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12 mai 2003
Claude Améganvi parle de l'élection présidentielle de juin 2003 et de son expérience carcérale

 Dans l'entretien qu'il vient d'accorder à togoforum.com, M. Claude Améganvi, recemment emprisonné arbitrairement puis libéré le 8 fevrier dernier, dit que les présidentielle en vue «s’annoncent comme une mascarade électorale au regard (...)  des conditions mêmes de sa préparation où les choses ont été organisées pour exclure certains comme (...)  Gilchrist Olympio, le candidat de l’UFC qui était pourtant candidat lors de la présidentielle de 1998.» Il précise qu'il relève de la fiction politique de penser que l'élection présidentielle du 1er Juin 2003 puisse libérer le Togo de la dictature du général Eyadema. Décrivant les conditions carcérales au Togo, M. Ameganvi dit qu'elles sont à l'image du système politique lui-même. C'est-à-dire inhumaines.

Propos recueillis le 12 mai 2003 à Paris par Samuel Batchati

TOGOFORUM : M. Claude Améganvi, bonjour. Nous vous remercions d’avoir accepté cet entretien. D'entrée, présentez-nous sommairement le mouvement “Quelle solution pour le Togo ?”

Claude Améganvi: Le Regroupement «Quelle solution pour le Togo ? » est un cadre d’unité constitué, à l’initiative du Parti des travailleurs, sur la base d’un Appel daté du 24 mai 2001 qui rassemble des militants de divers horizons, membres ou non de la plupart des partis, syndicats associations se réclamant de la démocratie. Structuré en comités d’unité à l’échelle des quartiers et localités (villes, villages), il s’adresse à tous ceux qui pensent, comme les milliers de manifestants dans les rues de Lomé qui ne cessent de dire «36 ans, Ca suffit, ils doivent partir !», qu’il faut, par-delà les programmes, les divergences, s’unir sur l’essentiel. Il s’agit d’une part de la nécessité de préserver la souveraineté nationale, c’est-à-dire de refuser ces interventions étrangères dans la crise togolaise qui ont fait tant de mal au peuple togolais puisqu’elles ont essentiellement servi par au moins huit fois à sauver le régime d’Eyadéma contre la volonté du peuple. Il est essentiel d’autre part pour nous que soient satisfaits les besoins des travailleurs, paysans et jeunes et que, dans ce cadre, soit notamment arrêté le remboursement d’une dette extérieure pour laquelle sont détournées les richesses produites par le peuple togolais.

Indiquons que les initiatives que nous avons pu développer dans le pays ont suscité une féroce répression des autorités contre nos camarades Takana Badjessa et Djaoura Tiguéna, arrêtés le 23 juillet 2002 à Siou, dans la Préfecture de Doufelgou, dans le nord du pays, pour avoir distribué notre Appel à la commémoration du Xe anniversaire de l’assassinat de Tavio AMORIN, contre moi-même, arrêté le 6 août 2002 et libéré le 8 février 2003, contre nos camarades Agbo Oniankitan et Kouyone Komi, arrêtés le 7 février 2003 et finalement libérés au terme d’un procès qui les a mis hors de cause, pour avoir simplement photocopié des documents à l’intention d’agents du service des TP en grève contre leur licenciement. 

TOGOFORUM : Vous pensez certainement entre autres au très fameux accord cadre de Lomé, à Colmar 1, 2, 3, et à Ouago 1, 2, 3. Monsieur Améganvi, nous aimerions aborder la question d’actualité avant de revenir à votre expérience carcérale. La constitution togolaise a été tronquée, retaillée. Le code électoral a été réécrit, on le sait pour permettre à Eyadema de se préserver son fauteuil présidentiel. Que pensez-vous des consultations du 1er juin 2003 ?

Claude Améganvi: Elles s’annoncent comme une mascarade électorale au regard de tout ce que vous venez de dire sur les conditions mêmes de sa préparation et où les choses ont été organisées pour exclure certains comme c’est le cas pour Gilchrist Olympio, le candidat de l’UFC qui était pourtant candidat lors de la présidentielle de 1998. Tout cela, comme la mainmise absolue du régime RPT sur l’organisation complète de cette élection afin d’en sortir le résultat qui lui convient est une machination qu’il faut dénoncer, ce d’autant plus qu’elle constitue une menace contre la paix dans notre pays.  

