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Le Magnan 107 du mercredi 18 mars 2009
Le code électoral avec ses désaccords sur la table du Chef de l’Etat : Le problème de la composante politique de la CENI, toujours récurrent

             Les membres du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) ont clôturé  le vendredi, 13 mars 2009,  les discussions sur le code électoral, les conclusions ont été transmises au chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé.

          Plusieurs points d’accords et de désaccords ont été enregistrés durant les débats qui ont duré plusieurs jours dans une «atmosphère de convivialité», a indiqué Pascal Bodjona, le président du CPDC et représentant du chef de l’Etat.

           Les plus importants points de désaccord concernent notamment le nombre et la répartition de la composante politique de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), chargée d’organiser et de superviser l’élection présidentielle de 2010.

          La  composition des Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI) et des Comités des Listes et Cartes (CLC), ainsi que les conditions d’organisation notamment le vote par dérogation, procuration et anticipation font également partie des points de désaccord.

          S’agissant des points d’accord, les membres du CPDC se sont entendus notamment sur l’organisation des élections par la CENI , la désignation de la composante politique par les partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale, ainsi que la représentation de la société civile par deux membres désignés par l’Assemblée Nationale.

Les membres du Cadre ont également confié au ministère chargé de l’administration territoriale, l’établissement de la liste des notables et chefs traditionnels, après avoir réaffirmer l’autonomie et l’indépendance de la CENI.

          Ils ont également décidé de maintenir en place les membres de l’ancienne CENI, jusqu’à la mise en place de la nouvelle structure.

          Le CPDC regroupe, depuis son installation, des représentants du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, le parti au pouvoir), du gouvernement, de l’Union des Forces de Changement (UFC, opposition) et du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR, opposition). Mais cette structure sera bientôt élargie, suite à un projet de décret pris au  dernier Conseil des ministres, conformément à l’une des recommandations du Comité de suivi de l’Accord Politique Global (APG).

          Mais il faut signaler que cette décision d’élargir le CPDC aux autres partis membres signataires de l’APG crée de sérieux problèmes  à la bonne sérénité qui a toujours caractérisé le déroulement des séances entre les partis parlementaires. L’opposition au parlement menace de quitter la table des discussions s’il advenait que le chef de l’Etat confirmait ce projet de décret. « Nous n’allons jamais siéger avec ces partis », a fait comprendre le 1er Vice-président de l’UFC, Lawson Patrick. Et pour Me Dodji Apevon, c’est la population elle-même qui a tamisé et donner l’onction à trois partis de parler en son nom.

          Ceux qui ont participé aux législatives du 14 octobre ne sont pas du reste. Ils réclament que s’il faut élargir le Cadre il faudrait prendre en considération  les 15 partis politiques qui ont été aux législatives puisque c’est sur cette base que les partis traditionnels ont été coopté pour démarrer le dialogue intertogolais.

          Dans tous les cas, cette question  de répartition des membres à la CENI  va poser un grand problème. Il y a le fait que l’UFC n’entend pas se partager les 6 membres de façon équitable et parle du prorata de la représentation à l’Assemblée Nationale. Ensuite les partis extraparlementaires qui se déclarent candidat veulent avoir leur « œil dedans ». Ils craignent le jour des dépouillements, l’UFC et le CAR vident les bureaux de vote. Ce qui peut entrainer des scènes de violences. Et c’est parti pour une élection qui ne sera pas reconnue par la Communauté internationale. Et là, on risque de retomber dans une nouvelle crise sans précédent.

          La responsabilité de Faure Gnassingbé  dans la résolution de ce désaccord  sur le nombre et la répartition de la composante politique de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est très grande. Il doit user de toute une sagesse pour éviter une probable contestation des élections et donc un bain de sang dont on n’a plus besoin sur la terre de nos aïeux.

Abass Issak


A la date butoir  des promesses du Premier Ministre : Les 6 mois de Gilbert Fossoun Houngbo vus  à la loupe

          Il y a de cela six mois, soit 180 jours que Gilbert Fossoun Houngbo atterrissait avec armes et bagages à la primature du Togo en provenance du système des Nations Unies. Son premier objectif, redonner vie et espoir aux  Togolais après tant d’années de ruptures de la coopération avec les bailleurs de fonds. Il n’avait pas hésité à indiquer qu’au bout de six mois de sa gérance, les Togolais commenceront par  voir quelques lueurs d’espoirs.  Mais comme il le dit lui-même, « ce serait irresponsable de la part d’un dirigeant de donner l’impression qu’en six mois, on pourrait bâtir Rome ». Et il a raison. Le Togo est un petit pays avec de gros problèmes. Il faut  s’armer de courage et de bonne volonté  pour affronter ceux qui dans le sérail veulent conserver le statu quo.

          Cette volonté, le Premier ministre l’a. Et il n’a pas manqué de le démontrer juste aux lendemains de sa nomination. Il est au contact de la réalité vécue quotidiennement par les populations rurales. Le constat était amer. Aujourd’hui, malgré les obstacles et autres peaux de bananes  qui lui sont glissées, il a su tenir le cap. Il s’est jeté à l’eau en prenant le taureau par les cornes.

          Plusieurs reformes ont été donc faites aux plans politiques institutionnelles. Il y a eu un texte sur la Commission Vérité-Justice-Réconciliation qui a permis au chef de l’Etat d’entamer les consultations pour la  mise en place de cette commission. Les partis politiques n’ont pas été oubliés. Un budget de 100 millions de FCFA a été  pris pour leur financement. La loi portant création du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation a été adoptée. Aujourd’hui les partis sont en pleines discussions sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Ces discussions se déroulent en toute sérénité.

          Au niveau des réformes économiques et sociales, les secteurs vitaux ont été visés. C’est ainsi que la loi relative aux marchés publics et délégations de service public a été adoptée.  Sur le plan agricole, le gouvernement a acquis 25.000  tonnes d’engrais vivriers  qui ont été mis à la disposition des agriculteurs. L’ANSAT, (Agence Nationale pour la Sécurité Alimentaire)  a bénéficié  de deux milliards de FCFA pour l’achat d’un stock important de 12.000 tonnes de céréales  en vue de faire face aux pénuries pendant les périodes de soudure.  Il y a également le recrutement de plus de 300 agents  d’agriculture.

