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Causerie avec M. TINO DOGLO AGBELENKO POUR LE M05
TOGOFORUM:
M.
Tino Agbélenko Doglo, vous êtes
Coordinateur
chargé du Secrétariat et Porte Parole du
Mouvement Patriotique du 5 Octobre(M05). Merci d’accepter de vous
entretenir avec nous.
Quel
bilan faites-vous des 11ans de traversée de desert par les forces
combattantes pour la démocratie au Togo?
M.
DOGLO AGBELENKO:
C’est à moi qu’il revient tout d’abord de vous remercier pour ce
puissant outil de communication que vous mettez à notre service.
L’initiative de Togoforum mérite bien hommage et encouragements.
En
effet, il y a onze ans le peuple togolais avec à la pointe sa jeunesse
avait pris les taureaux par les cornes. Après plus d’une décennie,
l’âpre combat pour la démocratie et l’Etat de droit n’est pas
achevée, loin s’en faut.
A
cette étape, l’on peut toutefois dresser un bilan matériel et
politique de ce parcours commun : les morts et mutilés, les milliers de
Togolais réfugiés et exclus, notre société civile sclérosée et
promise à la misère et à la violence permanente du régime. Les ravages
du régime de dictature et d’oppression se sont accrus de sorte que la
nation entière se trouve menacée de dislocation avec à la clé la
faillite économique et financière chronique de l’Etat. Le régime use
contre les populations et contre l’opposition de toutes les formes
d’excès et de barbarie afin de prolonger son sursis tout en essayant de
contrecarrer toute avancée sur la voie de la construction d’une société
libre et apaisée. Les leaders politiques et les organisations de masse
qui véhiculent les aspirations du peuple sont systématiquement
persécutés,
méprisés et poussés en marge de la vie politique nationale.
La
quête perpétuelle de liberté, de progrès et du bien-être commun sont
le ferment de toute société moderne. Cette prise de conscience poussée
et généralisée est aujourd’hui bien présente et va en grandissant au
sein de nos populations qui rejettent sans appel le joug de la tyrannie et
l’obscurantisme du régime actuel. Les Togolais cherchent avec ardeur et
courage à vivre dans la liberté et la dignité avec des dirigeants de
leur choix. Il s’agit là d’une conquête inestimable. De ce
principal motif de fierté nous puisons les raisons de notre
engagement. Cette conquête fonde l’avenir.
TOGOFORUM:
L’on
constate un certain nombre d’activités impliquant le M05 ces derniers
temps.
Est-ce
un signe de la renaissance du mouvement et peut-être, un signe de l’éveil
de la jeunesse togolaise presqu’éssoufflée face à un Général
Eyadema toujours resistant?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Combien de temps le général Eyadéma pourra t-il encore résister ?
N’est-ce pas là une véritable dérision et un opprobre immense pour
un chef de devoir résister contre ses sujets ?
C’est
vrai que le MO5 mène depuis
quelques mois toute une serie d’activités ouvertes ou discrètes:
meetings, réunions, appels, campagnes de presses et lobbying
tous dans le but d’informer, de mobiliser, de partager les expériences
les uns avec les autres. A ce tournant de notre histoire, il est une nécessité
urgente de mettre au service de la lutte des énergies et des expériences
nouvelles.
TOGOFORUM:
Il apparait que le
M05 est un des rares mouvements de la jeunesse togolaise en lutte pour la
démocratie à resister à l’usure du temps. Il subsiste, pourtant, des
interrogations quant à sa capacité et sa vocation réunificatrice de la
jeunesse togolaise, trop divisée, il faut le dire. On se demande
notamment comment le Mouvement entend remobiliser la jeunesse togolaise
pour un combat qui est loin d’approcher à sa fin.
Que
proposez-vous et quelles sont certaines activités planifiées qui
pourraient intéresser les jeunes.
M.
DOGLO AGBELENKO:
Une jeunesse de qualité est la meilleure garantie qu’une société en
quête de mutation puisse s’offrir. Le MO5 est un mouvement de jeunesse
et lorsque nous considérons la force démographique que constituent les
couches jeunes dans notre pays, nous saisisons encore mieux le rôle que
l’histoire nous a assigné dans la société d’aujourd’hui, celui
d’être aux côtés des aînés, les acteurs et les artisans de notre
propre avenir.
Pour
identifier et assumer convenablement cette tâche, la jeunesse doit avoir
une vision claire et juste de l’enjeu et conjuguer ensemble ses atouts,
outre les affinités individuelles et partisanes. Pour canaliser au mieux
les énergies de l’ensemble de la jeunesse, notre Mouvement a choisi
d’axer son action autour de mots d’ordre mobilisateurs et d’une pensée
politique cohérente propres à ancrer le militant dans le sentiment
patriotique et la conviction pour un meilleur devenir de la nation.
