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AgoraPress Allemagne -
Ali Tchassanti |
Comme à l’accoutumée, c’est en grand nombre que la communauté
Tem-Kotokoli en Allemagne s’est de nouveau retrouvée à Nuremberg le
10 Mai 2008 pour perpétuer son expression culturelle qui se
manifeste annuellement par la célébration des fêtes Adossa-Gadao.
Si l’édition 2007 fut marquée par un temps brumeux avec une pluie
intempestive qui troubla le bon déroulement de certaines séquences,
l’édition 2008 fut quand à elle une réussite exceptionnelle à
cause du beau temps qui s’est mêlé à cette fête ce qui obligea les
organisateurs à repousser la fin des cérémonies à 20 heures.
Adossa- gadao 2008 a vu aussi la présence de Me Tchassona Traoré
président du parti (M C D ) qui a profité de son déplacement en
France pour venir apporter son soutien à l’organisation de cette
fête qui est aussi la sienne.
Outre Me Tchassona, on remarqua la présence du Dr Bozoura Gandi, le poète togolais basé à Bremen Ali Akondoh., Bani
Bornu Cekango dit abbas Gerant , Yerima Atcha El Hadj maman Bako de
Munich etc
L’ambiance était entretenue par le groupe folklorique « Lanandi »
de Munich, appuyé par les chanteuses de l’association A D T eV de
Nuremberg, du groupe Yara Tippa de Munich et quelques bonnes
volontés |
Comprendre l’engouement à cette fête
Pour mieux comprendre l’engouement et la détermination qui animent
ces togolais de la diaspora à l’approche de cet évènement, il faut
avoir une fois dans sa vie vécu à sokode ou tout simplement avoir un
cordon ombilicale qui vous lie à ce peuple guerrier dont
l’hospitalité et la tolérance ne sont plus à démontrer.
Ainsi pour eux, célébrer cette fête est aussi une revendication de
leur identité.
Une identité qui risquerait de disparaître si de telles festivités
ne sont plus organisées pour perpétuer la tradition et permettre la
transmission de toutes ces valeurs aux générations futures nées loin
de la terre d’origine.
C’est donc sous un ciel beau et radieux que les délégations ont
commencé par converger vers la villa leon où se déroulent les
festivités de la journée depuis 2003 et la grande majorité de ces
délégations étaient composées de femmes et d’adolescentes qui sont
venues, arborées de bijoux dorés, des colliers en émeraude, en Agate
et en Malachite en passant par les pagnes et chemises
traditionnelles minutieusement tissés par les fameux et célèbres
tisserands de Kpassouadè et Amaidè de la préfecture de Tchaoudjo.
Tous les éléments étaient réunis pour que la rencontre de
Nuremberg soit un évènement de taille quand on sait que c'est
l'occasion de découvrir la beauté originelle de la femme
Tem-Kotokoli réconciliée avec elle-même et ses traditions.
Les hommes quant à eux sont arrivés avec leurs tenues de parades ce
qui les permet d’être à l’aise lors des séquences de Takai, Goumbé ,
Adossa, Gorrogorro etc.
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Ouverture des festivités
Prévues pour 15 heures, les festivités n’ont pu débuter qu à 15 h 45 et ceci pour le bonheur des femmes et enfants qui n’espéraient que cette occasion pour renter en scène.
Chacun était de la partie et pour la circonstance, il était recommandé d’avoir un costume du terroir ce qui donnait plus de beauté à cette ambiance multicolore.
Dans son discours d'ouverture des cérémonies, Le Secrétaire Général de l'action pour le développement de Tchaoudjo (A D T e.V) Mr Medjessiribi Bossi a tenu à remercier le public qui est resté fidèle à cette fête et qui entend la célébrer dans l’unité des fils Tem Il a aussi parlé de l’origine des Tem et des fêtes adossa Gadao:
«La dénomination Adossa-Gadao est l’expression commune pour désigner deux grandes fêtes des Tem à savoir Gadao ou fête de Moisson pour les Tem Mola et Adossa ou fête religieuse musulmane pour la communauté de Didaouré fortement islamisée. Pour une compréhension de l’histoire de cette fête, il convient de nous référer un peu à l’évolution du peuplement des Tem.
Le peuple Tem est une mosaïque des peuples qui se sont fondus en un peuple aujourd’hui appelé Tem ou Cotocoli.»
Mr Medjessiribi a profité de l’occasion pour faire un rappel au
public présent sur l’importance de ces festivités et le rôle que chacun devait jouer pour préserver
l’identité des Tem –Kotokoli, une identité qui s’exprime toujours à travers sa diversité culturelle.
Il a insisté sur l’engagement de tout un chacun pour perpétuer
cette tradition en Allemagne et a souhaité une solidarité accrue
pour aider au développement de la préfecture de Tchaoudjo et du Togo
en général.
