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Actualité

Le 23 juillet 2002

JUSQU’OU VA LA PROSTITUTION CULTURELLE OU LA DÉLINQUANCE DES CULTURES
Samuel Batchati

Les habitants de la préfecture de Doufelgou ne comprennent plus depuis Samedi dernier ce qui leur arrive. Tout le monde en parle avec moquerie. On en rit dans les cabarets de Tchoukoutou: Les jeunes Yaka parcipent aux Evala! 

Samedi 20 juillet, l’édition des Evalas 2002 en pays kabyè a pris fin. La lutte,  ce sport dont on a ailleurs fait une discipline nationale est tristement au Togo un instrument de tribalisation, et de politique mesquine.

Les Evalas particularisent plus qu’ils n’identifient. Ils ne sont même plus une manifestation culturelle, ils sont des occasions de joutes et de manifestation politiques, de campagnes électoralistes. Mais le pire c'est que les Evalas sont devenus une arme de conquête ethno-politique. On lutte pour que le président sache qu’on est du Rpt. C’est cette prostitution politico-culturelle que  vient de connaître le canton Yaka. 

Or, de mémoire de  Togolais, jamais le jeune Yaka n’a lutté comme le jeune Evalu. Pourquoi subitement cette année? Eyadema vient d' accomplir en son fin de règne l'exploit de faire participer l'ethnie Yaka à lutte traditionnelle Kabyè.

Le préfet de la Kozah (Kara) Palakitém Pépa Yata, est Yaka. Il est préfet depuis les années 1993. Et cette première édition de la lutte en pays Yaka sonne comme un remerciement à celui qui l'a fait Préfet. Le Prefet veut remercier le Président de la République. Il le remercie en lui prostituant la jeunesse de son village.

En Avril 2002 une réunion tenu à Kara pour décider de cette lutte avait trouvé une farouche opposition dans le rang des jeunes Yaka qui ne comprenaient pas pourquoi ils allaient abandonner leur pratiques culturelles pour une autre. Et au nom de quoi? N’empêche le canton Yaka a lutté  vendredi et le président Eyadema y était en personne. Allez savoir jusqu’où peut aller la prostitution culturelle. La délinquance des cultures?

La préfecture de Doufelgou situé à environ 430 km au Nord de Lomé la capitale a pour chef lieu Niamtougou. Doufelgou est la préfecture où est situé le second aéroport international du Togo. Les plaisantins parlent d’aéroport inter-gnassional parce qu’il (Gnassingbé) est seul à l’utiliser ou presque. La préfecture compte une dizaine de groupe ethnique dont les failles linguistiques peuvent se regrouper en cinq groupes dont les Nawdeba, les Yaka, les Lamba de Défalé etc. 

Après avoir essuyé des chansons de moquerie le 15 juillet dernier, Eyadema est allé se soulager en regardant les novices Yaka qui ne savent rien aux Evalas, rituels propres à l'ethnie Kabyè. 

Rappel: Nous faisons un distingo entre ce qui aurait pu être un sport national et les traditions Évala qui sont restées propres à l'ethnie Kabyè par la volonté d'un homme: Eyadema. Les Yaka comme toutes les autres ethnies ont leurs propres cultures à revaloriser et à révéler aux autres. Après avoir en vain imposé la langue Kabyè au Nord du Togo comme langue de tous, il tente la culture. Un autre fiasco annoncé. 

A titre de référence, les Yaka ont pour fils Mba Kabassema (Photo), un homme politique qu'on ne présente plus au Togo pour ses prises de position contre le "timonier national". Ses révélations à la Confèrence National de 1991 sont d'ordre conomique avec détails, et semblables à celles récentes de Messan Agbéyomé Kodjo. Un autre fils Yaka s'appelle Atadé Nanguit, qui anima avec brio l'émission musical sur la télévision togolaise les Samedi Soirs il y a quelques années.  L'émission s'appelait Arc-En-Ciel 

Rions un peu: L’an prochain ce sera le canton d’Agbéyomé Kodjo  qui dans un excès de contrition luttera . Et si Gilchrist Olympio s’y rendait, il faudra céder le ring à lui et à Eyadema . Pour qu’on en finisse.     

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