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Interview réalisée par Daniel Garidan et Joseph Takeli, finalisée le 31 juillet 2005
Entretien avec Maurice Dahuku Péré

A la question de savoir ce qu'il pensait du programme de gouvernement présenté par Monsieur Kodjo le samedi 20 juillet devant l’Assemblée nationale RPT, Monsieur Dahuku Péré donne la réponse suivante: «Ce programme contient de très bonnes idées. Je partage notamment les grands principes énoncés. J’admire aussi la disponibilité avec laquelle M. Edem Kodjo a accepté le poste de Premier Ministre. J’ai un défaut majeur : je ne sais pas abdiquer. Cela fait que lorsque ma conscience me refuse de faire une chose, j’éprouve de l’admiration pour ceux qui peuvent la faire et m’éviter ainsi de me poser trop de questions.»

Togoforum : Monsieur Dahuku PERE, nous apprenons que votre formation politique verra le jour sous peu. Quel est le nom de ce parti et surtout quels sont les grands traits de votre programme de société ?
M
aurice Dahuku Péré : Ma formation politique, c’est trop dire ! Plutôt une formation politique à laquelle mon ami, l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo, et moi pensons depuis la dernière élection présidentielle, avec le soutien très déterminant de tous nos compagnons et sympathisants. Le nom de cette formation n’est pas encore définitivement arrêté. Nous sommes en train de finaliser la rédaction des objectifs que nous voulons poursuivre ensemble. Après seulement, nous pourrons choisir  un nom qui convienne. Un journal de la place, Nouvel Echo, du 29 juillet dernier nous prête un nom pour le parti, mais ce nom n’a absolument rien à  voir avec ce que nous faisons. Bientôt, si Dieu le veut, vous le saurez et vous connaîtrez en même temps les grandes orientations que nous avons voulu privilégier. Elles vont donner à notre action politique un soubassement éthique tenant compte de notre expérience passée, mais surtout tiré des expériences vécues lors de notre passage au désert. Nous avons  puisé dans celles-ci une force et des idées pour envisager de construire, avec tous nos concitoyens, une société togolaise nouvelle, démocratique, prospère et conviviale.

Togoforum : Pourquoi avez-vous mis si longtemps pour créer votre formation politique ? Comptiez-vous secrètement pouvoir un jour rénover le RPT bien qu’officiellement exclu de ce parti ?
M.D.P : J’admets que cette idée de créer notre propre parti politique nous est venue tardivement. Cela s’explique seulement par le fait que pendant longtemps nous avons refusé d’y penser.

Après le congrès du renouveau de notre ancienne formation politique en 1991 et suite à une tournée faite à travers le pays pour écouter les frustrations et les suggestions des militants, nous avons, mon ami et moi, pris pratiquement l’engagement de rester fidèles au parti à cause des militants et de mettre tout en œuvre pour opérer, dans le parti, des réformes courageuses qui seules pourront permettre de redonner espoir à tous ceux qui, nombreux, croyaient encore au parti. Malheureusement, au cours des années qui ont suivi
"le retour du parti aux affaires", si vous me permettez l'expression, tous les engagements pris par le congrès du renouveau envers les militants et envers les populations ont été battus en brèche par tous ceux qui ont choisi de laisser croire au président du parti qu’il n’y avait rien à changer dans sa conduite de l’Etat, qu’il avait entièrement raison contre le peuple et que celui-ci s’était laissé tromper et pousser à l’ingratitude par les leaders de l’opposition. C’est vraiment en désespoir de cause que j’ai décidé en 2002 de tirer la sonnette d’alarme, initiative fortement appuyée en son temps par mon ami. La conséquence a été, comme vous le savez, notre exclusion qui court toujours, appuyée par une décision de justice qui nous interdit de nous réclamer du RPT, sous peine d’amende.

Même après cette exclusion, ce n’est pas l’idée de créer un parti qui nous est venue la première, c’est plutôt celle d’aller vers l’opposition pour la soutenir dans sa lutte contre le système en place. Mais, comme vous le savez aussi, la Coalition des Forces Démocratiques (CFD) que nous avons entrepris de mettre en place avec les partis de l’opposition a tourné court. Elle a éclaté à la veille du scrutin présidentiel de juin 2003 et nous, les Rénovateurs, sommes entrés dans une alliance avec le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR). Cette alliance a tout à fait bien fonctionné lors du scrutin présidentiel de juin 2003, mais elle a été rompue à l’occasion de l’élection présidentielle d’avril 2005.

