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Forum de la Semaine 433 du 26 fev. 2009 |
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Bataille
autour du monopole de la marque LG : Quand la Sté
Ramco
verse dans l’abus de position dominante |
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Le Togo est un pays à économie libérale où les commerçants sont libres
d’importer toutes les marchandises qu’ils veulent, à condition simplement de
s’acquitter des taxes d’impôt et de douane. Cette disposition, du moins
cette réalité, la société RAMCO semble l’ignorer en se croyant au-dessus de
la loi. Depuis juin 2006, une affaire oppose la société RAMCO Limited à la
société SAPNA et 17 autres commerçants togolais, africains et indiens
établis au Togo.
Les faits
Le 13 juin 2006, Maître Sylvain Attoh-Mensah, Avocat à
la Cour, conseil de la société RAMCO Limited envoie une requête au Président
du Tribunal de Première Instance de Lomé pour solliciter l’autorisation de
faire procéder à la saisie des produits qui sont selon lui «illégalement
vendus» sur le marché togolais et de les mettre sous-main de justice.
Dans sa requête, Maître Attoh-Mensah estime que la société dont il est le
conseil «a conclu un contrat d’exclusivité avec la société L.G.
Electronics Inc dont le siège est à Séoul (Corée du Sud), un contrat
d’exclusivité d’importation et de vente sur les produits comme les
téléviseurs, climatiseurs, réfrigérateurs et systèmes de musique et autres
de marque L.G».
Selon lui, «nonobstant cette exclusivité, la société RAMCO Limited
a constaté que beaucoup de magasins ou de commerçants sur la place sans
avoir acquis lesdits produits auprès de ses boutiques, se mettent à les
commercialiser et que malgré des communiqués et des mises en garde,
la Société RAMCO
Limited s’est aperçue que cette commercialisation s’est accentuée ; qu’elle
a même requis le ministère d’un Huissier de Justice qui s’est assuré du fait
dans les magasins suivants : Société SAPNA Ltd, ETS Amadou Seyni, ETS the
Best Grace, General Electronique, ETS KAK, Idriss et Frères, ETS Rob Best,
ECN Trading Company ; que cette situation lui crée un trouble commercial car
elle dépense d’importantes sommes d’argent pour le transport des produits
de marque L.G. ; et qu’il y a donc lieu de mettre fin à cette situation que
l’avocat qualifie de scandaleuse».
Suite
donc à cette requête, le Président du Tribunal de Première Instance de Lomé,
le juge Tchodiyè Kouyou par ordonnance N°1148/2006 du 14 juin 2006, a autorisé la société RAMCO Limited «à saisir et à
enlever tous les produits L.G. sur lesquels elle détient un contrat
d’exclusivité se trouvant dans les magasins cités plus haut et dans tous
les autres magasins susceptibles de commercialiser les produits susvisés».
En exécution de cette décision, une horde de gendarmes avec fusils et
matraques ont fait irruption dans les boutiques pour saisir les marchandises
de 45 commerçants dans toute la ville de Lomé.
Les autres commerçants avaient pris peur de RAMCO mais la société SAPNA
et 17 autres commerçants se sont rendus auprès du ministre de
la Justice d’alors, Maître Tchessa Abi qui a trouvé cette situation
anormale. Une procédure d’assignation en nullité a été engagée contre RAMCO
par la société SAPNA et les 17 autres commerçants. Le Tribunal de Première
Instance de Première Classe a, suite à une audience publique des référés,
présidé par le juge Tchodiyè Kouyou le 23 mai 2006, ordonnés «la main
levée et la restitution immédiate des marchandises saisies» après que
Maître Agbahey, Conseil de la société SAPNA eut démontré l’illégalité et
l’irrégularité de cette saisie. Les marchandises furent restituées à la
société SAPNA et à tous les autres commerçants qui, à leur tour assignent la
société RAMCO Limited en nullité de saisie et en dommages intérêts.
Le 08 août 2008, le Tribunal rend le jugement N°2385/08 qui a été
enregistré au Service des Domaines contre un payement de 5 millions de F
CFA. Après l’enregistrement, il a été fait apposer la formule exécutoire
par le greffier en chef. La signification de
la Grosse
a été faite par Me Paraïso avec commandement de payer le 08 août 2008.
Selon les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des
Affaires en Afrique) , il n’est plus question d’appel puisque l’appel
devient dilatoire. Le jugement ordonnait à payer aux requis la somme de
100 000 000 F
CFA à titre de dommages et intérêts.