Nous
avons en ce moment même une serie de projets en cours d’élaboration et
qui sont d’un grand intérêt pour la jeunesse. Les tout premiers
verront leur réalisation dans un proche avenir comme annoncé au public récemment
par la Coordination de notre organisation : la mise en oeuvre d’un prix et d’une bibliothèque Tavio Amorin. D’autres initiatives
s’en suivront.
TOGOFORUM:
Ce serait interessant de savoir si le M05 reconnaît certaines de ses
erreurs de parcours, en dehors du travail d’éducation des masses que le
mouvement a manqué de faire, comme l’a reconnu son ancien coordinateur,
Bassirou
Ayeva dans l'interview qu'il nous a accordée en Septembre 2001.
Qu’est-ce
qui a changé au sein du mouvement, surtout du point de vue de la stratégie
de lutte.
M.
DOGLO AGBELENKO:
Une
lutte mouvementée et en prise à la destabilisation permanente comme
celle que nous connaissons au Togo exige que nous ayions plus d’un tour
dans le sac. La stratégie et la politique conductrice de nos actions
doivent être à chaque étape du cheminement revues et corrigées pour répondre
aux besoins du moment. Cela nous l’avons fait par le passé sans
abandonner nos bons principes
et sans la moindre compromission, vu surtout la nature totalitaire et
l’obstination du camp d’en face.
Nous
avons eu, le temps de notre présence au Togo, la vocation d’ aile
mobilisatrice de l’ensemble des forces d’opposition parmi lesquelles
nous avons siégé et tenté de concilier des divergences parfois
profondes. Tout ceci avec la conviction que l’union de l’opposition
seule générera la force et la cohésion nécessaire à l’aboutissement
rapide de la lutte. Lorsqu’on se trouve dans le feu de l’action, dans
le contexte de repression et de tueries incessantes qu’a créé le règime
et où l’on doit inventer l’art de sa propre survie, on est hélas
souvent réduit à la réaction et à la parade. On a bien peu de temps
pour mûrir une stratégie et encore moins la conduire dans les paramètres
voulus. Il est donc bien certain que des erreurs ont pu se produire. Quand
on s’en apercoit le tout c’est d’en tirer les enseignements qui en découlent
et d’aller de l’avant.
Et
puis il y a dans la vie du Mouvement les palpitantes années d’exil de
la plupart de ses cadres au Ghana au cours desquelles d’importants
programmes d’encadrement et de formation politique et civique ont été
conduits au bénéfice des jeunes, avec le volet humanitaire à travers
lequel le MO5 a prodigué
aide et secours au réfugiés en situation difficile.
TOGOFORUM:
Comme
vous le savez, la relance du mouvement cette année a provoqué une levée
de boucliers, surtout dans la Diaspora. Beaucoup y on vu des manipulations
politiciennes. Il y a eu une bataille folle en communiqués de toutes
teneurs, comme cela coincidait avec l’annonce de la tenue d’élections
legislatives au Togo.
Pouvez-vous
expliquer ces reactions et nous dire comment vous entendez apaiser peut-être
ceux qui reprochent quelque chose au M05?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Le
MO5 depuis sa création en 1991 repose sur le pilier de la diversité
harmonieuse et tout au long de sa vie il s’est révélé être le vivier
de la culture de la remise en cause et du débat contradictoire,
jusqu’au coeur même de l’organe de direction. Cette situation n’est
pas du goût de tout le monde et certains ont dû faire ce dur
apprentissage à leurs dépends. Nous vivons dans un compromis permanent
et il n’y a jamais eu au MO5 d’homme indispensable. Je ne connais pas
un seul patriote togolais qui se soit laissé aller à des sentiments inférieurs
face à la relance du Mouvement. C’est donc avec une grande perplexité
que j’ai vécu les attaques infantiles anonynes ou avouées à
l’encontre du Mouvement et plus particulièrement contre le nouveau
Coordinateur Général.
J’ai
dernièrement recu de mes collègues de la nouvelle coordination les
assurances renouvelées que notre organisation reste ouverte à la
critique et à l’autocritique parce que c’est à l’aune de ces deux
réalités que l’on peut confronter les idées, s’enrichir en expérience
et parfaire son engagement. Fort de ce qui précéde, j’invite avec
cordialité tous ceux qui ont une adresse à nous faire, sous forme de
critique, de réserve ou de partage, à nous les formuler avec courage et
sens de la responsabilité. Le MO5 s’en enchirira et en tiendra bon
compte.
