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Togoforum: Monsieur WOLOU Komi,
vous êtes professeur de droit à
l’Université de Lomé, vous êtes plus
connu dans votre rôle de Porte-Parole
du Pacte Socialiste pour le Renouveau,
le PSR.
Votre parti est actuellement au
gouvernement de M. Edem KODJO après
avoir été des 6 partis ayant soutenu
la candidature de Bob Akitani aux
élections présidentielles d’avril
2005.
Dites
nous M. WOLOU, quel intérêt a justifié
l’entrée de Me ABI Tchéssa au
gouvernement alors que les autres
partis de la coalition n’y sont pas
allés.
M. WOLOU :
Permettez-nous de vous remercier pour
l’occasion que vous nous offrez pour
répondre une fois encore à cette
question. L’histoire politique récente
du Togo est faite d’une succession
d’élections controversées émaillées de
fraude, de violence, d’arrestations
arbitraires des militants de
l’opposition. Ces élections sont
souvent organisées par une
administration partisane qui a la
maîtrise de tout le processus, de la
confection des cartes à leur
distribution, les moyens de l’Etat
étant parfois mis au service d’une
formation politique. A la fin de
chaque élection, il est proposé un
dialogue ou des discussions qui
aboutissent parfois à des décisions ou
des accords qui ne sont jamais
respectés. Entre deux élections, des
militants de l’opposition qui ont pris
part activement à ces élections sont
parfois obligés de fuir le pays parce
que menacés. L’opposition n’a aucun
moyen, aucune maîtrise des
institutions étatiques pour assurer la
sécurité de ses militants ou garantir
leur retour. Cette situation de
violence a atteint son paroxysme lors
des dernières élections de 2005. c’est
un perpétuel recommencement.
Faut-il dans ces conditions toujours
laisser ce régime continuer seul à
diriger ce pays en prenant des
décisions qui nous régissent tous même
si nous les contestons ? Faut-il
toujours laisser nos militants à la
merci des autorités locales parfois
très zélées qui les ridiculisent, les
maltraitent ? Ou au contraire faut-il
dès à présent et en vue de mieux
préparer la conquête du pouvoir et
l’instauration d’une démocratie
intégrale accepter de participer au
gouvernement et limiter les abus que
tous nous connaissons ?
La réponse à cette question nous
paraît évidente. Je crois qu’elle
l’est également pour la plupart des
leaders de l’opposition puisque après
notre rencontre avec la chef de l’Etat
Faure le 27 mai 2005, il ressortait
clairement du communiqué de presse que
la Coalition avait fait qu’elle devait
participer au gouvernement. Mieux
encore, il apparaissait que le premier
ministre devait être nommé au sein de
la Coalition. C’est ce gouvernement
qui devrait préparer le dialogue
actuellement en cours au pays. Je peux
même vous dire que l’un des premiers
responsables de la Coalition nous a
dit lorsque nous étions à Abudja que
si nous refusons de participer au
gouvernement, nous laissons le
président FAURE otage des radicaux du
RPT. Ce risque est d’ailleurs réel
encore aujourd’hui.
Le
PSR a eu le courage politique de tirer les
conséquences de cette analyse, de tirer les leçons
du passé. L’intérêt du peuple a guidé notre choix.
Nous croyons que le leader politique est celui qui
est en mesure d’indiquer le chemin à suivre, de
convaincre la masse de la nécessité de faire des
choix parfois douloureux mais prometteurs. Nous nous
réjouissons encore aujourd’hui du choix fait.
Togoforum :
Pensez-vous aujourd’hui que votre participation au
gouvernement
en
valait la peine ? Concrètement y a-t-il des actes
profitables au peuple et qu’on pourrait mettre à
l’actif de la participation de Me ABI au
gouvernement ?