Malgré cette disposition, Me Attoh-Mensah fait un appel dilatoire pour
le compte de RAMCO. Concomitamment, il assigne
la Société SAPNA
et les 17 autres commerçants en référé, en demandant un sursis à exécuter
contre le en question. Le juge de référé, Abalo Petchelebia, président de
la Cour d’Appel de Lomé par décision ordonne le payement des 50%. Ce que la
société RAMCO n’a pas respecté jusqu’à ce jour.
Contre toute attente et à la grande surprise de la société SAPNA et
autres, le Président du Tribunal de Première Instance signe cette ordonnance
sur une simple requête contre un jugement de fond N° 2385/08, lequel
jugement est querellé déjà devant
la Cour
d’Appel. La société SAPNA et autres ont demandé la rétraction de ladite
ordonnance par référé en Première Instance, mais la demande a été rejetée
on ne sait sur quelle base légale.
Le fourvoiement de Me Attoh-Mensah
Dans le dossier RAMCO contre SAPNA et autres, Me Attoh-Mensah le
conseil de la société RAMCO s’est mal pris et les arguments qu’il développe
pour protéger son client ne tiennent pas la route. Lorsque l’affaire a été
portée devant le tribunal, Maître Attoh-Mensah et son client étaient
incapables de produire le contrat d’exclusivité qui lie la société RAMCO
avec la société L.G. De plus, il faut retenir que, s’il y a contrat
d’exclusivité et que ce dernier est violé, la société RAMCO ne peut s’en
prendre qu’à son fournisseur. En aucun cas elle n’a le droit de procéder à
la saisie des marchandises se trouvant sur le marché.
Dans le tiece-opposition au jugement N°2385 /08 du 08 août 2008
condamnant la société RAMCO à payer aux requis la somme de cent millions
(100 000 000) F CFA, Maître Attoh-Mensah estime que ces sociétés tentent
d’exécuter cette décision contre RAMCO S.A qui est une personne différente
de celle visée par ce jugement. A l’actif de son argument, il affirme que
suivant acte notarié en date du 20 décembre 2005, donc vieux d’un an plus
que le prétendu acte d’assignation du 28 juin 2006, la société RAMCO LTD
d’alors avait, lors d’une assemblée générale extraordinaire, procédé à une
modification de ses statuts et s’était transformée en Société Anonyme; en
d’autres termes, la société RAMCO LTD n’existe plus depuis lors pour se
voir opposer le jugement N° 2385/08. Par ces motifs, il demande à ce que ces
sociétés soient condamnées à payer à RAMCO la somme de cinq cent millions
(500 000 000) FCFA à titre de dommages intérêts en réparation du préjudice
subi lors des saisies intempestives des biens de cette dernière.
Suite à ces arguments, le Président du Tribunal de Première Instance de
Lomé par ordonnance N° 2380/08 ordonne le sursis à exécution du jugement N°
2385/08.
Nous savons tous que le rôle d’un avocat est de défendre par tous les
moyens son client, même si ce dernier a tort. Mais dans le cas d’espèce, les
arguments de Maître Attoh-Mensah sont tirés par les cheveux. Comment peut-on
estimer que juste le changement de dénomination suffit à une société dirigée
par la même personne pour se soustraire d’une condamnation. En accédant aux
arguments du conseil de la société RAMCO, le Président du Tribunal de
Première Instance de Lomé crée un précédent dangereux parce qu’il suffira
un jour à une société condamnée par la justice de changer de dénomination
pour se tirer d’affaire.
Toutes ces gymnastiques juridiques confortent la société SAPNA et les
17 autres commerçants que Maître Attoh-Mensah fait de la diversion dans un
dossier qu’il a mal ficelé. Au lieu de chercher à créer des blocages
artificiels avec la complicité de certains juges, il ferait mieux de
convaincre son client à régler cette affaire à l’amiable. Le Togo demeure un
pays à économie libérale et nul ne peut se prévaloir de sa position
dominante et de ses relations pour écraser les autres commerçants qui font
des affaires et payent aussi des impôts. Pour l’image de
la Justice dont on ne cesse d’évoquer la modernisation, il urge que
le droit soit dit dans cette affaire SAPNA et autres contre RAMCO.
