un plateau à l’opposition ? Il ne faut pas rêver ! Les jeunes loups qui entourent Faure ont les dents très longues et entendent profiter encore longtemps des délices de la mangeoire. Des fortunes miraculeuses font déjà jaser au point que certains vieux barons du RPT, pourtant très corrompus, seraient incrédules devant l’appétit des jeunes prédateurs.

Je m’échine à dire à l’opposition, depuis la Conférence Nationale Souveraine, que le changement ne viendra pas par la voie électorale au Togo. Chaque pays a ses particularités. Dans notre situation, nous devons faire face à une armée tribale et tribaliste. Les statistiques des Forces Armées Togolaises, au moment de la Conférence Nationale Souveraine, en 1991, faisaient état d’une armée mono-ethnique à 80 % et dont 50 % des officiers supérieurs étaient originaires de Pya, le village du clan Gnassingbé ! C’est dire que tous les accords bidon, jamais respectés, entre le RPT et l’opposition, ont été une pure perte de temps. Je me répète donc : il faut des négociations directes entre l’armée et les représentants des forces démocratiques les plus crédibles ayant fait leurs preuves dans la lutte contre la dictature militaire – et qui n’ont jamais trahi le peuple en renforçant les ennemis du peuple.  Puisque nous vivons sous un régime militaire, l’objectif visera à convaincre l’armée de se retirer volontairement de la scène politique pour engager sa métamorphose en armée républicaine. Ce retrait patriotique se fera, bien entendu, avec le retrait concomitant du représentant de l’armée imposé aux Togolais lors de l’odieux coup d’Etat du 5 février 2005, Faure Gnassingbé. Les marionnettes du RPT devront, évidemment, être écartées de ces discussions en tant que prête-noms des FAT. Sans ce préalable, même si, par extraordinaire, suite aux pressions internationales, Faure devrait céder la place à un opposant, celui-ci deviendrait ipso facto l’otage des revanchards du clan Gnassingbé au sein de l’armée. Un coup d’Etat serait l’issue prévisible. Gilchrist Olympio,  le fameux «héritier biologique et politique », est partant pour être le vainqueur de la présidentielle de 2010. Mais en cas de victoire, nous serons confrontés à un gros problème à cause de son irresponsabilité et de sa poltronnerie légendaires : gouvernera-t-il le Togo à partir de son douillet salon parisien comme il a toujours dirigé l’UFC en désertant le terrain pour laisser les autres leaders faire le sale bouleau à sa place et venir en cueillir les fruits ? Si, cette fois-ci, il n’accède pas à la présidence, ce sera sa dernière chance, car les Togolais comprendront enfin qu’ils ont misé sur un tocard. Décidément, les leaders politiques togolais n’ont pas l’étoffe d’hommes d’Etat !

Togoforum.com : Quelles sont alors les perspectives face à ce tableau sombre ?
Apedo-Amah : Je ne cesse de le dire : il faut susciter une nouvelle opposition au Togo pour  recadrer la lutte dévoyée par les traîtres de tous poils et les aventuriers de la politique du ventre. Il y a une révolution à faire et ce n’est pas une promenade de santé. Les compromissions, les gouvernements d’union, les trahisons, les lâchetés, l’accès à la primature, tout cela n’a rien donné et ne donnera rien. Les tenants de cette façon méprisable de faire de la politique ont grillé toutes leurs cartouches et se retrouvent gros Jean comme devant. Il faut inculquer au peuple une nouvelle conscience politique débarrassée des oripeaux du mythe et du mensonge. C’est à travers le mythe que Sylvanus Olympio, le tribaliste panéwé ; Gnassingbé Eyadema, le tribaliste kabyè, et les faux démocrates de leaders de l’opposition ont manipulé le peuple pour le tromper en lui faisant croire que leurs intérêts égoïstes et tribalistes sont l’intérêt du pays. Tous leurs échecs lamentables et tragiques sont invariablement mis sur le compte de boucs émissaires sur le dos desquels ils ne cessent de casser du sucre.

Il faudra une remobilisation totale du peuple comme à l’époque des COD I et II pour montrer aux officiers putschistes qui prennent l’armée en otage et détruisent impunément un pays et ses habitants, au nom de la politique du ventre, de quelle côté est la force et qu’il va de leur intérêt de laisser le pouvoir au peuple, car ils ne pourront jamais sortir vainqueur d’une confrontation avec un peuple organisé, conscient et qui aura tiré les leçons des échecs passés.