Mr. WOLOU :
Il n’y a aucun doute que notre participation au
gouvernement a été profitable au peuple. Certes ,
il n’est pas possible avec un seul portefeuille
d’avoir une influence décisive sur l’ensemble des
secteurs. Mais les faits sont là. Le retour des
réfugiés dans la région de Daye a été rendu possible
et dans les meilleurs délais grâce à la
participation de Me ABI au gouvernement. Il faut
relever que les responsables de l’opposition dans
cette préfecture ont été obligés de se réfugier au
Ghana. Ils ont fait plusieurs tentatives de retour
infructueuses puisqu’ils étaient pourchassés. C’est
en sa qualité de Ministre de la justifie que Me ABI
a réuni à la préfecture de Daye le préfet, le CB de
la gendarmerie, le chef de délégation spécial, les
dirigeants locaux du RPT pour exiger que la
protection de ces responsables de l’opposition soit
assurée. C’est ensemble avec le Ministre ABI que
nous avons ramené les responsables de l’UFC, du CAR
et du PSR dans la ville. C’est à partir de ce jour
que les menaces contre les responsables locaux de
l’opposition ont cessé dans la préfecture. Ce qui a
permis le retour d’un grand nombre de réfugiés dans
cette préfecture A quel titre Me ABI aurait-il pu le
faire s’il n’était pas membre du gouvernement ? Je
suis persuadé que le problème des réfugiés Togolais
aurait déjà été résolu si toute la Coalition avait
participé au gouvernement.
Il
faut progressivement assurer l’équilibre des forces
entre le RPT qui maîtrise toutes les institutions
étatiques, celles-ci étant mises à son service et
l’opposition qui malgré sa popularité n’a aucun
pouvoir.
Lors de la rencontre entre la Coalition et le
président Faure, trois membres de la coalition dont
nous-même avaient été désignés pour travailler avec
le gouvernement d’alors en vue de la libération des
personnes détenues à l’occasion des élections. A ce
titre, nous connaissons bien la procédure qui était
en cours et les difficultés auxquelles nous serions
confrontés. La participation de Me ABI a été
déterminante dans la libération rapide de ces
prisonniers. Aujourd’hui, toutes les fois que nous
sommes informés d’une arrestation suspecte, nous
saisissons immédiatement le ministre de la justice
qui fait diligence pour s’informer de la situation
et prend les mesures adéquates. Nous ne sommes pas
comptables des arrestations arbitraires intervenues
avant que Me ABI n’occupe ce ministère. Mais nous
disons que depuis, ces arrestations ont cessé. Il
serait facile à d’autres personnes d’affirmer que
ces arrestations continuent. C’est possible.
Seulement, nous leur demandons que ces cas soient
portés à notre connaissance. Le parti demandera à
son Secrétaire national, Ministre de la Justice de
faire la lumière sur la question. Et s’il est établi
qu’il s’agit d’une arrestation arbitraire,
illégale, la personne sera instantanément libérée
sinon, le parti sera le premier à se révolter et à
dénoncer publiquement cette situation et à
interpeller le ministre de la justice. Nous avons
des valeurs qui sous-tendent nos actions. Pour rien
le PSR ne renoncera à ses valeurs.
Togoforum :
Peu avant la désignation du candidat AKITANI,
M.Gilchrist OLYMPIO avait émis des doutes sur
l’appartenance du PSR à l’opposition. Ce qui avait
provoqué une réaction énergique de Me ABI sur
togoforum. Aujourd’hui avec votre participation au
gouvernement ne peut-on pas dire que Mr. OLYMPIO
avait raison ? Etes-vous toujours dans l’opposition
ou faites-vous partis de la majorité
présidentielle ?
Mr
WOLOU :
C‘est un droit pour Mr OLYMPIO, comme pour tout
togolais, de penser ou de croire ce qu’il veut. Le
PSR n’a besoin de l’onction de qui que ce soit pour
être considéré comme étant ou non de l’opposition.
Nous ne sommes pas de ces leaders politiques qui
cherchent à plaire à d’autres leaders politiques.
Notre préoccupation, c’est d’être fidèles par nos
actes aux valeurs auxquelles nous croyons et qui
déterminent notre engagement.
Permettez-nous de vous demander si à l’issue de ce
dialogue, un gouvernement venait à être formé avec
la participation des formations politiques notamment
la CDPA, Le CAR, ces partis devront-ils être
considérés comme de la majorité présidentielle ?
Nous avons décidé dans l’intérêt du peuple et
conformément à nos convictions de participer à un
gouvernement d’union nationale. Les observateurs de
la politique togolaise savent que malgré notre
participation au gouvernement, nous avons gardé
notre ligne politique. Nos critiques à l’égard de ce
gouvernement n’ont jamais cessé. Mais toutes les
fois qu’il pose un acte qui nous paraît aller dans
l’intérêt du peuple, nous lui apportons sans
complexe notre soutien. Plusieurs personnalités
proches du pouvoirs nous reprochent aussi d’ignorer
la solidarité gouvernementale. Nous laissons chacun
assumer ses analyses. Le PSR continue à apporter sa
contribution à l’édification d’un Etat de droit.