F S
CPDC / De la
question de la Facilitation : Un compromis à vite oublier
Recourir au chef de l’Etat, en cas de blocage, pour une conciliation
des différentes parties et, en cas de blocage persistant, faire appel à
la Facilitation. C’est
l’accord auquel sont parvenus les protagonistes au CPDC mardi. « En cas
de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le Président de
la République. Le
Chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres du cadre, les
solutions appropriées et recours à la facilitation le cas échéant »,
indique le communiqué final. On ne peut que se féliciter de cet accord
arraché au forceps quand on sait l’encre et la salive qu’a fait couler cette
problématique du recours à
la Facilitation.
Un compromis à l’arraché
Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) s’est résolument opposé à
cette requête de recours à
la Facilitation
faite par l’Union des Forces de Changement (UFC) depuis la seconde séance du
Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). De report en report,
on en est arrivé à une crise de confiance ouverte en l’absence de compromis,
et à la 7e séance du
mardi 17 févier, c’était le clash. La crise était telle que l’UFC a dû
requérir une suspension des discussions jusqu’au vendredi 20 février. Selon
les termes du communiqué final ayant consacré ce blocage, le parti de
Gilchrist Olympio a requis cette interruption afin d’aller consulter sa
base. Faux, rétorque-t-on ici. On allègue que par cette requête, on voulait
plutôt donner au camp de l’obscurantisme le temps de revenir à la raison.
Tout compte fait, cette suspension n’aurait pas servi à grand-chose, puisque
les positions sont restées inchangées. A l’UFC, on est formel et on a fait
de ce recours à la Facilitation la condition pour la poursuite sereine des
discussions ; mais au RPT, on accuse l’UFC de faire de cette demande un
point de fixation et réitère la position de ne recourir qu’à l’arbitrage du
chef de l’Etat Faure Gnassingbé en cas de blocage. Comme baromètre de cette
mésentente, la reprise des travaux a été effectuée une fois de plus sur fond
de divergences. Mais heureusement à la 9e séance
le lendemain, les protagonistes sont arrivés à un accord qui débloque la
situation. Il aurait donc fallu neuf (09) séances et trois (03) jours
d’interruption des travaux pour y arriver.
Ce compromis coupe la poire en deux, puisqu’il prend en considération
les positions des deux parties qui s’opposent : le RPT qui demande le
recours exclusif à l’arbitrage du Président de
la République,
et l’UFC qui milite plutôt pour la Facilitation du Président Blaise Compaoré.
Cet accord a le mérite de débloquer énormément la situation, car il permet
l’adoption du règlement intérieur nécessaire au fonctionnement du CPDC. Il
est donc a priori à saluer, mais il ne frise pas moins la compromission. Cet
accord risque de devenir caduc à l’épreuve du temps, de ne servir à
grand-chose.
La problématique de la sincérité de Faure Gnassingbé
C’est une sérieuse problématique quand on considère l’attitude du Chef
de l’Etat dans ce feuilleton de blocage au CPDC. Malgré qu’il soit le
Président du Cadre, Faure Gnassingbé a à peine levé le petit doigt pour
ramener les parties à la raison. Le recours à Facilitation demandé n’a rien
de mal, mais son parti s’y est farouchement opposé. Il lui aurait suffi de
donner des directives et le blocage serait levé depuis. Mais il a contemplé
l’impasse de loin. Ce n’était là que l’acte 1 d’un manque de volonté.
Jeudi dernier, deux (02) jours après la suspension des travaux du CPDC,
le Chef de l’Etat aurait rencontré des protagonistes pour une conciliation.
En tout cas, un communiqué a été servi sur les médias officiels dans ce
sens. On croyait sincèrement à cette initiative et certains esprits ont même
commencé à jeter des fleurs à l’« Esprit nouveau ». Mais voilà,
c’était un montage, du mensonge, cette pseudo rencontre de Faure Gnassingbé
avec les protagonistes. En fait, à suivre les déclarations des responsables
de l’UFC. Son Secrétaire Général Jean-Pierre Fabre, se confiant à un
confrère a nié une quelconque rencontre avec le Chef de l’Etat dans ce sens.
L’UFC n’a pas été reçue par le Chef de l’Etat, a-t-il laissé entendre, et
d’ajouter que c’est également le cas du CAR. Si ce que raconte Jean-Pierre
Fabre est fondé, alors le communiqué de
la Présidence de la République aurait donc dit le contraire de la
vérité. Selon certaines sources, c’est avec une délégation de
la CDPA, un parti non représenté au CPDC que Faure a conférée ce jeudi. De la
diversion donc. Et c’est bizarrement au «leader nouveau» que
revient la charge de jouer au conciliateur en cas de blocage. Ce qu’on
craint, c’est qu’on n’arrive encore à servir un communiqué pareil pour jeter
du flou dans les esprits, alors qu’il n’en serait absolument rien. C’est
donc un compromis à vite oublier.