TOGOFORUM : Au fait pourquoi votre parti politique ne participe-t-il pas aux élections ? Il semble pourtant que vous ayez une certaine audience dans la population.

Claude Améganvi: Parce que les conditions pour que le peuple togolais s’exprime librement et souverainement ne sont pas réunies, les conditions démocratiques minimales de déroulement de cette élection et de proclamation de ses résultats étant inexistantes. Dans les conditions où elle est organisée, présenter un candidat, cela ne s’apparente-t-il pas à une caution donnée à une mascarade ? 

TOGOFORUM : Supposons que Eyadema soit “reélu” le 1er juin prochain pour encore 5 ans. Pouvez-vous anticiper sur ce que sera le Togo sur le plan économique et sur plan des droits de l’Homme?

Claude Améganvi: Aucun démocrate ne peut souhaiter ni supposer cette «réélection» qui ne peut être qu’un nouveau coup de force ouvrant la voie à une aggravation de la situation déjà dramatique dans laquelle se trouvent les travailleurs, paysans et jeunes du Togo. Rappelons que ces derniers croulent sous une misère des plus atroces avec des salaires, pensions, bourses et allocations accusant des arriérés de paiement de plusieurs mois, la ruine des systèmes publics d’Ecole et de Santé, les conséquences d’une économie ruinée avec des ressources nationales détournées pour le paiement au FMI et à la Banque mondiale d’une dette extérieure qui n’est pas celle du peuple togolais, une corruption tentaculaire et la violation systématique des droits de l’Homme et des libertés publiques à travers des arrestations arbitraires, des parodies de procès, etc.. Personne ne peut souhaiter le maintien voire l’aggravation d’une telle situation déjà des plus catastrophiques. 

TOGOFORUM : Considérons une simple hypothèse : Supposons que les élections du 1er juin puissent aboutir à quelque chose de salutaire pour notre population. Qui de tous ceux qui se battent aujourd’hui, peut nous apporter le changement à la malgache et pourquoi?

Claude Améganvi: Peut-on penser qu’une mascarade électorale du type de celle qui se prépare pour le 1er juin puisse apporter quoi que ce soit de positif au peuple togolais ? En tout cas permettez-moi d’en douter vraiment et de n’avoir aucune illusion à son sujet. Pour le reste, je pense que l’heure est trop grave pour qu’on se complaise dans de telles «considérations» ou «suppositions» découlant de fictions politiques. Elles ne peuvent que contribuer à désarmer le peuple togolais et à nous conduire tout droit dans le mur.  

TOGOFORUM : Quel est selon vous, l’audience actuelle de l’opposition togolaise auprès de la population? Lui trouvez-vous assez de forces pour renverser le régime en place ? Quelles devraient être les stratégies de cette opposition au regard de ses multiples échecs à renverser le régime Eyadema? 

Claude Améganvi: De quelle opposition parlez-vous ? On y distingue plusieurs courants vous savez : il y a notamment ceux qui ne voient d’issue à la crise togolaise qu’à travers des négociations avec le régime RPT sous l’égide des grandes puissances et qui se font régulièrement rouler en moyenne tous les ans et demi et il y a ceux qui, comme nous au Parti des travailleurs, sont contre.

Ceci étant, le peuple togolais a toujours souhaité l’unité de tous les partis qui se réclament de la démocratie pour tourner effectivement la page de ce régime en place depuis 36 ans. Qu’ils se rassemblent tous et envoient un message clair comme celui que l’écrasante majorité de la population fait jaillir de toutes les manifestations : «36 ans, Ca suffit, ils doivent partir !» et vous verrez ce qui se passera ! Au fait, y a-t-il meilleure stratégie que celle qui consisterait à s’organiser clairement pour réaliser cette aspiration que le peuple togolais n’a cessé d’exprimer depuis 13 ans ?

