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TOGOFORUM: Monsieur Laurent Lawson, vous êtes Sécrétaire Général du Comité
Togolais pour la Survie de la Démocratie (CTSD). Avant de revenir
à votre organisation pour en savoir plus, parlons de l’actualité
brûlante au Togo.
La
constitution togolaise vient d'être modifiée pour favoriser la
représentation du général Eyadema à l’élection présidentielle
de 2003. Cela fait l’objet de toutes les conversations au Togo et
dans la Diaspora. Que suggèrerait le CTSD à l’opposition et à
la population togolaise?
L.L:
Laissez-moi
vous dire tout d'abord que ce ne sont pas les suggestions ou les idées
qui manquent, mais à quoi serviraient-elles face aux diverses
tergiversations de notre lutte depuis plus de 12 ans.
Eyadéma a toujours été fidèle à ses
principes: mensonge, manipulation, violence et que dirais-je. C'est
l'opposition qui n'a cessé de tergiverser.
En clair, la revision frauduleuse de la consitution togolaise
par le tyran ne m’étonne guère. Je m’y attendais comme
beaucoup de gens d’ailleurs. Après la modification de la
constititution guinéene par le dictateur Lansana Conté, la
modification de la constitution togolaise ne faisait plus de doute.
Aujourd’hui, seuls ceux qui croyaient qu’Eyadema respecterait
sa parole sont surpris et deçus.
J'étais en France en juillet 99 quand RFI
retransmettait les «sages décisions et promesses»
de Lomé II lors de la visite de Jaques Chirac.
A tous mes amis, je disais, en simple citoyen averti, que
rien de tout ce qu'il disait n'adviendrait.
Par contre la plupart de nos leaders étaient tombés dans le
piège. Ils y avaient cru ou comme d'autres le disaient, ils
croyaient pouvoir « prendre Eyadéma aux mots. »
Leurre ! Et nous venons de perdre presque quatre années supplémentaires
espérant que ce dictateur nous concédera, tel un ange, ce à quoi
nous aspirons tant : la démocratie, les Droits de l'Homme, des élections
libres etc etc. C’était de la pure diversion.
Je trouvais naïfs ceux qui déjà proposaient à l'opposition de s'unir
pour aller affronter Eyadéma aux élections législatives et autres.
Ils avaient certainement oublié l'expérience encore récente
dans nos esprits des élections de 1998.
Que feraint-ils quand le comptage des voix serait bloqué ou
quand toute la commission électorale donnerait sa démission aux
lendemains des élections et serait dans le maquis ? On n'a
jamais bien répondu à des questions pareilles, mais on rêve d’élections
organisées par Eyadema et son système pour les perdre au profit de
l’opposition. On nous dira encore de reprendre nos courages à
deux mains et d'attendre les élections de 2008.
Promis juré. Eyadéma
l'a promis il ne se presentera pas en 2008 etc etc.
Voyez- vous un peu le fil des choses. Ce n'est pas sorcier,
c'est comme ça qu'on les a vécu, qu'on les vit et qu'on les vivra
si rien de différent ne se fait.
Au CTSD, nous comdamnons bien sûr cet enième acte crapuleux et
irresponsable du parlement monocolore RPT, du gouvernement togolais
et en particulier de Monsieur Eyadéma. Il existe encore des gens
irresponsables dans ce monde moderne qui font réculer leur pays,
pendant que l'avancement de la technologie et de la communication
oblige les Etats et gouvernements à prendre conscience de leur développement !
Je trouve cela plus que
machiavélique.
La situation pourrait sembler complexe mais pas tant que ça.
Voici quelques sénarii qui s'offrent à nous,
réfléchissons-y ensemble:
Si entre temps nous ne sommes pas arrivés à faire partir Eyadéma et l'échéance
arrive, il n'est pas question que nous nous présentions aux élections
car d'hors et déjà la réponse est connue d'avance : C'est la
"victoire" de monsieur Eyadéma, et on aura beau crier au
secours sans succès.
Si nous n'y allons pas, lui il ira avec ses comspirateurs et il est gagnant
d'avance.
Ainsi continue la douleur du peuple et jusqu'à quand?
Si Monsieur Eyadema ne se représente pas mais présente un poulin avec qui
l'opposition va aux élections, et si le poulin gagne ou bien même
si l'opposition gagne, il y a problème car cela signifie que
l'opposition aura approuvé la modification de la constitution. Même si
l’opposition gagne le scénario de 1998 se rejouera sous nos yeux impuissants.