          S’agissant des infrastructures, là le Premier ministre Fossoun Houngbo avait entre temps déclaré qu’il souhaiterait que le Togolais ne tombe dans les trous et qu’il se sente mieux lorsqu’il se trouve sur les rues de Lomé. A ce sujet, il y a eu la réhabilitation de plusieurs rues de Lomé, le cuvage des caniveaux à Lomé, une tracée de déviation à Amakpapé en dehors du pont rail pouvant supporter tous les types de véhicules. Le démarrage des travaux du pont d’Amakpapé par des ingénieurs chinois.

          Au plan Energie-eau, une subvention de 9 milliards de nos francs a été octroyée à la CEET pour faire face au délestage. Bien plus, une centrale de 14 groupes pour MW a été construite dans la zone portuaire.

          Au plan de la santé, plusieurs centres régionaux et préfectoraux ont été réhabilités, l’achat et la distribution gratuite des ARV aux malades de SIDA.

          Concernant l’éducation, c’est la gratuité des frais scolaires dans le préscolaire et secondaire qui a été constaté ainsi que le recrutement de plus de 2000 enseignants.

          Dans le cadre de l’administration, de la Fonction Publique et de la Justice,  l’on a constaté l’évolution du programme de modernisation de l’administration judiciaire, le recrutement de  4000  agents dans la fonction publique. La revalorisation de  l’indice salariale de l’agent du public. Même si ces actions ne sont pas visibles, elles ont eu le mérite d’améliorer un tant soit peu le quotidien du Togolais. Il reste beaucoup de choses à faire et le PM Houngbo doit beaucoup s’y atteler. Il peut mieux faire. Car les attentes des populations sont énormes et légitimes.  Il va falloir qu’il se retrousse les manches.

A. I.


Contrebande d’essence du Ghana vers le Togo : La tension sociale monte

          Des Associations de Jeunes bientôt dans les rues pour exiger la baisse du prix du carburant.

Depuis quelque temps, se développe un trafic d’essence entre le Ghana et le Togo. Une situation née aussitôt après la revue à la baisse du prix du carburant à la pompe au Ghana. De 300 FCFA au Ghana contre 500FCFA au Togo le prix du super sans plomb, des jeunes togolais et ghanéens ont vite su pour profiter de ce commerce illicite à risque pour s’enrichir un temps soit peu. L’ampleur du commerce a atteint son paroxysme au point que les autorités ghanéennes ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Une surveillance au niveau des frontières a été mise sur pied et d’après les informations, plusieurs saisines ont été faites. De cette saisine, les autorités ghanéennes ont fini par comprendre  les réels motifs et existences d’une telle pratique entre les deux Etats. Beaucoup de révélations ont été faites aux autorités ghanéennes sur qui fait quoi et avec l’aide de qui. Au niveau d’Aflao, la plupart des stations-service ont été victimes de vol de carburant mais, leurs auteurs ne sont jamais inquiétés. Beaucoup de commerçants de « BOUDE » venant du Togo ont été impliqués dans cette activité avec pour complices, certains responsables dans les stations-service au Ghana. A en croire la police ghanéenne « des gérants de stations-service oeuvrent main dans la main avec les réseaux mafieux pour voler l’essence ». L’évolution de cette situation a amené les autorités des deux Etats voisins à cogiter pour une mesure finale. Et le premier Ministre, très conscient a reconnu l’existence de la chose.  « Effectivement, la contrebande est préjudiciable pour tous. Le gouvernement est très sensible à la question et nos services sont à l’étude », annonce Gilbert Houngbo au cours d’une émission de Médias d’Afrique sur Rfi. La contrebande, liée à la baisse du prix du carburant fixé au Bénin à 300 F CFA le litre et à 350 FCFA au Ghana, Gilbert F. Houngbo a annoncé que les services sont en cours d’étude et d’ici peu, une baisse serait possible. « Le gouvernement très conscient et nos services sont actuellement à l’étude de la structure de prix. Nous sommes en train de revoir la situation actuelle et si nécessaire, le gouvernement va prendre une décision dans les jours qui suivent », précise le PM, affirmant que la baisse ne serait pas forcément la même que le Bénin et le Ghana. « Pas nécessairement le même qu’au Ghana ni au Bénin. Il faut savoir que la problématique est différente selon chaque pays. Le Bénin ayant énormément de problème de contrebande du pétrole émanant du Nigeria, doit prendre cela en considération. La problématique n’est également pas la même au Ghana. Il est plutôt facile de passer par des comparaisons avec des pays qui offrent des prix moins élevés que les nôtres, il faut chercher à l’élargir la fourchette.

La baisse du prix du carburant après la chute du prix du baril sur le marché international a été la préoccupation de plusieurs associations de Jeunes à l’instar de l’ABEJ et le Syndicat  des Consommateurs (ATC). Ces associations de Jeunes se mobilisent et mobilisent déjà  les citoyens et  autres consommateurs à une gigantesque marche pacifique à travers la capitale pour exiger la baisse du prix du carburant. « Aujourd’hui, nous ne comprenons pas  pourquoi l’Etat togolais ne veut pas d’une nouvelle baisse. Le baril sur le marché international n’est plus ce qu’il était auparavant ; nous exigeons une nouvelle baisse... », confie un responsable à la tête de la marche pacifique prochaine. Tout compte fait, des tracts vont bientôt sillonner et c’est au PM de précipiter les choses pour devancer les associations de jeunes. Si non, ce serait son premier baptême de feu. Cependant, les togolais  ne comprennent  pas  une chose. Depuis  sa sortie tapageuse et médiatique pour dit-on, interdire la vente de « Boudè » sur les trottoirs du Togo, le ministre  du Commerce, Guy Lorenzo se mue dans un silence  total. Alors  que la contrebande cause un tort qui ne dit pas son à l’économie du Ghana, Guy Lorenzo   n’a jamais levé son petit doigt pour situer l’opinion. Cette  situation  amène  beaucoup de togolais  à parler d’une incapacité du Ministre à trouver les vrais  remèdes  au problème du carburant qui cause tant d’ennuis aux consommateurs togolais. Il n’a trouvé que d’interdire la vente qualifiée d’illicite sans pour autant cherché la cause de l’activité.  A l’intérieur du pays, à Vogan, les forces  de l’ordre  ne cessent de procéder  à des saisines  du carburant vendu aux abords des routes de la ville. Que deviennent en réalité le contenu des bidons saisis après le passage  des hommes  en treillis qui ne font que respecter la consigne du ministre ? Guy Lorenzo donne l’impression  qu’il ne maîtrise pas du tout  la tâche à lui dévolue. En tout cas, le monde vous regarde.