Notre participation au gouvernement en est pour nous
un moyen. Nous l’assumons.
Togoforum :
Que dites-vous à ceux qui pensent que le PSR a trahi
la coalition de l’opposition?
M.
WOLOU :
C’est absurde. Soit c’est la mauvaise foi, soit
c’est la méconnaissance de ce dossier. D’abord, il
n’est jamais convenu entre les membres de la
Coalition qu’ils ne devraient pas aller au
gouvernement. Ensuite, il n’y a jamais eu un accord
entre les membres de la Coalition pour la gestion de
la période post-électorale. Les textes qui
régissaient la Coalition étaient clairs sur cette
question. D’ailleurs, au lendemain des élections, le
candidat de la coalition avait même indiqué que la
gestion de la crise ne relevait plus de la Coalition
mais du candidat lui-même et de son parti. Trahir,
c’est cesser d’être fidèle à une personne à laquelle
l’on est lié par la parole donnée. Le PSR n’est pas
concerné par ces accusations.
Togoforum
:
Analysez pour nous le concept de «gouvernement
d'union nationale Afrique.» Quelle est la vertu du
concept ?
M.
WOLOU :
Un
gouvernement d’union nationale est celui dans lequel
se retrouvent des partis politiques appartenant à
divers courants politiques, parfois opposés, en vue
de régler une situation de crise qui perturbe le
fonctionnement normal des institutions. Il peut être
rendu nécessaire par le besoin d’obtenir la quasi
unanimité des différents courants politiques face à
une question délicate à laquelle est confronté le
pays. Il ne peut pas constituer un mode normal de la
gestion de l’Etat car il est nécessaire qu’il y ait
une opposition qui permette une appréciation
critique de l’action gouvernementale.
Mais il faut être vigilant et distinguer un
gouvernement d’union nationale des tentatives
parfois faites par des régimes pour paralyser leur
opposition. On estime qu’une fois au pouvoir, les
leaders cesseront leurs revendications pour tirer
les avantages du pouvoirs. C’est un risque réel mais
surmontable. Tout dépend des objectifs réels de
chaque parti et de ses leaders. Il faut savoir être
fidèle à ses convictions ; il faut savoir aussi
adapter ses moyens de lutte aux circonstances
nouvelles.
Togoforum
: Parlons du dialogue intertogolais. Que
pensez-vous de l'accord signé par les différentes
partie au dialogue ? L'accord est dénommé « accord
politique de base ».
M.
WOLOU :
Il
est évident que cet Accord n’est pas satisfaisant
pour plusieurs raisons. Nous aurions souhaité ne pas
revenir sur le cadre de ce dialogue que nous avions
dénoncé en son temps. Malheureusement, ce cadre a
influé sur les décisions de ce dialogue. D’abord,
les décisions relatives aux structures chargées de
l’organisation des prochaines élections ont
entièrement écarté une fois encore les partis qui ne
sont pas représentés au dialogue, en violation de
tout principe démocratique. Rien poutant n’indique
que les partis qui se sont arrogés ces avantages
sont plus implantés que les autres partis sur
l’ensemble du territoire.
Ensuite, le Dialogue n’a pas convenablement abordé
les problèmes qui se posent à notre pays. A titre
d’exemple, les rapports qui ont été élaborés à la
suite des élections émaillées de violence n’ont pas
été pris en compte. Les problèmes ont été plus ou
moins évités. Est-il possible que ce dialogue ne se
penche pas sur les raisons concrètes qui font que
les forces de sécurité sont si impliquées dans cette
violence à répétition. Pouvait-on raisonnablement
aborder cette question sans interroger les
représentants de cette institution afin que le mal
soit diagnostiqué avec précision ? Qu’en est il des
représentants locaux du pouvoir autour desquels
s’organisent localement ces violences ? Sont-ils
encore qualifiés à remplir leur fonction ? Cette
situation est-elle de nature à rétablir la confiance
des citoyens ? Sur la question de l’impunité, on
propose de créer une commission chargée de faire la
lumière sur les violences depuis 1958 alors que les
auteurs de ces crimes sont identifiés et circulent
sans être inquiétés ni exprimer leurs regrets. La
question fait peur apparemment. Nous ne demandons
pas qu’ils soient tous jetés en prison. Mais la
lumière doit être faite et ceux qui reconnaissent,
regrettent les faits et présentent leurs excuses
pourront être pardonnés. Le dialogue aurait dû
nécessairement jeter les bases de cette démarche
psychologique.