Si Eyadéma et ces acolytes n'arrivent pas à organiser les élections, le
mandat d’Eyadéma tirant à sa fin, on parlera de vide juridique.
Là notre Monsieur bloque les institutions et se porte garant
de la constitution et de l'Etat jusqu'à X temps. C’est un scénario
à exclure puisqu’on annonce déjà des présidentielles pour plus
tôt que prévu. Fevrier et Mars. Eyadema veut aller vite avant que
l’opposition n’ait le temps de reflechir à une statégie.
TOGOFORUM:
Alors Monsieur Lawson, que propsez-vous concrètement ?
LL :
La désobéissance civile totale.
TOGOFORUM:
Cela fait penser à la grève générale illimitée de 1992
– 1993. Ce fut la plus longue grève jamais enregistrée en
Afrique. Pensez-vous que les Togolais vont suivre une telle
option?
LL :
Ecoutez,
ou nous savons ce que nous voulons et nous nous engageons en conséquence,
ou nous ne savons pas quoi faire et nous nous contentons de notre
dictature. C’est un choix à faire. Je crois personnellement
qu’aujourd’hui plus qu’en 1992 –1993, une désobéissance
civile serait une réussite. Aujourd’hui plus qu’hier, le regime
d’Eyadema est fragilisé avec les fissures aventageuses au sein de
son parti, le RPT. Les défections de Péré, d’Agbéyomé Kodjo,
d’Adaoutéma Philomène sont autant d’atouts non négligeables.
Il nous faut tout capitaliser pour le bonheur du Togo.
De toutes façons, si notre population ne se mobilise pas
alors qu’elle meurt tous les jours dans des hopitaux vides et
malsains, cela voudra dire qu’elle mérite Eyadema. Quoi qu’on
fasse, Eyadema nous tue déjà.
Cabri mort n'a pas
peur de couteau!
Il faut que l’opposition se mette
au travail pour informer par tous les moyens sur le bien fondé
d’une désobéissance civile sur toute l’étendue du territoire
togolais. J’insiste, l’opposition doit sérieusement se mettre
au travail d’information, de sensibilisation des populations
togolaise. La retention de l’information doit disparaître.
TOGOFORUM:
A supposer que la désobéissance civile réussisse et qu’on
voit Eyadema prendre la clé des champs, que va-t-il se passer ?
L’opposition est-elle bien organisée pour combler le vide ?
D’ailleurs certains estiment que le pouvoir est par terre au Togo
et manque de preneur. Qu’en pensez-vous ?
LL :
C’est
justement pour cette raison que j’appuie l’idée d’un
gouvernement parallèle de l’opposition à l’étranger qui aura
pour tâche essentielle d’organiser dès maintenant la désobéissance
civile en envoyant des messages positifs à l’armée qui dans sa
majorité soutient le processus démocratique.
TOGOFORUM:
Parlant de l’armée, quel serait son rôle dans la désobéissance
civile que vous précaunisez ?
LL :
Notre
erreur au sein de l’opposition, c’est de ne pas chercher à nous
rallier l’armée. Nos discours l’exclue presque. Il est
indispensable que cette armée comprenne que malgré tout, le peuple
compte sur sa contribution pour sa libération. Peut-être faut-il
rappeler aux militaires qui ne comprendrait pas ce message les
exemples des Narcisse Djoua et Biteniwé. Le message est que
Eyadema nous utilise tous. Et l’armée et le peuple. Il nous
utilise dans l’intérêt de sa famille et de ses enfants. Que
nos militaires pensent à l’avenir de leurs enfants.
TOGOFORUM: Le CTSD dans ces divers communiqués en appelle à une unité de
l’opposition togolaise ou tout du moins à son unité d’action.
Est-ce que la Coalition des forces démocratiques (CFD) actuellement
mise en place est à peu près ce minimum que vous souhaitez pour
l’opposition togolaise face à Eyadema?
L.L:
Au CTSD nous
avons accueilli la nouvelle avec beaucoup de satisfaction tout en
espérant que nos leaders ne nous décevront pas une énième fois.
Cette coalition a toujours été le voeu de nous tous
militants de l'opposition et je peux dire du peuple entier aspirant
au changement. Encore
une fois je leur exprime tout mon soutien et celui du CTSD.