Linus Yao.

Le Magnat Libéré 102
L’indigeste plat qu’on tente de faire avaler à l’opinion : L’amalgame qui choque, traque contre l’argent ou contre le terrorisme

Piqués, ils réagissent, sommes-nous tentés de dire par rapport à la grande agitation qui s’est emparée de ces beaux messieurs qui extorquent, dépossèdent sans raison d’honnêtes opérateurs économiques de leurs fonds.

Se sentant mise à nue, la clique se démène pour faire avaler des faussetés à l’opinion qui n’est pas si dupe comme ces messieurs le pensent. C’est quand même malheureux qu’on mette des stratégies pour déposséder d’honnêtes gens de leurs biens et qu’on se replie derrière des arguties pour justifier l’injustifiable. L’amalgame qui se fait autour de ces fonds saisis à l’aéroport indispose les bonnes consciences. La parade trouvée pour donner un sens à ce gangstérisme est lamentable : le terrorisme. Certes, le mal mérite qu’on le combatte avec la rigueur requise, mais l’on met au défi ces arnaqueurs de donner la petite preuve qui atteste que les fonds injustement retirés sont destinés à alimenter une quelconque action terroriste. Ce qui frustre, c’est la manière brutale et sans élégance dont nos « unités antiterrorismes » se prennent. Ils vous dépossèdent de vos avoirs, ils vous envoient paître en prison pour les moins chanceux et on fait main basse sur le magot. Ceux qui ont un peu plus de chance, sont dépouillés à coup d’intimidation et expulser sans aucune forme de procès. Quand les délinquants jouent aux roitelets dans la capitale et qu’on ne trouve pas les moyens de les mettre sous éteignoir et que nos « Zorro » pensent que c’est au terrorisme qu’ils ont inventé de toute pièce pour légitimer leurs forfaitures, c’est des actes d’un cynisme inégal. Entre nous, où vont ces fonds ? Nos messieurs de « l’anti-terrorisme » se la coulent douce et on susurre qu’ils se sont faits de réels embonpoints financiers avec des fonds propres d’honnêtes opérateurs économiques. Le comble de l’imposture vient du fait que l’un des opérateurs dépouillés est en règle avec les papiers lui permettant d’avoir autant de liquidité sur lui. Si c’est l’argent du terrorisme, l’on pense que ces gens ne sont pas si fous et si idiots pour ne pas trouver des canaux appropriés pour sortir les fonds du pays. Sous aucun ciel à ce qu’on sache jusqu’alors, ces fonds qui alimentent le terrorisme n’ont jamais été déclarés comme a eu à le faire les dernières victimes d’extorsion de plus d’un milliard de nos francs.

Il est quand même temps que l’autorité prenne la situation et la considère avec le plus grand sérieux. Si on laisse faire, la relance tant souhaitée a de beaux jours devant elle. Qui, même saoulé par les billets peut-il accepter se faire dépouiller par de « grands bandits » et avoir le cœur de continuer comme si c’était normal l’injustice dont il est victime. Il y a un réel péril en la demeure. Que les premiers responsables du pays ne se laissent pas divertir par les prétextes d’Al Quaïda, du Hamas, du Hezbollah et que savons-nous pour légitimer la dont font montre les tristes messieurs de la traque contre un terrorisme crée de toute pièce.

On traque de l’argent et non le terrorisme. Ce qui est sûr, le montage fait pour susciter une certaine administration et intérêt s’écroulera bientôt comme un château de cartes car les bases sur lesquelles la délinquance est légitimée ne tiennent pas parce que n’étant pas solides.    

La Rédaction


Création du CPDC : Le CAR sauve son APG et met le RPT et l’UFC aux pas

Le mercredi 04 février 2009, le Président de la République, a créé le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC).  

La création de ce Cadre signifie enfin que le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), du moins, son Président, Faure Gnassingbé est décidé à appliquer les dispositions encore en suspens de l’Accord Politique Global (APG). Pris ainsi, l’acte  que vient de poser le Président de la République est  salutaire.

Mais, ne dit-on pas souvent : « A César, ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu ». Pour cela, il est judicieux que les populations sachent que la création du CPDC est le fruit de la résistance menée par le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) depuis les législatives d’octobre 2007.

En effet, l’APG avait prévu en son point 5.1 la création du CPDC pour connaître des sujets d’intérêt national parmi lesquels, les réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Mais, aussitôt après le scrutin du 14 octobre 2007, le RPT, comptant sur sa majorité au parlement, a tourné le dos à l’Accord, refusant de mettre sur pied le Cadre. L’Union des Forces du Changement (UFC) avait préféré des discussions bilatérales avec le RPT pour opérer les réformes.

Le parti de Gilchrist avait, d’ailleurs, affirmé tout haut que le CPDC n’est pas habilité à connaître de la question des réformes. Ainsi, lorsque le ministre de l’Administration territoriale, en toute illégalité, avait demandé aux partis signataires de l’APG de lui faire des propositions pour la modification du code électoral, l’UFC n’avait pas trouvé d’inconvénient. Par la suite, elle a discuté avec le RPT sur les réformes  pendant sept (07) semaines sans résultats.

Mais, le CAR est resté attaché à l’APG et a refusé de faire des propositions en dehors du Cadre permanent. Le parti de Me Apévon a adopté la même attitude par rapport au texte portant statut de l’opposition. Suite aux menaces  du CAR et de l’UFC de boycotter la session extraordinaire du parlement consacrée à l’examen des projets de lois adoptés unilatéralement par le gouvernement, Faure Gnassingbé, sentant qu’il y a péril en la demeure, a pris enfin ses responsabilités en créant le CPDC. Celui a depuis le février 2009 démarré ses travaux.

Comme nous l’écrivions tantôt, les deux partis de l’opposition parlementaire ont fait bloc contre le RPT. Néanmoins, les Togolais se posent une question : qu’est-ce qui aurait pu arriver, si le CAR, au lieu de résister, avait préféré, comme l’UFC des discussions bilatérales avec le RPT ? Les observateurs sont unanimes sur la réponse : ce serait la catastrophe, un véritable naufrage. Cela est d’autant plus vrai que l’attitude de l’UFC a servi de prétexte au pouvoir pour refuser d’appliquer l’APG et surtout de préparer des textes iniques à présenter à l’Assemblée Nationale.