T. Shalom
L’autoroute de
l’espérance
Au Togo,
l’on a souvenance que lors de la campagne présidentielle de 2005, le
candidat du RPT, Faure Gnassingbé a présenté aux populations un projet de
société en 20 points dénommé : « Les 20 plus de Faure ». Après 4 ans
d’exercice à la tête du pays et à moins d’un an de la présidentielle de
2010, l’heure est au bilan de l’action de Faure. Et comme ce bilan ne peut
se faire que par rapport à son projet de société, nous nous faisons le
devoir de reprendre dans cette rubrique, les points saillants de ses
promesses en les comparant avec la réalité du terrain.
Les campagnes électorales sont
généralement le cadre de présentation des projets de sociétés des candidats
ou de leurs partis appelés à briguer la magistrature suprême. C’est une
évidence que c’est aussi pendant ces périodes que des démagogues multiplient
des promesses pour séduire les électeurs. Dans un système démocratique,
l’une des exigences pour les gouvernants est de rendre compte de leur
gestion au peuple de qui ils tiennent la légitimité. Pour apprécier le
travail réalisé au cours d’un mandat présidentiel ou tout autre, c’est sur
la base du projet de société de l’élu que les populations se prononcent.
S’inscrivant dans la logique de l’adage
africain qui dit qu’on ne peut danser et s’apprécier à la fois, notre
exercice permettra au locataire du Palais de
la Marina de se faire une idée du niveau d’exécution de ses fameuses
promesses.
Monsieur le Président, nous vous savons
grand lecteur du journal « Forum de
la Semaine », c’est pourquoi en nous excusant par avance du
dérangement parce que vous devriez être certainement occupé par les
nombreuses charges liées à votre fonction, nous venons par ce billet faire
avec vous le point sur vos engagements de la campagne de 2005.
Monsieur le président, nous vous
connaissons travailleur, soucieux du bonheur du peuple togolais, c’est
pourquoi nous sommes persuadés que vos promesses n’ont pas été garées dans
un tiroir au lendemain de votre « brillante élection », mais sont
toujours sur votre bureau de Président de
la République.
Si tel est le cas, permettez-nous donc de
faire ensemble avec vous le point de la situation en prenant un à un les
points de vos promesses de 2005.
Monsieur le Président, dans ce précieux
document intitulé « mon engagement pour le Togo », vous disiez au
point XIV concernant les grands travaux, je cite : « Une politique de
grands travaux sera poursuivie pour créer des emplois et doter le Togo
d’équipements modernes. Dans ce cadre, un appel sera adressé aux pays
enclavés pour mettre en chantier une autoroute appelée « fleuve de
l’espérance » allant de Lomé à la frontière Nord. Ce projet créera 100 000
emplois en 5 ans, offrira un moyen de transport efficace et sera le vecteur
de notre intégration régionale ».
Monsieur le
Président, ces propos que vous aviez tenus en 2005 pendant la campagne
électorale, vous ont valu des tonnerres d’applaudissements de ceux qui
croyaient en vous. Quatre ans donc après ces promesses, votre fameuse
autoroute est introuvable dans le pays. Parcourant le Togo du Sud au Nord,
nous n’avons vu nulle part ce joyau. Vous convenez avec nous, Monsieur le
Président, que notre déception est grande, d’autant plus grande que durant
vos quatre années passées au Palais de la Marina, vous n’avez ni réalisé
votre autoroute, ni bitumé une seule route de notre pays.
Monsieur le Président, en lieu et place de
votre autoroute et de la politique de vos grands travaux, ce sont les rues
de la capitale qui sont recouvertes de latérite avec une poussière
insupportable. Vous convenez avec nous, Monsieur le Président, que du moment
où votre autoroute n’a jamais existé, les 100 000 emplois promis aux jeunes
ne le sont pas non plus, à la grande déception de la jeunesse.
Monsieur le Président, comme vous, nous
avons beaucoup voyagé ces 4 dernières années. Au Ghana, nous avons
découvert une autoroute reliant Tema à Accra. Elle date de la période N’Krumah.
