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Editorial

Le 23 juillet 2002

Le chemin court, ou le moment de vérité
Jérome Labako

La déclaration d’Agbéyomé  aura traversé une fois encore l’esprit du Togolais comme l’eau jeté sur un corps enduit de graisse.

En dehors des réactions diverses sur les médias électronique, rien ne se passe ni de l’intérieur ni de l’extérieur.

 Pourtant  ces messages et déclarations ont  le même effet  au Togo que celui qu’il y a eu dans le monde suite à chute du mur de Berlin . 

Malheureusement, chacun pense que c’est l’affaire de l’autre ou mieux que cette affaire ne le concerne pas directement.

 Pour beaucoup sur place dans le pays, c’est la peur de perdre ce qu’on a déjà perdu en réalité, de se faire violenter comme cela se passe déjà au quotidien,  de perde son emploi alors que les salaire ne tombent  presque pas. Pour d’autres , la politique ce n’est pas leur affaire, alors que la politique s’impose à eux dans leur vie de tous les jours. 

Quand à la diaspora, elle se contente de conjuguer des déclarations sur le Net, renvoyant souvent la balle dans le camps des leaders.  Ces derniers s’ils ne se prononcent pas assez timidement , ils se taisent tout simplement et font des calculs , histoire de voir si le résultat de tout ceci pourrait être en leur faveur.  

Il est temps aujourd’hui que nous Togolais prenions le problème   autrement en comprenant que la libération du Togo  dépend de nous et de nous seuls. Même si d’une manière générale la providence a le dernier mot, tous les Togolais doivent enfin se lever et en finir avec ce système qui a détruit le Togo  jusqu’à trois générations à venir.  

Le Togo n’est pas l’entreprise d’Eyadéma pour reprendre les termes de monsieur Mba Kabasséma.

 Les togolais doivent avoir à l’esprit une seule chose: ls n’ont plus rien à perdre. 

 Que nous soyons à l’intérieur ou à l’extérieur le temps est venu de comprendre que nous avons déjà tout perdu et qu’il faut se battre aujourd’hui pour garantir à nos enfants un avenir meilleur, même si le dictateur a hypothéqué le notre. 

Combien sont ils dans les capitales occidentale, qui médecin, architecte, juriste, économiste etc… à faire du taxi de ville, à s’occuper de la plonge dans les restaurants des métropoles occidentales… alors que la gestion saine de nos ressources  aurait permis à ces gens de mettre au service de leur nation leur compétence et leur savoir faire.  

Nous somme victimes aussi de notre silence et de notre inaction. On a beau débattre sur les médias électronique, organiser des manifestations ça et là -  ce qui n' est pas - le reste du travail se trouve sur terrain.  

Nous sommes en face de notre destin. Arrêtons d’hésiter. Abandonnons s’il y a lieu ce que nous avons de plus précieux , et envahissons les rue de Lomé pour demander que tout change. La liberté  s’arrache  dans la lutte, au soleil, sous la pluie, et même dans le sang . Si nous refusons cette alternative alors attendons simplement de voir nos souffrance se prolonger.  

M’adressant particulièrement à la diaspora,  je voudrais dire qu’aucune lutte de libération ne peut se faire véritablement à plus ou moins de 8000 km de de la cité à libérer. Rappelons-nous de Gaule qui  avait compris que pour libérer la France il fallait s’organiser à l’extérieur et  revenir sur place.

- Boudah abandonna femme et enfants pour le combat, et est devenu aujourd’hui une référence.

- Ghandi quitta l’Afrique du Sud pour repartir chez lui et affronter la puissance britannique.

- Mandela tout près de nous refusa l’exil pour passer plus d’un quart de siècle en prison au nom de la liberté.  

Une révolution suppose un choix clair et la fidélité à ce choix étant entendu qu’il ya des difficultés inhérente à toute lutte. 

La libération de notre pays nécessite entre autre la libération de toutes les énergie et de tous les moyens.(matériel, financier, spirituel, etc..). Si donc nous ne pouvons pas offrir notre physique pour la lutte, donnons les moyens qui l’accompagnent, c’est ainsi que avec l’effort et la volonté de tous sans oublier l’aide de la providence, qui a son choix sur les hommes , nous enverrons dans quelques mois la dictature d’Ernest et d’Etienne Gnassimgbé aux oubliette de l’histoire et nous tordrons le cou au tribalisme rétrograde : recommandation du témoin numéro 1. 

Aux leaders de l’opposition,  il est temps pour vous de revenir sur terre pour ne pas être surpris par les évènements. Vous devez dire la vérité au peuple qui vous a toujours fait confiance  et accepter les exigences de l’heure en vous réunissant autour d’un programme minimum aux fins d’une nouvelle mobilisation du peuple.  

Il est vrais que la grève générale et illimitée de 92-93 mal gérée a poussé le peuple à bout et qui est devenu septique au sujet des appels pou des manifestations de l’opposition. Vous devez avoir le courage d’avouer vos erreurs et vos manquements au peuple et ils vous comprendra et vous suivra de nouveau.

Quand aux « faux opposants » qu’ils ne se trompent plus de peuple. Le moment est venu pour qu’ils se taise. D’ailleurs certains parmi eux n’ont pas pu réagir à la déclaration de l’ex Pm. Ces courants charnières se doivent de faire un (mea culpa) pour non pas avoir de nouveau la confiance du peuple mais de se faire pardonner pour leur trahison.

Parfois le silence est un signe de reconnaissance de ses fautes.  

Quand à Eyadéma, il doit comprendre que le plus beau cadeau qu’il puisse offrir au Togolais, c’est de quitter le pouvoir. C’est un impératif et le peuple le lui reconnaîtra. Qu’il se rappelle de ce que de Gaule disait : "il vaut mieux quitter 5 ans plus tôt que de le faire 5 min plus tard"

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