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Interview réalisée à Lomé le 31 janvier par Alain Nococo
Maître Yawovi Agboyibo : Au nom de sa conception biologique de la lutte, le leader de l'UFC s'emploie à éliminer les autres leaders

Depuis son départ de la Primature Me Madji AGBOYIBO est resté en marge du débat politique. Mais devant la tournure que prennent les derniers développements  de  politique togolaise, il a décidé de rompre le silence. Dans cette interview qu’il a bien voulu accorder en exclusivité à togoforum, il parle de ses rapports avec Monsieur Gilchrist Olympio  et des suites du scrutin du 14 octobre 2007. Il parle surtout de la manière, selon lui, dont M. Olympio cherche à politiquement éliminer les autres leaders.

Me Yawovi Agboyibo, Ancien PM

Togoforum : Me Agboyibo, depuis votre départ de la primature, le CAR ne s’est plus fait entendre. Votre silence n’apporte t-il pas de l’eau au moulin de  M. Gilchrist Olympio, leader de l’UFC qui déclarait, il y a quelques jours, «Nous sommes le seul parti maintenant dans le pays avec le RPT. Je crois que le parti de Me Agboyibo a 4 sièges. Ce n’est pas très important»? (Cf. Hebdomadaire "Ouvrez le Ban" du 29 janvier 2008).
Me Agboyibo : Un parti politique ne tire pas uniquement son importance de sa représentation au parlement, mais aussi de son parcours et de l’avenir des idées qu’il défend et des solutions qu’il propose aux problèmes du pays. Au Togo comme ailleurs, il est dans l’ordre des choses qu’un parti connaisse  des hauts et des bas. C’est trop vite aller en besogne que de penser qu’avec 4 élus au dernier scrutin législatif, le CAR a cessé d’exister. Il est au demeurant regrettable que M. Gilchrist Olympio qui s’est plaint du fait que les 867 000 suffrages recueillis par son parti ne se soient traduits que par 27 sièges ironise sur le sort du CAR au profit de qui près de 200 000 électeurs ont voté. En terme de proportion, le fossé n’a rien d’humiliant. Le CAR comme l’UFC a souffert du découpage électoral.

Togoforum
 : Les observateurs de la situation politique du Togo ont le sentiment que l’électorat a été ingrat à l’égard du CAR qui devrait à leurs yeux tirer avantage du service énorme que vous avez rendu récemment au pays par la réussite du dialogue national que vous avez présidé, la signature de l’Accord Politique Global (APG) et le bon déroulement des élections législatives du 14 octobre 2007 grâce à votre accompagnement. On sait par ailleurs le rôle que vous aviez auparavant joué à la tête de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), dans les soulèvements populaires du 05 Octobre 1990 et autres...; Votre rôle à la présidence du Front des Associations pour le Renouveau (FAR) qui a arraché le multipartisme à Eyadema, le vote de la loi d’amnistie pour le retour des réfugiés et la tenue de la conférence nationale etc...
Me Agboyibo
 : Je n’ai abordé aucun des services que j’ai eu à assumer pour mon pays avec l’idée d’en tirer un quelconque avantage personnel. C’est avec le même état d’esprit que j’ai supporté les injures et calomnies que ces services m’ont coûté. Et je rends chaque fois grâce au Seigneur de m’avoir aidé à ne pas reculer. La gratitude escomptée n’est pas le ressort de mes actions.

L’important, c’est que les services accomplis libèrent mes compatriotes des villes et campagnes,
et contribuent à améliorer leur condition de vie et changent en bien l’image du pays.

Togoforum : Me Agboyibo, On n’arrive pas, au Togo, à s’expliquer que les acquis démocratiques successifs que le pays a connus aient grandement bénéficié de votre action, et que ce soit le leader de l’UFC qui, aux différentes consultations électorales, en récolte les dividendes en partage avec le RPT.
Me Agboyibo : Le paradoxe est réel, et je voudrais volontiers en dire quelques mots, en rassurant à l’avance ceux qui pourraient s’en offusquer que c’est tout juste par souci de vérité et pour souhaiter que l’on rectifie le tir avant qu’il ne soit trop tard car seule cette vérité permet d’appréhender que si notre processus démocratique est aujourd’hui en difficulté, c’est à cause du viol psychologique des masses par l’UFC et de la contre-offensive du RPT.

