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Interview avec M. Bassirou Ayéva, Coordinateur du projet de Festival
national de la musique traditionnelle Kétékpé à Sokodé |
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AgoraPress - Sokodé - Interview réalisée par Mathias Akoulansa le 27 Nov 2008 |
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«Nos artistes traditionnels méritent
valorisation, promotion, et reconnaissance» |
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Bassirou Ayéva |
Les 19, 20 et 21
décembre prochains se déroulera à Sokodé au Togo, la
première édition du festival national de la musique
traditionnelle kètékpé ou “ FESTÉKPÉ “. Ce sera
l’aboutissement de plusieurs mois de travail. Le Togo,
on le sait, est hélas, presque absent de l’espace
culturel mondial. Et pourtant, notre pays regorge de
richesses culturelles, des vestiges du passé, de
traditions et d’artistes de talents capables de faire de
notre pays une destination touristique prisée à partir
de sa carte de visite culturelle variée et alléchante.
Mais, face au marasme économique et même politique dans
lequel patauge le pays, la promotion de la culture,
malgré les efforts et déclarations de bonnes intentions
de l’État, semble être des promesses sans lendemain.
Le développement culturel, l’attrait de la chose
culturelle par la population paraissent être un luxe
inaccessible, par rapport aux préoccupations urgentes
des populations qui sont: se nourrir, se soigner et
s’instruire, rouler sur des routes moins dangereuses
entre autres.
Ainsi pour pallier à cette absence d’une véritable
politique vigoureuse de l’État pour la promotion
culturelle, les particuliers essayent tant bien que mal,
de monter des initiatives, de créer des projets,
d‘animer des rencontres culturelles et des festivals.
Parmi eux, se trouvent des femmes et des hommes de la
diaspora, à l‘instar de ceux qui ont lancé depuis
décembre 2007, l‘Association dénommée Togo Kultur Plus
e. V. Une association de promotion de la culture
togolaise. Comme première étape de son ambitieux projet,
l’association lance cette année le premier festival
national de musique traditionnelle “ Kétékpé.“
Kétékpé est un rythme qui a pour berceau, la région
centrale du Togo, précisément, le pays Tem (Cotocoli).
Pour en savoir plus sur ce projet, nous avons rencontré
l’initiateur dudit concept, responsable de ce projet
culturel, M. Bassirou AYEVA. Il a bien voulu répondre à
nos questions sur la nature du projet, les raisons qui
les ont poussé à le concevoir, sur leur plan d’action,
ainsi que sur leur perspective d’avenir. |
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Togoforum: Est - ce une métamorphose de l’homme de la politique
au culturel ?
B. AYEVA:
On ne peut pas parler d’une quelconque métamorphose. Parallèlement à mon
action politique, j’ai toujours écrit des poèmes, des pièces de théâtres
montées et jouées et des livres dont deux ont été publiés. J’ai également
suivi l’évolution de la vie culturelle que ce soit ici ou au pays. Vous
savez, la diaspora togolaise compte en son sein, des écrivains, des poètes,
des artistes peintres, des musiciens, des conteurs… Plusieurs d’entre eux
sont méconnus. Au Togo même il y a d’innombrables talents confirmés ou en
herbe qui ne demandent qu’à être promus. Et puis, il y a cette richesse
naturelle qu’est notre artisanat et notre musique traditionnelle. Simplement
cette fois, après quelques tours au pays et les énormes défis de
développement que j’ai vus, je me suis décidé, avec des amis à entreprendre
quelque chose dans l‘espace culturel. Nous voulons travailler pour la
promotion de la culture, à court et à long terme. Il s’agit pour nous de
réanimer la culture togolaise en général et la culture tem en particulier,
de les faire mieux connaitre afin de susciter le développement
touristique, l‘hôtellerie, l‘artisanat et par ricochet, améliorer tant
soit peu le sort de nos populations. Ceci dit, je reste néanmoins toujours
attaché à la lutte pour le changement dans notre pays et pour le bien- être
de nos populations. Cette autre option fait partie intégrale de cette lutte.
C’est aussi de la politique, mais non partisane.
Togoforum: Ainsi la
première édition de ce festival de musique traditionnelle Kétépké ou
FESTÉKPÉ aura lieu comme vous l’annoncez depuis quelques temps les 19, 20
et 21. Qu’est-ce que c’est que le rythme kétékpé et comment avez - vous mené
les préparatifs ?
