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Le chemin court, ou le moment
de vérité
Jérome
Labako
La
déclaration d’Agbéyomé
aura traversé une fois encore l’esprit du Togolais comme l’eau
jeté sur un corps enduit de graisse.
En
dehors des réactions diverses sur les médias électronique, rien ne se
passe ni de l’intérieur ni de l’extérieur.
Pourtant
ces messages et déclarations ont
le même effet au Togo
que celui qu’il y a eu dans le monde suite à chute du mur de Berlin
.
Malheureusement,
chacun pense que c’est l’affaire de l’autre ou mieux que cette
affaire ne le concerne pas directement.
Pour
beaucoup sur place dans le pays, c’est la peur de perdre ce qu’on a déjà
perdu en réalité, de se faire violenter comme cela se passe déjà au
quotidien, de perde son
emploi alors que les salaire ne tombent presque pas. Pour
d’autres , la politique ce n’est pas leur affaire, alors que la
politique s’impose à eux dans leur vie de tous les jours.
Quand
à la diaspora, elle se contente de conjuguer des déclarations sur le Net,
renvoyant souvent la balle dans le camps des leaders.
Ces derniers s’ils ne se prononcent pas assez timidement , ils se
taisent tout simplement et font des calculs , histoire de voir si le résultat
de tout ceci pourrait être en leur faveur.
Il
est temps aujourd’hui que nous Togolais
prenions le problème autrement
en comprenant que la libération du Togo
dépend de nous et de nous seuls. Même si d’une manière générale
la providence a le dernier mot, tous les Togolais doivent enfin se lever
et en finir avec ce système qui a détruit le Togo
jusqu’à trois générations à venir.
Le
Togo n’est pas l’entreprise d’Eyadéma pour reprendre les termes de
monsieur Mba Kabasséma.
Les
togolais doivent avoir à l’esprit une seule chose: ls
n’ont plus rien à perdre.
Que
nous soyons à l’intérieur ou à l’extérieur le temps est venu de
comprendre que nous avons déjà tout perdu et qu’il faut se battre
aujourd’hui pour garantir à nos enfants un avenir meilleur, même si le
dictateur a hypothéqué le notre.
Combien
sont ils dans les capitales occidentale, qui médecin, architecte, juriste,
économiste etc… à faire du taxi de ville, à s’occuper de la plonge
dans les restaurants des métropoles occidentales… alors que la gestion
saine de nos ressources aurait
permis à ces gens de mettre au service de leur nation leur compétence et
leur savoir faire.
Nous
somme victimes aussi de notre silence et de notre inaction. On a beau débattre
sur les médias électronique, organiser des manifestations ça et là
- ce qui n' est pas - le reste du travail se trouve sur terrain.
Nous
sommes en face de notre destin. Arrêtons d’hésiter.
Abandonnons s’il y a lieu ce que nous avons de plus précieux ,
et envahissons les rue de Lomé pour demander que tout change. La liberté
s’arrache dans la
lutte, au soleil, sous la pluie, et même dans le sang . Si nous refusons
cette alternative alors attendons simplement de voir nos souffrance se
prolonger.
M’adressant
particulièrement à la diaspora, je
voudrais dire qu’aucune lutte de libération ne peut se faire véritablement
à plus ou moins de 8000 km de de la cité à libérer. Rappelons-nous
de Gaule qui avait compris
que pour libérer la France il fallait s’organiser à l’extérieur et
revenir sur place.
-
Boudah abandonna femme et enfants pour le combat, et est devenu
aujourd’hui une référence.
-
Ghandi quitta l’Afrique du Sud pour repartir chez lui et affronter la
puissance britannique.
-
Mandela tout près de nous refusa l’exil pour passer plus d’un quart
de siècle en prison au nom de la liberté.
Une
révolution suppose un choix clair et la fidélité à ce choix étant
entendu qu’il ya des difficultés inhérente à toute lutte.
La
libération de notre pays nécessite entre autre la libération de toutes
les énergie et de tous les moyens.(matériel, financier, spirituel,
etc..). Si donc nous ne pouvons pas offrir notre physique pour la lutte,
donnons les moyens qui l’accompagnent, c’est ainsi que avec l’effort
et la volonté de tous sans oublier l’aide de la providence, qui a son
choix sur les hommes , nous enverrons dans quelques mois la dictature
d’Ernest et d’Etienne Gnassimgbé aux oubliette de l’histoire et
nous tordrons le cou au tribalisme rétrograde : recommandation du
témoin numéro 1.
Aux
leaders de l’opposition, il
est temps pour vous de revenir sur terre pour ne pas être surpris par les
évènements. Vous devez dire la vérité au peuple qui vous a toujours
fait confiance et accepter
les exigences de l’heure en vous réunissant autour d’un programme
minimum aux fins d’une nouvelle mobilisation du peuple.
Il
est vrais que la grève générale et illimitée de 92-93 mal gérée a
poussé le peuple à bout et qui est devenu septique au sujet des appels
pou des manifestations de l’opposition. Vous devez avoir le courage
d’avouer vos erreurs et vos manquements au peuple et ils vous comprendra
et vous suivra de nouveau.
Quand
aux « faux opposants » qu’ils ne se trompent plus de peuple.
Le moment est venu pour qu’ils se taise. D’ailleurs certains parmi eux
n’ont pas pu réagir à la déclaration de l’ex Pm. Ces courants
charnières se doivent de faire un (mea culpa) pour non pas avoir de
nouveau la confiance du peuple mais de se faire pardonner pour leur
trahison.
Parfois le silence est un
signe de reconnaissance de ses fautes.
Quand
à Eyadéma, il doit comprendre que le plus beau cadeau qu’il puisse
offrir au Togolais, c’est de quitter le pouvoir. C’est un impératif
et le peuple le lui reconnaîtra. Qu’il se rappelle de ce que de Gaule
disait : "il
vaut mieux quitter 5 ans plus tôt que de le faire 5 min plus tard"
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