Apres le discours de Mr Medjessiribi, ce fut le tour de Mr Alfa Traoré Afa qui a
tenté de faire un résume en langue allemande pour ceux qui ne comprenaient
pas le français ensuite le représentant des étrangers au conseil municipal
de Nuremberg prit la parole pour remercier les togolais de cette ville
qui défendent avec brio la pérennité de leur culture.
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Quand à Mr Bani, Bornu Cekango qui a pris la parole au nom des aînés Tem, il a axé son
intervention sur les petites disputes et mésententes qui sont
monnaies courantes au sein de la diaspora.
Tout en appelant à un sens de responsabilité de tout un chacun pour éviter ces disputes
qui minent l’évolution de la communauté, il a souhaité que les
togolais doivent plutôt se tendre la main afin de construire un bel
avenir dans la diaspora et cela permettra une contribution plus
active au développement de notre cher Togo.
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Ensuite, ce fut les interventions de Me Tchassaona, du Dr Gandi
Bozoura et de Tintini Traoré Assafou du Groupe YARA Tippa.
Quant à Mr Tostao Ali Tchassanti qui clôtura la liste des
interventions, il profita de l’occasion pour
annoncer la création et l’organisation d’un festival annuel de la
musique Ketekpe à Sokode dont la première édition se déroulera du
20 au 27 Décembre 2008. il a tenu à préciser que la coordination qui
organise ce festival entend profiter des richesses culturelles
Tem,pour créer un espace permettant aux touristes de s’intéresser
à cette région et partant de là contribuer à l’amélioration des
conditions de vie des populations de cette localité la
fête a continué jusqu’à 20 heurs au rythme de Kosso ,Takai, Goumbe
Sympa ,gorogoro. etc
Ensuite le public s’est transporté à la salle à Rollner str 99 pour
une soirée dansante mais avant l’ouverture du bal , le
Vice-président de l’A D T e.V Mr Ayeva Amadi Djeri a passé à la
présentation du bilan des actions que leur association a eu à
mener durant l’année 2007 et ceci en direction de Tchaoudjo,
Outre la grande partie de cette soirée consacrée au disco animé
par Le Dj Corppel , et Ibrahim appuyé par Le D J Tintini Taraoré ,
le public eut droit à une prestation offerte par les chanteurs et
compositeurs de la musique traditionnelle et moderne Inouss Landozz
et Peter Zain Landozz qui ont profité de l’occasion pour présenter
leur nouvel album qui vient de sortir dans le courant de ce mois
de Mai au Togo
En conclusion l’on dirait que la diaspora Tem-Kotokoli en Europe n’a
pas failli à la tradition.
Chacun est reparti dans le bonheur et l’allégresse en promettant de
revenir l’année prochaine dont la date a été fixée au 30 Mai 2009
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Informations concernant les fêtes d’Adossa-Gadaou
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Origine de la fête Gadaou
La fête Gadao tire son origine dans le terroir Tem. En effet GADAOU
est le nom du premier ancêtre Mola qui a vécu à Tabalo situé
aujourd'hui à l'ouest de la ville de Sokodé à environ 40 km. C'est
de là que partirent ses fils pour fonder la confédération de sept
chefferies qui ont formé le royaume de Tchaoudjo. Il s'agit de
Kpangalam, Tchavadi, Kparatao, Kadambara, Komah, Birini, Yelivo et
plu tard la 8ème chefferie Dibidè qui a rejoint tout récemment les
sept premiers sous le règne de OURO Issifou.
L'ancêtre Gadao est resté vénéré par tous les Mola parce que sa
disparition fut mystérieuse. On raconte qu'un jour sentant venir sa
mort, il réunit ses fils pour leur parler de l'après son règne.
C'est alors qu'au fur et à mesure qu'il parlait,
Il disparaissait mystérieusement en s'enfonçant dans le sol devant
ses fils impuissants qui ne purent sauvegarder que son chéchia rouge
qu'ils ont appelé Modjolobo et conservé par son premier fils OURO
Dam qui a créé la chefferie de Kpangalam. Gadao a laissé un étang
d'eau qui suinte jusqu'à ce jour à l'endroit où il s'est effondré.