Prions seulement que nous soyons tous conscients de l'enjeu
et que ce ne soit une énieme entreprise qui disparaîtra avant
d'avoir atteint ses objectifs.
Et ce serait dommage.
TOGOFORUM: Il existe au sein de cette coalition le Front Uni de l’opposition,
Solida, l’UFC, et les autres partis politiques non organisés en
sous-coalition. Est-ce là un danger pour la CFD? D’aucuns pensent
que l’opposition togolaise cherche toujours ses marques et
qu’elle manque souvent de réponses adéquates face à la
dictature du général Eyadéma qui vient d’enfoncer le clou en
modifiant la constitution.
L.L:
Il est vrai que nous avons toujours manqué de réponses adéquates face au
régime éyadéma. Nos manquements n'ont malheureusement pas fait évoluer
la lutte comme on l'aurait voulu. Mais faudrait-il faire endosser
tout le poids de cet échec aux leaders ?
Je ne le pense pas. La
responsibilité individuelle de chaque citoyen doit être mise dans
la balance. Chaque Togolais doit se demander : « quelle
est ma part de responsabilité dans cette situation.» Car à force
de toujours rendre responsables les leaders, on cesse de refléchir
et on dépend seulement des leaders qui peut-être n’ont pas
toujours la solution.
La question que vous soulevez est bien sûr pertinente. Mais Si tous les
membres de la Coalition
des forces démocratiques (CFD) se mobilisent autour des objectifs
fixés il n'y a pas de doute que nous allons faire de grands pas. Ce
n’est donc pas le fait d'avoir une coalition avec plusieurs partis
qui est un danger. Pas du tout. Pour une coalition forte aujourd'hui
dans notre situation, il faut vraiment que tous les partis de
l'opposition vraie se retrouvent autour d'un objectif commun. Celui
de défier et de mettre fin à la dictature en place au Togo.
Nos partis politiques ont tendance à oublier l'ampleur de la
machine dictatoriale, très structurée et vieille de 36 ans.
Parlant de la structure de la CFD j'ai personnellement de la peine à
comprendre pourquoi nos leaders ont opté pour une présidence
tournante de deux semaines. Est-ce
cela dont on a besoin? Non. Je
vois là un problème de confiance, peut-être même un conflit de
leadership. Et si le minimum de confiance fait défaut autant ne même
pas essayer.
Je supporte aussi cette idée avancée par d'autres amis d'un gouvernement
parallèle appuyer par des ambassadeurs nommés dans la Diaspora
pour faciliter les négociations, nouer des relations,
informer et s'informer etc.
Je pense qu'on fera beaucoup mieux avec une opposition ainsi
organisée.
TOGOFORUM: Monsieur Lawson, parlons du Comité togolais pour la survie de la démocratie,
votre mouvement. Malgré sa jeunesse votre organisation a déjà
plusieurs activités à son actif. Qu’est-ce au fait que le CTSD?
Laurent
Lawson: Le
Comité Togolais pour la Survie de la Démocratie (CTSD) est une
association d'action politique, créée en 1992 au Togo et au Bénin
avec des amis militants de l'opposition, membres ou non d'autres
associations et de partis politiques.
Vu que la crise togolaise va de rebondissement en rebondissement sans
qu’on n’aperçoive le
bout du tunnel, les membres du bureau exécutif du comité ont pris
sur eux de participer à la recherche de voies de sortie pacifique
et definitive de la crise togolaise. Les membres du bureau exécutifs
se sont mis à réfléchir et c'est ainsi qu'une idée d'assise avec
suivie a germé.
Le CTSD a donc organisé sa première assise dans la Scandinavie en octobre
2000 avec pour thème "QUEL TOGO POUR LE 3ème MILLENAIRE".
Nous avions choisi Octobre 2000 pour commémorer les 10 ans de la lutte et
il y avait des participants d'un peu partout en Europe dont
Gilchrist Olympio de l’Union des force de changement (UFC) et
Claude Améganvi du Parti des travailleurs du Togo (PTT). En avril
2002 une autre assise a été organisée dans la même ville,
c’est-à-dire la ville de Lund en Suède.
Parmi les participants on comptait Zeus Ajavon de la
Convergence patriotique panafricaine (CPP) et le Professeur Gu-Konu
de la Convention démocratique des peuples africains – Branche
togolaise (CDPA-BT). Les deux réunions ont bénéficié du soutien
de nos amis suédois et d'autres étrangers vivant à Lund.