L’on se demande sur quoi le gouvernement se serait basé pour affirmer que le projet de modification du code électoral est consensuel, si aucun parti, en dehors du RPT, n’avait fait des propositions ? Malheureusement ces partis n’ont pas compris de si tôt la nécessité et l’importance du Cadre Permanent et ont compromis la situation.

Mais dans l’histoire de l’humanité il y a toujours de visionnaires et de résistants qui arrivent à sauver des peuples d’une situation inespérée. Par la résistance de Charles De Gaule, la France a vaincu les Nazis. Par celle du CAR, le RPT a fléchi et Faure vient de créer le CPDC. Le devoir de vérité nous oblige en notre qualité de journaliste de dire les choses telles qu’elles sont. Chapeau bas au CAR.

L.M


Changement de régime  politique au Togo : Les dangers d’une alternance au Togo

Des « incontrôlés »  confondent élections et guerre

            On peut bien  avoir la volonté de faire l’alternance au Togo. Tout le monde est d’accord pour qu’il y ait changement de régime. Mais a-t-on déjà préparé les esprits, surtout militaires dans ce sens ? That’s the question.  Il y a aujourd’hui 19 ans que le vent de l’Est a soufflé sur toute l’Afrique entraînant des changements de mentalités. La démocratie s’est installée avec un peu plus d’espace, de liberté. Mais dans notre pays, il y a des difficultés à accepter le changement du régime. Pour peu qu’il y ait une petite ouverture pour expérimenter une autre méthode de gestion par  un autre parti autre que le RPT, c’est à des coups de force qu’on se voit confronté.  Les raisons de cet état  de fait ne sont pas à chercher loin.

Les trois mois de transition de Joseph Kokou Koffigoh

          Dans les années  90, les mouvements sociaux-politiques  de protestation ont  gagné les Togolais qui réclamaient  plus de liberté après un quart de siècle de gestion solitaire et sans partage du pouvoir de feu le Général Eyadéma. Après une Conférence nationale souveraine mouvementée, une période de transition dirigée par Joe Koko la guitare, qui en principe devrait organiser les élections au bout de six ou huit mois n’avait fait que trois mois perturbée qu’elle était partie par des coups de force orchestrés par des FAT. La raison c’est que le gouvernement de Transition avait reçu tous les pouvoirs octroyés par  la CNS, réduisant le chef de l’Etat à un simple arroseur de chrysanthème. L’armée qui n’entendait pas voir son chef suprême, qui l’a formé et moulé à son image, n’a pas du tout apprécié la nouvelle situation de son chef. L’apothéose des coups de force a eu lieu le 3 décembre mettant ainsi un  coup d’arrêt au  processus enclenché par les forces démocratiques. Et depuis, le pouvoir RPT a  repris du poil de la bête avec le soutien indéfectible de la force des baïonnettes. Voyant le « danger qui profilait à l’horizon, Koffigo a mis sa queue entre ses pattes. La transition a ainsi échoué. Le régime Eyadéma était revenu en force.

Combat  démocratique transformé en combat corps à corps

          La lutte menée par les forces démocratiques était plutôt dirigée contre un homme oubliant ainsi le système politique. C’était un combat personnel au point que feu Eyadéma considérait l’opposition et particulièrement Gilchrist Olympio comme un ennemi à abattre plutôt qu’un adversaire politique. Il fallait donc protéger le fils d’Olympio. Une armée  a  été montée à cet effet. Et Selon Me Agboyibo, l’armée était la carapace d’Eyadéma.  Le combat démocratique a été ainsi dénaturé. Il a été transformé en un combat corps à corps. Dans les cercles du pouvoir gnassional, il y a des gens qui détiennent les ficelles et les utilise à leur guise.  On l’a vue intervenir dans plusieurs manifestations pour protéger, qui vous savez. Et là, les observateurs  les plus avisés n’ont pas hésité à dire ceci : « Ils ont la force militaire, ils ont le pouvoir, ils ont l’argent et donc rien ne pourra leur arriver ». Et effectivement comme cet observateur, on  ne pourra pas s’attendre à une alternance au Togo tant que cette armée n’est pas sensibilisée sur ce que c’est que l’alternance politique. Il faut faire comprendre à cette grande muette que  le changement du régime  n’est dirigé contre personne. Et de plus les principes républicains doivent être le leitmotiv de cette sensibilisation. L’armée doit être républicaine puisque c’est l’argent du contribuable togolais qui sert à l’achat des armes.  Mais tant qu’on n’inculquera pas des principes républicains dans les esprits de nos hommes en treillis, on pourra tout faire, l’alternance ne viendra pas au Togo. Tout donne l’impression que l’opposition  chasse le fauteuil présidentiel oubliant les conséquences qui s’en suivront après. Même s’il y a des sensibilisations sur le civisme que font certaines ONG de la société civile, il y a dans les rangs, ceux qu’on a toujours désignés par « incontrôlés ». Donc prudence.       

          Supposons qu’aux termes d’une élection présidentielle,  un certain Gilchrist Olympio ou un autre comme Agboyibo est élu Président de la République togolaise. Pourra-t-il passer en revu les troupes ou recevoir les honneurs militaires ? Il faut arrêter  de chanter l’alternance sans chercher à voir les contours et les conséquences de cette alternance.  Cette « armée  à l’image de son chef » ne digère pas surtout que les propos de Fo Gil qui l’a traité de « tribale » et de « clanique ». C’est là que réside le danger.

           A son arrivée au pouvoir le 14 avril 1967, c’est 10 jours plus tard que, passant en revu les troupes, Gnass Père a été zigouillé par un gendarme Bakobosso le 24 avril 1967 qui  a tiré sur lui à bout portant et la balle alla ricocher un mur arrachant la sacoche qu’il avait en main.