B. AYEVA:
Je vous prie de lire l’encadré intitulé “ Origine et caractéristique de
kétékpé “ pour en savoir plus sur ce rythme. En ce qui concerne le volet
pratique des préparatifs du festival, il remonte à plusieurs mois. Mais
l’idée de création d’un tel projet, elle, date de plus longtemps. Un tel
projet venant de l’extérieur exigeait dans un premier temps, un travail de
terrain tant au niveau de la diaspora qu’au Togo. Nous avions mesuré les
méfiances, voire les résistances à l’annonce brute du projet. Pour ce faire,
il fallait permettre l’établissement de la confiance entre les potentiels
acteurs de cette initiative.
Ainsi avons-nous œuvré à convaincre
les uns et les autres de la nécessité que ce premier projet devrait
rassembler tous les Tem, tous les Togolais qui voudraient participer à cette
aventure de développement de notre patrimoine culturel. Cette phase de
travail a été très encourageante dans la mesure ou ce projet, ce souci de
conservation, de promotion et de diffusion de nos richesses culturelles,
était en latence chez les uns et les autres. Tous ceux que nous avons
approchés avaient le même désir. Tout le monde y pensait. Nous n'avons donc
eu à prêcher à des convertis.
Vous savez, il y a une vraie déperdition de notre héritage culturel. Nous
avons des rythmes qui disparaissent parce que nul ne les inventorie, ne
cherche à les conserver ou à les exploiter au profit de tous. Comme je le
disais donc, nous n’avons eu aucune peine à rassembler des femmes et des
hommes, sans couleurs politique ni religieuse, de tous les coins du pays ou
non. Nous avons, pour une fois, fait le pari de nous réunir pour mener un
projet commun sans brandir nos cartes de partis ou nos convictions
politiques ou religieuses. Nous avons donc pu rassembler une ressource
humaine pluridisciplinaire très compétente autour du projet. Au pays, il y a
une équipe à la fois dévouée et compétente qui fait un énorme travail de
terrain. À l’extérieur, nous avons des amis en Espagne, France, en Suède,
aux États-Unis d’Amérique et bien sûr en Allemagne, qui soutiennent le
projet et qui sont déterminés à faire de ce festival, une date
incontournable, une institution et pourquoi pas, un intrument de
développement. D'ailleurs le thème retenu pour cette première édidition est:
" La culture comme élément identitaire et facteur de développement "
Togoforum:
Pourquoi avez- vous choisi ce rythme ?
B. AYEVA:
Il y a en pays Tem des variétés musicales les unes plus excitantes que les
autres. Cependant, le Kétékpé peut être comparé au Makossa ou au Bikoussi du
Cameroun, ou aux rythmes traditionnels ivoiriens: Kpakolo, Abouraba... qui
tous ont été travaillés, modernisés et exploités et qui aujourd’hui donnent
aux musiciens de ces pays les moyens d’une vie décente et de la
reconnaissance. Sokodé est une ville cosmopolite, vous le savez. C’est un
carrefour où depuis des lustres, des Togolais d’autres régions ou des
Africains séjournent pour étudier ou pour y travailler. Ils ont sûrement
déjà esquissé des pas de danse au rythme de Kétékpé. C’est un rythme
populaire très entraînant basé à la fois sur la percussion et le vocal, des
chansons aux thèmes tirés du quotidien.
À une variante près, je comparerai le mouvement Kétékpé à l’Akpessè chez les
Éwé et au Kamou chez les Kabyès. Ces rythmes font également bouger. Ils
sont adoptés par tous les Togolais.
Togoforum:
Comment pensez- vous parvenir à en faire une date culturelle établie,
reconnue ?
B. AYEVA:
J’ai personnellement vu les débuts du Fespaco, le Festival du cinéma
africain au Burkina Faso. Aujourd’hui ce rendez- vous est une date de
référence sur le calendrier culturel du monde. Je n’ai pas la prétention que
nous allons tout de suite être de la taille de cette rencontre. Surtout que
là, il y a l’engagement de l’État burkinabé, des mécènes, des sponsors et
l’adhésion de la population.
Dans notre cas d’espèce nous comptons sur notre volonté obsessionnelle de
faire de ce premier rendez-vous, un exemple de ce que seront les prochains.
Nous voulons en faire une rencontre de rigueur et de professionnalisme.