C'est cette eau appelée " Kowouro - lim " c'est-à-dire "l'eau royale
" qu'on asperge sur la tête des nouveaux chefs Mola pour qu'ils
bénéficient de la protection de leurs ancêtres
C’est ainsi que le nom Gadaou est devenu un mythe qui est célébré
comme une fête. Chaque année après les récoltes, on se donne
rendez-vous pour remercier l'ancêtre Gadaou qui a permis de bien se
porter et de bénéficier de bonnes récoltes l'année écoulée avec
espoir d'en avoir mieux l'année prochaine. |
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Histoire de la fête Adossa
Adossa est la danse du couteau exécutée par les clans Traoré, Touré,
Mendè, Cissé, Fofana qui peuplent Didaouré. Elle se déroule au cours
du 3ème mois de l'année lunaire islamique. Cette fête correspond au
11ème jour de la lune au lendemain de la fête Maouloud, anniversaire
de la naissance du prophète Mahomet. (Paix et Bénédiction de Dieu
soit sur lui)
L'histoire religieuse révèle que le dernier des prophètes Mahomet
(Paix et Bénédiction de Dieu soit sur lui) allait naître Israélien
ou Juif. Mais au grand étonnement de ceux-ci il naquit Arabe. Une
grande jalousie s'installa alors dans leur rang vis-à-vis des Arabes
Musulmans. Ces derniers pour protester, ont manifesté de diverses
manières pour montrer leur colère et leur bravoure et prêts pour le
combat, par la danse avec des sabres, le feu, la parade des chevaux
etc.
C'est ainsi que les musulmans du monde entier ont choisi de
manifester différemment la naissance du prophète Mahomet. A Sokodé
ils ont choisi la danse du couteau appelé Adossa.
Il s'agit de montrer qu'on est invulnérable au couteau en se
taillant toutes les parties du corps. La danse s'exécute après avoir
pris une potion magique bien entendu faite d'écriture des versets du
coran ou des feuilles d'arbre spécifique. Elle commence à 15 heures
et finit au crépuscule. Elle est interdite au-delà de cette période
de peur de se couper avec le couteau. La fête Adossa est liée à la
danse Kosso. C'est une danse des femmes qui se mettent dans leurs
plus beaux pagnes pour soutenir le courage et la bravoure des hommes
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Discours du secrétaire général de l’A D T
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Nürnberg ,10.05.2008
Honorables invités,
Chers camarades,
Mesdames et Messieurs,
L’honneur me revient de prendre la parole au nom de l’association
Humanitaire ADT (Action pour le développement de Tchaoudjo) pour
vous souhaiter la cordiale bienvenue ici à Nürnberg pour partager
avec nous la fête culturelle Adossa-Gadao 2008.
Tous les membres de ADTe.V. Vous prient de vous sentir ici à
Nürnberg comme chez vous.
La dénomination Adossa-Gadao est l’expression commune pour désigner
deux grandes fêtes des Tem à savoir Gadao ou fête de Moisson pour
les Tem Mola et Adossa ou fête religieuse musulmane pour la
communauté de Didaouré fortement islamisée. Pour une compréhension
de l’histoire de cette fête, il convient de nous référer un peu à
l’évolution du peuplement des Tem.
Le peuple Tem est une mosaïque des peuples qui se sont fondus en un
peuple aujourd’hui appelé Tem ou Cotocoli.
Cette sixième édition de Adossa- Gadao pour la diaspora tem
sera marquée par les danses culturelles, les grandes retrouvailles
et les réflexions sur l’amélioration des conditions de vie de la
population de Tchaoudjo. Par votre Générosité et humanisme nous
sortirons de cette rencontre avec une parfaite identification. Et
surtout notre intégration pour lever le défie de notre préfecture.
Et faciliter l’avenir de nos enfants pour notre vraie intégration
ici en Allemagne.
Camarades ressortissants de Tchaoudjo venant fraîchement du Togo,
de l’Italie, de la Belgique, de la Hollande, de la France, de
l’Allemagne, Je ne vous demande pas de vous lever pour qu’on vous
ovationne, le risque encouru est très grand ; je voudrais vous dire
que Tchaoudjo attend de nous des gestes de Solidarités pour son
développement.
C’est sur cet appel que nous voudrions remercier tous les membres
des associations humanitaires, du groupe lanadi , de Yara Tipa ; de
Munich et tous les invités qui ont bien voulu être à nos côtés ou
qui nous ont envoyés leurs messages chaleureux.
Veuillez accepter volontiers les excuses du comité d’organisation
pour les manquements que vous auriez remarqués ; puisque c’est cela
aussi la fête.
Au nom de l’association humanitaire ADT et à mon nom Personnel je
déclare ouverte la fête culturelle Adossa-Gadao édition 2008 et je
souhaite plein succès à cette fête.
Vive Tchaoudjo,
Vive Adossa-Gadao,
QUE DIEU BENISSE LE TOGO
Je vous remercie.
Bossi MEDJESSIRIBI
SECRETAIRE GENERAL DE ADT e.V.
Je vous remercie |
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Nuremberg,
Allemagne 10 Mai 2008
Reportage
assuré par Ali Tchassanti, envoyé spécial de togoforum.com
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