TOGOFORUM : Selon un des candidats à cette élection, en l’occurrence Monsieur Dahuku Péré, ce n’est pas seulement le RPT qui a besoin de réformes profondes mais toute la politique entière y compris celle pratiquée par l’opposition. Mais n’est-ce pas là une flèche lancée à l’opposition togolaise qui se bat depuis 1990 contre Eyadema? Qu’est-ce que cela vous fait lorsque quelqu’un vous dit qu’en tant qu’opposant vous ne semblez pas être à la hauteur de votre mission ?

Claude Améganvi: Personnellement, je ne me sens pas concerné parce que, pour ma part, je n’ai jamais cessé d’œuvrer pour aider à ce que se réalise la volonté du peuple togolais de mettre fin à ce régime de l’arbitraire.  

TOGOFORUM : Que pensez-vous du concept de la candidature unique ? Le Prof Apédo-Amah pense qu’il s’agit d’une diversion ou d’une trahison du peuple. Est-ce aussi votre avis ?

Claude Améganvi: Ce concept de candidature unique est un non sens car fondamentalement contraire à la démocratie. Pour moi, des élections doivent d’abord et avant tout permettre aux formations politiques de soumettre leurs programmes au peuple qui, seul juge, est à même de trancher en faisant son choix entre les différentes propositions qui lui sont faites. Le concept de candidature unique interdit cela et on peut effectivement parler d’une trahison des aspirations démocratiques du peuple togolais.

TOGOFORUM : Monsieur Améganvi, vous appartenez à l’aile qu’on peut qualifier de dure contre Eyadema. Vous aviez même réclamé sa destitution à la conférence nationale de 1991. D’aucuns avaient estimé que cette position était excessive et qu’elle expliquait le durcissement de ton chez le locataire de Lomé II. A votre avis, pourquoi Eyadema ne veut-il pas lâcher le pouvoir? Serait-ce par crainte de ce qui lui arriverait après? Que lui proposer? S’il fallait tout refaire comme en 1990, qu’auriez vous recommandé avec insistance ?

Claude Améganvi: Pourquoi le locataire de Lomé II ne veut pas quitter le pouvoir ? Mais c’est à lui qu’il faut poser la question !

Que lui proposer : de respecter la volonté du peuple togolais qui, au moins depuis octobre 1990, montre ouvertement qu’il veut la fin de son régime !

Et il n’y a pas l’ombre d’un doute : s’il fallait tout refaire comme en 1990 je n’hésiterais pas une seule seconde pour recommencer, certain cette fois-ci qu’avec les leçons que le peuple togolais aura tiré de ses 13 ans de combat, il est mieux armé pour arriver à tourner effectivement la page de ce régime dictatorial. 

TOGOFORUM : Le 8 février 2003, vous avez été libéré des geôles d’Eyadema. Voudriez-vous bien partager votre expérience carcérale avec nos lecteurs?

Claude Améganvi: Il y a lieu de dire que les conditions de détention à la Prison civile de Lomé sont des plus horribles. Pour ne relever que quelques aspects parmi les plus inhumains on peut d’abord indiquer qu’elle se distingue par la surpopulation et la promiscuité qui y règne. Prévu, à l’origine, pour 300 personnes, ce pénitencier en contient en moyenne aujourd’hui de 1 200 à 1 700, ce qui oblige notamment les détenus à dormir, tête-bèche, en moyenne à 65 dans un bâtiment de 5,50m x 6 m, entassés comme des sardines dans une boîte, généralement dans une position surnommée «Single way», avec, dans un coin, des seaux destinés à recueillir les urines et les selles des détenus pendant la nuit et qu’on vide le matin.

Naturellement, dans cette situation, les conditions sanitaires et d’hygiène sont des plus déplorables conduisant à une fulgurante propagation de toutes sortes de maladies : tuberculose, dermatoses, infections, sida, etc.. Quant à la qualité de l’alimentation servie aux détenus, elle est tout aussi déplorable, un seul repas est servi par jour, consistant souvent en une pâte de maïs infecte que les détenus surnomment «Bokaya» et qui est tellement indigeste qu’ils doivent la délayer dans de l’eau avec un peu de sucre pour pouvoir la consommer. Cette pâte de maïs est généralement accompagnée d’une sauce qui est un brouet clair qu’on surnomme là-bas «Sauce miroir».