Ce paradoxe est d’abord lié à un phénomène d’essence psycho politique. Ce phénomène, c’est l’amalgame entre la lutte en cours pour le changement démocratique et le combat naguère mené par nos vaillantes populations pour l’indépendance du pays (ablodé). C’est un syndrome qui revient à chaque consultation électorale avec le réveil en force des symboles, des chants et gestes du passé au point d’entretenir dans l’esprit et dans le cœur de nos populations, le sentiment que l’indépendance précédemment acquise continuera à être à l’ordre du jour de la compétition politique jusqu’à ce que l’héritier de celui qui en a été le père réunisse les conditions pour la proclamer à nouveau et régler le contentieux historique.

C’est d’ailleurs pourquoi le leader de l’UFC ne rate pas une seule occasion pour appeler ‘’les descendants biologiques’’ de ceux qui ont été aux côtés de son père à faire bloc derrière lui pour la reconquête d’
"ablodé".

La manipulation a eu ses effets. Ils sont nombreux, les électeurs qui votent
"les yeux fermés", comme si les problèmes sur lesquels les populations sont aujourd’hui appelées à se prononcer sont identiques aux enjeux politiques du passé. Une chose est d’avoir fait partir les colons. Une autre est de savoir faire évoluer le Togo d’un système monolithique vers un régime démocratique susceptible de créer les conditions de bonheur pour nos populations.

Il est dommage que toutes les actions menées par les confessions religieuses et d’autres organisations de la société civile pour sensibiliser les électeurs contre le  vote stérile à répétition aient été vaines tant le niveau d’inhibition des esprits par le phénomène d’amalgame est profond. De sorte que si l’on n’y prend garde, les consultations électorales risquent d’être encore pour longtemps un exercice artificiel de réflexe contagieux qui n’a rien à voir avec les choix individuels réfléchis qui fondent une démocratie digne de ce nom.

Et là où les choses se compliquent davantage, c’est au niveau des conséquences que le leader de l’UFC tire de sa conception biologique de la lutte. Au nom de cette conception, il s’emploie à éliminer les autres leaders.

C’est dans cette logique de refus de reconnaissance des autres leaders qu’il a réclamé, lors de ses rencontres avec le Président Faure à Rome à la suite du scrutin présidentiel de 2005, que le dialogue national prescrit par les 22 engagements soit organisé exclusivement entre l’UFC et le RPT. L’exigence étant contraire à l’accord de Bruxelles, d’autres composantes de l’opposition ont été associées au dialogue inter togolais d’avril 2006.

Furieux, le leader de l’UFC mit à profit le scrutin d’octobre 2007 pour en finir avec les autres leaders. Il a choisi à cet effet l’arme de la diabolisation. Et pour se placer dans une posture qui le met à l’aise pour la manœuvre, il s’est dérobé à son engagement d’entrer dans le Gouvernement d’union nationale de façon à faire passer ceux qui ont tenu leur parole pour
"des collaborateurs du régime" aux yeux des populations.

Un hebdomadaire de la place publia, à l’évidence, sur initiative de l’UFC, un article calomnieux en ce sens. Et  c’est avec en mains des photocopies de cet article que les agitateurs de l’UFC sillonnèrent toute l’étendue du territoire en hurlant des slogans des plus injurieux du genre :
"voter CAR, voter CDPA, c’est voter RPT".

Le slogan a produit son impact sur le commun des électeurs. Mais les concitoyens ont pu eux-mêmes constater, avec la nomination du nouveau Premier Ministre et la composition de son gouvernement, que tout ce que les agitateurs de l’UFC ont déversé sur le CAR n’était que du mensonge.

Togoforum : En quoi consiste la contre offensive du RPT dont vous avez fait allusion plus haut ?
Me Agboyibo : Il est à relever que les activistes du RPT se frottaient les mains à l’écoute des slogans de dénigrement véhiculés par les agitateurs de l’UFC à l’endroit du CAR et des autres composantes de l’opposition. Et ils n’hésitèrent pas à les exploiter à leur guise en renchérissant : "Au lieu de voter CAR, au lieu de voter CDPA, vaut mieux voter RPT !"

La stratégie de diabolisation tourna dans plusieurs localités au profit du RPT. L’UFC s’est ainsi trompée en pensant que par l’amalgame et la diabolisation, elle allait gagner les sièges perdus par les autres partis de l’opposition.

Mais c’est surtout à travers la puissance de l’argent que le RPT a exercé sa contre-offensive et a pris le dessus. Il a séduit par milliers des électeurs dans plusieurs circonscriptions électorales. Et le plus angoissant, c’est que les  seigneurs de l’argent ont réussi à étendre la séduction aux personnes à qui des partis d’opposition ont fait confiance pour les représenter dans les structures du processus électoral. Ces représentants de l’opposition ont été d’une complaisance remarquée dans le dépouillement des bulletins et dans l’établissement des procès-verbaux. Le phénomène de perversion des consciences a été d’une ampleur sans précédent.