TOGOFORUM: Le
M05 avait combattu Koffigoh sans retenue. Aujourd’hui et avec le recul
du temps, ne peut-t-on pas dire que le reste de l’opposition a été
pour beaucoup dans cet échec cuisant? Plusieurs analyses, impopulaires
évidemment,
ont été esquissées pour démontrer que Koffigoh n’est pas seul
responsable de l’échec du combat pour la démocratie depuis 1991.
Comment
revoyez-vous Koffigoh aujourd’hui et le reste de l’opposition?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Koffigoh
est un traumatisme de notre histoire et peu importe le recul que le temps
nous impose, je me sens très embarassé dans mon jugement. En temps
d’insurrection contre la tyrannie, on ne peut être héros à moitié et
traître à moitié. L’histoire retiendra de Koffigoh l’image d’un
homme qui au carrefour de notre destinée a tourné le dos au peuple dont
il est issu pour aller pactiser avec le tyran. L’homme vit aujourd’hui
dans l’opulence des deniers amassés mais il est assis dans le déshonneur
le plus pesant. Même Juda Iscariot n’a pas survécu à ses remords.
L’opposition
togolaise quant à elle a beaucoup péché par ses incohérences, ses
divergences jamais surmontées et par le manque de stratégie commune. Les
causes de cette situation regrettable sont aussi bien connues vu que les
leaders politiques, à une mince exception près ne sont préoccupés que
par leur propre devenir immédiat au lieu de se battre pour le départ immédiat
du dictateur. Ces nombreuses contradictions internes ont réduit
sensiblement les chances d’un aboutissement heureux de la lutte et fait
la part belle au tyran et à ses partisans. La lecon à tirer de cet échec
est d’une part qu’une nation de 5 millions d’âmes ne peut être présidée
par une douzaine de chefs à la fois et à la même place et que d’autre
part l’on ne peut lancer le train du multipartisme à la vitesse de
croisière alors que les rails sont à peine posés et que les gares ne
sont pas encore mis en service. Cette expérience malheureuse devrait nous
renvoyer à plus de réalisme. Avons-nous tous compris la lecon ? La
discorde qui s’élève aujourd’hui encore du camp de l’opposition
n’incite hélas pas à répondre par l’affirmative à cette
interrogation.
TOGOFORUM:
Malgré les dires de l’ancien Coordinateur
du M05 dans l’interview sus-mentionnée,
ce n’était un secret pour personne que le M05 des années chaudes de la
lutte (1991 –1993) était très proche de la CDPA de M. Gnininvi, du PDR
de M. Ayéva et du PSP de feu Tavio Amorin.
Il avait existé au cours de la même période bien d’autres
mouvements de jeunesse créés par tous les autres partis politiques,
notamment un mouvement dénommé «Jeunesse Combattante de Mars»
créé le CAR, et qui n’avait pas connu le même rayonnement que
le M05….. Comme tout le monde le sait, trop de divisions et d’adversités
au sein de l’opposition ont renforcé le règne du général Eyadema.
Est-on
loin aujourd’hui de la division de la jeunesse en groupes d’intérêts
politiques? Sinon que ferez-vous pour qu’on s’éloigne des ces
errements?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Il nous est bien loisible de rendre hommage aux organisations similaires
ou soeurs et de jeter un
regard de sympathie sur elles si tant il est qu’elles ont pu à un
moment, apporter une quelconque contribution positive à l’avancement de
notre lutte commune. La jeunesse n’est l’apanage d’aucune formation
et le MO5 n’entend revendiquer aucune exclusive. Le Mouvement rassemble
de modestes hommes issus de sensibilités diverses qui ont rempli avec dévouement
et patriotisme leur devoir vis-à-vis de l’histoire et il entend perpétuer
l’esprit et le courage politique de la jeunesse dans l’insurrection
d’Octobre 1990.
De
la question de nos affinités politiques, il faut dresser une approche de
vérité et reconnaître que presque tous les fondateurs du MO5 détenaient
à priori la carte d’un parti politique. Les réseaux de contestation
clandestins qui ont été à l’origine et au centre des évènements
d’Octobre 1990 revendiquaient haut et fort leur adhésion à la
Convention démocratique des peuples Africains (CDPA).
C’est
une vérité historique tout simplement et les tentatives de révisionnisme
qui proviennent quelques fois de ça et là ne sont que le produit d’une
méconnaissance des faits ou d’une honteuse atteinte au fait historique.
