A propos de cet espace

AgoraPress

Tribune

Economie

Politique

Culture

Société

Sites

Interview réalisée le 15 avril 2002 au Canada
 

Interviews

Le tour des difficultés des étudiants et leaders à L'unversité de Lomé

TOGOFORUM: Monsieur  Alphonse Lawson-Héllu, vous êtes ancien leader étudiant de l’Université de Lomé, alors Université du Bénin. Très exactement, vous êtes ancien délégué général de la FASEG(faculté des sciences économiques et de gestion et  ancien Président du Conseil des Étudiants de L’UB (CEUB).  C’est pour nous un plaisir et un honneur de vous voir intervenir de temps en temps sur notre site.  

M. A LAWSON-HELLU: Je crois devoir vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez  de m’exprimer sur ce plateau web.Vous mettez à la disposition de la cause nationale  et de sa jeunesse, un outil performant de sensibilisation, de formation et d’information. Que tous nos vœux  d’encouragement et de  succès couronnent vos efforts qui n’ont d’égal que votre engagement et votre  détermination pour un TOGO libre et prospère. 

TOGOFORUM: Merci pour vos aimables mots d'encouragement. Il y a à peu près un an, nous recevions des informations faisant état de votre arrestation avec d’autres camarades étudiants de L’UB. Pouvez-nous nous dire de quoi il s’agissait exactement et comment vous avez pu échapper aux griffes de la dictature?

 M. A LAWSON-HELLU: Depuis le soulèvement  du peuple togolais, le 05 octobre 90 provoqué par sa jeunesse, les étudiants togolais n’ont cessé d’incarner l’espoir d’un renouveau et d’en être les artisans en dépit des milles et une péripéties. Le Pouvoir dans sa volonté de briser cet élan patriotique a suscité des rivalités tribales et instrumentalisé le Hacame comme arme de terreur.

Dans ces conditions tout mouvement syndical qui osait se positionner sur le campus était systématiquement réduit au silence. J’en veux pour preuve le cas du camarade Edoh Méléssoussou, Ancien Président de l’UNESTO (Union nationale des étudiants et stagiaires du TOGO) dont la colonne vertébrale a été brisée avec à la clé une paralysie à vie occasionnée par les forces de l’ordre  en 97 sur indication des miliciens sordides, lors d’un mouvement de grève de revendicaton de bourses et des conditions favorables d ‘études. L’incident est survenu dans sa chambre de la cité B (Cité universitaire) où il a été défénestré.

 C’est dans ce climat de psychose généralisé que nous avions décidé d’agir car convaincus que  «l’oppression se nourrit de l’inaction des opprimés». Et au panthéon de l’intelligentsia togolaise (l’Université), il est inadmissible que sa fine fleur se prête au jeu de  l’ignominie et des mauvaises odeurs. Il fallait d’abord convaincre les étudiants de la faisabilité de la chose et libérer leur énergie patriotique jadis mis à mal; ensuite utiliser les créneaux légaux existants pour amorcer la «révolution». Nous avons donc été  élu d’abord délégué général de la FASEG puis Président de Conseil des Étudiants de L’Université du Bénin. Je rappelle que le CEUB regroupait en son sein les délégués généraux élus des Ecoles et facultés de l’U B et à ce titre il siège au conseil de l’université, organe décisionnel de l’institution présidé par le Recteur.

En ma qualité de président du CEUB, je convoquai des assemblées générales qui connurent la participation de plus 10.000 étudiants. Les étudiants discutaient et décidaient l’orientation à donner au mouvement. Il va sans dire que les étudiants togolais ont reconquis leur pouvoir, leur dynamisme et leur unité qui ont fait disparaître les miliciens du hacame. 

Le régime manifestement inconfortable et incommodé dans cette nouvelle donne et sur pression de nos marches de protestation et grèves unanimement suivies, a cherché à négocier depuis le Recteur jusqu’au Chef de L’État  en passant par une délégation gouvernementale de plus de 9 ministres.

Les négociations  étant soldées en partie par un échec, les étudiants ont décidés d’intensifier leur mouvement de revendication en associant les lycées et collèges de tous le pays et en appuyant le mouvement syndical enseignant de la FETREN/UNSIT. 