En Côte d’Ivoire l’autoroute Abidjan-Bouaké date de la période Houphouët. Au
Bénin voisin, l’autoroute Cotonou - Porto-Novo date de la période Kérékou.
Monsieur le Président, savez-vous que 80% de vos concitoyens qui croupissent
dans la misère et qui n’ont aucun moyen de voyager ne savent pas à quoi
ressemble une autoroute ? Eux qui attendaient la réalisation de votre
promesse pour savoir ce à quoi elle ressemble, sont aujourd’hui déçus.
Pour conclure, Monsieur le Président, nous
sommes certains que vous êtes d’avis avec nous que votre autoroute n’a
jamais existé et n’existera peut-être jamais sous ce mandat. A partir donc
de ce constat fait ensemble, nous ne pouvons plus nous permettre d’abuser de
votre temps. Il ne nous reste qu’à vous dire merci pour avoir accepté
participer à cet exercice exaltant. Nous souhaitons vivement vous avoir avec
nous pour une évaluation d’un autre point de votre projet de société. Merci,
Monsieur le Président, et à la prochaine.
Ferdi-Nando
Enrichissement illicite : Les milliards du défunt Col Galley de Souza font
grincer des dents
Depuis que le paramètre « argent » a fait intrusion dans les affaires
politiques togolaises après les soulèvements populaires des années 90, la
plupart des protégés du pouvoir sont devenus plus riches que l’Etat togolais
lui-même.
La
dernière révélation sur la colossale fortune de feu Colonel de Souza Galley
(FS N°431 du 19/02/09) fait grincer des dents et suscite
beaucoup de commentaires. Si certains pensent que l’information est plus que
vérifiée, d’autres par contre pensent que nous avons exagéré et qu’il serait
impossible au défunt intendant militaire d’engranger une fortune aussi
mamouthale. A ceux-ci, nous aimerions apporter des précisions suivantes :
· Le Col de Souza, qui a quitté en avril 2006 la tête de
la Direction Générale
des Impôts avait eu à gérer pendant sept (7) ans cette boîte considérée
comme l’une des grasses vaches à lait du système RPT. Considéré comme étant
issu de la bourgeoisie côtière, il n’aura plus envie de piocher à grande
échelle dans la caisse des recettes. A ce titre, il bénéficiait de la
confiance totale de feu Eyadéma qui aux moments critiques de la crise
politique togolaise où l’économie nationale gisait carrément par terre, lui
faisait exécuter les différentes dépenses budgétaires de l’Etat. Il était à
la fois l’ordonnateur et l’exécutant du budget de la boîte et au-delà, il
gardait unipersonnellement la liquidité de la boîte, le coffre fort se
trouvant dans son bureau. Tous les abus étaient alors permis.
· Une autre précision qui n’est pas moins importante est que le défunt
Colonel n’a jamais effectué, selon nos recoupements, un versement de plus
d’un milliard à
la BCEAO comme
avoir de l’Etat togolais. Lorsqu’il quittait en 2006
la Direction Générale,
son dernier versement s’élevait à vingt-six (26) millions de FCFA à la fin
du mois de mars de cette année-là !
Juste après lui, le premier versement de Mme Ingrid Awadé qui l’a
remplacé à la fin du mois de mai s’élevait, tenez-vous bien, à sept (7)
milliards de FCFA, puis d’une dizaine de milliards le mois de juin qui
suivait, et ainsi de suite de façon qu’il est maintenant possible de dire
que, pour le moment,
la DGI a
retrouvé à quelques exceptions près, ses lettres de noblesse car elle ne
fait pas moins d’un milliard de FCFA de perceptions hebdomadaires.
Où sont passés alors ces milliards de nos francs au temps du Colonel
de Souza ? On nous dira qu’à son époque, il y a beaucoup de sociétés
intouchables. C’est vrai ! Mais ces sociétés étaient tranquilles parce
qu’elles entretenaient non seulement le sommet de l’Etat, mais aussi
particulièrement le Directeur des Impôts.
Le Colonel de son vivant, non seulement possède des biens
inimaginables, mais réalisait des projets onéreux en un temps record. Nous
n’en voulons pour preuve que l’actuelle Ambassade de Libye au Togo (parmi
ses nombreuses villas dans la résidence de Cité OUA) et l’Hôtel le Pélican à
Ablogamé dont les réalisations sont évaluées à plus d’un milliard de FCFA
chacune.
