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M. Atsutsè Kokouvi Agbobli
Président du MODENA |
Togoforum : Alors que vous-même vous étiez
absent du pays votre parti était de coeur avec l’UFC lors de son congrès,
et son représentant avait déclaré que le MODENA reste du côté des forces du
changement contre les forces de l’inertie, incarnée par l’équipe gouvernante
actuelle. Faure Gnassingbé n’a t-il pas hérité d’un pays où il fallait
tout reconstruire pour ne pas attendre de lui des miracles en seulement trois
années de règne ?
ATSUTSE KOKOUVI AGBOBLI
(A. K. A.) :
Les difficultés et
les problèmes auxquels sont confrontés l’actuel locataire du palais de la
présidence de la République et son gouvernement dans la gestion du pouvoir
viennent tout simplement des conditions terribles dans lesquelles par la force
militaire et par une brutalité sanglant inouïe et puis, par des fraudes avérées,
ils se sont emparés du pouvoir avec la complicité voire la bienveillance de
gouvernants africains et étrangers et de responsables d’une communauté
internationale, qui tous, sans honte et sans scrupule, avaient choisi de passer
le devenir du peuple togolais par pertes et profits en échanges d’énormes
avantages insoupçonnés reçus en compensation.
Mais, quand on s’empare du pouvoir dans des conditions pareilles que tout le
monde connaît, l’obligation de résultats s’imposent pour aider les populations
meurtries à surmonter leurs rancoeurs et apaiser leurs cœurs.
Certes, à la mort du président Gnassingbé Eyadema le 5 février 2005, notre pays,
le Togo, était économiquement exsangue après douze années de suspension de la
coopération avec l’Union européenne et les organisations financières
internationales précédées par une crise économique et financière qui avait
débuté dès 1982 et imposé le programme d’ajustement structurel au pays.
Pour avoir été membre des derniers gouvernements constitué sous l’égide de son
père et à des postes hautement stratégiques, le chef de l’Etat actuel, ne savait
que trop la situation dans laquelle se trouvait le pays. Nourrissant des
ambitions légitimes de devenir président du Togo et n’ayant pas des soucis
d’argent pour être né avec une cuillère d’or entre les dents, il devait avoir un
véritable plan de modernisation industrielle du pays avec pour objet
socio-économique assurer le travail et la prospérité aux populations, et pour
objet politique, la réduction des inégalités entre les Togolais.
Nous sommes au grand regret de constater qu’alors qu’ils avaient suffisamment
accumulé de fortune durant près de quarante années despotiques pour penser aider
les autres à améliorer leur quotidien, les gens qui se sont accroché de force au
pouvoir à partir du 5 février 2005 tenaient à conserver l’Etat patrimonial tel
quel et s’en servir pour conformer les fortunes déjà accumulées et permettre à
de nouveaux venus de s’enrichir eux-aussi sans travailler et aux dépens de la
communauté nationale.
A voir le comportement condescendant, arrogant, outrancier et méprisant de ces
gens qui, forts d’un enrichissement illicite avéré, se permettent de provoquer
et de narguer les compatriotes tenus pour des manants corvéables et taillables à
merci, il faut vous dire le cœur serré que les gouvernants togolais actuels
n’ont d’autre raison à avancer pour la persistance de la misère chez les larges
masses laborieuses de notre pays qu’à leur propre impéritie doublée de leur soif
immodérée de richesses qui les oblige à s’associer à des prédateurs étrangers
qui ne leur laissent généralement que broutilles des énormes richesses qu’ils
tirent de l’exploitation des potentialités naturelles non négligeables de notre
pays.
Togoforum : Mr Olympio parle d’un rapprochement de son parti avec l’ADDI.
Pouvez-vous vous imaginez une alliance avec l’UFC au MODENA ?
A.K. A :
la direction de l’UFC, un parti qui, à notre avis, incarne pour des raisons
historiques connues de tous, l’âme du peuple togolais, a un son programme et sa
stratégie pour la conquête du pouvoir. Il est libre d’afficher ses préférences
pour se donner des alliés.
Comme parti politique indépendant constitué, ayant le seul avec son Manifeste
pour une société industrielle togolaise, un véritable projet de développement du
pays, doublé d’un Plan National pour la solution durable de la crise togolaise.
