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Le Porte Parole du PSR, Monsieur Wolou Komi repond aux questions de togoforum.com

Propos récueillis par Joseph Takeli - Interview publiée le 11 juillet 2006

« La crise togolaise est profonde et de divers ordres, économique, social, politique, moral etc. Il est certain que tous les aspects de la crise ne peuvent être réglés du jour au lendemain. Néanmoins, des bases solides doivent être jetées pour permettre la résolution progressive de la crise. La position du président Faure est très délicate en ce sens qu’il a été porté au pouvoir par des personnes qui ont joué un rôle important dans cette crise. Il est certain qu’il a bénéficié des forfaits qui ont été commis et qui ont exacerbé la crise togolaise. Sera-t-il dans ces conditions en mesure de régler durablement la crise togolaise ? Cela n’est pas impossible. Mais il lui faudrait alors se montrer un grand homme, capable de transcender les intérêts immédiats, se remettre en cause, se repentir du système qui l’a porté au pouvoir. Sans dire qu’il n’y a rien de positifs dans ses actions, nous pourrons remarquer avec certitude que les actes posés jusqu’à présent ne répondent pas aux caractéristiques énoncées. »

 
 

Togoforum: Monsieur WOLOU Komi, vous êtes professeur de droit à l’Université de Lomé, vous êtes plus connu dans votre rôle de Porte-Parole du Pacte Socialiste pour le Renouveau, le PSR.
Votre parti est actuellement au gouvernement de M. Edem KODJO après avoir été des 6 partis ayant soutenu la candidature de Bob Akitani aux élections présidentielles d’avril 2005.
Dites nous M. WOLOU, quel intérêt a justifié l’entrée de Me ABI Tchéssa au gouvernement alors que les autres partis de la coalition n’y sont pas allés.
M. WOLOU :
Permettez-nous de vous remercier pour l’occasion que vous nous offrez pour répondre une fois encore à cette question. L’histoire politique récente du Togo est faite d’une succession d’élections controversées émaillées de fraude, de violence, d’arrestations arbitraires des militants de l’opposition. Ces élections sont souvent organisées par une administration partisane qui a la maîtrise de tout le processus,  de la confection des cartes à leur distribution, les moyens de l’Etat étant parfois  mis au service d’une formation politique. A la fin de chaque élection, il est proposé un dialogue ou des discussions qui aboutissent parfois à des décisions ou des accords qui ne sont jamais respectés. Entre deux élections, des militants de l’opposition qui ont pris part activement à ces élections sont parfois obligés de fuir le pays parce que menacés. L’opposition n’a aucun moyen, aucune maîtrise des institutions étatiques pour assurer la sécurité de ses militants ou garantir leur retour. Cette situation de violence a atteint son paroxysme lors des dernières élections de 2005. c’est un perpétuel recommencement.

Faut-il dans ces conditions toujours laisser ce régime continuer seul à diriger ce pays en prenant des décisions qui nous régissent tous même si nous les contestons ? Faut-il toujours laisser nos militants à la merci des autorités locales parfois très zélées qui les ridiculisent, les maltraitent ? Ou au contraire faut-il dès à présent et en vue de mieux préparer la conquête du pouvoir et l’instauration d’une démocratie intégrale accepter de participer au gouvernement et limiter les abus que tous nous connaissons ?

La réponse à cette question nous paraît évidente. Je crois qu’elle l’est également pour la plupart des leaders de l’opposition puisque après notre rencontre avec la chef de l’Etat Faure le 27 mai 2005, il ressortait clairement du communiqué de presse que la Coalition avait fait qu’elle devait participer au gouvernement. Mieux encore, il apparaissait que le premier ministre devait être nommé au sein de la Coalition. C’est ce gouvernement qui devrait préparer le dialogue actuellement en cours au pays. Je peux même vous dire que l’un des premiers responsables de la Coalition nous a dit lorsque nous étions à Abudja que si nous refusons de participer au gouvernement, nous laissons le président FAURE otage des radicaux du RPT. Ce risque est d’ailleurs réel encore aujourd’hui.

Le PSR a eu le courage politique de tirer les conséquences de cette analyse, de tirer les leçons du passé. L’intérêt du peuple a guidé notre choix. Nous croyons que le leader politique est celui qui est en mesure d’indiquer le chemin à suivre, de convaincre la masse de la nécessité de faire des choix parfois douloureux mais prometteurs. Nous nous réjouissons encore aujourd’hui du choix fait.