Au
MO5 nous ne sommes pas trop coutumiers de l’unanimité et le Mouvement a
de tout temps transcendé l’esprit de clan, les relents sectaires et
oeuvré à construire une identité commune malgré nos différences. La démocratie
ce n’est pas l’unanimité ou l’absence des différences, bien au
contraire, c’est l’art de conjuguer les différences et les
particularismes autour d’un projet fort, d’intérêt public. Telle
demeure notre vision. Les jeunes togolais de tous les horizons qui ont à
coeur l’ambition de libérer la patrie du règne de l’arbitraire et de
participer à la construction d’une nouvelle société de liberté et de
progrès trouvent leur place au MO5. Nous affirmons avec assurance
qu’aucun relent partisan ne saurait éclipser notre élan si nous nous
rassemblons autour du projet fort qui consiste à rendre à notre patrie
sa liberté et sa dignité bafouées.
TOGOFORUM:
Monsieur DOGLO, on a l’impression que l’essentiel des membres du
bureau actuel du M05 est basé à l’extérieur.
Est-ce
que l’efficacité du mouvement sera à la hauteur de la tâche qui
attend la jeunesse au Togo?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Nous
avons conscience que cette situation pourrait avoir dans une bonne mesure
un impact sur l’action du Mouvement. C’est afin de palier cette
faiblesse que nous avons doublé l’organe dirigeant au terme des dernières
reformes structurelles d’une représentation
nationale chargée de relayer et
d’encadrer les actions sur le terrain. Les jeunes responsables locaux
sont à pied d’oeuvre pour remplir leur part de responsabilité avec
dignité et patriotisme et le Mouvement a déjà enregistré plusieurs
retombées favorables.
Nous
savons, par ailleurs, faire
contre mauvaise fortune bon coeur et retourner à notre avantage
les situations apparemment défavorables. Dans cette optique nous mettons
à profit la situation d’éloignement actuelle pour tisser avec la
diaspora et avec les hommes de bonne volonté que nous rencontrons durant
nos années d’exil, des liens constructifs et porteurs d’avenir.
TOGOFORUM:
Aussi,
le nouveau bureau du M05 rassemble les mêmes personnes qui étaient là
depuis le premier jour. C’est pratiquement la même chose au niveau des
partis politiques.
N’est-on
pas en droit de s’inquiéter du manque de renouvellement des têtes. On
se demande si la lutte enclenchée depuis le 5 Octobre 1990 n’a pas fait
tache d’huile.
M.
DOGLO AGBELENKO:
L’esprit
de la révolte d’Octobre veut la fin du régime de dictature et
l’instauration de la justice sociale et de la démocratie. C’est un
impératif qu’il reste après tant d’années à parachever avec des énergies
toujours renouvelées certes, mais avec des hommes déterminés et qui ont
mûri sur le champ de l’action.
Le
MO5 a fait confiance lors de ses successives restructurations à de
nouvelles têtes tout en conciliant cette exigence avec le souci de
favoriser la sédimentation interne qui produit au fil du temps les hommes
de qualité. Cette réalité est inhérente au contexte de lutte politique
où nous sommes, et à la nature des mouvements de libération en
général.
Nelson
Mandéla a été durant des décennies le chef historique de L’ANC. Sa
suite a grandi et s’est renforcée le long des années de lutte autour
des premiers militants. Pourtant une fois hissé aux affaires, il a choisi
de ne pas s’éterniser là. S’il nous était donné d’assumer un
mandat conféré par le peuple à travers son suffrage, nous serions placés
dans une autre réalité. On ne peut confisquer la volonté populaire dans
un contexte où les dirigeants sont le produit des urnes. Nous n’en
sommes pas encore là.
TOGOFORUM:
Les
élections initialement prévues pour avoir lieu en Octobre 2001 auront
lieu, semble-t-il, en mars 2002. Le gouvernement se montre plus
enthousiaste que tout le monde avec l’annonce de la revision des listes
électorales en prime.
Qu’en
dites-vous?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Les élections sont depuis toujours un sujet de grands remous chez nous.
Le régime se sait perdant à cette épreuve et les interminables
manoeuvres et atermoiements traduisent une volonté délibérée
d’entraver tout processus électoral transparent. L’intensification
de la persécution à l’encontre des représentants de
l’opposition, l’incarcération d’un leader de l’opposition et de
plusieurs leaders d’opinion participent de la même volonté de briser
et de retarder le plus possible la bataille électorale, ou tout au moins
de créer les conditions de confusion et de démobilisation propices aux
fraudes massives. Il nous revient à nous dans les circonstances actuelles
d’avoir le régime à l’oeil pour réagir et dénoncer ses dérives,
en sachant que l’un des buts majeurs qu’il poursuit consiste à se
maintenir par tous les moyens. Oeuvrons partout et ensemble pour que ce régime
impopulaire n’obtienne plus jamais la moindre caution internationale et
qu’il soit contraint de partir.