C’est donc au cours d’un grand rassemblement de sensibilisation au CEG d’Agbalépédogan que les forces de l’ordre ont fait  irruption brutale dans l’enceinte de l’établissement sur réquisition du proviseur. Ils ont chargé la foule des élèves et étudiants avec gourdins et gaz lacrymogènes faisant plusieurs bléssés. Les élèves et étudiants ont réagi à coups de pierres et ont fait de leur corps des boucliers  pour nous protéger car les forces de l’Ordre nous ayant encerclé, exigeaient notre reddition. Certains élèves sont allés jusqu’à enlever leur tenue KAKI pour que nous nous déguisions afin d’échapper à la horde des hommes en uniforme. Dans le souci d’assumer nos responsabilités et d’être fidèles à notre engagement hérité du Ché Guevara qui stipule : «si J’avance suivez-moi,si je recule tuez-moi et si je meurs vengez-moi» et, surtout de limiter le nombre de blessés innocents, nous avons décidé de nous rendre. J’ai été amené avec quatre de mes proches collaborateurs manu militari d’abord au commissariat de Djidjolé, menottes aux poings; après les séries d’interrogatoires musclés nous avions été provisoirement enfermés puis conduits sous bonne escorte mitraillette braquée à la DPJ (Direction de la Police judiciaire) pour déposition. Nous nous retrouvâmes plus tard nez à nez auprès de procureur de la République qui signa notre mandat de dépôt. Nous fûmes conduits à la prison civile de Lomé où les portes d’acier aux gonds infernaux, dans leur grondement assourdissant, achevèrent de se refermer derrière nous comme pour entonner l’hymne aux morts. 

Nous fûmes accueillis par le chant funéraire des milles deux cents prisonniers claustrés dans un petit périmètre fait de désolation, de misère et de maladies avec son cortège de décès quotidien. 

Nous venions de réaliser l’inimaginable au cœur de la  capitale togolaise dont les riverains ne s’en doutent même pas. Pour nous donner une idée de ce qui nous attendait nos geôliers nous convièrent à un festival de fessées sur des fesses qui ont laissé leur places depuis belle lurette à des têtes d’os en quête  de synovie. Des prisonniers maigrichons qui n’ont de visible que leur support squelettique subissent encore la corvée des fessées! De là en conclure que nous avions vécu l’Auzchwich du régime Éyadéma, il n’y a qu’un pas. À la tombée de la nuit  nous étions rangés comme des sardines (16 prisonniers dans une pièce de 1m sur 2) comme au temps de l’esclavage dans des dortoirs puants, peints en noir et dont la température avoisine 42*; j’allais m’évanouir quand soudain, un prisonnier  me colla à l’oreille un vieux poste radio duquel jécoutai le ministre WALLA vociférant un communiqué radio-télévisé dans lequel il m’accusait de trouble à l’ordre publique, destruction de biens publiques et jurant de m’appliquer la loi anticasseurs héritée de la Côte d’Ivoire. Vous conviendrez avec moi que dans ces conditions le désespoir atteignit son paroxysme. 

Nous serions morts aujourd’hui si Dieu et le Peuple n’était pas avec nous.

En effet, nous n'avons eu la vie sauve que grâce à l’Eternel DIEU, à la mobilisation générale de toute la jeunesse estudiantine et scolaire, syndicats et partis politiques, personnes de bonne volonté, organisations de Droits de l’Homme, notamment Amnesty International et  la communauté internationale.

Je voudrais une fois de plus saluer leur détermination qui a sauvé nos vies et leur traduire toute ma reconnaissance et ma gratitude. 

Tellement la mobilisation était à son comble le quatrième jour de notre arrestation, que le pouvoir a dû lâcher du lest. Nous avons été jugés et condamnés expéditivement à 18 mois d’emprisonnement avec sursis dans une précipitation terrible sous l’œil vigilant de douze avocats qui se sont constitués spontanément pour nous défendre. Toute la ville était en ébullition avec barricade, marche, pneus enflammés à telle enseigne que le pouvoir redouta un 5 octobre bis. Il l’évita de justesse en réalité. Les étudiants sont allés jusqu’à secouer les portes de la prison pour exiger ma sortie immédiate au grand dam des militaires éberlués. À ma sortie j’étais porté en triomphe par des milliers de jeunes venus m’accueillir. Je pensais que je rêvais. Ceux qui n’étaient pas arrivés à la justice avant le verdict ne croyaient pas à ma libération. Le ministre de l’intérieur a dû me demander de faire le tour de la ville pour les convaincre de libérer la chaussée. 