Togoforum : Pensez-vous aujourd’hui que votre participation au gouvernement en valait la peine ? Concrètement y a-t-il des actes profitables au peuple et qu’on pourrait mettre à l’actif de la participation de Me ABI au gouvernement ?
Mr. WOLOU :
Il n’y a aucun doute que notre participation au gouvernement a été profitable au peuple. Certes ,  il n’est pas possible avec un seul portefeuille d’avoir une influence décisive sur l’ensemble des secteurs. Mais les faits sont là. Le retour des réfugiés dans la région de Daye a été rendu possible et dans les meilleurs délais grâce à la participation de Me ABI au gouvernement. Il faut relever que les responsables de l’opposition dans cette préfecture ont été obligés de se réfugier au  Ghana. Ils ont fait plusieurs tentatives de retour infructueuses puisqu’ils étaient pourchassés. C’est en sa qualité de Ministre de la justifie que Me ABI a réuni à la préfecture de Daye le préfet, le CB de la gendarmerie, le chef de délégation spécial, les dirigeants locaux du RPT pour exiger que la protection de ces responsables de l’opposition soit assurée. C’est ensemble avec le Ministre ABI que nous avons ramené les responsables de l’UFC, du CAR et du PSR dans la ville. C’est à partir de ce jour que les menaces contre les responsables locaux de l’opposition ont cessé dans la préfecture. Ce qui a permis le retour d’un grand nombre de réfugiés dans cette préfecture A quel titre Me ABI aurait-il pu le faire s’il n’était pas membre du gouvernement ? Je suis persuadé que le problème des réfugiés Togolais aurait déjà été résolu si toute la Coalition avait participé au gouvernement.

Il faut progressivement assurer l’équilibre des forces entre le RPT qui maîtrise toutes les institutions étatiques, celles-ci étant mises à son service et l’opposition qui malgré sa popularité n’a aucun pouvoir.

Lors de la rencontre entre la Coalition et le président Faure, trois membres de la coalition dont nous-même avaient été désignés pour travailler avec le gouvernement d’alors en vue de la libération des personnes détenues à l’occasion des élections. A ce titre, nous connaissons bien la procédure qui était en cours et les difficultés auxquelles nous serions confrontés. La participation de Me ABI a été déterminante dans la libération rapide de ces prisonniers. Aujourd’hui, toutes les fois que nous sommes informés d’une arrestation suspecte, nous saisissons immédiatement le ministre de la justice qui fait diligence pour s’informer de la situation et prend les mesures adéquates. Nous ne sommes pas comptables des arrestations arbitraires intervenues avant que Me ABI n’occupe ce ministère. Mais nous disons que depuis, ces arrestations ont cessé. Il serait facile à d’autres personnes d’affirmer que ces arrestations continuent. C’est possible. Seulement, nous leur demandons que ces cas soient portés à notre connaissance. Le parti demandera à son Secrétaire national, Ministre de la Justice de faire la lumière sur la question. Et s’il est établi qu’il s’agit d’une arrestation arbitraire, illégale,  la personne sera instantanément libérée sinon, le parti sera le premier à se révolter et à dénoncer publiquement cette situation et à interpeller le ministre de la justice. Nous avons des valeurs qui sous-tendent nos actions. Pour rien le  PSR ne renoncera à ses valeurs.

Togoforum :
Peu avant la désignation du candidat AKITANI, M.Gilchrist OLYMPIO avait émis des doutes sur l’appartenance du PSR à l’opposition. Ce qui avait provoqué une réaction énergique de Me ABI sur togoforum. Aujourd’hui avec votre participation au gouvernement ne peut-on pas dire que Mr. OLYMPIO avait raison ? Etes-vous toujours dans l’opposition ou faites-vous partis de la majorité présidentielle ?
Mr WOLOU : C‘est un droit pour Mr OLYMPIO, comme pour tout togolais, de penser ou de croire ce qu’il veut. Le PSR n’a besoin de l’onction de qui que ce soit pour être considéré comme étant ou non de l’opposition. Nous ne sommes pas de ces leaders politiques qui cherchent à plaire à d’autres leaders politiques. Notre préoccupation, c’est d’être fidèles par nos actes aux valeurs auxquelles nous croyons et qui déterminent notre engagement.

Permettez-nous de vous demander si à l’issue de ce dialogue, un gouvernement venait à être formé avec la participation des formations politiques notamment la CDPA,  Le CAR, ces partis devront-ils être considérés comme de la majorité présidentielle ?