Dire ceci, n’a pas pour objectif de salir la mémoire du défunt
intendant militaire, mais, c’est juste pour attirer l’attention de nos
gouvernants sur ce fléau de course aux milliards qui s’est emparé des
directeurs des sociétés d’Etat depuis quelques années et à le combattre
avec la dernière rigueur. Car ils sont nombreux, tous ceux-là qui se
mettaient de côté le milliard ou deux, à la fin des recettes mensuelles des
sociétés qu’ils sont appelés à gérer, sans compter les dessous de tables et
les traitements faramineux dont ils bénéficient déjà.
Qu’une enquête soit ouverte sur non seulement le dossier de Souza, mais
aussi sur la fortune de tous ceux qui ont dirigé les Douanes, les
Télécommunications, le défunt OTP etc. car, le Togo regorge d’énormes
ressources financières qui peuvent permettre de relever le niveau de vie des
populations, pourvu que les gouvernants soient « sérieux » dans la
gestion des affaires de la cité. A suivre de près donc.
F.S. |
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Forum de la Semaine 432 du 23 fev. 2009 |
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Et si Faure
Gnassingbé fuyait ses responsabilités ? |
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Le dire
ainsi n’est que pur euphémisme, afin de ménager des sensibilités, éviter de
sonner ceux qui ne jurent que par son nom ou celui de la famille. Sinon à
maintes reprises, on est tenté de le dire à l’affirmative. Et ce ne sont pas
les faits qui manquent. Le cas d’actualité est la situation au sein du cadre
permanent de dialogue et de concertation.
L’imbroglio
au CPDC
Les discussions au sein de cet organe
érigé au forceps le 04 février dernier sont interrompues depuis le mardi 17
février, sur requête d’une des parties prenantes, l’Union des Forces de
Changement (UFC). Pas pour le plaisir. Ce parti y a été poussé par
l’obscurantisme du Rassemblement du peuple Togolais (RPT) qui s’oppose
résolument au recours à
la Facilitation
demandé par l’opposition depuis l’ouverture des débats. Selon les termes du
communiqué ayant sanctionné la dernière séance, l’UFC a voulu profiter de
cette interruption pour consulter ses mandants et réfléchir à la conduite à
tenir. Ainsi, les discussions qui se tenaient quotidiennement depuis la mise
en place du Cadre n’ont pu avoir lieu mercredi, jeudi et vendredi. Elles
sont censées reprendre aujourd’hui. Mais là aussi, rien n’est sûr. En tout
cas, même si la reprise se faisait officiellement, il est à redouter le
manque de sérénité lors des débats. L’atmosphère risque d’être lourde, à
considérer les déclarations de la partie requérante de cette suspension.
Dans une note officielle datée du jeudi 19
février dernier, après des réunions du Bureau national et du groupe
parlementaire, l’UFC est restée formelle ; « l’adoption d’un règlement
intérieur, incluant le recours à
la Facilitation
est fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des
travaux du CPDC »,
fait-on savoir.
Voilà la situation. Mais il faut avouer
qu’on aurait évité cette impasse, si le Chef de l’Etat avait pris à temps
ses responsabilités. Le décret instituant le Cadre a pris soin de préciser
que c’est lui qui assure sa présidence. Les divergences qui sont à l’origine
de cette interruption se sont signalées depuis la deuxième séance du mardi
10 février. A l’UFC et au CAR qui exigent le recours à
la Facilitation
s’opposent le RPT et le gouvernement, à entendre les propos de Gilbert
Bawara qui le représentait dans le CPDC. Et les positions sont restées
telles jusqu’à la septième (7e)
séance qui a consacré la rupture. A chaque séance, la question est mise sur
le tapis, aucun consensus ne se fait et elle est renvoyée à la rencontre
suivante. Pour le même résultat. Et pourtant, ce n’est pas le sexe du diable
que demandait l’opposition ! L’argumentaire développé par le RPT pour
réfuter cette demande est d’ailleurs tiré par les cheveux.
Faure Gnassingbé est censé être mis au
parfum des discussions par son représentant, le très fidèle ministre de
l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités Locales Pascal Bodjona. En tant que Président du CPDC,
il aurait pu appeler les protagonistes à la raison. Mieux, en tant que
Président du RPT, il lui suffisait de donner des ordres à ses éléments et le
tour serait joué. Ainsi la question de la Facilitation serait réglée depuis
et n’aurait pas entraîné la crise de confiance et le blocage actuels. Ah, on
oubliait, Faure Gnassingbé est juge et partie dans ces discussions au CPDC,
et il a beaucoup à gagner que les débats s’achoppent !