Nous avons pris contact avec différents partenaires. D’abord le ministère de
la Communication et de la Culture, ensuite celui du Tourisme et de
l’Enseignement pour que leurs techniciens nous accompagnent. Enfin avec les
populations Tem, les premières concernées par ce festival qui, déjà, sont
informées et mobilisées. Et il y a une véritable attente, un engouement.
Nous avions prévu d’organiser en marge du festival qui ne doit pas être
perçu comme une rencontre festive ou folklorique, un forum scientifique afin
de revisiter l'histoire Tem. Nous avions pris contact avec des chercheurs
et des scientifiques. Mais pour des raisons liées à l’organisation, nous
avons reporté cet aspect du programme. Nous l’avons remplacé par deux
causeries avec pour thème: “ La culture comme élément identitaire et facteur
de développement “
Ce thème rassemblera d’une part des jeunes élèves et apprentis et d’autre
part, les chefs traditionnels, garants de nos us et coutumes.
Togoforum: Combien de groupes participeront- ils à cette première
édition du festival ?
B. AYEVA: Au total, douze ( 12 ) groupes de kétékpé ont été
sélectionnés de la manière suivante: quatre ( 4 ) dans la préfecture de
Tchaoudjo, trois ( 3 ) dans l’Assoli, un (1 ) dans le canton de Kri - Kri,
préfecture de Tchamba, un ( 1 ) dans le canton de Fazao, préfecture de
Sououboua, un (1) à Lomé , un ( 1) à Badou, et un (1 ) à Anié dans les
préfectures du Golfe, du Wawa et de l'Est Mono. Le Comité Technique local -
basé au Togo - a dû sélectionner et limiter les demandes. Ainsi, ces douze
groupes seront en compétition. Il y aura des prix et des productions de
supports audio et vidéo à la fin du festival. Nous envisageons même
d’organiser une tournée européenne pour le groupe sorti premier. Les
modalités pratiques sont à l’étude.
En dehors de la compétition, il y a des groupes qui évolueront en off.
C’est-à-dire hors compétition. Vous savez, le pays Tem a été gâté par la
nature sur le plan culturel, particulièrement sur celui de la musique
traditionnelle. Il y a plus de vingt variétés musicales en pays Tem.
Certaines ont disparu ou sont en voie de l’être car faute de reconnaissance
des artistes, du fait que les artistes traditionnels ne parviennent pas à
vivre de leur création il n’y a pas de relève. Les jeunes ne sont pas
motivés à prendre la relève. Il faut ajouter à cette raison, l’intrusion ou
l’invasion, l’influence de tout ce qui vient de l’extérieur.
Comme vous le voyez, l’autre challenge de ce festival est de susciter une
consommation à plus large échelle, une reconnaissance et une identification
des populations à nos créations. Le même problème se pose à tous les
artistes traditionnels dans notre pays.
Yassi Wéyénema communément connu sur le nom de griot de Pagouda en
pays kabyè, Aguin Voudou, en pays ewé et Azédji Louwa Maman en pays tem,
étaient tous de grands noms de la musique traditionnelle togolaise
malheureusement
disparus. Ils ont réalisé des œuvres sublimes. Mais aujourd’hui est-ce que
nous pouvons trouver des films documentaires sur leur vie et leurs œuvres ?
Est- ce que la génération présente les connaît ou les a une fois écoutés ?
Ne parlons pas des générations futures qui elles, auront la malchance de ne
pas hériter du travail et du génie créateur de ces quelques grands poètes et
musiciens. Par la faute de leurs contemporains, nous!
Togoforum: Comment financez-vous votre projet ?
B. AYEVA: Notre premier financement est notre propre engagement. Je suis
impressionné par l’intensité et la qualité de travail qu’abat notre équipe
tant ici qu’au Togo sur la base du bénévolat. Toutefois, le financement
proprement dit est la question la plus cruciale. Car un tel projet implique
des postes de dépenses. Nous avons tenté de surmonter cette question en
faisant appel à notre propre contribution financière. Vous savez aussi bien
au Togo qu’à l’extérieur, les Togolais n’ont pas la “ culture des
cotisations “ dans les organisations auxquelles ils appartiennent. “Togo
Kultur Plus “ ne fait pas exception, mais ses membres ont une détermination
qui les a amené à agir autrement. Ils se sont engagés à financer en partie
ce festival. Ce n’est pas une surprise qu’ils s’engagent financièrement. Dès
le départ, ils ont mesuré les contraintes qu’impose pareille initiative.
Nous comptons également sur les sponsors, les mécènes et toutes les autres
formes de soutien.