À ma libération, nous enfonçâmes davantage le clou avec d’autres manifestations à Lomé et  à l’intérieur du pays. Un mandat d’arrêt international fut délivré contre moi. Cela n’a nullement atteint ma détermination; c’est alors que ma tête fut mise à prix. Au cours d’un meeting sur le campus, j’ai évité de peu un assassinat au couteau empoisonné, n’eût été la vigilance des camarades étudiants vigiles. Ils ont désarmé le meurtrier qui avait profité d’une agitation provoquée à dessein pour s’approcher de moi et tenter de me poignarder au dos. Je préciserai que le groupe des malfaiteurs qui a infiltré l’assemblée  ne comportait aucun étudiants inscrits. Il y’a de quoi s’interroger….

Finalement, la gravité de la situation mettant en jeu ma vie m’a contraint à prendre le chemin de l’exil avec certains de mes proches collaborateurs. 

TOGOFORUM:  En tant que délégué général du CEUB, comment résumez-vous votre tâche à la tête des étudiants, surtout pendant une période aussi mouvementée de notre histoire.

M. A LAWSON-HELLU: En effet nous avions amorcé une révolution  dans la jeunesse estudiantine qui continue de porter ses fruits. Les étudiants togolais ont recouvré leur cohésion, leur dignité  et la place qui est la leur sur l’échiquier national et international. Ils se sentent désormais solidaires et unis face aux manœuvres de division et de manipulation politique. 

Sur le plan purement social nous avions pu arracher du gouvernement sur décision d’un conseil de ministre extraordinaire, l’attribution de 544 bourses à tous les étudiants de 3e année abusivement délaissés par la commission des bourses et stages. Nous avons également obtenu l’électrification et la sécurité du campus, la rénovation du parc auto, l’amélioration des prestations du restaurant universitaire. Les conditions d’études ont aussi connu une légère amélioration.

Je préciserai à toutes fins utiles que tous ces acquis ont été remis en cause après notre départ par la mauvaise foi caractérisée des autorités togolaises qui ne disposent d’aucune politique cohérente d’éducation et de formation de la jeunesse. Dans leur pilotage à vue, ils ne voient dans l’enseignement supérieur qu’un sanctuaire de contestation qu’il faut à tout prix brader mettant en danger l’avenir de toute une génération. N’a-t-on pas souvent clamé qu’«aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit de la jeunesse?»

TOGOFORUM: On se souvient qu’au début des années 1990, les étudiants de l'UB étaient très divisés par les courants politiques. On peut même dire que les divisions étaient trop violentes et franchement humiliantes pour une jeunesse qui se veut relève de demain. Votre mouvement avait-il bénéfié d’une grande adhésion dans la communauté estudiantine de l’Université? Sinon, Quelles étaient quelques-unes des difficultés précises avec les étudiants et les autres mouvements “défendant les intérêts des étudiants” d’une part, et d’autre part avec le gouvernement?  

M. A LAWSON-HELLU: Comme je l’ai expliqué plus haut le CEUB regroupe tous les étudiants de L’université du Bénin (LOMÉ) du fait de sa composition et sa structure. Au début de l’année scolaire les étudiants sont censés participer à l’élection de leurs représentants au Conseil de l’université. l’Adhésion populaire est donc acquise au CEUB car ses responsables sont restés fidèles à la logique tracée par leurs électeurs. Les autres syndicats étudiants à relent politique était voués à l’échec et n’attiraient plus les étudiants. Pour éviter le constat de leur mort clinique, certains ont joué le jeu en s’alliant à nous. Par contre d’autres ont préféré adopter le profil bas ou le silence.