L’équation
Titikpina
Même si certains émettaient de sérieuses
réserves, les Togolais dans leur majorité avaient apprécié à sa juste valeur
le sort subi par Ferdinand Tchamsi et le ministre des Transports et des
Travaux Publics Célestin Ekpaou Talaki, à la suite des terribles inondations
de juillet-août 2008. La procédure utilisée pour trancher la question du
Fonds d’Entretien Routier (FER) laissait énormément à désirer. La société a
été…supprimée ! Mais c’est la finalité qui compte. Les deux personnalités
dont la responsabilité était lourdement engagée dans la survenue de ces
inondations, et surtout des écroulements de ponts Ferdinand Tchamsi et
Célestin Talaki ont été virés, et le ministère des Travaux Publics rattaché
à la
Présidence de
la République, lors de la formation du gouvernement Gilbert
Fossoun Houngbo en septembre 2008. Faure Gnassingbé avait donc eu droit à
tous les honneurs à l’époque, pour avoir pris ses responsabilités. Mais le
bon sens ne comprend pas son inaction devant le cas Atcha Titikpina.
En effet, le nom du Colonel a été
formellement cité dans les violences survenues à Tchamba il y a quelques
temps. Des sources l’ont nommément accusé d’être l’instigateur des troubles
qui ont occasionné des blessés et des dégâts matériels, par le fait de
milices qu’il aurait armées. Les témoignages de son « frère ennemi »
chef canton Titikpina Oudja-Bouh sont assez édifiants. Le drame, c’est que
c’est cet homme qui est censé assurer la sécurité et la protection civile
des Togolais qui est mis en cause. On attendait que le Chef de l’Etat prenne
ses responsabilités et limoge le ministre considéré comme «une brebis
galeuse» dans son propre milieu. Mais aussi bizarre que cela puisse
paraître, lors d’un conseil des ministres, c’est plutôt la victime des
violences qui sont supposées être instiguées par Atcha Titikpina, son frère
le chef canton, et le Préfet qui ont payé le prix fort. Le décret de
nomination a été retiré au chef canton et le Préfet lui, est limogé. Quant
au tout-puissant ministre de
la Sécurité et de
la Protection
civile, il n’a nullement été inquiété.
L’homme est
certainement un intouchable, un ami du chef. Mais aujourd’hui, c’est sa
compétence qui est mise à rude épreuve par la recrudescence de
l’insécurité. En effet, Lomé n’est plus vivable. Il ne se passe plus de nuit
où on n’entende un cas de braquage. Les voleurs font la loi, situation
permise par la démission de l’opération Araignée. Cela fait un bout de temps
que la presse rapportait des cas de braquages et alertait ainsi les
autorités sécuritaires à prendre la mesure de la chose. Et aujourd’hui,
l’insécurité est la chose la mieux partagée. Voilà une raison de plus pour
que Faure prenne ses responsabilités. Mais c’est mal connaître le Chef de
l’Etat.
Au-delà de ces
illustrations fortes du Cadre permanent de dialogue de concertation et de
l’insécurité à Lomé, on peut trouver d’amples domaines où on ne sent pas le
Chef de l’Etat. Point n’est besoin de revenir sur la question de la vie
chère, le quotidien des populations. Faure Gnassingbé semble avoir
démissionné de toutes ses prérogatives.
T.S.
Insécurité et
grand banditisme : Double opération de « nettoyage » des forces de sécurité
·
7 braqueurs mis hors d’état de nuire
En moins
de 4 jours, les réseaux des braqueurs qui hantent les nuits des paisibles
populations de Lomé ont subi de grands coups. Bilan de ces opérations, pas
moins de sept (7) malfrats mis hors d’état de nuire.
Tout avait commencé dans la nuit de mardi à mercredi
dernier. Trois malfrats s’en sont pris à une maison dans le quartier d’Hédrzanawé.
Selon les témoignages recueillis, le sieur Moumouni et sa famille qui
revenaient de l’aéroport ont été attaqués dès leur arrivée à leur domicile
par trois individus armés qui ont volé argent, bijoux et téléphones
portables.
Mais comme le dit si bien l’adage « quarante jours pour
le voleur, un seul pour le propriétaire », les malfrats ne savaient pas
qu’ils étaient pistés par des éléments de la gendarmerie nationale. La
traque les mena de Hedzranawoe à Agoè-Kitidjan où les bandits ont leur
retraite. La suite, ce fut des échanges de tirs nourris. A la fin, les trois
malfaiteurs ont été mis hors d’état de nuire.