Exclus du RPT, incompris par  les partis de l’opposition, les Rénovateurs que nous sommes n’avons plus de choix aujourd’hui qu’entre jeter l’éponge ou créer notre propre formation politique. Nous avons décidé de ne pas jeter l’éponge.

Togoforum : Des informations ont circulé à la veille de la présidentielle du 24 avril 2005, faisant état de coups bas du PSR dont vous auriez été victime. D’aucuns ont affirmé que Péré a été trahi par Me Abi. Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
M.D.P : J’évite de recourir à de grands mots pour traduire ce qui s’est passé. Comme je l’ai déjà expliqué à ceux qui m’ont interrogé en privé, c’est seulement la veille de la fin du délai de dépôt des candidatures que le responsable du PSR m’a informé que son parti n’avait pas l’intention de m’investir. Mes efforts pour le convaincre de l’intérêt qu’il y avait pour notre alliance à être présente à cette élection n’ayant rien donné, j’ai pris acte de sa décision. Voilà les faits sur lesquels je ne veux porter aucun jugement négatif. Tout concourt, dit-on, au bien de ceux qui aiment Dieu.

Togoforum : Le 08 juin dernier, M Faure Gnassingbé a nommé Edem Kodjo Premier Ministre du Togo. D’aucuns sont assez tranchés sur la question et estiment qu’on ne peut rien attendre de positif d’une aventure avec les enfants d’Eyadèma qui lui ont succédé avec beaucoup de fracas. Connaissez-vous personnellement M Faure Gnassingbé ? Si oui, pensez-vous qu’il est différent de son père ?
M.D.P : Je l’ai déjà dit par le passé : la personne de M. Faure Gnassingbé n’est pas mon problème. Il est un citoyen togolais et peut de ce fait, comme tout autre togolais, aspirer à diriger le Togo. Et si le peuple le choisit, pourquoi ne dirigerait-il pas effectivement ?

Mes vrais problèmes, ce sont les conditions dans lesquelles il est arrivé au pouvoir, d’abord par un coup d’Etat, ensuite par une conspiration internationale autour du dernier scrutin présidentiel. Ces conditions m’ont conduit à des questions bien précises que j’ai déjà exprimées en d’autres circonstances : De qui,  de quoi  les conspirateurs ont-ils peur à la place des togolais ? Qui prétend avoir une si bonne connaissance des intérêts des Togolais qu’il peut s’arroger le droit de substituer son jugement au leur dans le choix de leurs dirigeants ? Pourquoi veut-on pousser les peuples à bout ?

Voilà mes problèmes auxquels je pense devoir contribuer à chercher des solutions appropriées pour l’avenir.

Cela dit, je vous réponds tout de même que je n’ai pas une connaissance particulière de Faure Gnassingbé. Je l’ai croisé à l’Assemblée nationale entre 1999 et 2002, mais j’ai peu échangé avec lui. Je ne peux donc pas vous dire s’il est ou non différent de son père. Puisqu’il est président pour 5 ans, il y a assez de temps devant nous pour le connaître. Certains, comme vous le dites, estiment qu’il ne faut rien attendre de positif d’une aventure avec les fils d’Eyadèma ; mais vraisemblablement d’autres pensent autrement puisque le Président a pu nommer un premier Ministre, lequel a pu former son gouvernement. Donnons le temps à ceux qui ont pris cette deuxième option de nous prouver qu’ils n’ont pas tort.

Togoforum : Justement, M Péré, quel regard portez-vous sur la nomination d’Edem Kodjo et que faut-il en attendre, en terme d’enracinement de la démocratie au Togo et de redécollage économique ?
M.D.P : M. Edem Kodjo est Premier Ministre du Président Faure. Cela signifie d’abord que le Président a préféré le nommer plutôt qu’un autre. Cela signifie aussi que M. Edem Kodjo a accepté cette nomination. Je prends acte de ces deux faits sur lesquels la loi ne prévoit pas que je donne mon avis. Ceux qui ont élu ou fait Faure président savent certainement ce qu’ils attendent de lui et du Premier Ministre qu’il a nommé. C’est à eux qu’il faut poser la question. Personnellement je n’attends rien de particulier, ce qui ne signifie point qu’il n’a rien à donner. Tout dépend des motivations profondes qui l’ont poussé à accepter sa nomination : il peut en résulter du bon comme du moins bon. Je veux souhaiter pour ma part qu’il en résulte du très bon pour le pays, aussi bien au plan de l’enracinement de la démocratie que du redressement économique. Je n’ai jamais douté des compétences des Togolais en quelque domaine que ce soit. Ce sont leurs motivations qui posent souvent problème et qui demandent à être clarifiées.