Par sa contre-offensive redoutable, le RPT est sorti vainqueur du scrutin avec 50 sièges. Ce score inattendu est la conséquence des stratégies conçues par l’UFC en vue d’éliminer les autres composantes de l’opposition pour se positionner seule en face du RPT et justifier ainsi le dialogue exclusif à deux qu’il vient de réclamer à nouveau.  

Je crains que la situation ne s’aggrave à l’avenir si les élites des différentes couches socio-politiques du pays ne prennent leurs responsabilités à temps. L’histoire comparée est là pour nous édifier sur les dangers de l’application des théories biologistes en politique.

Togoforum : Quelles ont été à ce jour les incidences de la configuration des scores du scrutin sur les instituions du pays ?
Me Agboyibo : Les incidences les plus immédiates ont trait à la nomination du Premier Ministre et à la formation du nouveau gouvernement.

Deux courants se sont affrontés au sein de l’ancien parti unique à ce propos.

Le premier courant pensa que malgré son score, le RPT devrait convier la classe politique à la poursuite du processus consensuel en cours avec l’APG par la formation d’un gouvernement d’union.

Le Chef de l’Etat semble n’avoir pas caché sa préférence pour ce courant. Dans son message de remerciement du 1er novembre 2007, après avoir relevé que « les résultats de ces élections montrent que nous avons encore beaucoup d’effort à faire » il déclara : « nous devons continuer ensemble à élargir la voie qui nous mènera vers la réconciliation totale des Togolais ». Aussi n’est-ce pas par hasard que les journaux de la place ont laissé circuler l’idée de la formation d’un gouvernement d’union nationale avec un Premier Ministre nommé au sein de l’opposition. 

Mon parti n’aurait trouvé aucun inconvénient à entrer dans un gouvernement formé dans ces conditions dès lors que le RPT laisserait aux formations pressenties pour y participer, la possibilité de discuter des contours de la gestion consensuelle notamment du programme à appliquer et des modalités de sa mise en œuvre. Cette option était également de nature à préserver la survie de l’Accord Politique Global et à faciliter les réformes constitutionnelles et institutionnelles y prescrites.

Mais à l’encontre de cette première tendance, un autre courant s’est employé à faire prévaloir l’idée que le RPT ayant obtenu une majorité plus qu’absolue, il doit comme cela se passe dans tout pays démocratique former un gouvernement dirigé par un Premier Ministre issu de ses rangs, quitte à l’ouvrir à ceux qui seraient disposés à l’aider à réaliser ses objectifs et à se conformer aux modalités qu’il s’est fixées.

Le 26 novembre 2007, le Chef de l’Etat m’a informé, en présence d’une délégation du CAR que M. Gilchrist Olympio avec qui il venait d’avoir des entretiens a accepté l’entrée de son parti dans le nouveau gouvernement, sous la condition qu’il soit dirigé par un nouveau Premier Ministre désigné dans les rangs du RPT, à défaut d’être issu de l’UFC.

Convié à donner mon avis, j’ai répondu sur le champ que pour rien au monde je ne saurai constituer un obstacle à l’élargissement de la gestion consensuelle en cours et à la réconciliation nationale. La délégation du CAR a toutefois fait observer au Chef de l’Etat qu’il faut souhaiter qu’il ne s’agisse pas d’une manœuvre et que si, nonobstant la nomination du Premier Ministre au sein du RPT, l’UFC refuse de participer au Gouvernement, il sera impossible au CAR d’y entrer pour ne pas avoir l’air de s’être prêté à un jeu de dupes.

Le dimanche 02 décembre 2007, M
. Esso Solitoki, Secrétaire Général du RPT s’est rendu à Aného où il rencontra M. Patrick Lawson, Vice-président de l’UFC.

Au lendemain de cette rencontre, le lundi 03 décembre 2007, le Chef de l’Etat nomma Monsieur Komlan Mally du RPT aux fonctions de Premier Ministre.

Le Lundi 10 décembre 2007, le Chef de l’Etat m’a informé, toujours en présence de la délégation du CAR que l’UFC reçue le vendredi 07 décembre 2007 par le Premier Ministre Mally dans le cadre de ses consultations pour le Gouvernement, a décidé de ne pas y prendre part. Je lui ai réitéré la position que la délégation de notre parti lui a exprimée le 26 Novembre 2007.