Nous pourrons multiplier les exemples des
insuffisances si nous le voulions.
Togoforum : Voulez-vous dire en définitive
qu'il s'agit d'une fuite en avant ?
M.
WOLOU :
Nous ne souhaiterions pas utiliser cette expression.
Mais il faut être conscient du fait que des
questions importantes n’ont pas été traitées. Il
s’agit sur plusieurs questions d’une déclaration
d’intention, des engagements de mettre en place des
commissions sans qu’aucun résultat soit garanti. Les
conclusions seront transmises au gouvernement sans
que l’on sache quelle suite leur sera réservée. Les
expériences passées ne rassurent pas. Nous devons
reconnaître que le plus difficile reste à faire.
Lorsqu’on ne prend pas conscience de cette
situation, alors la lutte est perdue d’avance. Il ne
s’agit pas de démissionner face à cette situation
mais de s’engager davantage. Chaque espace de
liberté et d’équité conquis doit être défendu et
conservé.
Togoforum :
Que pensez-vous de l’exigence
par
certaines parties au dialogue d’un médiateur ?
M.
WOLOU :
Nous avons toujours dit que le rôle du médiateur ne
doit ni être surévalué ni sous estimé. En effet, le
médiateur n’impose pas la solution aux parties qui
sont libres d’adhérer ou non aux approches de
solutions qu’il propose. C’est pourquoi on ne doit
ni en faire un préalable à une discussion, ni
rejeter catégoriquement son intervention.
L’évolution des discussions devra déterminer la
nécessité de l’intervention ou non d’un médiateur.
Aujourd’hui, les discussions semblent être bloquées.
Il est temps de penser à recourir à un médiateur sur
les points de blocage.
Togoforum
:
Par le passé vous auriez crié à l’exclusion
dès l'ouverture du dialogue.
Vous semblez satisfaits du dialogue « sans vous » en
tant que PSR. Votre Silence ne veut-il pas dire que
vous êtes de la mouvance présidentielle ?
M.
WOLOU :
Aucun parti n’a autant protesté que le PSR
s’agissant de l’exclusion de certains partis
politiques du dialogue national. Nous avions
démontré lors de notre conférence de presse du 29
avril que cette exclusion est contraire aux
principes démocratiques en général et à la
Constitution togolaise en particulier. Nous avons
réitéré nos protestations lors de la conférence de
presse du 17 juin. Nous sommes allés plus loin en
dénonçant l’incohérence du projet d’accord. Nous
avons envoyé un courrier au dialogue avec
ampliations au chef de l’Etat et au Premier Ministre
pour dénoncer à la fois le cadre du dialogue et la
démarche envisagée pour le règlement de la crise.
Nous sommes convaincus que les problèmes sont mal
posés et ne peuvent aboutir qu’à des solutions en
trompe-l’œil. Lors des différentes émissions sur les
différentes radios et télévisions nationales, nous
n’avons jamais cessé de protester contre cette
situation inique qui par ailleurs méconnaît le
caractère dynamique des réalités politiques d’un
pays. Ce sont des faits de notoriété publique que
nous rapportons.
Togoforum
:
Le PSR a-t-il trahi exprès DAHUKU PERE parce qu’il
y avait, comme disent certains, un pacte secret avec
le RPT. Pourquoi n’avez-vous pas soutenu sa
candidature comme en 2003 ?
M.
WOLOU :
C’est le parti, en toute connaissance de cause qui a
pris l’engagement lors d’un conseil organisé au
siège du parti et en présence de Mr. PERE de le
présenter aux élections de 2003. Le contexte de 2005
n’était pas celui de 2003. Nous avions décidé, vu
les circonstances, d’expérimenter la candidature
unique des partis de l’opposition. Depuis 2003, le
PSR avait soutenu au sein de la CFD la nécessité
d’une candidature unique. Malheureusement, l’idée
n’a pas obtenu l’adhésion de certains partis
politiques membres de la CFD. Nous n’aurions pas été
fidèles à nos idées si, sans raison valable, nous
renoncions à la candidature unique en 2005 alors que
nous avions adhéré ensemble à ce principe au sein de
la Coalition. Nous aurions aussi trahi la Coalition
si, contrairement à nos engagements, nous avions
présenté un autre candidat.
Il
faut souligner que lorsque le PSR s’était engagé
dans le processus du choix d’un candidat unique, M.