Togoforum : Monsieur Kodjo a formé son gouvernement que certains qualifient avec ironie de « gouvernement de large effectif » en référence au nombre de ministres (24), de ministres délégués (04) et de secrétaires d’Etat (02).Que pensez-vous de ce large effectif en ayant à l’esprit le fait que le Premier Ministre lui-même travaille à son domicile et que les autres ministres du gouvernement ont du mal à trouver un bureau confortable ?
M.D.P : La composition d’un gouvernement est censée répondre à la perception que les hauts responsables de l’exécutif ont des moyens qu’ils doivent se donner pour résoudre les problèmes majeurs de l’Etat. Je suppose que ces problèmes ainsi que les moyens d’y faire face efficacement ont été bien identifiés et que, par conséquent, le gouvernement dit « de large effectif » se justifie au moins de ce point de vue. Les citoyens attendent de tout gouvernement mis en place qu’il s’attaque énergiquement aux problèmes du pays et qu’il parvienne rapidement à améliorer le sort des populations. Si dans un avenir relativement proche le gouvernement de M. Edem Kodjo nous donne à tous le sentiment d’être engagé largement dans cette voie et démontre sa capacité à nous donner largement satisfaction, je ne trouverai rien à redire et vous non plus d’ailleurs.

Pour ce qui concerne les conditions de travail, je ne crois pas qu’il soit opportun de s’en faire du souci. Le Président et son Premier Ministre n’auraient pas nommé ce gouvernement s’ils ne pensaient pas pouvoir trouver des bureaux adéquats pour chaque ministre.

Togoforum : Que pensez-vous du programme de gouvernement présenté par MonsieurKodjo le samedi 2 juillet devant l’Assemblée nationale RPT ?
M.D.P : Ce programme contient de très bonnes idées. Je partage notamment les grands principes énoncés. J’admire aussi la disponibilité avec laquelle M. Edem Kodjo a accepté le poste de Premier Ministre. J’ai un défaut majeur : je ne sais pas abdiquer. Cela fait que lorsque ma conscience me refuse de faire une chose, j’éprouve de l’admiration pour ceux qui peuvent la faire et m’éviter ainsi de me poser trop de questions.

Togoforum : Quelle appréciation faites-vous de la plateforme soumise à Faure Gnassingbé par la coalition avant la nomination surprise de M Kodjo et qu’est-ce qui explique, selon vous, que Faure l’ait rejetée en bloc ?
M.D.P : Il était tout à fait normal que la Coalition, sollicitée pour participer à un gouvernement d’union nationale, présente sa vision d’un tel gouvernement et son point de vue sur les objectifs à poursuivre ensemble. Un gouvernement d’union ne s’explique pas simplement par la volonté de l’une ou l’autre partie de partager les portefeuilles, mais d’abord par la perception de la nécessité de gouverner ensemble et par la réalisation d’une entente sur un programme commun minimal. Je ne trouve donc pas normal que la plateforme de l’opposition ait été rejetée en bloc. Le Président aurait dû manifester un peu de bonne volonté en négociant. Il aurait même eu intérêt à accepter tout ou partie de cette plateforme pour régler les problèmes urgents qui les ont conduits, lui et la coalition, à certaines rencontres à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il en aurait certainement tiré grand profit pour le présent et pour l’avenir. Mais il n’a pas vu les choses ainsi, c’est son choix qu’il pourra certainement mieux juger et corriger avec le temps.

Togoforum : Avez-vous été approché pour être membre du gouvernement ? Si oui, pourquoi n’y êtes-vous pas ?
M.D.P : Oui, j’ai été approché à cet effet, de manière non officielle, par des personnes aimables qui m’ont proposé de toucher telle autorité pour moi ou m’ont affirmé agir au nom de telle autre autorité. Je leur ai refusé mon accord pour trois raisons.

