JUSQU’OU VA LA
PROSTITUTION CULTURELLE OU LA DÉLINQUANCE DES CULTURES
Samuel Batchati
Les habitants de la préfecture de
Doufelgou ne comprennent plus depuis Samedi dernier ce qui leur arrive.
Tout le monde en parle avec moquerie. On en rit dans les cabarets de
Tchoukoutou: Les jeunes Yaka parcipent aux Evala!
Samedi 20 juillet, l’édition des
Evalas 2002 en pays kabyè a pris fin. La lutte, ce sport
dont on a ailleurs fait une discipline nationale est tristement au
Togo un instrument de tribalisation, et de politique mesquine.
Les Evalas particularisent plus
qu’ils n’identifient. Ils ne sont même plus une manifestation
culturelle, ils sont des occasions de joutes et de manifestation
politiques, de campagnes électoralistes. Mais le pire c'est que les
Evalas sont devenus une arme de conquête ethno-politique. On lutte
pour que le président sache qu’on est du Rpt. C’est cette
prostitution politico-culturelle que
vient de connaître le canton Yaka.
Or, de mémoire de
Togolais, jamais le jeune Yaka n’a lutté comme le jeune Evalu. Pourquoi subitement cette année?
Eyadema vient d' accomplir en son fin de règne l'exploit de faire
participer l'ethnie Yaka à lutte traditionnelle Kabyè.
Le préfet de la Kozah (Kara) Palakitém
Pépa Yata, est Yaka. Il est préfet depuis les années 1993. Et cette
première édition de la lutte en pays Yaka sonne comme un remerciement à
celui qui l'a fait Préfet. Le Prefet veut remercier le Président de la
République. Il le remercie en lui prostituant la jeunesse de son village.
En Avril 2002 une réunion tenu
à Kara pour décider de cette lutte avait trouvé une farouche opposition
dans le rang des jeunes Yaka qui ne comprenaient pas pourquoi ils allaient
abandonner leur pratiques culturelles pour une autre. Et au nom de quoi?
N’empêche le canton Yaka a lutté
vendredi et le président Eyadema y était en personne. Allez
savoir jusqu’où peut aller la prostitution culturelle. La délinquance
des cultures?
La préfecture de Doufelgou situé à
environ 430 km au Nord de Lomé la capitale a pour chef lieu Niamtougou.
Doufelgou est la préfecture où est situé le second aéroport
international du Togo. Les plaisantins parlent d’aéroport inter-gnassional
parce qu’il (Gnassingbé) est seul à l’utiliser ou presque. La préfecture
compte une dizaine de groupe ethnique dont les failles linguistiques
peuvent se regrouper en cinq groupes dont les Nawdeba, les Yaka, les Lamba
de Défalé etc.
Après avoir essuyé des
chansons de moquerie le 15 juillet dernier, Eyadema est allé se
soulager en regardant les novices Yaka qui ne savent rien aux Evalas, rituels propres à l'ethnie Kabyè.
Rappel: Nous faisons un
distingo entre ce qui aurait pu être un sport national et les traditions
Évala qui sont restées propres à l'ethnie Kabyè par la volonté d'un
homme: Eyadema. Les Yaka comme toutes les autres ethnies ont leurs propres
cultures à revaloriser et à révéler aux autres. Après avoir en vain
imposé la langue Kabyè au Nord du Togo comme langue de tous, il tente la
culture. Un autre fiasco annoncé.
A titre de référence, les Yaka ont
pour fils Mba Kabassema
(Photo), un homme politique qu'on ne présente plus au Togo pour ses
prises de position contre le "timonier national". Ses
révélations à la Confèrence National de 1991 sont d'ordre conomique
avec détails, et semblables à celles récentes de Messan Agbéyomé
Kodjo. Un autre fils Yaka s'appelle Atadé Nanguit, qui anima avec brio
l'émission musical sur la télévision togolaise les Samedi Soirs il y a
quelques années. L'émission s'appelait Arc-En-Ciel
Rions
un peu: L’an prochain ce sera le canton d’Agbéyomé Kodjo
qui dans un excès de contrition luttera . Et si Gilchrist Olympio
s’y rendait, il faudra céder le ring à lui et à Eyadema . Pour
qu’on en finisse.
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