Les détenus, jeunes dans leur écrasante majorité, ont affaire à une magistrature non seulement inféodée au pouvoir politique comme l’ont montré de retentissants procès ces dernières années mais non exempte de corruption non plus, comme l’ont dénoncé la très officielle «Commission anti-corruption», le nouveau ministre de la justice lors de sa prise de fonction et même une association de magistrats. Rien d’étonnant alors dans ces conditions si on compte nombre d’innocents emprisonnés, ensemble avec des criminels, attendant parfois pour certains l’instruction de leur affaire pendant 3, 7 voire 10 ans.

Décidément, il faut mettre fin au scandale que constitue les conditions carcérales honteuses en vigueur dans cette prison.
 

TOGOFORUM : En effet vous en avez parlé le 8 mars dernier à Bruxelles, mais la question qui vient à l’esprit est sûrement celle de savoir comment fonctionne les systèmes judiciaire et pénitentiaire dans notre pays. Que doit-on retenir à ce sujet et que doivent faire nos hommes de droit pour améliorer les choses?

Claude Améganvi: La réalité est que toutes les institutions du Togo sont à l’image du système politique en place : c’est l’arbitraire et la violation de la loi qui gouverne, les systèmes judiciaire et pénitentiaire ne faisant pas exception à la règle. Dans la mesure où la magistrature est instrumentalisée au point que l’on sait par le pouvoir politique (n’est-ce pas un magistrat qui va avoir à diriger la mascarade électorale qui se prépare au Togo ?), il faut d’abord mettre fin au régime RPT comme première condition de l’instauration d’un système judiciaire digne de ce nom, c’est-à-dire qui puisse rendre la justice en toute impartialité et honnêteté.  

TOGOFORUM : Le principal chef d’accusation contre vous était que vous avez dévoilé la colossale fortune de la famille Gnasingbé. A l’époque vous n’aviez pas reconnu les faits et le MO5 avait dit en être l’auteur. Avec le recul du temps et dans le cadre de cet entretien, maintenez-vous que vous n’êtes pas l’auteur de ce pot aux roses?

Claude Améganvi: Je le maintiens comme je n’ai solennellement cessé de le dire tout au long de mes procès, en première instance et en appel : je ne suis pas l’auteur de cet article que je n’ai pas transmis non plus pour publication. Et ceux qui ont organisé cette machination contre moi le savent d’ailleurs mieux que quiconque !

Avec le recul, on a pu comprendre l’objectif réel qu’ils visaient : me mettre en prison pour désorganiser le combat du Regroupement «Quelle solution pour le Togo ? ». Pendant le même temps où j’étais emprisonné, d’autres militants étaient pourchassés, des meetings et réunions interdits ou interrompus manu militari. Cette désorganisation, sciemment orchestrée, avait pour objectif de donner au régime RPT le temps de tripatouiller tranquillement la Constitution et le Code électoral. N’est-ce pas ce qu’ils ont réussi pendant les six mois que j'ai passés en prison ?  

TOGOFORUM : Alors que vous reprochait au juste le “Timonier”?

Claude Améganvi: Peut-être avait-il un plan dont il pensait ne pas donner l’occasion à notre action de compromettre la mise en œuvre ? N’est-ce pas le fond de cette affaire ? 

TOGOFORUM : A Lomé il  y a eu à un moment donné des rumeurs persistantes relayées par certains journaux sur votre possible retournement de veste en dépit de votre pugnacité et de votre verbe, on s’en rappelle, rasoir, à la Conférence Nationale Souveraine. Au fait, peu de gens pouvaient comprendre que vous ayez pu quitter votre exil béninois. Avez-vous Regretté un seul instant d’être rentré ?

Claude Améganvi: Non ! Quant au caractère «rasoir» de mon verbe, je vous laisse la responsabilité d’une telle appréciation. Au peuple d’en juger ! 

TOGOFORUM : Que répondez-vous à ceux qui ont fait circuler des rumeurs malveillantes sur vous?