Les objectifs visés ne seront pas à court terme : la démocratisation et un projet de développement national seront les principaux instruments de notre conquête de l’indépendance. Le peuple togolais a trop longtemps vécu dans le mythe soporifique d’une indépendance imaginaire et trompeuse. Le mythe d’« Ablodé » est devenu un instrument idéologique du néocolonialisme de la France colonialiste, des gouvernants fantoches, des nostalgiques de la tyrannie de Sylvanus Olympio et d’une certaine jeunesse manipulée. Quel est donc l’objectif de ce mythe sinon la mystification ? En d’autres termes, sa signification est celle-ci : pourquoi les Togolais doivent-ils encore perdre leur temps à se battre pour leur indépendance alors que celle-ci existe déjà, puisqu’ils l’ont obtenue le 27 avril 1960 ? L’étudiant qui a obtenu une licence de sociologie ne se bat plus pour obtenir une licence de sociologie ! C’est le bon sens même. Les thuriféraires d’ « Ablodé » et le clan Gnassingbé, qui a compris tout le profit qu’il peut tirer de cette odieuse mystification, ce mensonge historique éhonté, sont devenus des complices objectifs de l’oppression du peuple togolais. Pour les thuriféraires honnêtes, il s’agit d’une arme utilisée contre le clan Gnassingbé qui a occulté le 27 avril pendant une décennie. Savoir choisir les bonnes armes pour la lutte est la première exigence du combattant. L’arme du 27 avril est comme une épée qui coupe le bras de son possesseur et le rend à jamais impotent!  Est-ce cela que nous les patriotes sincères et honnêtes voulons pour notre peuple ? Tant que certains Togolais se complairont dans le mythe et le mensonge, ils ne seront pas capables de regarder la réalité droit dans les yeux et poser correctement les problèmes. Les échecs à répétition de l’opposition officielle sont dus en partie à cette incapacité de poser correctement les problèmes pour en trouver les bonnes solutions et surtout leur modus operandi. On se refuse à régler le problème de l’armée fasciste au pouvoir, mais on veut aller aux élections contre cette même armée ! Or chacun sait qu’une armée putschiste ne vote pas avec des bulletins de vote mais avec des fusils. Et tous les Togolais sont payés pour le savoir. Avril 2005 n’est pourtant pas si loin ! C’est pourquoi, je préconise, contre l’armée putschiste au pouvoir, le boycott de l’élection présidentielle de 2010.