Il est de notre souhait de voir une participation plus accrue
à la prochaine réunion qu'on organise en mars/avril prochain.
Les membres du comité continuent de croire en la résolution prochaine de
la crise socio-politique togolaise.
TOGOFORUM: Comme vous le savez les Togolais sont d’une nature très
suspicieuse. Que repondez-vous à ceux qui se demandent qui est
derrière le CTSD?
L.L:
Le CTSD
n'est épaulé par aucun parti politique du Togo ou mieux, ses
membres se retrouvent dans la plupart des partis politiques dits de
l'opposition vraie. Notre objectif est de supporter le peuple
togolais. Nous ranger ou faire le jeu d'un parti politique serait
contraire à cet objectif. Nous
avons voulu garder notre indépendance vis-à-vis des partis
politiques et nous comptons rester fidèle à cette ligne d'action.
Je sais que ceci a souvent été l'objet de discussions dans nombre
de nos réunions et je voudrais encore me répéter pour le
souligner: nous sommes pour tous les partis politiques ou
organisations épris de démocratie.
Et pour éviter ce genre de polémiques nous avons décidé
au CTSD que pour être élu à la tête de l'organisation ou membre
du comité directeur, il est vigoureusement interdit que le
postulant soit membre d'un parti politique togolais ou d'une
association ayant des rapports étroits avec un parti politique
togolais. C'est là la force de notre organisation. Nous sommes
conscients de la nécessité pour les Togolais de redevenir
independants vis-à-vis des partis politiques pour un combat plus
efficace et final.
TOGOFORUM:
Apparemment vous avez une bonne assise en Suède. Pouvez-vous
nous dire comment notre crise est perçue d’un pays scandinave?
Notre pays est-il connu de la Suède?
L.L:
Avant notre
arrivée en Suède en mai 1997, peu étaient les suédois qui
pouvaient situer le Togo géographiquement et pire, ils ignoraient
tout de la crise socio-politique que nous traversons.
Déjà en 1998 nous avons commencé par organiser de petites séances
d'information sur le Togo et les données de la crise togolaise. Celà
avait suscité beaucoup d'intérêt auprès de la population suédoise
ou du moins celles de Lund, de Malmoe et de Stockholm.
Notre organisation a par la suite été invitée à différentes
occasions par des associations et partis politiques à donner des présentations
sur le Togo. Aujourd'hui nous pouvons vous informer de ce que la
crise togolaise est bien connnue de certains milieux politiques en
Suède et que le gouvernement suédois accorde un grand intérèt à
ce qui se passe actuellement au Togo.
C'est vrai, aujourd’hui nous avons une bonne assise en Suède. Ceci
n’est pas dû à un hasard mais à notre dévouement, le sérieux
avec lequel nous travaillons et surtout notre intégration dans la
société suédoise. Connaissant très bien les raisons
fondamentales de notre départ du Togo vers le Bénin en 1993 et
notre réinstallation par le Haut Commissariat des Nations-Unis pour
les Réfugiés (HCR) vers la Suède en 1997, nous avons très vite
compris que la tâche qui nous attend au pays est trop importante et
que nous devons très tôt nous mettre au travail en vue de
continuer par contribuer à l’inplantation des fondements de la démocratie
à laquelle nous aspirons tant.
TOGOFORUM:
Comment procédez-vous pour informer les Suédois ?
LL :
Le CTSD a deux séances d'information chaque année et ces séances
d’information ne visent pas que les Suédois:
1- une assise sur le Togo que nous dénommons "Quel Togo dans le troisiéme
millénaire". Cette assise se déroule chaque année dont la
troisième est prévu pour Mars-Avril 2003.
2- La seconde est la fête nationale togolaise qui est une occasion
fondamentale pour le CTSD de présenter les moments forts de
l'histoire du Togo et la crise togolaise.
TOGOFORUM: Quel est l’état de la coopération entre les pays scandinaves et
l’Afrique de l’Ouest?
L.L:
A l'exception du Danemark et de la Norvège qui sont un peu présents par le
biais de différents projets de développement et de santé, nous ne
pourrons pas vraiment parler de coopération entre les pays
scandinaves et l'Afrique de l'Ouest. Commençons par les Ambassades :
De combien d'ambassade la Suède dispose en Afrique de l'Ouest? Très
peu. Et la Finlande? Pratiquement aucune. Les pays scandinaves
investissent plus dans les pays de l’Afrique australes avec des
grands projets de développement.