La première est que j’avais voulu être candidat au scrutin du 24 avril, mon dossier était prêt pour cela. Ce sont des circonstances complètement indépendantes de ma volonté qui m’en ont empêché. Je sais où je vais et je n’ai jamais dit que je tenais à exercer une fonction gouvernementale à n’importe quel prix.

La deuxième est que ce sont les conditions mêmes que j’ai entrepris de combattre qui ont été consolidées par la dernière élection présidentielle et je vois difficilement pourquoi je participerais à un gouvernement issu de cette élection.

La troisième, enfin, est que je n’avais pas du tout l’intention de cautionner l’humiliation infligée à mon pays et au peuple Togolais par une certaine communauté internationale.

Ceci dit, je reste disposé à apporter de toutes manières ma contribution au règlement de la crise de notre pays dans le cadre d’une volonté manifeste de recherche d’un large consensus au plan national.

Togoforum : Que pensez-vous de l’entrée au gouvernement de Me Abi Tchessa dont le parti politique (le PSR) vous avait présenté comme candidat à la présidentielle de juin 2003 ?
M.D.P : Je n’ai rien de particulier à en penser. Il l’a certainement mérité d’une manière ou d’une autre. Je lui souhaite de tout cœur une belle carrière politique.

Le PSR m’a présenté à l’élection présidentielle de juin 2003, je l’en remercie. Il ne m’a pas investi pour celle de 2005, je l’en remercie aussi.

Togoforum : Nous avons appris par ailleurs que vous avez été réhabilité dans tous vos droits par Faure Gnassingbé au lendemain de sa prise de pouvoir, y compris dans vos droits d’ancien Président de l’Assemblée. Pouvez-vous confirmer ou infirmer ces informations ?
M.D.P : Le13 mars 2005, jour de mon invitation à me rendre à Libreville, sur instructions du Président Bongo, mon passeport ordinaire et celui de mon fils m’ont été remis. Le lendemain à Libreville, au cours des entretiens avec le Président Bongo, M. Faure Gnassingbé s’est engagé à réparer ce qui pouvait l’être dès son retour à Lomé, en attendant que le reste suive. En conséquence j’ai reçu par la suite un avis de virement couvrant les mois d’indemnités parlementaires suspendus, ainsi que des arriérés de salaire de fonctionnaire couvrant le reste du temps jusqu’en janvier 2005. A cet égard je viens d’écrire au Gouvernement pour lui souligner que, dans les correspondances successives que je lui ai adressées, il n’a jamais été question de salaire de fonctionnaire mais plutôt de la rente viagère et des autres avantages liés à mon statut d’ancien Président de l’Assemblée nationale. Voilà les actes qui ont été posés.

Selon vous, que dois-je considérer comme une réhabilitation ? Est-ce le fait de m’avoir rendu certains des biens que l’on avait abusivement confisqués ? Je vous laisse apprécier  et me dire ensuite qui doit s’occuper des dommages matériels et moraux ayant résulté de cette confiscation et du reste.

Non, je n’ai pas encore des raisons de considérer que j’ai été réhabilité ni dans l’intégralité de mes droits, ni dans mon honneur. Il en est d’ailleurs de même pour mes compagnons.  Je peux tout au plus féliciter les nouvelles autorités pour avoir compris, à l’initiative d’une personnalité extérieure, qu’il n’est pas bon d’abuser des citoyens qui ne demandent qu’à servir honnêtement leur pays.

Togoforum : Quels sont vos rapports avec les autres formations politiques de l’opposition et surtout quels sont vos rapports avec le RPT après le décès d’Eyadèma ?
M.D.P : Au moment où vous me posez la question, je dois vous dire que je n’ai plus de rapports formels avec aucun parti de l’opposition. Depuis juin 2003 je n’en ai plus eus vraiment. J’ai dû me rendre à l’évidence que je représentais pour certains de leurs dirigeants plus un problème qu’une approche de solution et  j’en ai pris acte.

Avec le RPT les rapports sont demeurés tels qu’ils étaient depuis mon exclusion du parti. Après la rencontre de Libreville il y a eu ces rumeurs que l’on a fait courir sur mon retour au parti, puis cette fausse impression que l’on a donnée de vouloir entrer en discussion avec moi ; mais la volonté de négocier a disparu dès qu’il a été évident que je n’allais pas constituer un obstacle lors de la présidentielle. La seule rencontre que mes compagnons et moi nous avons eue avec les émissaires du RPT est intervenue le 28 mars, je crois. Ils nous ont demandé pour l’essentiel de tenir prête, pour la prochaine rencontre, la liste des torts que nous estimions avoir subis ; mais ils ne sont plus revenus jusqu’à ce jour.