Le MODENA revendique son appartenance aux forces du changement et tient beaucoup
à un changement sans violences, sans règlements de compte, sans chasse aux
sorcières. Un changement qui rapproche les Togolais et qui ne se fondent surtout
pas sur les réminiscences d’un passé douloureux. Un changement qui ne s’inscrit
pas dans une logique dynastique ni sous l’égide d’un homme providentiel ou d’un
thaumaturge.
Jusqu’à nouvel ordre, pour le MODENA, l’Union des
Forces de Changement (UFC) appartient aux vastes forces structurelles et
sociales avides du changement dans notre pays et qui sont contenues par le
glaive toujours brandi par ceux qui discrètement mais fermement soutiennent les
détenteurs actuels du pouvoir dans notre pays.
Manifestement le MODENA est trop jeune pour agir seul sur un échiquier politique
togolais où les ambitions personnelles débridées se sont aiguisées au point
d’étouffer l’expression des ambitions collectives notre peuple. De plus, la
puissance de la réflexion et de l’action de sa direction en matière de
préparation intellectuelle du changement sociopolitique conçu comme une
conjonction nécessaire entre le développement économique et le progrès politique
ne manque pas de susciter des réticences qui cachent un réel agacement de la
part ce ceux qui ont refusé depuis longtemps toute préparation intellectuelle du
processus de développement et de démocratisation des sociétés togolaises au
regard de l’histoire universelle et des enjeux mondiaux actuels.
Ainsi donc, comme la direction du MODENA n’a cessé de le dire, le parti restera
toujours au côté de l’UFC au rassemblement des toutes les forces du changement
sans exclusive et sans chercher à étouffer ceux qui restent opposés à toute
forme de tyrannie dans notre pays.
De là, à demander si le MODENA peut imaginer une alliance avec l’UFC, sachez que
le plus puissant n’est grand que dans la munificence. Tout jeune qu’il est le
MODENA est comme le roseau qui ploie devant le vent et n’est pas à être négligé
car « Nul n’est rien sans les autres » et comme le fait dire, le
dramaturge français Pierre Corneille à Phèdre « Si grands que soient les
rois, ils sont ce que nous sommes. »
Togoforum :
Maître Yawovi Agboyibor dit concernant les aides et prêts « qu’il ne sait pas si c’est le peuple qui en profite ou les aideurs ». Pourquoi selon vous
le gouvernement Komlan Mally surfe-t-il tellement sur l’aide, les prêts et
autres que sur les capacités humaines et les ressources dont disposent le Togo ?
A.K. A. :
Manifestement, en homme politique averti et en ancien premier ministre avisé,
notre ami Maître Yawovi Agboyibor sait de quoi il parle.
Et, de fait, il faut lire l’ouvrage « Les confessions d’un financier assassin »,
par l’Américain John Perkins et publié en 2006, à Paris, dans sa version
française par l’édition al Terre, pour se faire une idée exacte de l’objet de la
coopération internationale pour le développement : elle sert à tout sauf aider
les contrées sous-développées et riches de ressources naturelles qui font les
pays industriels prospères à devenir des nations économiques concurrentes de
puissances industrielles confirmées.
Détrompez-vous en parlant du gouvernement du premier ministre Komlan Mally comme
si celui-ci gouvernement de manière automne voire indépendante du chef de
l’Etat.
Comme la majorité parlementaire que le Rassemblement s’est octroyée, le
gouvernement agit sous l’égide du chef de l’Etat comme le stipule la
Constitution.
Sans réelle autonomie d’action vis-à-vis des colossales forces et puissances
étrangères dominatrices de l’Afrique et conductrices des affaires mondiales et
auxquelles elles doivent leur pouvoir, les autorités togolaises n’ont le choix
que de se soumettre à leur vision de la coopération internationale pour le
développement : cette assistance financière et technique sert tout juste pour
aider à l’exploitation des ressources naturelles indispensables à leur
croissance économique et à la prospérité des populations dans les grandes
puissances industrielles et surtout pas pour le développement des forces
productives concurrentes dans les pays sous-développés.
En somme, c’est à cause nos ressources naturelles dont regorgent les pays
africains dont le Togo qui est relativement bien doté par Dame Nature, selon les
résultats des études allemandes, que tant de prêts et de dons parviennent au
Togo de la part des Etats amis.
Togoforum : L’économiste Nadim Kalife dit que 200 familles ont mis
main basse sur le Togo.Comment expliquez-vous que mêmes les partis d’opposition,
et la société civile soient inactifs face aux problèmes du détournement des
deniers publics et du bradage des ressources naturelles du Togo ?