Claude Améganvi: Je n’ai rien à leur répondre parce qu’ils savaient ce qu’ils faisaient.

Par contre, à tous ceux qui ont pu se laisser abuser je répéterai qu’il ne faut pas qu’ils se laissent intoxiquer car, dans le contexte où je suis rentré, c’est-à-dire fin 1997, la campagne de calomnies qui a été déchaîné contre moi par certains adversaires politiques n’avait qu’un seul objectif : m’éliminer politiquement. C’est pourquoi ils ont utilisé cette histoire de ma pseudo rencontre avec Eyadéma qui n’a jamais eu lieu. Ils pensaient en effet que j’étais rentré pour être candidat à l’élection présidentielle de 1998 qui devait avoir lieu quelques mois après. Pour eux, le meilleur moyen d’avoir un concurrent en moins c’était de l’éliminer par cette campagne de calomnies qui visait à me salir et à me discréditer. Le jour où j’ai rendu publique une mise au point expliquant que je ne pouvais pas me présenter à cette élection pour la simple raison que je ne remplissais pas les conditions d’âge minimum de 45 ans révolus pour être candidat, toutes les calomnies se sont arrêtées comme par enchantement. N’étant plus une menace pour quiconque dans la campagne électorale qui s’ouvrait, je n’intéressais plus mes détracteurs.

Ce que beaucoup ignorent sur le fond, c’est que mon retour au Togo ne relève pas d’une initiative personnelle mais est plutôt une décision collective prise par mon parti, l’OTTD de l’époque qui est devenue le Parti des travailleurs en décembre 1998.

Mais, vous savez ce qu’il en est des campagnes de calomnies : il en reste toujours quelque chose. C’est cela qui continue à faire son effet jusqu’aujourd’hui mais il est temps que cela s’arrête !

Je dois d’ailleurs indiquer que j’ai fait un procès pour diffamation à une publication qui avait relayé cette campagne de calomnies en demandant que les preuves de ses allégations mensongères contre moi soient apportées devant les tribunaux mais cela n’a pu être fait. J’ai donc gagné ce procès ; le directeur de cette publication a été condamné à un mois de prison avec sursis et j’ai eu droit à des excuses publiques en plein tribunal pour l’atteinte qui avait été portée à mon honneur. 

TOGOFORUM : Parlez-nous de vos amis Badjessa et Takana arrêtés pour avoir lu et fait circuler des tracts pour le compte de votre mouvement “Quelle solution pour le Togo ?”. Que deviennent-ils?

Claude Améganvi: Après avoir purgé la peine de deux mois d’emprisonnement sur les douze auxquels ils ont été arbitrairement condamnés dont dix avec sursis, ils ont pu reprendre leurs fonctions dans l’enseignement catholique. J’ai pu constater par la suite qu’ils sont plus déterminés que jamais à poursuivre le combat pour la conquête de la démocratie au Togo.

TOGOFORUM: Estimez-vous que l’action des associations et mouvements de la diaspora est assez efficace pour mettre fin à la tyrannie quarantenaire que vit le Togo ?

Claude Améganvi: S’il faut se féliciter de ce que ces associations mènent des activités de dénonciation du régime dictatorial qui continue de sévir dans notre pays, il faut tout de même préciser que le combat pour mettre fin à la tyrannie ne peut se mener qu’au Togo même. C’est pourquoi tant que l’action que mènent ces associations ne sera pas reliée à la lutte vivante qui se mène au Togo pour la relayer effectivement à l’extérieur à travers des actions concrètes conjointes, elle manquera d’efficacité. Il ne peut en découler que divisions, invectives stériles, etc. comme nous le voyons malheureusement dans de nombreux pays où ont émigré les Togolais tout particulièrement les jeunes issus du mouvement d’octobre 1990. Nous tentons, pour notre part, d’œuvrer à surmonter toutes ces difficultés en prenant des initiatives pour mettre en place les structures du Regroupement «Quelle solution pour le Togo ? » dans les différents pays d’émigration.  

TOGOFORUM : Nous vous remercions

 

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