La violence politique brutale et bestiale a fait place à la synergie d’action avec en toile de fond les revendications sociales et académiques, ferment d’une contestation sociale ouverte contre le Régime. Au risque de leur survie, les associations défendant le Pouvoir ne pouvaient plus nager à contre courant de cette vague contestataire qui a fait du bien-être des étudiants togolais, son cheval de bataille. 

TOGOFORUM: Alors, pensez-vous que le pluralisme associatif au sein d'une université comme la nôtre devait exister ou pas?

M. A LAWSON-HELLU: Notre petite expérience à la tête du CEUB, le seul mouvement dans l’histoire de l’université  de Lomé qui ait pu rassembler les étudiants de tous les horizons sans aucune distinction sociale, ethnique, politique ou religieuse, nous a suffisamment édifié. Nous avons tout lieu de penser qu’une structure démocratique à la base, dont les principes et les lois constitutifs seront inaliénables, indépendants du régime en place quel qu’il soit (dictatorial ou démocratique) et qui  iront au delà des intérêts des hommes qui l’animeront serait la panacée, nous semble t-il. 

Nous ne devrons pas perdre de vue que l’université constitue la société en miniature et une école de formation pour la vie. La jeunesse estudiantine doit pouvoir faire preuve de maturité et trouver sa propre voie dans cette société miniaturisée pour être à même de prendre la relève dans la société grandeur nature où aucune erreur n’est tolérée. Notre mère patrie attend donc beaucoup de nous. 

TOGOFORUM: L’Université du Bénin a été pendant près d’un quart de siècle, un centre de culture et d’expérimentation des tendances tribalistes, régionalistes et autres réflexes rétrogrades. C’est ainsi que nous avons connu des Mouvements tels que L’Amicale des Etudiants du Nord Togo (AMENTO), l’ Association des Etudiants de l’Université du Benin (AETB), les amicales par préfecture etc.…Dans les année 1990, vint le vent de démocratie avec son cortège de mouvements associatifs dont les objectifs sont restés vagues les uns que les autres. La plupart des mouvements d’étudiants étant créés ou parrainés par les partis politiques en quête du pouvoir, etc...   

Pouvez-vous nous dire s’il y a une évolution positive sur le plan des mentalités et nous préciser ce qui, selon vous, est nécessaire pour que la jeunesse estudiantine togolaise (ou africaine) s’éloigne d’errements aussi ridicules que nuisibles?

M. A LAWSON-HELLU: J’ai tout lieu de penser qu’en réalité l’université de Lomé a été victime des tribalites de tout acabit qui ont réussi à  instrumentaliser le tribalisme en pensée politique au service de leur intérêts machiavéliques et sordides. Les associations dont vous venez de faire mention en sont la matérialisation concrète. 

Aujourd’hui je peux vous garantir qu’une révolution intérieure s’est produite au sein de la communauté estudiantine décidée à découdre avec les préceptes de tribalisme des politiciens machiavels. Le bon sens, les valeurs universelles de justice, d’équité, de liberté, de tolérance, d’enrichissement dans la différence, de solidarité sont les choses les mieux partagées dans la communauté estudiantine et fondent le soubassement de la conscience des étudiants togolais.

Je peux illustrer mes propos par quelques exemples précis :Nos assemblées générales populaires sur le campus de Lomé sont souvent pimentées par des chants de guerre kabyè, et des rythmes cotocoli qui annonçaient les couleurs. Des étudiants imams et pasteurs confiaient la manifestation à Allah le DIEU TOUT-PUISSANT. Les radicaux du mouvement sont en grande partie issus du septentrion. La sécurité des responsables du CEUB et le service de renseignement étudiant se sont consolidés grâce à cette complicité interne. Nos marches de protestations qui bloquaient le boulevard de LOMÉ II et empêcher le "Timonier" de faire sa navette habituelle avaient en tête de pont des étudiantes du Nord.

Nous avons su nous réunir sur la base des idées et des valeurs. Mes plus proches collaborateurs dont certains partagent l’exil avec moi actuellement viennent du Grand Nord. 

Au Togo, comme d’ailleurs dans tous autres les pays, des différences qui sont sources de richesse existent certes, parfois même très prononcées  mais de tribalisme, il n’en existe que dans le cœur et l’esprit des tribalistes. 