A.K. A. : Pour qu’une homme d’affaires si expérimenté, doublé d’un
intellectuel sérieux, comme notre ami Nadim Kalife, connu pour sa réserve sur le
plan politique pour le succès de ses affaires en arrive à rompre la loi du
silence, c’est qu’en matière de spoliation du pays, l’inacceptable est dépassé
avec la dilapidation et le détournement des deniers publics, la réduction voire
l’exemption des droits de douanes et des impôts et l’attribution gré à gré et la
surfacturation des marchés publics et l’enrichissement illicite de quelques
compatriotes qui ne sont ni plus studieux que les autres.
Si on peut comprendre que sous le règne de feu le président Gnassingbé Eyadema
la patrimonialisation de l’Etat en plusieurs décennies avait permis à de
fortunes de se constituer dans le cadre d’une économie crypto-capitaliste que
l’étranger dominateur et conquérant imposait à nos pays de construire, un homme
sensé ne peut pas accepter que la patrimonialisation se poursuit de plus belle
et que, se sentant incapables d’investir les énormes richesses accumulées, les
gouvernants et leurs copains et coquins continuent de piller revenus nationaux
et laisser exploiter à leur seul et unique profit les ressources nationales au
détriment de l’intérêt général et au mépris des intérêts des génération futures.
Notre pays est devenu le pays de Cocagne pour des mafiosi et des prédateurs
d’Afrique et des pays extra-africains qui ne cessent de se moquer sous cape de
nos gouvernants avec lesquels ils font des affaires et qu’ils grugent à volonté.
Togoforum :
Même le MODENA aime se focaliser aussi sur le politique que sur
l’économie. L’économie serait elle au Togo l’affaire de la classe dirigeante ?
Pourquoi aucune action d’envergure contre la vie chère n’a menée par le MODENA
votre parti ?
A.K. A :
Je vous réponds sans ambages que votre jugement prouve que vous n’êtes pas du
tout informé du programme du MODENA et de son action en matière de préparation
intellectuelle et de mobilisation politique pour le changement.
En effet, le Manifeste pour la modernisation industrielle de la société
togolaise, programme du MODENA, est fondé sur une conception de l’action
publique entendue comme « assurer le développement et la modernisation de
la société togolaise par l’industrialisation et y réduire les inégalités sous
l’égide d’un Etat fort à orientation démocratique avérée.»
Et nous avons pris soin de contester la vison actuelle que certains exégètes
font de l’évolution de la société humaine en parlant de société
post-industrielle voire de civilisation post-moderne alors qu’en fait nous
sommes toujours dans la société industrielle fondée sur les progrès
scientifiques, les inventions techniques et les innovations technologiques sans
cesse renouvelées.
Pour s’arrimer au train de la modernité marquée aujourd’hui par la révolution de
l’information et de la communication, fondement de la civilisation du savoir,
les Togolais comme les autres Africains sont tenus réaliser un changement
social global marqué par la révolution agricole, la révolution des transports et
des communication et la révolution du machinisme, toutes les trois basées sur la
révolution scientifique et technique, elle-même fruit d’une révolution
intellectuelle et morale qui exige des Africains une nouvelle vision dynamique
du monde, une conception combattante de la vie et une méthodologie de recherche
fondée sur l’expérimentation.
Parti politique sérieux, le MODENA peut se vanter d’être de loin une de rares
formations politiques africaines qui ait étudié et analysé l’action publique
dans toutes ses dimensions intellectuelle, politique, économique, sociale et
culturelle en tenant compte des grands enjeux mondiaux permanents dans leur
mutation géopolitique sans oublier que le monde est fait d’intense compétition,
de rude concurrence, de dur combat et de guerre féroce.
Togoforum :
Faure
Gnassingbé dit de son père que : « Lui c’est lui et moi c’est moi ».
Pouvez-vous faire un parallèle entre la gestion de Faure Gnassingbé en cette
année 2008 dans les domaines économique, politique et sociale et la gestion de
son père défunt ?
A.K. A.
Laissons le président Gnassingbé Eyadema se reposer en paix : de son vivant, a
fait ce qu’il pouvait et nous l’avons suffisamment critiquer pour n’avoir pu,
avec sa main de fer, transformer le Togo en une société quelque peu développé.
Le chef de l’Etat actuel ne peut être la réincarnation de son père. Ce que le
peuple lui demande, à lui, le chef de l’Etat actuel du pays, imposé de force au
peuple togolais, c’est de préoccuper de la vie des populations sans distinction
ethnique, régional, religieuse et d’opinion politique.