Nous avons décidé dans l’intérêt du peuple et conformément à nos convictions de participer à un gouvernement d’union nationale. Les observateurs de la politique togolaise savent que malgré notre participation au gouvernement, nous avons gardé notre ligne politique. Nos critiques à l’égard de ce gouvernement n’ont jamais cessé. Mais toutes les fois qu’il pose un acte qui nous paraît aller dans l’intérêt du peuple, nous lui apportons sans complexe notre soutien. Plusieurs personnalités proches du pouvoirs nous reprochent aussi d’ignorer la solidarité gouvernementale. Nous laissons chacun assumer ses analyses. Le PSR continue à apporter sa contribution à l’édification d’un Etat de droit. Notre participation au gouvernement en est pour nous un moyen. Nous l’assumons.


Togoforum : Que dites-vous à ceux qui pensent que le PSR a trahi la coalition de l’opposition?
M. WOLOU : C’est absurde. Soit c’est la mauvaise foi, soit c’est la méconnaissance de ce dossier. D’abord, il n’est jamais convenu entre les membres de la Coalition qu’ils ne devraient pas aller au gouvernement. Ensuite, il n’y a jamais eu un accord entre les membres de la Coalition pour la gestion de la période post-électorale. Les textes qui régissaient la Coalition étaient clairs sur cette question. D’ailleurs, au lendemain des élections, le candidat de la coalition avait même indiqué que la gestion de la crise ne relevait plus de la Coalition mais du candidat lui-même et de son parti. Trahir, c’est cesser d’être fidèle à une personne à laquelle l’on est lié par la parole donnée. Le PSR n’est pas concerné par ces accusations.

Togoforum : Analysez pour nous le concept de «gouvernement d'union nationale Afrique.» Quelle est la vertu du concept ?
M. WOLOU : Un gouvernement d’union nationale est celui dans lequel se retrouvent des partis politiques appartenant à divers courants politiques, parfois opposés, en vue de régler une situation de crise qui perturbe le fonctionnement normal des institutions. Il peut être rendu nécessaire par le besoin d’obtenir la quasi unanimité des différents courants politiques face à une question délicate à laquelle est confronté le pays. Il ne peut pas constituer un mode normal de la gestion de l’Etat car il est nécessaire qu’il y ait une opposition qui permette une appréciation critique de l’action gouvernementale.

Mais il faut être vigilant et distinguer un gouvernement d’union nationale des tentatives parfois faites par des régimes pour paralyser leur opposition. On estime qu’une fois au pouvoir, les leaders cesseront leurs revendications pour tirer les avantages du pouvoirs. C’est un risque réel mais surmontable. Tout dépend des objectifs réels de chaque parti et de ses leaders. Il faut savoir être fidèle à ses convictions ; il faut savoir aussi adapter ses moyens de lutte aux circonstances nouvelles.

Togoforum : Parlons du dialogue intertogolais. Que pensez-vous de l'accord signé par les différentes partie au dialogue ? L'accord est dénommé « accord politique de base ».
M. WOLOU : Il est évident que cet Accord n’est pas satisfaisant pour plusieurs raisons. Nous aurions souhaité ne pas revenir sur le cadre de ce dialogue que nous avions dénoncé en son temps. Malheureusement, ce cadre a influé sur les décisions de ce dialogue. D’abord, les décisions relatives aux structures chargées de l’organisation des prochaines élections ont entièrement écarté une fois encore les partis qui ne sont pas représentés au dialogue, en violation de tout principe démocratique.  Rien poutant n’indique que les partis qui se sont arrogés ces avantages sont plus implantés que les autres partis sur l’ensemble du territoire.

Ensuite, le Dialogue n’a pas convenablement abordé les problèmes qui se posent à notre pays. A titre d’exemple, les rapports qui ont été élaborés à la suite des élections émaillées de violence n’ont pas été pris en compte. Les problèmes ont été plus ou moins évités. Est-il possible que ce dialogue ne se penche pas sur les raisons concrètes qui font que les forces de sécurité sont si impliquées dans cette violence à répétition. Pouvait-on raisonnablement aborder cette question sans interroger les représentants de cette institution afin que le mal soit diagnostiqué avec précision ? Qu’en est il des représentants locaux du pouvoir autour desquels s’organisent localement ces violences ? Sont-ils encore qualifiés à remplir leur fonction ? Cette situation est-elle de nature à rétablir la confiance des citoyens ? Sur la question de l’impunité, on propose de créer une commission chargée de faire la lumière sur les violences depuis 1958 alors que les auteurs de ces crimes sont identifiés et circulent sans être inquiétés ni exprimer leurs regrets. La question fait peur apparemment. Nous ne demandons pas qu’ils soient tous jetés en prison. Mais la lumière doit être faite et ceux qui reconnaissent, regrettent les faits et présentent leurs excuses pourront être pardonnés. Le dialogue aurait dû nécessairement jeter les bases de cette démarche psychologique.