TOGOFORUM: C'est une bien bonne nouvelle d'apprendre que la nouvelle génération d'étudiants de notre université se démarquent des errements de leurs prédécesseurs.

Pouvez-vous nous décrire la situation actuelle de l’Université de Lomé, sur les plans moral, matériel, programmes d’études etc.… et nous dire comment vous entrevoyez l’avenir des études supérieures à l’Université de Lomé. 

M. A LAWSON-HELLU: La situation de l’université de Lomé n’a jamais été aussi déplorable et chaotique. Elle est confrontée à une crise sans précédent. Le calvaire des étudiants a atteint son paroxysme. Ils sont des laissés pour compte d’une politique universitaire désastreuse. Ils sont restés sans bourses, sans logements, dans parcs automobiles depuis des mois. Le campus a été pris d’assaut par les véhicules anti-émeute et les forces de l’ordre en civile remplissant les amphis à la place des étudiants. Les résultats universitaires sont des plus catastrophiques de la sous région. Le comble est venu avec la décision unilatérale du Recteur de multiplier par 5 les frais d’inscription dans un pays économiquement  ruiné où les travailleurs n’ont pratiquement plus de salaire.

Le désespoir est total pour les futurs architectes du TOGO. Et comme si cela ne suffisaient pas, les quelques velléités contestataires sont réprimées dans le sang et les auteurs des contestations payent leur témérité dans les couloirs de la gendarmerie ou à la prison civile de Lomé. Les cas de PKÉLAFIA et TCHA DJOBO respectivement secrétaire générale et membre du bureau du CEUB sont  assez illustratifs. Les cas récents de l’emprisonnement des responsables de l’UNET et leurs matériels saccagés finissent par convaincre les plus dubitatifs. La jeunesse estudiantine et scolaire est désemparée. désorientée  et mutilée.

Ceux qui sont chargés de leur formation ne sont plus du reste. Leurs conditions de vie, de travail et de recherche sont des plus pénibles, effroyables et inadmissibles. 

Le constat d’échec cuisant de l’éducation au TOGO est avéré. Le bilan doit être impérativement déposé. Rien n'est surprenant dans un pays qui préfère financer la construction des camps militaires que des écoles.

Une totale restructuration s’impose à travers les états généraux de l’éducation. Tous les acteurs doivent  être impliqués. Des éléments de réponses doivent être trouvés à la question fondamentale: quelle éducation pour quel développement avec quel moyen? 

TOGOFORUM: Présentez brièvement le nouveau mouvement que vous dirigez en Belgique et dites-nous dans quelle mesure les activités de ce mouvement peuvent aider notre pays et l’Université de Lomé.

M. A LAWSON-HELLU: Le nouveau mouvement  que j’ai l’honneur de diriger est actuellement la Dynamique Révolutionnaire  de la Jeunesse Togolaise (La Dynamique). C’est un mouvement révolutionnaire de part ses idées, ses stratégies et ses méthodes d’action. Il regroupe les anciens étudiants militants du CEUB, les étudiants, les élèves et toute la jeunesse togolaise désireuse d’une nouvelle approche pour un  Togo libre et prospère, où les jeunes seront les vrais artisans de leur propre destin. 

En dehors du Togo, ces membres sont répartis un peu partout à travers le monde notamment en France, en Allemangne, en Belgique, au Canada, aux Etats-Unis, au Bénin, au Ghana etc .Très prochainement des sections du mouvement se mettront en place dans la diaspora suivant les différents pays.

La Jeunesse étant un état d’esprit, nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à nous rejoindre dans notre couvent  politique où idées, formation et action s’harmonisent parfaitement pour achever le profil de l’acteur de développement du TOGO nouveau. Le défi étant important, il s’avère impératif  que nous  nous mettions au travail et au plus vite! 

Tout récemment, lors de l’arrestation des camarades étudiants à Lomé, la DYNAMIQUE a obtenu le soutien de la Fédération des étudiants du Canada lors de sa conférence de mobilisation tenue à l’université du MANiTOBA. Des actions tous azimuts menés par les étudiants canadiens ont pesé dans la libération des camardes à Lomé. Nous multiplions toutes sortes d’initiatives pour la libération du TOGO du carcan de la dictature inhumaine. 