Nous avons également une marraine du festival en la personne de Mme Ilse
Fliege, Consul Honoraire du Togo auprès des États de Schleswig - Holtein, de
Hamburg et de Brème. Elle nous accompagne et nous soutient dans cette
aventure culturelle.
Togoforum: Sûrement
que vous n’allez pas vous arrêter à la musique traditionnelle Tem. Que
comptez-vous faire dans d’autres domaines, dans d’autres régions ?.
Bassirou Ayeva
: Justement. Grâce à l’expérience que nous rassemblerons lors de cette
manifestation, nous investirons d’autres pans culturels de notre pays et
d’autres domaines. Certains de nos sœurs et frères tentent de soulager les
souffrances de nos populations en développant des projets humanitaires. Il y
en a qui soutiennent des dispensaires, des écoles ou qui contribuent à
entretenir des pistes rurales à travers des micros projets dans notre pays
ou tout est presque en ruine. Nous, nous engageons à travailler dans cette
phase de lancement sur le champ culturel. Nous nous proposons d’œuvrer pour
faire mieux connaître notre diversité culturelle à l’intérieur comme à
l’extérieur comme c’est le cas pour les pays comme la Guinée, le Mali, le
Sénégal, le Bénin, l’Afrique du Sud…et dont la culture fait l’objet d’une
promotion permanente aux quatre coins du monde. Nous ambitionnons de donner
le goût de la chose culturelle locale et étrangère à nos populations et à
notre jeunesse. Vous vous imaginez combien de contes et de légendes
disparaissent chaque jour chez nous ? Vous vous imaginez combien de
devinettes, de proverbes ont totalement disparu de la vie des Togolais ?
Tout cela est devenu superflu, ringard or, cela fait partie de notre
patrimoine culturel, de notre âme. Nous prospecterons tous ces domaines.
Nous ne nous arrêterons pas uniquement au festival quand bien même il sera
l’un de nos produits phare.
D’ailleurs nous arrivons à Lomé avec une représentante d’un festival du
cinéma qui se déroule tous les ans en Allemagne. Nous avons un accord de
partenariat avec ce festival qui se propose de programmer des créations
togolaises en 2010. Et puis, si nous parvenons à conclure tous les accords
de partenariat que nous avons programmés, nous développerons d’autres
activités.
Togoforum:
Pour terminer, avez- vous un message à l’occasion de cette première édition
du festival ?
B. AYEVA:
Je ne peux qu’adresser nos remerciements à tous ceux qui, - et Dieu sait
qu’ils sont nombreux - nous ont accompagné depuis la naissance de ce
projet. Aux artistes qui y prendront part, nous souhaitons qu’ils y
apportent leur ferme adhésion et le fruit de leur génie créateur pendant ces
trois intensifs jours de compétition. Seul leur engagement et la qualité de
leur prestation scelleront et signeront le succès de cette manifestation.
Cela démontrera également au public et aux invités qui, nous l’espérons,
répondront nombreux à notre appel, que la tradition, la culture Tem, un des
maillons de la culture togolaise reste vivace et inaltérable. Et qu’elle
pourra constituer un dispositif essentiel dans le développement touristique,
social et économique de nos régions, de notre pays.
Togoforum Merci Ayeva
Bassirou Ayeva :
Togo Kultur Plus vous
remercie aussi pour la qualité de votre travail
Entretien réalisé pour par Mathias Akoulansa. |
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ORIGINES ET CARACTÉRISTIQUES DU KÉTÉKPÉ |
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KÉTÉKPÉ est comme vous vous en êtes aperçus, le nom d'un rythme, d'une danse
très en vogue en pays Tem. En donnant son nom au Festival, TOGO KULTUR PLUS
eV a simplement voulu en faire un symbole. Celui de l'ensemble des
diversités musicales dont regorge ce terroir. Avant de nous étendre sur
l'origine et les caractéristiques de cette musique, nous vous donnons pèle -
mêle les noms des genres musicaux tout aussi populaires, les uns plus
entraînants que les autres et que les festivaliers découvriront et
savoureront certainement. Entre autres rythmes, le pays Tem compte : Lawa,
foïssi, Simpa/Kpassa (une variété), Goumbé, Kagbang’na, Djouka, Gorogoro/Baragou,
Takaï, Soo, Tôra, Gbalèyo, Kosso, Dikpindidama, Gobi , Salga. Parmi toute
cette diversité de danses, les festivaliers pourront savourer six (7)
d’entre elles qui se produiront en intermède pendant les compétitions de
KÉTÉKPÉ (Takaï, Foïssi, Gbalèyo, Kosso, Dikpindidama, Soo Goumbe).