Le nouveau Premier Ministre s’est présenté, le 17 décembre 2007 à l’Assemblée Nationale pour la cérémonie d’investiture. Dix députés de l’UFC ont demandé, en application de l’article 65 du règlement intérieur du Parlement, que le vote d’investiture se fasse au scrutin secret.

Le Président de l’Assemblée décida d’autorité de passer outre la demande. Le discours programme présenté par le Premier Ministre fut approuvé par l’Assemblée Nationale à la majorité de 42 voix.

Le RPT a ainsi fait prévaloir son point de vue à l’occasion des trois décisions qui précèdent sans s’embarrasser d’une entente avec les deux autres formations de l’Assemblée Nationale.

Togoforum : Qu’est-ce qui s’est passé lors de l’élection du bureau de l’Assemblée Nationale et des bureaux des commissions ?
Me Agboyibo
 : L’élection du bureau de l’Assemblée qui eut lieu le samedi 24 novembre 2007, aurait pu s’effectuer sans difficulté, eu égard à l’article 8 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale. Cet article prévoit que les 7 membres du bureau (le Président, les deux vice-présidents, les deux secrétaires parlementaires, les deux questeurs) sont à choisir suivant la configuration de l’Assemblée Nationale. Le poste de Président  devrait dans ces conditions revenir  au RPT, et ceux des 1er et 2ème vice-présidents, respectivement à l’UFC et au CAR. C’est au respect de ce texte de référence que le député Apévon du CAR s’est efforcé de rallier le RPT et l’UFC.

A l’ouverture de la séance, force a été de constater que ce point de vue du CAR eut du mal à passer. L’UFC positionna des candidats à tous les postes, y compris pour le perchoir, sans doute pour signifier son refus de voir un député du RPT élu avec son consentement. En réaction, le RPT a fait élire tout de suite, outre Monsieur Bonfoh au perchoir, Sélom Klassou au poste de 1er vice-président contre Lawson Patrick de l’UFC. En protestation, l’UFC décida de retirer ses autres candidats.

Les députés du CAR, fidèles à leur position, portèrent leur voix sur M. Bonfoh du RPT pour le perchoir, et sur M. Lawson Patrick de l’UFC pour le poste de 1er vice-président. Et pour préserver les chances de retour à l’application de l’article 8 du règlement intérieur, ils préférèrent ne pas garder en lice les candidats qu’ils ont positionnés.

Le RPT, après à une brève pause, a pourvu,  sans état d’âme, aux 5 postes restants.

Un mois plus tard, le 24 décembre 2007, le RPT se montra en revanche ouvert au partage avec l’UFC lorsque les commissions de l’Assemblée Nationale  eurent à élire les membres de leurs bureaux à raison d’un président, d’un vice-président, d’un rapporteur et d’un vice-rapporteur pour chaque commission. Les deux formations se sont reparties les 28 postes  excluant ainsi le CAR, malgré les dispositions de l’article 8 du règlement intérieur aux termes duquel, l’élection des membres des bureaux des commissions doit prendre en compte la configuration de l’Assemblée nationale.

Selon le RPT, l’exclusion du CAR serait une réaction à ce qu’il a qualifié « de soutien à l’UFC » à la séance de l’élection du bureau de l’Assemblée Nationale.

Du coté de l’UFC, cette exclusion est à mettre à l’actif de sa stratégie d’élimination des autres composantes de l’opposition. Cela est sans importance dans la mesure où l’Assemblée Nationale fonctionne au gré du groupe parlementaire RPT.

Togoforum : Si comme vous le dites, l’Assemblée nationale fonctionne au gré du RPT, comment les résultats du scrutin pourront-ils permettre dans les semaines qui vont suivre, de résoudre les problèmes qui sont à l’horizon ?
Me Agboyibo:
Vous voulez sans doute parler des réformes constitutionnelles et institutionnelles, de la question de l’impunité et des autres points de l’Accord Politique Global (APG) et des 22 engagements qui n’ont pu être exécutés pendant la transition, du fait de l’absence au Gouvernement d’union nationale, d’une des parties signataires de l’Accord.

Les propos tenus par certains responsables du RPT et de l’UFC ont laissé croire que la page de ces engagements restants est tournée avec la tenue du scrutin législatif du 14 octobre 2007.