Quand je soulève la question ici on me parle souvent de la
barrière linguistique mais je crois qu'on pourra toujours y remédier.
C'est un travail que nos Etats Ouest-Africains doivent
prendre en compte, car il n'y a pas de raison que la coopération
des pays d'Afrique de l'Ouest se limite aux seuls investisseurs français.
TOGOFORUM:
Parlons un peu de la Diaspora togolaise. Pensez-vous qu’elle
aide vraiment au dénouement de la crise togolaise? Sinon, quelle
sont ses failles et comment pouvait-elle participer plus
efficacement?
L.L:
Avant de répondre
à votre question, permettez-moi de faire une remarque qui
personnellement me tourmente et que je veux partager avec les autres
de manière à ce nous
puissions bien situer les responsabilités quand aux questions de la
Diaspora. Qui est la Diaspora? Et de quelle Diaspora parlons nous?
La Diaspora c'est l'ensemble des communautés togolaises vivant hors du
Togo. Mais la Diaspora à laquelle nous nous référons ici est
l'ensemble des Togolais en liaison directe ou indirecte avec
l'opposition et qui soutient fermement la lutte pour le changement
au Togo.
Pour revenir à votre question, je dirais avec sincérité que la Diaspora
fait un travail vraiment remarquable à encourager, considérant la
jeunesse relative de cette Diaspora.
Vivre en exil n'est pas chose facile tant sur le plan économique
que social mais malgré toutes ces difficultés chacun essaie de
contribuer à la lutte d'une façon ou d'une autre. C'est le temps
ici de tirer chapeau à nos amis d'Allemagne, de la Belgique, de la
France, du Danemark et de la Suéde qui ont toujours fait preuve de
bonne volonté et d'un patriotisne sincère. Je n'oublie pas la
communauté au Canada et aux Etats-Unis.
Bien sûr qu'on pourra en réalité mieux faire et je pense
entre autre à plus de lobbying au niveau de l'appareil politique
dans nos pays d'accueil respectifs.
La Diaspora doit déjà penser à la reconstruction du Togo
et oeuvrer dans ce sens. Attelons nous dès maintenant au développement économique
et social de notre cher pays le Togo.
Vous êtes d'accord avec moi que le travail qui nous attend
au pays est inévaluable. C'est une chose de vouloir le changement
et une autre de s'y préparer.
Pour résumer je voudrais dire que l'engagement politique et la prise de
conscience de la Diaspora ne font pas défaut.
Il nous reste à mieux nous organiser et bien sûr à être
un peu plus déterminés.
TOGOFORUM: Beaucoup de Togolais une fois en Occident s’estiment heureux et
oublient carrément leur pays. Quel message leur adressez-vous ?
LL :
C’est bien dommage qu’arrivés en occident, certains de nos
compatriotes oublient d’où ils viennent, les problèmes laissés
derrière eux et qu’ils choisissent de jouir de l’effort des
autres peuples sans songer à reproduire ce bonheur chez eux. A
chacun de prendre conscience de la gravité de la situation dans
notre pays pour œuvrer de son mieux où que l’on se trouve.
Nous sommes d’accord qu’il ne nous a
jamais été donné auparavant de nous exprimer ou de nous engager
sur les sujets tels que les droits de la femmes, les droits de
l’enfant etc… Mais en observant notre société d’accueil,
nous ne pouvons rester les bras croisés, jouissant de la réussite
des autres sans tenter de recopier. Il me semble que tous les
Togolais au quatre coin du monde doivent faire quelque chose.
TOGOFORUM: Votre mot de fin.
L.L:
Faudrait-il
parler de mot de fin, puisque la lutte continue. Je voudrais surtout
tirer chapeau aux efforts incommensurables consentis par la
population togolaise. Malgré
les intimidations du pouvoir ils tiennent encore bon et avec eux
j'ose encore espérer. Avec un peu plus de détermination, nous y
arriverons. Je profite de cette occasion pour informer de la tenue
prochaine à Lund de la troisième assise de la Scandinavie sur la
crise togolaise où les probabilités relevées ci-dessus seront
discuter. Je compte
vous y retrouver.
Je vous en remercie. |