           L’armée, c’est le cache-sexe du RPT et il n’entend pas se laisser marcher sur les pieds facilement comme ça. On l’a déjà dit, et il faudra en tenir compte.  D’ailleurs, Faure Gnass, lors de son investiture comme Président du RPT et candidat qui devrait porter les couleurs du RPT aux élections présidentielles de 2005 avait « casser la jarre » en déclarant que son Pépé lui avait dit ceci : « si vous laissez le pouvoir  vous échapper, il vous sera très difficile de le récupérer ». Avec déjà ces propos du Timonier national, le RPT  va user de tous les moyens pour conserver son  pouvoir. Même s’il faut user  des méthodes musclées, les vœux du défunt doivent être respectés. Si dans ce pays, les résultats sont truqués et que l’opposition n’arrive pas à prendre le pouvoir, c’est qu’il y a matière à mieux réfléchir que de se  lancer dans des querelles inutiles. Et très souvent, les contestations sont suivies de massacre des populations  Et chaque élection, c’est la même rengaine : « lorsque nous serons au bord de la rivière, on saura comment la traverser ». Mais cette rivière n’a jamais été traversée. Les défenseurs de la victoire de l’opposition se noient dans la rivière. Et ce sont des morts, des blessés et des exilés ainsi que des «déjà frappés » qu’on enregistre. Et tout ceci,  parce que beaucoup ne sont pas préparés pour l’alternance au pouvoir.  

La parole de militaire

          En 2003, feu le Général Eyadéma avait donné sa « parole de militaire » qu’il ne se représentera plus aux élections présidentielles. Mais quelques temps après, la constitution a été « toilettée » afin de permettre au « Guide Eclairé » de rebeloter indéfiniment. Papa Gnass a donc renier et  craché sur sa « parole de militaire ». C’est ainsi que l’alternance a été galvaudée au grand dam de l’opposition. Démocratique.       Si au Bénin, au Ghana et dans plusieurs autres pays, l’alternance est au rendez-vous, c’est parce que le pouvoir politique n’est pas assis sur l’armée. Bien plus, cette armée a un véritable statut et est imbue des principes républicains. On ne peut donc pas dire qu’on va suivre l’exemple du  Ghana sans qu’on n’ait changé de culture et tant que l’armée pensera toujours que l’alternance politique,  c’est contre son intérêt. Le changement de régime politique passera donc par la sensibilisation  de la grande muette et le changement des mentalités. L’alternance politique n’est dirigée contre personne.

La succession d’Eyadéma

          Tout le monde a vu comment la succession de feu Eyadéma après la « catastrophe nationale » s’est passée. Elle était très mouvementée. Le dauphin constitutionnel, Fambaré Ouattara Natchaba a été bloqué à l’extérieur du pays pendant que les populations réclamaient le respect de la Constitution. Dans la précipitation les militaires ont fait allégeance au fils du Père, Faure Gnassingbé foulant ainsi au pied les règles de l’art. Tout simplement, parce que l’armée veut toujours conserver le contrôle du pouvoir. Les contestations devenaient intenables.  Abass Bonfoh qui était le premier vice Président de l’Assemblée nationale a été fait Président de la République par intérim après une vaine tentative d’imposition de Faure Gnassingbé.  Pas pour longtemps puisque  le RPT reviendra à la charge en imposant Faure Gnass après des tours de passe-passe et des tripatouillages de la constitution  qui font de Faure le Président de l’Assemblée nationale puis Président par intérim de la République. Et le tour était joué.

          Au regard de tout ceci, il faut  donc se dire que l’alternance dans ce pays, a de maigres chances de réussites si ceux qui sont aux premiers rangs du pouvoir au Togo ne sont pas instruits et sensibilisés sur ce que c’est qu’un changement de régime ou une alternance. Beaucoup le comprennent. Mais est-ce que cela pourra se passer tranquillement ? Il faut après tout, éviter de retomber dans l’instabilité politique en recherchant coûte que coûte l’alternance.

Abass ISSAK


Les premiers couacs de la réunion du CPDC hier sur les réformes des textes : Les discussions ont achoppé sur deux points. Les débats se poursuivent aujourd’hui

          Juste après  son installation  le vendredi 6 février 2009 par le Premier ministre Gilbert Houngbo, le Cadre Permanent de dialogue s’est en même temps mis au travail. Il a tenu sa deuxième séance hier mardi à la primature. Dans l’ensemble, les travaux se sont bien déroulés. Toutes les parties prenantes à ce cadre ont répondu présentes. Les discussions ont achoppé sur deux points à savoir la désignation d’un observateur pour superviser les  travaux du CPDC et la question de saisine du Comité Paritaire de Suivi (CPS) du dialogue intertogolais piloté par le Président Burkinabé Blaise Compaoré. L’opposition voulait la présence des observateurs, qui seront peut-être envoyés par une organisation sous-regionale, comme la CEDEAO, l’UA ou l’OIF. Les débats sont donc ouverts sur ce dossier et vont se poursuivre aujourd’hui. Le CPDC a également consacrée cette deuxième rencontre  à l’étude  du règlement intérieur devant régir le fonctionnement de ce cadre de dialogue.   

          C’est le vendredi 6 février 2009 que le Premier ministre Fossoun Houngbo a installé  le cadre permanent  de dialogue pouvant connaître des «questions d’intérêt national», suite aux débats houleux ces derniers jours à l’Assemblée nationale sur des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

          Dénommée «Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC)», cette structure est chargée de «créer par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains, notamment la constitution, la charte des partis politiques, le code électoral et la régularité des scrutins, les prérogatives constitutionnelles des institutions».

          Le CPDC est également chargé de veiller à «l’accès équitable aux médias d’Etat, au respect des droits et devoirs de l’opposition, du code de bonne conduite et de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de la culture citoyenne», souligne le décret présidentiel.

          Présidé  par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, Pascal Bodjona, représentant le chef de l’Etat dans ce cadre, le CDPC regroupe les trois partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives d’octobre et le gouvernement.

          «Chaque parti y est représenté par son leader ou son représentant. Le gouvernement est représenté par deux ministres», souligne le décret.

          Le CPDC peut consulter en cas de besoin, toute personne physique ou morale parmi lesquelles des personnalités, les principales confessions religieuses.

          «Les partis politiques légalement constitués, non représentés au sein du CPDC, peuvent par écrit, saisir le CPDC de tout sujet qu’il juge d’intérêt national», précise le texte du décret.

          L’Assemblée nationale a été fortement secouée ces derniers jours, suite à un projet de modification du code électoral transmis au Parlement par le gouvernement.

          L’Union des Forces du Changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Dodji Apévon ont rejeté le document, exigeant des discussions préalables au sein d’un cadre de dialogue.

          Il faut relever que les partis extraparlementaires ont exprimé leur mécontentement du fait de leur mise à  l’écart de ce cadre et   l’ont fait savoir à travers des déclarations et communiqués de presse.