Nous pourrons multiplier les exemples des insuffisances si nous le voulions.

Togoforum : Voulez-vous dire en définitive qu'il s'agit d'une fuite en avant ?

M. WOLOU : Nous ne souhaiterions pas utiliser cette expression. Mais il faut être conscient du fait que des questions importantes n’ont pas été traitées. Il s’agit sur plusieurs questions d’une déclaration d’intention, des engagements de mettre en place des commissions sans qu’aucun résultat soit garanti. Les conclusions seront transmises au gouvernement sans que l’on sache quelle suite leur sera réservée. Les expériences passées ne rassurent pas. Nous devons reconnaître que le plus difficile reste à faire. Lorsqu’on ne prend pas conscience de cette situation, alors la lutte est perdue d’avance. Il ne s’agit pas de démissionner face à cette situation mais de s’engager davantage. Chaque espace de liberté et d’équité conquis doit être défendu et conservé.

Togoforum : Que pensez-vous de l’exigence par certaines parties au dialogue d’un médiateur ?
M. WOLOU : Nous avons toujours dit que le rôle du médiateur ne doit ni être surévalué ni sous estimé. En effet, le médiateur n’impose pas la solution aux parties qui sont libres d’adhérer ou non aux approches de solutions qu’il propose. C’est pourquoi on ne doit ni en faire un préalable à une discussion, ni rejeter catégoriquement son intervention. L’évolution des discussions devra déterminer la nécessité de l’intervention ou non d’un médiateur. Aujourd’hui, les discussions semblent être bloquées. Il est temps de penser à recourir à un médiateur sur les points de blocage.

Togoforum : Par le passé vous auriez crié à l’exclusion dès l'ouverture du dialogue. Vous semblez satisfaits du dialogue « sans vous » en tant que PSR. Votre Silence ne veut-il pas dire que vous êtes de la mouvance présidentielle ?
M. WOLOU : Aucun parti n’a autant protesté que le PSR s’agissant de l’exclusion de certains partis politiques du dialogue national. Nous avions démontré lors de notre conférence de presse du 29 avril que cette exclusion est contraire aux principes démocratiques en général et à la Constitution togolaise en particulier. Nous avons réitéré nos protestations lors de la conférence de presse du 17 juin. Nous sommes allés plus loin en dénonçant l’incohérence du projet d’accord. Nous avons envoyé un courrier au dialogue avec ampliations au chef de l’Etat et au Premier Ministre pour dénoncer à la fois le cadre du dialogue et la démarche envisagée pour le règlement de la crise. Nous sommes convaincus que les problèmes sont mal posés et ne peuvent aboutir qu’à des solutions en trompe-l’œil. Lors des différentes émissions sur les différentes radios et télévisions nationales, nous n’avons jamais cessé de protester contre cette situation inique qui par ailleurs méconnaît le caractère dynamique des réalités politiques d’un pays. Ce sont des faits de notoriété publique que nous rapportons.

Togoforum : Le PSR a-t-il trahi exprès DAHUKU PERE  parce qu’il y avait, comme disent certains, un pacte secret avec le RPT. Pourquoi n’avez-vous pas soutenu  sa candidature comme en 2003 ?
M. WOLOU : C’est le parti, en toute connaissance de cause qui a pris l’engagement lors d’un conseil organisé au siège du parti et en présence de Mr. PERE  de le présenter aux élections de 2003. Le contexte de 2005 n’était pas celui de 2003. Nous avions décidé, vu les circonstances, d’expérimenter la candidature unique des partis de l’opposition. Depuis 2003, le PSR avait soutenu au sein de la CFD la nécessité d’une candidature unique. Malheureusement, l’idée n’a pas obtenu l’adhésion de certains partis politiques membres de la CFD. Nous n’aurions pas été fidèles à nos idées si, sans raison valable, nous renoncions à la candidature unique en 2005 alors que nous avions adhéré ensemble à ce principe au sein de la Coalition. Nous aurions aussi  trahi la Coalition si, contrairement à nos engagements, nous avions présenté un autre candidat.  