Togoforum : Comment se porte votre compagnon, M Agbéyomé Kodjo, après sa libération ?
M.D.P : Apparemment il se porte bien. Mais après toutes les fortes émotions de l’exil et les conditions de vie particulières de la prison togolaise, il n’est vraiment pas superflu de s’assurer de l’état réel de sa santé. Il s’en occupe en ce moment.

Togoforum : Pouvez-vous nous dire un mot sur la rencontre de Libreville avec Omar Bongo-Ondimba à la veille du scrutin présidentiel du 24 avril 2005 ?
M.D.P : Avant d’arriver à Libreville je ne savais pas pourquoi ma présence y était requise. Mais après les entretiens auxquels j’ai participé, je peux vous résumer la situation de la manière suivante : Le Président Bongo a demandé à mon ami, l’ancien Premier Ministre, et à moi de lui raconter ce qui nous est arrivé au sein de notre ancienne famille politique. Il a ensuite écouté une autre délégation et c’est lorsqu’il nous a réunis avec elle que nous avons compris que M. Faure Gnassingbé était aussi présent, à Libreville, à la tête d’une délégation. Ce qui s’est passé dès lors me fait dire que le président Bongo a voulu nous réconcilier afin d’obtenir que mon ami et moi nous reprenions notre place dans notre ancienne famille politique.

Malgré toute la bonne volonté du Président Gabonais, les conditions n’ont pu être réunies pour que les entretiens atteignent leur but : Aucune demande de mon ami concernant ses parents défunts n’a été satisfaite et je n’étais guère, pour ma part, encouragé par les dispositions peu conciliantes de l’autre partie. Toutefois je veux préciser que j’ai beaucoup apprécié la personnalité du président Bongo telle qu’elle m’est apparue au cours des différents entretiens. Sa qualité d’écoute, sa courtoisie et sa compassion m’ont personnellement beaucoup touché.

Togoforum : Au fait qui avait intérêt à une telle rencontre selon vous ?
M.D.P
 :
Qui avait intérêt à cette rencontre ? Je ne peux pas le dire vraiment. Ce dont je suis certain est que je ne m’attendais guère à une telle rencontre. J’ai seulement constaté, à Libreville, que le Président Bongo était vivement préoccupé par un certain règlement de la crise togolaise.

Togoforum : Votre mot de fin.
M.D.P : Mon mot de fin, je veux l’adresser principalement aux compatriotes qui ont subi les violences occasionnées par le dernier scrutin présidentiel. Beaucoup trop sont morts, beaucoup ont été mutilés à vie. Des milliers se sont exilés ou déplacés à l’intérieur du pays. A tous je tiens à dire ma profonde compassion et mon espoir que très bientôt notre pays ne sera plus le même. Soit parce que les nouvelles autorités auront compris que pour gouverner démocratiquement les Togolais il n’est pas besoin d’enjamber leurs cadavres, soit parce que toutes les communautés composant notre Nation auront compris que c’est dans l’union vraie que nous pourrons accoucher de la nouvelle société que Dieu nous a déjà donnée. C’est cette société là que nous devons accueillir et non pas une autre.

Je voudrais aussi remercier tous les pays qui se sont laissés toucher par cette tragédie et ont accueilli nos compatriotes exilés et/ou leur ont apporté, en bons samaritains, leur aide fraternelle. Que ces pays ne se laissent pas décourager par les inconvénients liés à leur présence et ne renoncent pas à les traiter dignement ; le Togo le leur revaudra bien un jour.

A l’heure qu’il est sur le continent et au Togo en particulier, il n’est guère facile de s’impliquer en politique. Je considèrerai assurément comme un honneur de mourir pour les causes que j’ai aimé défendre, mais j’ai plutôt demandé à Dieu de les faire aboutir à sa convenance. C’est donc en toute confiance que je veux poursuivre mon combat. Désormais, avec le parti qui naît, les choses ne font que commencer et tout espoir est permis. Que Dieu bénisse et protège le Togo !

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