Il a choisi d’exercer le pouvoir d’Etat dans notre pays : il est tenu
impérativement à l’obligation de résultats dans tous les domaines de l’action
publique notamment aux plans du progrès politique par l’avènement de la
démocratie, du développement économique par la construction d’une société
industrielle moderne et prospère, de l’amélioration des conditions de vie des
populations par une politique hardie de correction des injustices historiques et
de réduction des inégalités, et culturel par l’extension de l’école moderne à
tous sans distinction.
Togoforum :
Quelle appréciation faites-vous de la lutte contre la corruption lancée
par Faure Gnassingbé ?
A.K. A. :
Si cette nouvelle campagne de lutte contre la corruption est sérieuse pour
atteindre des résultats probants, il faut la saluer comme une initiative
heureuse. A ce sujet et compte tenu d’un passé tout récent où le genre de
campagne n’a débouché sur rien de sérieux, le MODENA ne peut donner Dieu sans
confession au chef de l’Etat. Et, le meilleur signe de bonne foi et de bonne
volonté passe d’abord, par le combat résolu et immédiat contre la corruption et
l’enrichissement illicite dans l’entourage immédiat des gouvernants eux-mêmes.
Togoforum :
Sur Fm Liberté Faure Gnassingbé dit que les Togolais n’aiment pas leur
pays. Erreur d’appréciation d’un président envers son peuple ou un appel au
sentiment nationaliste ? Faure Gnassingbé peut-il rentrer dans l’histoire comme
un grand homme politique ?
A.K. A. :
Avec tout le respect que l’on doit à tout chef de l’Etat togolais et au regard
des conditions fondatrices du pouvoir du chef de l’Etat actuel, nous sommes nous
étonnons de cette remarque.
De tout temps et sous tous les cieux, les principaux critères qui fondent et
valident le nationalisme ou l’amour du pays natal consistent à conquérir la
direction du pays avec le consentement de la majorité des populations, à nourrir
de véritables ambitions de développement et de prospérité pour le peuple tout
entier et non pour ses seuls partisans, à œuvrer efficacement pour la réduction
des inégalités entre tous les habitants et surtout à ne pas mettre le pays sous
coupe réglée au profit d’une minorité de privilégiés au détriment des larges
couches populaires.
C’est au vu du succès d’une politique axée sur ces critères que l’on sait qui
est nationaliste et qui, comme grand homme politique, mérite la reconnaissance
da la patrie.
Togoforum : Les réformes tant prônées sont au ralenti. Que
répondez-vous á ceux qui disent que la naiveté de l’opposition au Togo est
légendaire et qu’au RPT on ne fera aucune de ces réformes qui vont précipiter la
chute du parti au pouvoir ?
A.K. A. :
Il y a manifestement mauvaise volonté caractérisée de la part de ceux à qui
l’Accord politique global (APG) suggérait des réformes constitutionnelles et
institutionnelles. Du moment où ils disposent de cinquante députés sur
quatre-vingt et un à l’Assemblée, une majorité imposante, ils peuvent s’en
prévaloir pour laisser en l’état une constitution et des institutions taillées
sur mesure pour la préservation de leur pouvoir.
De là, à parler de la naïveté des dirigeants de l’opposition togolaise, c’est
aller vite en besogne. Surtout que faire de l’opposition contre un régime
militaire despotique d’un autre âge, dirigé par des tribalo-ethno-régionalistes
patentés qui considèrent tout opposant comme un ennemi à abattre, n’est pas une
partie de plaisir mais la galère.
Dans la réalité tragique que vit l’opposition togolaise, une bonne partie de ses
dirigeants de jadis, réduits à la commisération pour survive, a baissé les bras,
préférant se mettre au service des invincibles accrochés de force au pouvoir.
Ils se retrouvent de fait dans une situation morale difficile. Mais, comme « ventre
affamé n’a point d’oreilles », il faut les comprendre et les plaindre
plutôt que de les condamner.
C’est pour cela qu’au MODENA nous ne cessons de dire que les élections à elles
toutes seules ne peuvent résoudre la crise togolaise.
Togoforum : On dirait que le spectre des années difficiles, connu il y
a pas longtemps par les Togolais, est à prévoir dans l’avenir à cause du
non-respect manifeste des dispositions inscrites dans l’APG…
A.K. A. :
En effet, il faut être fakir pour jurer que notre pays va vers l’instauration
d’un ordre acceptable par tous à moins que l’épée de Damoclès de la Cour Pénale
Internationale (CPI) soit suffisamment visible pour imposer aux uns et aux
autres les limites à ne pas dépasser la violations des droits des gens.