Il faut souligner que lorsque le PSR s’était engagé dans le processus du choix d’un candidat unique,  M. PERE, répondant aux questions d’un journaliste, avait affirmé qu’il n’était pas lié par les positions du  PSR. Il n’y a jamais eu un accord entre M. PERE et le PSR aux termes duquel le parti le présenterait aux élections de 2005.

Togoforum : Quels sont vos rapports avec les autres partis politiques et en particulier avec l’Alliance de Messieurs PERE et AGBEYOME ?
M. WOLOU : S’agissant d’abord des autres partis, des concertations bilatérales sont par moment organisées sur des questions précises avec certains partis de l’opposition. De telles rencontres n’ont pas pour l’instant eu lieu entre le PSR  et l’Alliance.

Togoforum :
Comment se porte le PSR après les élections présidentielles de 2005 surtout qu’il semblerait qu’un nombre important de vos militants pensaient que le PSR est le parti de M. DAHUKU ?
M. WOLOU : Le PSR se porte bien et continue son travail de formation des masses. Les militants qui auraient quitté le parti parce que le PSR n’est pas le parti de M. DAHUKU Péré sont ceux qui n’ont pas encore compris ce que doit être un parti politique ou mieux les valeurs que nous incarnons. Nous n’avons jamais cessé de le dire, le PSR est un parti exclusivement axé sur des valeurs. La naissance du PSR était une réaction contre les partis politiques qui n’ont pour repère que le nom du leader et parfois des considérations ethniques. Tout homme est éphémère alors que les valeurs transcendent le temps et l’espace.

Togoforum : Résumez-nous brièvement le programme politique du PSR et les moyens pour les réaliser
M. WOLOU : Le PSR veut construire un Etat moderne, recentré sur ses domaines de base que sont l’éducation, la santé, la sécurité publique, la justice, un Etat soucieux des droits de l’Homme et capable de corriger les inégalités sociales et de promouvoir l’initiative privée. Pour y parvenir, le PSR travaille à l’émergence d’une classe dirigeante pragmatique et proche de la base, capable d’indiquer les grands choix de société, soucieuse des intérêts collectifs et  apte à incarner les aspirations nouvelles de notre jeunesse à plus de liberté et de renouveau social.

Togoforum : Parlons un peu du président Faure GNASSINGBE. Pensez-vous qu’il règle la crise togolaise ? Quels sont les actes posés par lui qui peuvent rassurer sur sa capacité à gérer la situation de chaos qu’il a hérité du règne de son père défunt père ?
M. WOLOU : La crise togolaise est profonde et de divers ordres, économique, social, politique, moral etc. Il est certain que tous les aspects de la crise ne peuvent être réglés du jour au lendemain. Néanmoins, des bases solides doivent être jetées pour permettre la résolution progressive de la crise. La position du président Faure est très délicate en ce sens qu’il a été porté au pouvoir par des personnes qui ont joué un rôle important dans cette crise. Il est certain qu’il a bénéficié des forfaits qui ont été commis et qui ont exacerbé la crise togolaise. Sera-t-il dans ces conditions en mesure de régler durablement la crise togolaise ? Cela n’est pas impossible. Mais il lui faudrait alors se montrer un grand homme, capable de transcender les intérêts immédiats, se remettre en cause, se repentir du système qui l’a porté au pouvoir. Sans dire qu’il n’y a rien de positifs dans ses actions, nous pourrons remarquer avec certitude que les actes posés jusqu’à présent ne répondent pas aux caractéristiques énoncées.

Togoforum : On dit que Faure GNASSINGBE connaît des difficultés de gestion du pouvoir à cause de certains inconditionnels du RPT. Qu’en savez-vous ?
M. WOLOU : Absolument rien. Néanmoins, il est évident que si le président Faure a été porté au pouvoir, ce n’est pas parce que sa tête leur plaît. C’est nécessairement pour garantir leurs intérêts. Il est donc évident qu’ils chercheront à tisser leur toile autour de lui. A lui de vouloir et savoir s’en défaire s’il veut devenir un grand président et entrer positivement dans l’Histoire.

Togoforum : Votre mot de fin, Monsieur Wolou 
M. WOLOU : Malgré la situation difficile que connaît notre pays, nous devons toujours espérer. Sans cet espoir, nous abdiquerons ou nous laisserons la voie ouverte aux dérapages. Nous voudrions aussi vous remercier pour cette occasion qui nous a été offerte.

 

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