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Togoforum : Vous êtes partenaire,
(l’ONAT) je veux dire,
d’un
programme appelé « programme national de logement ».
Dites-nous
en quoi consiste ce projet ?
M. Afoda S. Da-Blèce :
Le programme national de logement
est un projet que tous les
pays ont. Nous saluons le fait qu’il soit arrivé au Togo mais
avec un peu de retard. Il est la phase concrète d’une
stratégie nationale de logement et un plan qui permet de voir
clairement comment faire pour que l’ensemble des Togolais
accède à un logement décent. Un logement décent veut dire un
logement bien conçu et bien construit à des endroits
constructibles à la bourse de chacun à savoir ceux qui n’ont
pas les moyens du tout et même ceux qui ont les moyens ; ça
concerne tous les Togolais. Donc, c’est un programme qui met
en place un certain nombre de choses pour faciliter l’Etat,
les organes de financement, les acteurs surtout du système de
la chaîne de construction à aboutir à quelque chose de bien
fait.
Togoforum : Dites-nous comment cela va se faire
concrètement sur le terrain ; Comment ça va se faire ?
M. Afoda S. Da-Blèce : Sur le terrain, il faut
définir les intervenants. Nous avons assisté à plusieurs
petits signes de la part de l’Etat, du gouvernement, de petits
signes qui ont l’air de faire croire que l’Etat est en train
de prendre ses responsabilités dans le domaine.
Le 5 avril 2007, le gouvernement, en conseil des ministres a
rendu le permis de construire obligatoire. Je voudrais dire
que c’est un rappel, une confirmation puisqu’il y a beaucoup
de textes qui existaient depuis 1967 là-dessus. Maintenant,
nous avons encore la stratégie qui est une étape très
importante qui permet de définir le canal énergétique pour
qu’il y ait depuis la décision jusqu’à la clé une manière de
bien faire. Donc, ce qui s’est passé se retrouve en deux
volets : la décision politique et administrative, et la
deuxième partie, c’est le support pour pouvoir aboutir à une
bonne stratégie. L’ordre national, vous avez parlé de
partenariat, mais en réalité, les choses ne sont pas passées
comme ça. On aurait dû être effectivement partenaire puisque
nous parlons bien du logement. Et quand on parle de logement,
je ne pense pas que c’est les médecins ou qui que ce soit, ou
encore d’autres personnes qui sont indexées, c’est d’abord
l’architecte !
Togoforum : Dans ce cas, si vous n’êtes pas associés
directement, quand même vous avez une part de responsabilité
dans l’exécution de ce projet ?
M. Afoda S. Da-Blèce : Oui, nous sommes obligés.
Notre responsabilité est obligatoire. Cela dit, ce n’est pas
nous qui avons défini le projet, c’est l’Etat et je crois que
c’est le ministère de la Ville, par ses départements qui a
monté l’opération. Je crois que c’est depuis 2001 qu’il y a eu
la première validation et celui de 2003 validé en 2007. En
2007, nous sommes quand mêmes un peu heureux qu’on nous a
invités. Nous sommes partis en tant qu’invités mais c’est
quand nous épluchions les documents que nous avons trouvé des
phases d’insatisfaction. Nous les avons relevées et nous
attendons que les petits dérapages que le doucement contient
soient corrigés à la mouture finale pour faire en sorte que
« the right man et the right place », que les architectes
qui sont formés pour fassent le logement quand on en parle.
Donc, voilà à peu près ce qu’il y a à dire sur ça.
Togoforum : Il semble que ma question demeure.
Concrètement qu’est-ce qui va se faire ? On va construire des
logements comme on en a fait au Mali et en prend un qui veut
ou comment ?
M. Afoda S. Da-Blèce : Le programme sort les
problèmes. Dans la partie thèse, c’est que le Togo a besoin de
construire 23.000 logements chaque année. Là, en conjuguant
les moyens possibles, le programme qui a découlé de la
stratégie a prévu 2.500 logements par an. Vous comprenez bien
que c’est presque 10% des besoins. Mais ce qui serait déjà un
acquis si ça se faisait. Maintenant, il faut que ça soit bien
fait. Parce que beaucoup de programmes ont déjà échoué. Parce
que si ce n’est pas bien fait, ou c’est mal exécuté
consciemment ou inconsciemment, certains programmes
aboutissent mais échouent.
Togoforum : A propos de programmes qui aboutissent mais
qui échouent, quel est votre mot sur l’urbanisation de Lomé
telle que cela se présente ? Quand il pleut aujourd’hui,
beaucoup de quartiers se retrouvent dans l’eau …
M. Afoda S. Da-Blèce : Nous avons trop de choses
à dire à propos. Déjà il faut respecter la nature.