TOGOFORUM: La politique togolaise aujourd’hui ne permet pas d’entrevoir, même virtuellement, le bout du tunnel. La seule bonne nouvelle est la libération de Maître Yawovi Agboyibo le 14 mars dernier. Quelle est votre appréciation de la situation politique actuelle de notre pays et quelles sont vos propositions concrètes à l’endroit de l’opposition? 

M. A LAWSON-HELLU: La révolution que nous avions amorcé sur le campus nous a propulsés au devant de la scène  nationale. Nous avons eu le privilège de rencontrer et de discuter avec tous les acteurs les plus en vue de la vie politique et syndicale au Togo et à l’extérieur. Nous avons également  eu l’occasion de toucher du doigt  la réalité des réfugiés togolais au GHANA et discuté avec certains d’entre eux. Nous avons arpenté les rues de Lomé de manifestations tous azimuts. Nous avons reçu notre baptême de feu à la prison civile de Lomé. Notre expérience s’est enrichie enfin par l’exil loin du TOGO. Tout ce passé alimente aujourd’hui une profonde réflexion qui se poursuit au gré des évènements. Nous saluons tout d’abord la libération du leader du CAR et son courage politique. 

Pour l’instant ce que nous pouvons dire est l’extrême complexité de la situation politique togolaise qui n’admet pas d’analyse simpliste. Aussi faudrait-il  attirer l’attention sur la souffrance implacable du peuple togolais meurtri.

Je crois savoir que  le peuple togolais est victime du conflit d’intérêt des politiciens de tout bord.

D’un coté un peuple déterminé, qui a exprimé clairement une volonté claire et précise, de l’autre un marchandage de cette volonté dont les règles échappent à la majorité des togolais. En fonction de l’objectif bien spécifié, nous devons nous doter de moyens conséquents car la politique étant une question de rapport de force, Arrêtons de berner le peuple. Il y a pas une grande différence entre une politique de lutte de libération d’un peuple et une politique de conciliation d’intérêts en démocratie.  

Jugez en vous même: À  la sortie de prison de Maître Agboyibo, au lieu de manifester sa bonne foi pour aller au CPS pour négocier(quoi?) avec ces geôliers qui sont en position de force, il aurait rendu grand service au peuple s'il multipliait des meetings de sensibilisation pour expliquer et réaffirmer ce pour quoi il a été arrêté, avec force et conviction et sa détermination d’aller de l’avant. Nous pensons qu’il aurait soulevé des foules et changé le paysage politique togolais. C’est seulement étant nanti de cette force populaire qu’il pourra poser ses conditions pour une quelconque négociation. Mais avant ça, tout est marché de dupe. 

Dans notre article intitulé "la redéfinition des moyens et stratégies de renversement de la dictature au TOGO", paru sur les sites Togoforum et Diastode, nous  lancions un cri à la redéfinition de la lutte politique au TOGO, auquel cas nous appelons le peuple et sa jeunesse à prendre sa destinée en main pour mettre fin à la danse de tango qu’on lui impose injustement. C'est de cette façon seule, me semble-t-il, que pourra se dessiner le bout du tunnel. Le peuple togolais est très nationaliste et militant; il n’attend qu’un leader charismatique pour lui indiquer la direction de l’assaut final des derniers bastions de la dictature. Karl Marx ne disait-il pas qu’«il faut chanter aux peuples pétrifiés leurs propres chassons pour les mettre en mouvement?» 

TOGOFORUM: Votre mot de fin. 

M. A LAWSON-HELLU: Nous voudrions terminer sur cette note d’espoir adressée à tous les combattants et combattantes de la liberté retenue du feu Président Sylvanus Olympio et tirée de la Bible : «Sentinelle que dis-tu de la nuit? la nuit est longue mais le jour vient» Unis pour la même cause la lutte continue!

TOGOFORUM: Nous vous remercions pour votre disponibilité.

 
 

Achetez ici votre parfum

 

 

 

Pour tout contact écrire à liaisons@togoforum.com

Tribune | Interviews | Débats | AgoraPress | Economie | Culture | Chatroom | Sites