Abass ISSAK


Un religieux pour diriger la Commission vérité et réconciliation : Les consultations pour sa nomination ont déjà démarré

          Dans le cadre du processus de mise en place de la Commission «Vérité justice et réconciliation », recommandée par l’APG (Accord politique global), Faure Gnassingbé a entamé lundi dernier des consultations avec les dignitaires religieux en vue de définir le profil idéal des membres appelés à siéger au sein de cette commission indépendante.

          Le chef de l’Etat s’est entretenu tour à tour avec une délégation de l’Union musulmane du Togo conduite par son président Inoussa Bouraïma, avec des représentants de l’Eglise des Assemblée de Dieu et de l’Eglise méthodiste et avec des membres du Conseil pontifical de l’Eglise catholique.

          « L’Eglise catholique est disposée à collaborer à ce processus de réconciliation nationale pour assurer un bel avenir au Togo », a déclaré Renato Raffaele, cardinal porte parole de la délégation des évêques.

          Le ministre des Droits de l’homme et de la Promotion de la démocratie, Yacoubou Hamadou, a tenu à expliquer la démarche du chef de l’Etat : « Le président s’est engagé à respecter, point par point, les recommandations issues des consultations nationales. Ces recommandations préconisent que la Commission soit dirigée par un religieux. C’est dans ce cadre que le chef de l’Etat a entamé ces consultations. Il souhaite définir avec ces religieux le profil et les critères de la personnalité qui devra diriger cette instance, de même que les membres qui devront en faire partie ».

          « Les consultations ont clairement défini la volonté du peuple qui voudrait que la Commission vérité, justice et réconciliation soit dirigée par un religieux. Aujourd’hui, le chef de l’Etat a pris sur lui la responsabilité de consulter toutes les confessions religieuses », a indiqué le ministre togolais des droits de l’homme, de la consolidation de la démocratie et de la formation civique, Amadou Yacoubou.

          « Cette démarche répond à un souci, celui de définir ensemble avec les confessions religieuses, le profil et les critères de la personnalité devant diriger cette Commission », a-t-il souligné.

          M .Gnassingbé avait lancé le 15 avril 2008, des consultations en vue de la création de cette commission sur les violences à caractère politique au Togo.

A l’issue de ces consultations, un rapport a été adressé au gouvernement, notamment au chef de l’Etat.

          Prévue par un « accord politique global » signé par les acteurs politiques togolais en août 2006, la Commission vérité, justice et réconciliation a pour mission notamment de faire la lumière sur les actes de violence à caractère po1itique et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes.

           Le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo avait indiqué qu’une personnalité religieuse était qualifiée pour présider la Commission, « même si cela n’est pas un dogme ».

Le Magnanime


La furie des  transitaires au Port de Lomé : Ably-Bidamon et sa COTEC  détruisent inexorablement l’économie togolaise

            Depuis près d’une semaine, les syndicats des transitaires et déclarants en douane au Port autonome de Lomé (PAL sont en grève ; un mouvement qui pénalise l’activité de la plate-forme. A l’origine du mécontentement, l’augmentation des taxes douanières perçues par Cotec et Cotecna pour le compte de la direction générale des douanes, notamment sur les véhicules.

          Lomé qui était devenue la capitale ouest-africaine du marché des voitures d’occasion risque de perdre sa place de leader au profit du port de Cotonou.

          « Depuis quatre mois, la plupart de nos clients ont quitté le Togo vers d’autres pays de la sous région, nous n’avons plus d’activités, il faut que les autorités revoient les valeurs qu’ils fixent sur les voitures » explique Salla Koffi, un jeune déclarant en douane.

          Les syndicats des transitaires sont furieux. « Comment pouvez-vous imaginer que l’on paye un véhicule 800.000fcfa pour ensuite le dédouaner à plus d’un million ? Je pense que c’est une question de bon sens. Nous ne sommes pas contre la modernisation et la numérisation des services douaniers, mais il faut que cela soit fait avec mesure en tenant compte du niveau de vie des citoyens » assure un responsable syndicale qui requiert l’anonymat.

          Les autorités douanières n’ont pas encore répondu aux revendications, mais de sources concordantes indiquent que des discussions pourraient s’engager entre transitaires et les autorités douanières.

          En effet, La vente des véhicules d’occasion connaît des perturbations depuis quelques jours au port de Lomé à la suite d’une cessation d’activité lancée par les vendeurs et les importateurs qui protestent contre un nouveau système de taxes douanières.

 « Les parcs sont ouverts mais nous ne voulons pas vendre », a confié à APA Hassan, un importateur assis sous un hangar en train de siroter son café, estimant que «depuis plusieurs semaines, les clients sont moins nombreux à venir à cause de la nouvelle méthode d’évaluation de la valeur douanière des véhicules », a-t-il révélé.

          Les responsables de la douane togolaise ont introduit depuis le mois de décembre un système d’évaluation informatique des voitures d’occasion piloté par la Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC).

          Le système consiste à décrypter le numéro de châssis des véhicules à partir des bases de données en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie pour avoir le prix de vente du véhicule sur le marché international. Du coup, la valeur douanière des véhicules d’occasion connaît une hausse.

          Plusieurs importateurs et vendeurs de véhicules d’occasion ont révélé à APA la chute vertigineuse de la vente des voitures d’occasion à cause du prix élevé de la valeur douanière.

          « Comment peut-on demander une valeur douanière de 1,5 millions pour une voiture vendue à 700 000 francs CFA ? ça n’a pas de sens et c’est normal que les clients évitent l’achat de voiture », a commenté Berjahui, un importateur.

          Il a indiqué que beaucoup de clients ont acheté des voitures qu’ils ont refusées de sortir des parcs automobiles du port.

          « En un mois, la vente a chuté de 50 % chez moi », s’est plaint un autre importateur qui projette déjà quitter le Togo pour le Bénin dès qu’il aura « fini de liquider le reste des voitures».

          Georges Koné, venu de la Côte d’Ivoire pour acheter une voiture à Lomé avoue vivre un véritable calvaire. « J’ai acheté une voiture depuis plusieurs jours ici mais depuis qu’ils ont cessé de travailler je ne peux pas partir avec le véhicule et voilà je suis bloqué à Lomé », a-t-il témoigné.