Togoforum :
Les cas kenyan et zimbabwéen ne vont-il pas faire école avec un pays comme
le Togo encore très fragile lors des élections de 2010 ?
A. K. A. :
Il est inconcevable de raisonner de cette manière car, c’est le cas togolais
marqué par des résultats frauduleux de l’élection présidentielle du 24 avril
2OO5, suivis de massacre des contestateurs qui a plutôt fait école au Kenya puis
au Zimbabwe.
Depuis le 13 janvier 1963, où il fut le tout premier
à opérer un renversement de gouvernement avec l’assassinat du père de
l’indépendance, le despotisme togolais s’est révélé donneur de leçon en matière
de répressions violentes des mouvements pro-démocratiques, de la proclamation
des résultats électoraux frauduleux et de la répression sanglantes des
manifestations électorales et post-électorales.
Tant que les forces et puissances étrangères dominatrices et conquérantes
continueront de verser des larmes de crocodile alors qu’elles tirent
généralement les ficelles de ces tragiques situations, il faut penser que les
gouvernements en place un peu partout en Afrique ne lésineront devant aucun
moyen y compris la répression violence et sanglante pour se maintenir au
pouvoir.
Togoforum :
Le MODENA reste un peu un des rares partis á se faire entendre. La
jeunesse de votre parti et la non participation aux élections passées
expliquent-elles votre foi á y croire ?
A. K. A. :
Nous sommes heureux que vous constatez par vous-même le petit bonhomme de chemin
que fait le MODENA. Il doit son audience actuelle auprès de l d’abord au titre
qu’il s’est donné, le Mouvement pour le développement national, qui est tout un
programme détaillé dans son « Manifeste pour une société industrielle
togolaise », ensuite sa façon de faire la politique sans haine sans
violence et dans la compréhension mutuelle et d’occuper le terrain politique par
des activités de formation intellectuelle et d’éducation politique et civique
des populations et enfin par son suivi permanent des actions du gouvernement
interpellé constamment par les dirigeants du MODENA à l’occasion des débats et
interview dans la presse, sur les ondes et à la télévision.
Togoforum :
Mr Atsutsè Kokouvi Agbobli, président du MODENA, va t-il se présenter à
l’élection présidentielle de 2010 ?
A.K.A. :
En système de gouvernement démocratique, les postes politiques et les fonctions
publiques sont électives.
La fonction de président de la République n’étant donc l’apanage d’aucune
personne ni d’une ethnie, d’une region et d’une religion, toute Togolaise et
tout Togolais, jouissant de ses droits civils et politiques et remplissant les
conditions d’éligibilité édictées par la Constitution, peut se porter candidate
ou candidat à la présidence de la République.
Du coup, nombreux sont nos comparriotes qui aspirent
à accéder à cette fonction, oublieux qu’ils sont que, dans un Togo dominé de
l’extérieur comme la plupart des pays africains, l’heureux élu de la
présidentielle est généralement coopté puis soutenu par des forces et puissances
étrangères dans le but de maintenir leur emprise sur les pays.
Vous voulez
savoir si le président du MODENA se portera à la rochaine élection
présidentielle.
Je vous
réponds que « L’homme propose, Dieu dispose » dit-on couramment et
« Le destin de chacun est inscrit dans son étoile », selon un
vieil adage.
Comme président du MODENA, je nourris avec les membres de notre parti de
sérieuses ambitions de participer de toutes mes forces à la modernisation
industrielle de la société togolaise sous l’égide d’un Etat fort à orientation
démocratique avérée.
A quel
niveau de responsabilité le faire personnellement.
Fort des
aspirations des représentants qualifiées des forces structurelles, ethnies,
classes et couches sociales ou catégories socioprofessionnelles et élites,
fondatrices du peuple togolais, j’en déciderai en tant opportun.
Toutefois, le seul et profond regret que l’homme politique accompli peut avoir,
c’est qu’il n’y ait pas de concours écrit avec un grand oral pour choisir les
gouvernants d’un pays sur la base de leur aptitude en matière de clairvoyance,
de compétence et d’efficacité dans l’accomplissement des aspirations profondes
de leur peuple à la paix et la sécurité, au développement et à la propérité dans
une société de liberté et de justice dans un monde d’incertitudes et de
combat. |