TOGOFORUM:
Déjà
les parties politiques de l’opposition lorgnent vers la fameuse
primature du Togo. S’il nous était permis de rêver qu’à l’issue
desdites legislatives, le Togo connaitrait des lendemains meilleurs, que
devrait, selon vous, faire l’opposition et qu’elle ne fait pas.
Que
represente pour vous le Comité Paritaire de Suivi. L’opposition avait
semblé subordonner sa participation aux travaux de cette institution à
la libération de maître Agboyibo.
M.
DOGLO AGBELENKO:
Elle doit prendre le temps de mûrir et de se vouer véritablement à la
consolidation des bases de notre démocratie : une plate-forme commune de
gouvernement assortie d’un élan solidaire et non partisan pour mériter
la confiance des populations auxquelles il faut redonner espérance.
Le
Comité Paritaire de Suivi représente ce qu’il est. C’est à dire une
galère de circonstance au sein duquel s’élèvent des voix discortantes
et où le régime RPT affiche arrogance et refus de la démocratie.
La
frange sérieuse de l’opposition aurait dû depuis longtemps mettre les
facilitateurs devant ce constat et trouver un nouveau cap. L’opposition
se sent-elle respectée et honorée en allant siéger parmi des hors-la-loi
qui ont humilié et jeté l’un des leurs en prison? De surcroît avec un
arbitraire révoltant?
TOGOFORUM:
En
fait quelle est la position du M05 par rapport à l’incarcération de Me
Agboyibo?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Agboyibo doit être libéré sans condition, car condamné au terme d’un
procès dans objet. Il est victime d’une cabale et Monsieur Agbeyomé
Kodjo doit s’il est un homme d’honneur mettre en accusation ses
complices qui écument le Yoto, tuent et violent sous sa protection. Le
MO5 crie “Libérez Agboyibo” et c’est pour nous une position de
principe.
TOGOFORUM:
M. DOGLO, Le M05 vient de publier un commentaire au sujet de l’interview de
Monsieur X à propos de la mort du père de l’indépendance du Togo.
Vous écrivez «Un
canular est en marche et le MO5 crie à l'éveil des consciences»
Ce
qui est dit dans l’interview a déjà été dit plusieurs fois,
notamment dans le livre de l’ancien journaliste Atsutse Agbobli et dans
«La
Françafrique»
de François Xavier Verschave. Vous semblez pourtant voir dans les «révélations» de Monsieur X, un complot des reseaux françafricains
contre la population togolaise, que vous appelez à la vigilance.
Pouvons
nous faire économie de la langue de bois et dire clairement aux Togolais
ce qui se cache derrière la publication en ce moment-ci d’une interview
qui n’apprend pas grand’chose aux Togolais?
M.
DOGLO AGBELENKO:
Les échéances électorales à venir constituent un tournant qui donnent
la frousse au pouvoir et nous savons que le régime a manqué toutes les
chances d’une sortie honorable que l’histoire lui a offertes. Par trop
d’obstination, recours massif à la repression et aux actes de cruauté
le régime s’est fermé toutes les issues. Eyadéma est très angoissé
sur son avenir, ses dépendants aussi. Le régime RPT plaide donc auprès
de ses alliés francais pour sa survie.
Monsieur
X est un pur personnage de theâtre et ses fameuses révélations qui ne révèlent
que ce qui est trop connu déjà visent à légitimer le maintien d’Eyadéma.
Les informations que nous avons recues recoupent avec précision nos
propres analyses et nous avons cru devoir les partager avec les Togolais.
TOGOFORUM:
Comment
interprêtez-vous la visite de Monsieur Eyadema chez son parrain Chirac.
M.
DOGLO AGBELENKO:
Cette visite privée honteuse s’inscrit dans le stratagème que je viens
d’évoquer.
TOGOFORUM:
Votre
dernier mot:
M.
DOGLO AGBELENKO:
L’avenir
est à nous et si nous mettons ensemble nos talents respectifs et notre
amour au service de la patrie, nous serons à même de relever les défis
de l’heure pour faire des avancées significatives vers une nation unie,
forte et promise au progrès.
Enfin,
à tous les compatriotes je souhaite au nom de toute la Coordination du
MO5 de joyeuses fêtes de fin d’année et beaucoup de bonheur pour la
nouvelle année.
TOGOFORUM:
Merci pour votre
disponibilité |