          La cessation des activités au port paralyse les différentes affaires autour de la vente des voitures à savoir les mécaniciens, les démarcheurs et les transitaires qui ne cessent se plaindre.

          « La situation affecte tous les secteurs d’activité au port de Lomé », a déploré Anani Paulin Glokpor, membre du Collectif des syndicats des déclarants en Douanes (CS2D).

          Comme on le voit, le Directeur Général de la Douane et sa COTEC vont détruire l’économie du Togo pour des intérêts égoïstes. Faure Gnassingbé doit prendre ses responsabilités et mettre fin à ce « carnage ».  Il n’est pas superflu de reconnaître que ce sont les propres « amis »  du chef de l’Etat qui vont lui foutre du bordel dans sa gestion des affaires de l’Etat.

A.     I.


Les étudiants de l’EAMAU persistent et signent : « S’il faut une année blanche, on la fera »

Les étudiants de l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) qui ont déclenché une grève depuis quelques jours, n’ont pas repris les cours lundi, malgré l’appel lancé la semaine dernière par les autorités togolaises.

 Cissé Stephane, le Responsable de la Commission d’information, une cellule de gestion de la crise mise en place par les étudiants grévistes nous donne les détails au cours d’un entretien.

Pourquoi vous organisez un sit in  dans vos locaux ?

Nous avions organisé ce sit in suite au message de la ministre en charge de l’EAMAU, la vice-présidente du CA, c’est-à-dire le ministère de tutelle au Togo, le mercredi dernier pour demander la reprise des cours  ce lundi 09 février 2009. Face à cette indignation, tous les étudiants de l’EAMAU se sont réunis  ce matin  bien habillés comme s’ils allaient  en classe à l’heure, mais nous sommes plutôt arrêtés sur le terrain leur montrer que si on est rentré en grève, c’est par rapport à certaines  revendications et lorsqu’on  voit que, nos revendications n’ont pas été  prise en compte, aucun  dialogue n’a eu lieu entre nous et l’administration, on ne peut pas reprendre les cours.

Au fait qu’est ce qui vous  oppose aux autorités  de l’EAMAU ?

Il  faut dire que les autorités  de cette école n’ont aucune considération pour nous  les étudiants. L’élément déclencheur de cette grève a été l’insécurité des étudiants de l’EAMAU. Tous les étudiants de cette école ne sont  pas logés dans la cité faute de place. Lors du CA précédent, il a été demandé à l’administration de chercher à savoir  là où les étudiants logent où même de chercher les cités que les étudiants soient regroupés pour leur sécurité, cela n’a pas été fait. Cette administration  ne sait pas là où nous logeons, chacun se débrouille et le week- end  qui a précédé la grève, trois étudiants ont été victimes d’agression ; il y a un d’entre eux  qui a reçu trois balles, Dieu merci, aujourd’hui, ça va pour lui un peu ; une autre ici à l’EAMAU a reçu  la visite des braqueurs chez elle à la maison (dans le quartier) ; un autre a reçu cette fois-ci, la visite des malfaiteurs en son absence. Face à ces braquages  répétés, on a demandé à l’administration (ceux là qui sont chargés  de notre bien être ici au Togo) une discussion avec eux pour trouver des solutions  à notre insécurité. Il a été prévu le mardi 20 janvier 2009, une tentative de négociation avec eux .Cette réunion a été simplement et purement annulée. Lorsque nous étudiant de l’EAMAU, avions  exprimé  notre  indignation  face à l’annulation  de cette réunion  qui devait  parler  d’un problème très crucial d’insécurité, nous avons adressé  un préavis  de grève  signé  en bonne et due forme signé par tous les étudiants pour demander que la réunion se tienne si non, nous rentrerions en grève le jour suivant. L’administration  n’a rien fait  et elle nous dit qu’elle a annulée cette réunion pour assister à l’investiture  de BARACK OBAMA. Lorsqu’on  est rentré  en grève, le mercredi 21 janvier 2009, le Directeur  Général est arrivé ici et il nous a demandé  purement et simplement de rentrer en classe sans savoir pourquoi est ce qu’on est rentré en grève. Il faut dire que l’insécurité a été la goutte d’eau  qui a débordé le vase. Ici  à l’EAMAU depuis un temps, les gens sont venus ici et se sont formés, ils sont partis  en laissant des problèmes. Regardez un peu le cadre, si on vous dit  que le budget annuel de cette école  avoisine les 01 milliards de FCFA, vous pouvez croire ? IL y a un déséquilibre  criant entre le confort de nos directeurs généraux et les locaux  dans lequel on fait les cours. C’est quelque  chose franchement  d’indignant. Là, il fait chaud dans les salles  de classes, souvent, on a pas de chaises…, la formation  même est bâclée. Le Directeur  des études est capable  de nous demander  de faire  des devoirs sur table parce qu’on réclame des perdiems alors que dans les rapports du Conseil d’Administration (CA), il était alloué  près de 08 millions de FCFA pour les perdiems. On ne sait pas là où va cet argent ; il y a un problème sérieux de gestion (bref, un déséquilibre  entre le confort des étudiants et le confort de l’Administration). Aussi, il faut souligner que lorsqu’on  fait six ans ici et que le sentiment qui nous anime après les études, c’est le doute de savoir,  si on pourrait tenir  sur le terrain, c’est vraiment quelque chose d’alarmant. Une école inter état de 14 pays supposée être la plus grande école d’architecture  africaine, ne peut pas rivaliser  avec une école d’architecture magrhébienne ou bien européenne de quartier, c’est vraiment quelque chose d’indignant. Donc, la grève  a pris une autre  tournure pour essayer de repenser  même la gestion  de ce cadre, EAMAU.

Nous voulons  des conditions  de vie plus adéquates aux études, nous voulons des professeurs attitrés, des qualifiés et nous voulons aussi un suivi réel  de nos  projets, enfin nous voulons habiter dans des cités qui puissent regroupés les étudiants.

 

Depuis  le déclenchement de cette manifestation jusqu’à ce jour, qu’est ce qui a été fait concrètement ?