Togoforum : C’est-à-dire ?
M. Afoda S. Da-Blèce : Lomé, c’est un espace que
tous les hommes qui y sont venus ont découvert. Mais ça
existait. Quand nous sommes venus à Lomé, on a trouvé l’océan
atlantique, les lagunes, les reliefs conséquents. Aujourd’hui,
personne ne peut se mettre à penser ou dire que les bas-fonds
n’existaient pas. Le bas-fond, c’est l’espace qui accueille
l’eau quand il pleut. Quand on ne lutte pas contre l’eau,
(l’eau c’est la première force de la nature) elle prend
l’espace qu’on lui arrache, c’est-à-dire si les gens vont
construire là-bas, c’est une évidence qu’il y aura problème.
Il ne fallait pas donc laisser les gens s’installer dans ces
lieux. Ou alors, il faut mettre des moyens pour
que
ces bas-fonds soient encerclés en d’autres zones dont les
hommes ont besoin quand ils vivent à Lomé.
Togoforum : Maintenant on a l’impression que l’irréparable
est fait, parce que les quartiers comme Gbadago, Amoutiévé
etc., est-ce qu’on peut sauver ce qui peut encore l’être ?
M. Afoda S. Da-Blèce :
Quand vous parlez d’Amoutiévé, Hanoukopé, vous êtes déjà plus
optimistes ! Ça c’est des quartiers qu’il faut refaire. Ils
ont fait leur temps. Ils sont là depuis 50 ans (…) ou alors ça
nécessite un réaménagement. Aussi, doit-on prendre courage
pour dire qu’un jour ces zones doivent être déguerpies et
remplacées par de beaux projets, des projets fonctionnels et
viables (…). Ces zones ne font pas honneur à la ville. Ce
n’est pas contre quelqu’un, mais c’est pour le bien de la
ville de Lomé.
Maintenant, en considérant le même problème, quand vous allez
à Kégué qui est un nouveau quartier c’est le même problème
parce que les gens-là sont aussi dans l’eau. Ils remblaient
les rues et les maisons à partir des ordures ménagères qu’on a
jetées !
Togoforum : Comment expliquer cet état de chose ? L’Etat,
la mairie ou les services spécialisés laissent faire ?
M. Afoda S. Da-Blèce : Les responsabilités, je
crois qu’elles sont partagées. Mais c’est d’abord les
responsables qui devaient prendre les décisions nécessaires
pour que la première maison ne se termine pas ! Ça devient une
interpellation de l’Etat et de tout le monde. La chance qu’il
faut souhaiter pour nous, c’est que ça s’arrête, le reste va
passer par une régularisation.
Togoforum : Une dernière question M. le président,
disons que des gens de la diaspora togolaise veulent bien
investir dans l’immobilier mais ils craignent justement tous
ces problèmes et aussi le manque de compétence en matière
d’architecture. Que pouvez-vous leur répondre ?
M. Afoda S. Da-Blèce : Je voudrais les saluer et
leur dire de ne pas avoir peur. Mais d’éviter qu’on les
trompe. Pour construire une maison, il faut un terrain, après
ce n’est pas le maçon qui intervient, c’est l’architecte. Ils
ont 102 architectes au Togo qui sont pour eux pour leur faire
de belles maisons. Ils savent bien qu’on ne construit pas sans
architecte. Ils peuvent saisir carrément l’ordre pour les
aider à trouver un architecte qui n’est pas cher, mais qui est
compétent. Ils peuvent nous contacter au : (228) 222-06-97
ou notre site :
www.onatogo.org
ou
www.onatogo.fr
pour
avoir les renseignements nécessaires. Je voudrais ajouter que
le permis de construire est obligatoire et il y a de nouvelles
fiches à remplir. Si vous ne passez pas par un architecte
déclaré c’est-à-dire qui est membre de l’ONAT, vous n’aurez
jamais un permis de construire.
Bref, nous les rassurons. Désormais, (…) nous voulons que la
ville de Lomé, les villes du Togo prennent d’autres couleurs,
qu’il y ait des images les plus intéressantes. Et que, eux,
ils ne jettent pas l’argent par la fenêtre. L’Etat, le
ministère, la municipalité sont d’accord avec l’Ordre pour que
ça soit ainsi.
Togoforum : M. Afoda, je vous remercié
M. Afoda S. Da-Blèce : C’est moi qui vous
remercie. |