Mais par une décision notifiée le 26 novembre 2007 au Président de la République du Togo, l’Union Européenne a mis fin à tout doute à cet égard en formulant, en accompagnement de la levée de la suspension de la coopération, les recommandations ci-après dont le ton courtois n’affecte en rien la fermeté du contenu :

«  … Nous souhaitons la poursuite d’un dialogue politique approfondi sur des sujets à identifier conjointement, et notamment sur les sujets suivants :
-          la consolidation des avancées faites dans le processus démocratique, qui devront être confirmées à l’occasion des prochaines échéances électorales y compris la mise en place d’un système équilibré d’accès aux fonds publics pour le financement des partis politiques, tel que prévu par le paragraphe 1.2.12 de l’Accord Politique Global et le suivi des recommandations des missions d’observation électorale en matière d’adaptation du code électoral ;

-          la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles répertoriées dans l’Accord Politique Global, y compris le processus de décentralisation et l’organisation d’élections locales ;

-          le traitement de la question de la lutte contre l’impunité, notamment à travers la création d’organes adéquats pour favoriser la réconciliation nationale, tel que prévu par les paragraphes 2.2 et 2.4 de l’APG, et les garanties pour le respect des droits de l’homme y compris la poursuite judiciaire des violations telles qu’elles ressortent des engagements 2-1 et 2-6 de la liste des 22 engagements approuvée en novembre 2004.

Afin d’appuyer le processus de réforme en cours et en garder la dynamique positive, l’Union encourage la poursuite du dialogue entre la Commission européenne et les autorités togolaises dans le cadre de l’exercice de programmation du 10ème Fonds européen de développement ».


Dans son discours programme à l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre Komlan Mally a repris ces différends points et a engagé son gouvernement à les réaliser.

L’Accord Politique Global est donc toujours en vigueur en toutes ses dispositions non encore exécutées.

Mais comment réaliser ces engagements restants en tenant compte du fait que personne ne peut, du moins pour le moment, envisager qu’on mette en veilleuse les résultats du scrutin du 14 octobre 2007,  pour retourner à la règle du consensus qui aurait été appliquée jusqu’à épuisement de tous les engagements figurant dans l’Accord Politique Global si les élections législatives n’étaient organisées entre temps.

Le problème ne se pose pas bien entendu pour les réformes que le RPT peut opérer seul avec la majorité absolue dont il dispose, à moins qu’il ne veuille en élargir la base d’adhésion en y associant les autres formations présentes à l’Assemblée Nationale.

La question se pose plutôt pour les réformes constitutionnelles que le gouvernement en place ne peut mettre en œuvre que si, aux élus du RPT viennent s’ajouter d’autres députés.

L’idéal serait l’entente sur ces réformes par concertation des trois formations représentées à l’Assemblée (RPT, UFC, CAR) soit de façon informelle, soit dans le cadre de la structure du dialogue permanent prévu par l’Accord Politique Global en y associant au besoin, des personnes ressources.

Or, je l’ai déjà souligné, l’UFC n’entend pas avoir avec le RPT un dialogue auquel serait associée une autre formation de l’opposition ou la société civile.

Il est significatif que le leader de l’UFC, non seulement accepte aujourd’hui de dialoguer avec le RPT, mais revendique l’exclusivité des discussions quand on sait à quel point il se plaisait jusqu’ à une date récente à diaboliser les leaders de l’opposition qui ont eu à négocier avec les tenants du régime en place pour obtenir les acquis démocratiques que le pays a connus.

Le moment est venu pour l’UFC de collaborer avec le RPT pour opérer les réformes constitutionnelles. 

Le moment est venu de tourner la page de l’extrémisme, de l’exploitation des instincts primaires et de rompre avec l’amalgame
et le devoir de recherche de solutions aux problèmes du présent.

Il est temps que, de son côté, le RPT se rende à l’évidence que par delà le souci de voir réglés les problèmes quotidiens de survie de nos populations, l’aspiration profonde du citoyen togolais est le changement du système politique en place et tant que cette aspiration ne sera pas satisfaite, la crise sociopolitique risque de perdurer.

Togoforum : Quel est votre mot de fin ?
Me Agboyibo :
Notre parti le CAR continuera à œuvrer, par sa conception du dialogue, à la réalisation des objectifs de l’Accord Politique Global, à savoir la consolidation de la  démocratie, la promotion de la réconciliation nationale et le redressement socio-économique du pays.

Je voudrais enfin présenter mes vœux à tous mes compatriotes et souhaiter que le Seigneur apporte à chacune et à chacun sa Lumière et son Amour pour des choix qui fassent avancer notre pays.

 
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