Ce qui a été fait par l’administration,  c’est qu’au lendemain de la grève, elle a voulu négocier avec notre comité des élèves. Nous leur avons adressé  un courrier  pour leur dire  que dès la première heure  de la grève,  le comité des élèves a été suspendu et c’est notre  comité de gestion de la crise  qui est là. On n’a pas reçu aucun courrier pour négocier avec eux et de surcroît, lorsqu’on  est allé  à l’administration, le jeudi 29 janvier pour revendiquer, le DG nous a dit qu’il va négocier  avec le ministre de tutelle. C’était le 2e  refus  de négocier  avec nous  après bien sûr le préavis. Face  à ce refus  de négocier avec nous et même aller appeler les policiers  pour nous  bastonner, nous avons su que l’administration est incapable de résoudre  nos problèmes. Du coup, puisqu’il ne peut pas résoudre nos problèmes, nous voulons  qu’il démissionne purement et simplement et qu’un autre  comité ou une autre  direction vienne prendre  la place pour reconsidérer la gestion de cette école. Nous voulons un procès  d’administration extraordinaire pour la Direction Générale et son staff ici seront destitués.  Il faut noter que c’est au conseil d’administration que les décisions  de l’EAMAU sont prises et que l’administration fait le rapport de l’école. En fouillant dans les documents, nous avons vu des malversations très criantes de cette administration-ci. Face  à cette incapacité notoire, nous voulons que ces gens  là partent et le conseil d’administration extraordinaire que nous réclamons, revienne pour repenser et reconsidérer nos doléances.

 

Vous venez de dire  que dans l’incapacité  du DG de résoudre  vos doléances, vous exiger  sa démission. Au cas où cette démission n’est pas effective, que compter vous faire ?

Il faut  dire que dans  la plate forme  revendicative, la destitution de cette direction est au point N°1. Quand on rentre en grève, c’est pour un motif et lorsque  le  motif n’est pas atteint, on restera toujours en grève. Il faut dire que, on est en grève  à l’unanimité ; nous sommes  ici de pays différents, de classes sociales différentes, de culture différente…Si dans cette diversité, nous sommes  entrés  en grève unanime, il faut dire que le problème est sérieux et que les gens  expriment  leur ras-le-bol, cette administration est mal gérée et aujourd’hui, c’est l’occasion pour tout le monde de le dire  haut  et fort  pour que quelque chose  soit faite…

Alors, vous voulez dire qu’une année blanche n’est pas à écarter ?

S’il faut  une année blanche, on la fera ; le sacrifice  vaut la peine. Nous pourrons  sacrifier une année pour ne hypothéquer notre avenir. Nous  ne voulons  pas sortir ici la tête vide, nous ne voulons pas  laisser  cette école  dans les mains  des dirigeants frauduleux qui vont  amener  cette école de mal en pis…Nous n’avons pas ici l’Internet …c’est déplorable.

Combien vous payer pour la scolarité ?

Nous payons  2,500000 F CFA pour les privés et va jusqu’à 05 millions FCFA pour les boursiers…

Réalisée par Lambert Linus


La rencontre Togo-Burkina se disputera aujourd’hui sans Adébayor

          L’Attaquant du club anglais Arsenal et capitaine de la sélection togolaise Emmanuel Adebayor s’est blessé à la cuisse dimanche lors du championnat, situation qui inquiète lundi bon nombre de togolais, les Eperviers du Togo devant affronter les Etalons du Burkina Faso le 11 février à Rouen (France).

          Le « chouchou » des Togolais a été remplacé par Nicklas Bendtner à la 35e minute, suite à une blessure à la cuisse (claquage) lors du match contre Tottenham.

« J’ai coulé les larmes, lorsqu’il quittait la pelouse », confie Koffi Adjanvi, qui a regardé le match Arsenal/Tottenham dans un vidéo-club de la capitale togolaise.

« Je ne sais pas s’il pourra jouer mercredi prochain contre le Burkina Faso, car il nous donne la joie quand il est sur le terrain », s’inquiète ce pompiste.

          Non loin de lui, Adjou Abalo, revendeuse ambulante de pain, s’écrie: « +Shéyi+ (comme les Togolais aiment l’appeler) doit jouer contre le Burkina Faso. Nous sommes de cœur avec lui ».

          Au centre ville, notamment au grand carrefour de Dékon, l’un des quartiers très populaires de Lomé, la blessure du capitaine des Eperviers du Togo faisait l’objet des discussions au sein de petits groupes de conducteurs de taxi-motos.

« J’ai l’impression que la blessure n’est pas aussi grave. En tout cas, j’ai toujours espoir de retrouver +Adé+ (comme l’appellent ces fans) parmi le groupe des Eperviers à Rouen », se console un conducteur de taxi-moto au milieu du groupe.

« Moi j’ai plutôt peur, car notre capitaine ne quitte pas de cette manière le terrain. C’est un garçon très combatif. C’est très sûr qu’il est touché », s’inquiète plutôt un autre conducteur de taxi-moto.

          Devant certains kiosques de journaux, l’ambiance était  identique, les commentaires toujours calqués sur l’état de santé d’Emmanuel Adebayor.

« J’ai pas dormi la nuit, parce que je ne sais pas si Shéyi  peut se retrouver avant le match du 11 février », confie Jean Agbévi rencontré devant un kiosque journaux à Nukafu.

Au total 25 joueurs pour la plupart des professionnels ont été convoqués pour le match contre le Burkina Faso.

          Espoir Gnanvi, responsable de cafétéria, ne minimise pas la situation : « Moi, je suis très sûr que Shéyi ne pourra pas jouer mercredi »

« C’est très rare de revoir sur le terrain trois ou quatre jours après, un joueur blessé et  sorti de l’aire de jeu de cette manière », affirme M. Gnanvi.

« Mon souhait est qu’il retrouve son état de santé avant les matches de la CAN et du Mondial », souhaite de petit commerçant installé à Hedzranawoé, un quartier populaire de Lomé.

          Dégbé Savi, invite plutôt les responsables de la Fédération Togolaise de Football (FTF) à faire le déplacement, afin de «toucher du doigt la réalité».

« Le nouveau bureau doit dépêcher rapidement une mission en Angleterre, afin de rencontrer Shéyi et voir vraiment ce qu’il a comme problème, au lieu de rester à Lomé », a suggéré M.Savi.

          Selon un responsable de la FTF joint au téléphone par l’Agence Savoir News, la FTF aurait déjà pris contact avec l’International togolais depuis hier.

Pour les qualifications combinées au Mondial-2010 et à la Coupe d’Afrique des nations (CAN-2010), le Togo est logé dans le groupe A avec le Cameroun, le Maroc et le Gabon.

 
 
 
 

 
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