PERE, répondant aux questions d’un journaliste,
avait affirmé qu’il n’était pas lié par les
positions du PSR. Il n’y a jamais eu un accord
entre M. PERE et le PSR aux termes duquel le parti
le présenterait aux élections de 2005.
Togoforum :
Quels sont vos rapports avec les autres partis
politiques et en particulier avec l’Alliance de
Messieurs PERE et AGBEYOME ?
M.
WOLOU :
S’agissant d’abord des autres partis, des
concertations bilatérales sont par moment organisées
sur des questions précises avec certains partis de
l’opposition. De telles rencontres n’ont pas pour
l’instant eu lieu entre le PSR et l’Alliance.
Togoforum :
Comment se porte le PSR après les élections
présidentielles de 2005 surtout qu’il semblerait
qu’un nombre important de vos militants pensaient
que le PSR est le parti de M. DAHUKU ?
M.
WOLOU :
Le
PSR se porte bien et continue son travail de
formation des masses. Les militants qui auraient
quitté le parti parce que le PSR n’est pas le parti
de M. DAHUKU Péré sont ceux qui n’ont pas encore
compris ce que doit être un parti politique ou mieux
les valeurs que nous incarnons. Nous n’avons jamais
cessé de le dire, le PSR est un parti exclusivement
axé sur des valeurs. La naissance du PSR était une
réaction contre les partis politiques qui n’ont pour
repère que le nom du leader et parfois des
considérations ethniques. Tout homme est éphémère
alors que les valeurs transcendent le temps et
l’espace.
Togoforum :
Résumez-nous brièvement le programme politique du
PSR et les moyens pour les réaliser
M.
WOLOU :
Le
PSR veut construire un Etat moderne, recentré sur
ses domaines de base que sont l’éducation, la santé,
la sécurité publique, la justice, un Etat soucieux
des droits de l’Homme et capable de corriger les
inégalités sociales et de promouvoir l’initiative
privée. Pour y parvenir, le PSR travaille à
l’émergence d’une classe dirigeante pragmatique et
proche de la base, capable d’indiquer les grands
choix de société, soucieuse des intérêts collectifs
et apte à incarner les aspirations nouvelles de
notre jeunesse à plus de liberté et de renouveau
social.
Togoforum
:
Parlons un peu du président Faure GNASSINGBE.
Pensez-vous qu’il règle la crise togolaise ? Quels
sont les actes posés par lui qui peuvent rassurer
sur sa capacité à gérer la situation de chaos qu’il
a hérité du règne de son père défunt père ?
M.
WOLOU :
La
crise togolaise est profonde et de divers ordres,
économique, social, politique, moral etc. Il est
certain que tous les aspects de la crise ne peuvent
être réglés du jour au lendemain. Néanmoins, des
bases solides doivent être jetées pour permettre la
résolution progressive de la crise. La position du
président Faure est très délicate en ce sens qu’il a
été porté au pouvoir par des personnes qui ont joué
un rôle important dans cette crise. Il est certain
qu’il a bénéficié des forfaits qui ont été commis et
qui ont exacerbé la crise togolaise. Sera-t-il dans
ces conditions en mesure de régler durablement la
crise togolaise ? Cela n’est pas impossible. Mais il
lui faudrait alors se montrer un grand homme,
capable de transcender les intérêts immédiats, se
remettre en cause, se repentir du système qui l’a
porté au pouvoir. Sans dire qu’il n’y a rien de
positifs dans ses actions, nous pourrons remarquer
avec certitude que les actes posés jusqu’à présent
ne répondent pas aux caractéristiques énoncées.
Togoforum :
On dit que Faure GNASSINGBE connaît des
difficultés de gestion du pouvoir à cause de
certains inconditionnels du RPT. Qu’en savez-vous ?
M.
WOLOU :
Absolument rien. Néanmoins, il est évident que si le
président Faure a été porté au pouvoir, ce n’est pas
parce que sa tête leur plaît. C’est nécessairement
pour garantir leurs intérêts. Il est donc évident
qu’ils chercheront à tisser leur toile autour de
lui. A lui de vouloir et savoir s’en défaire s’il
veut devenir un grand président et entrer
positivement dans l’Histoire.
Togoforum : Votre mot de fin, Monsieur
Wolou
M.
WOLOU :
Malgré la situation difficile que connaît notre
pays, nous devons toujours espérer. Sans cet espoir,
nous abdiquerons ou nous laisserons la voie ouverte
aux dérapages. Nous voudrions aussi vous remercier
pour cette occasion qui nous a été offerte. |