Parmi les rythmes Tems il y a certains qui sont originels c’est-à-dire aussi
vieux que la tradition Tem, et d’autres qui sont le résultat du génie
créateur de l’homme Tem et c’est le cas du Kétékpé.
Ainsi le Kétékpé est récent par rapport aux autres rythmes et son apparition
relève de ce génie du peuple Tem qui a permis de créer un rythme facilement
dansable par tous à partir des rythmes préexistants qui utilisent chacun une
partie de ses instruments actuels. C'est ainsi que le nom Kétékpé n'a aucun
sens sémantique, mais il ressort d'un processus linguistique de formation
des noms qui est l'onomatopée et qui consiste à donner un nom à quelque
chose par imitation phonétique de la chose nommée c’est-à-dire à partir du
son que celui-ci produit. Là encore se trouve la richesse linguistique du
Tem qui pourrait faire l’objet de discussion lors du forum scientifique du
festival.
Plus précisément la naissance du KÉTÉKPÉ remonte au début du vingtième
siècle. Dans les années cinquante il a été pratiqué pour la première fois
à Kadambara par le chanteur, feu MOROU AKOUMBE (Paix à son âme) à partir de
3 sons « KÉ » « TÉ » « KPÉ ». émis par des instruments tels que : Akrima,
(2) Korokoto ( 2 ) Bezim (1 ) Tamale ( 1 ) Toumbe ( 1 ) Bâtonnet ( 2 ) et
(2) calebasses dénommées en langue locale « Yissi », des castagnettes, des
flûtes et tout récemment des boîtes vides de conserves,.
Cette
musique a été révolutionnée vers la fin des années 60 par SAÏBOU GBANTELE
de Katchaladè (un quartier de Koumoniadè) en introduisant d’autres
instruments plus percutants tels que Akirima (2), Korokoto (2), Bézim(1) et
Tamalé(1).
Lors de l’intronisation du Chef KANTA de Koumondè en 1972, il a émerveillé
l’assistance pour sa première prestation sur le terroir tem car lui-même se
produisait à Badou (Sud du Togo).
Les autres grandes figures de la musique KETEKPE sont YOUKÉ de Komah,
FOUSSENI NOUROUYO de Tchawanda, KASINO de Komah, ALAZA BIMGBABO de Tchawanda,
PELE d’Agoulou, SAFIOU NINTCHE de Koumondè, IDRISSOU d’Anié, MEMEM ARGENT d’Ifoulouw,
INOUSSA LOUWA de Tchawanda et FATI KOLI de Gandè (une femme).
Actuellement dans chaque localité à forte concentration tem, il y a un
praticien de KÉTÉKPÉ. C’est ce qui fait qu’il y a des praticiens de KÉTÉKPÉ
en dehors du terroir tem, en l’occurrence, à Badou, Kpalimé, Anié, Atakpamé,
au Bénin, au Ghana, Nigeria, au Burkina et même en Occident, etc.
Mais avant les années 50, AZEDJI LOUWA de Koumondè, BODI et GNAMGBAÏ (femme)
de Komah (Paix à leurs âmes) pratiquaient le « LAWA » dont dérive le KÉTÉKPÉ.
En effet, le Lawa a un rythme un peu plus rapide que le KÉTÉKPÉ.
Lors des prestations, un costume spécial est exigé de nos jours pour les
musiciens mais pas pour les danseurs. Il s’agit le plus souvent d’un
uniforme.
Les critères d’appréciation de ce genre musical sont le message, l’harmonie,
le costume, la voix et le texte.
D’une manière générale, la musique KÉTÉKPÉ est caractérisée par les éléments
suivants : C’est une danse de réjouissance pratiquée par des jeunes garçons
et filles. Les messages véhiculés lors de la prestation de cette musique,
sont ceux d’amour, de conseils, de gaieté et surtout de leçons de la vie
quotidienne, des leçons de moral.
Elle se pratiqué à l’occasion des fêtes traditionnelles, les fêtes de
Ramadan et de Tabaski, les mariages, l’intronisation de chefs, l’accueil
d’un invité de marque et rarement dans les funérailles.
(Extrait de la documentation de Togo culture Plus)
www.togocultureplus.com |
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