Retourner à la page Accueil

Interviews

Entretien avec Apédo-Amah Togoata : Je préconise contre l'armée putschiste au pouvoir, le boycott de la présidentielle de 2010
Interview avec l'écrivain Gerry Taama : La culture togolaise est « l’une des cultures les plus riches, les plus complètes et les plus complexes de la sous-région
Kagni Alem : L’humanité c’est chaque homme plus les autres : Pour ma part, je crois qu’il n’y a rien à réparer, mais tout à comprendre
Bassirou Ayéva : «Nos artistes traditionnels méritent valorisation, promotion, et reconnaissance»
Me Madji Yawovi Agboyibo, Ex-président du CAR: « Entre partenaires, la construction d’une alternative efficace pour l’alternance en 2010 passe par le renvoi mutuel de l’ascenseur ».
Nadim M. Kalife : «Tout d’abord, il nous manque toujours la mise en place de la COUR des COMPTES prévue dans la Constitution, et cela traîne depuis 1974»
La science fiction de l’Honorable Voulé Frititi : «L’âge limite de fonction présidentielle doit être fixé à 65 ans…»
Comi Toulabor : « Faure comme son père n’est pas là pour construire des ponts, des écoles, des routes, des hôpitaux »
M. Radji Latifou, président du comité Miss Inter collégienne : « Encourager la jeune élève à prendre conscience de son éducation »
Gabriel Dosseh-Anyron : Il serait contre productif de vouloir faire croire à la population que ces Consultations sont une rnanoeuvre
Odile Biyidi : Sarkozi n'a aucune politique africaine
Bibish Môlah : En Concert le 14 Juin 2008 á Düsseldorf
Education nationale : L'Honorable député Voulé-Frititi explique les causes profondes de la mauvaise santé de l'école au Togo
Gilbert Atsu de la NDP : « Il est tout à fait judicieux de limiter l’âge pour les candidats à l’élection présidentielle »
A propos de la crise à la Fédération : « Ne pas respecter nos statuts, c’est renier notre identité. La FIFA ne respectant pas nos statuts, renie notre identité»
Maître Yawovi Agboyibo : Au nom de sa conception biologique de la lutte, le leader de l'UFC s'emploie à éliminer les autres leaders
Paul Ayivon : «C’est d’une voix unie depuis l’étranger que nous pourrons avoir un impact, aussi petit soit-il, sur les grandes décisions de notre gouvernement»
M Kofi Yamgnane : «Charles Debbasch, alias Koffi SOUZA, n'est pas seulement le CHEF du clan des Blancs» au service du régime togolais, il est en réalité surtout le vrai chef de l'Etat togolais !»
Bawara : Nous envisageons avec le soutien de l’UE la tenue d’un Forum des Togolais de l’Extérieur
Interview avec Kangni Alem : La neutralité politique est une posture mensongère
Maître Martial Akakpa : Martial Akakpo présente l'observatoire togolais de la bonne gouvernance et revient sur l'affaire Moévi
M Victor Alipui repond aux questions de togoforum.com : «C’est une supercherie. Les élections législatives n’auront pas lieu le 5 août 2007»
Interview de Togoforum à M. Tchassona Traoré : Depuis que notre parti est né, nous n’avons pas de relation particulière avec le PDR qui, pour nous, reste une formation politique comme toute autre
Monsieur Antoine Bodjona s'entretient avec togoforum : « Quelques fois aussi il ne faut pas se plaindre d’être un parent d’un membre du parti adverse »
Entretien avec le Docteur Thierno Maadjou Sow de Guinée : « Aucun guinéen n’est plus prêt á se faire tricher » et je vous dis que l’expression est devenue générale
L’Honorable Frititi Voulé repond aux questions de togoforum : « La célébration du 13 Janvier dans ses formes originelles n’a plus sa raison d’être… »
CTR : togoforum tend son micro à M. Isidore LATZOO du Comité togolais de résistance
UFC : Jean-Pierre FABRE de l'Union des forces de changement répond aux questions de Togoforum
Monsieur Kofi FOLIKPO de PYRAMID of YEWEH : Monsieur Kofi FOLIKPO repond aux questions de togoforum.com
Entretien avec Monsieur Comi Toulabor : Echec ou réussite du dialogue : tout est fonction de quel bout de la lorgnette où on se trouve pour apprécier
UFC: Causerie avec Monsieur Elliot Ohin, Représentant de l’Union des Forces de Changement (UFC) en Amérique du Nord
Réponses du Professeur Léopold M. GNININVI, SG de la CDPA, aux questions de Togoforum
Entretien de togoforum avec M. Alex BINIZI, SG de l’A.P.U.A.-FRD
Péré: Désormais, avec le parti qui naît, les choses ne font que commencer et tout espoir est permis. Que Dieu bénisse et protège le Togo !
Causerie avec le Prof. Ayayi Togoata APEDO-AMAH, Secrétaire Général de la LTDH
Interview exclusive de Me Dégli au "Forum de la Semaine"
Les dernières élections belges et européennes analysées par Monsieur Labitey Combey Vioto
Quel bilan de 13 ans de lutte pour la démocratie au Togo et quelles perspectives d'avenir? Maître  Sitti analyse
Après les Elections Présidentielles du 1er juin 2003, M. Dahuku Péré s'entretient avec togoforum
Gilchrist Olympio s'entretient avec RFI après le rejet de sa candidature
Laurent Lawson du CTSD
Le Journaliste Abass M. S
sur la presse privée au Togo
Apédo-Amah dissèque la politique togolaise et ses acteurs
Regard croisé sur le théâtre en Afrique
Causerie avec Elizabeth Bouetard
Entretien avec La Compagnie "Le Roseau du Burkina Faso
Interview avec le Porte-Parole du PSR, le Professeur Wolu Kouami
Un éclairage  sur les questions monétaires actuelles avec le Professeur Jérémie Mbow KADOUMTA
Entretien avec l'avocat de M. Agboyibo, Me Kodjo APEVON
Interview accordée par Monsieur Bassirou Ayéva
 
  © 2005  www.togoforum.com All rights reserved