Trois jours plus tard, ce furent quatre autres bandits qui
ont été abattus cette fois-ci par les éléments de la police nationale. Selon
les informations, les malfrats ont été maîtrisés, après des échanges de
tirs, et une course poursuite qui a démarré aux alentours des voies pavées
du quartier Djidjolé, suite à leur refus d’obtempérer à une sommation
d’arrêt des forces de l’ordre. Selon celles-ci, elles ont été alertées
qu’une bande de braqueurs projetait opérer dans le quartier Afla-Soviépé.
C’est ainsi que le véhicule des bandits a été intercepté sur les voies
pavées de Djidjolé, mais ils ont choisi de prendre la fuite. Poursuivis
jusqu’au niveau des rails d’Aflao Soviépé, ils ont ouvert le feu sur les
véhicules de la police. Celle-ci a riposté et atteint les pneus du véhicule
des malfrats qui se sont trouvés dans l’obligation d’abandonner leur
voiture. Ce sera la fin de cette cavale des 4 malfrats, qui au cours d’une
fusillade, ont péri sous les tirs nourris des forces de l’ordre.
F.S.
Sit-in de 48
heures du personnel de la LIMUSCO
Le personnel de
la LIMUSCO
observe depuis ce matin un sit-in de 48 heures pour protester contre la non
satisfaction des doléances qu’ils ont porté devant le ministre des
Enseignements Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation. C’est du moins
ce qu’on l’on apprend de sources proches de cette institution.
Le personnel qui cumule 17 mois sans salaire avait soumis le 16 février
dernier à leur ministre de tutelle, un cahier de doléances qui relevait les
difficultés auxquelles ils sont confrontés. Il s’agit essentiellement des
problèmes de frais de scolarité de leurs enfants, des frais de déplacements,
des difficultés de paiements des loyers, manque de moyens pour s’assurer des
soins médicaux etc.
Selon les informations, près 172 familles vivent dans une misère sans
précédent. Et c’était pour alléger un peu leur situation que le syndicat du
personnel de
la LIMUSCO (SYNPERLIM)
a souhaité que l’autorité de tutelle leur paie 5 mois d’arriérés de
salaires.
Le mouvement prendra fin demain. On espère que les autorités prendront
des mesures nécessaires pour soulager ces agents et leurs familles.
FS |
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Forum de la Semaine 428 du 10 fev. 2009 |
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Gilbert
Bawara, ministre de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du
Territoire à Forum de la Semaine « L’UFC et le CAR
soulèvent des inquiétudes légitimes mais posent mal le problème» |
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Le Ministre
Gilbert Bawara
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Monsieur le
ministre, certains disent que vous faites partie d’une poignée de ministres
au sein du gouvernement du Premier ministre Houngbo qui ne se soumet pas à
ce dernier mais qui préfère traiter directement avec le Chef de l’Etat au
nom d’une amitié séculaire. Ce fait est-il avéré ?
Je doute que vous
ou quelqu’un d’autre puissiez relever dans mon attitude, dans mes actes et
dans mon action en tant que ministre, quoi que ce soit de nature à
accréditer ces affirmations qui relèvent souvent d’une volonté de
dénigrement et de la calomnie. Il y a de mauvais esprits et quelques
officines bien connues qui espèrent en calomniant, jeter le discrédit et
salir l’honneur d’un ministre en le balançant en pâture à la vindicte de la
meute. Cela ne m’émeut guère. J’ai énormément de respect et d’estime pour le
Premier ministre Houngbo, avec lequel je partage un passé et des liens
communs très forts vu notamment nos parcours professionnels. Et il sait
pouvoir compter sur ma totale loyauté et mon dévouement pour la réussite de
sa lourde charge aux côtés du Président Faure Gnassingbé.
Contrairement à
l’opinion répandue, le Président Faure ne travaille pas par sentimentalisme.
En tant que Président de la République, il est porteur d’une vision, de
convictions, d’une ambition et d’un projet pour notre pays le Togo. Il juge
ses collaborateurs choisis sur la base de critères de compétence et
d’expérience en fonction de leurs rendements et de leur contribution à la
feuille de route et aux tâches qu’il leur assigne sous la supervision et la
coordination du Premier ministre. Les considérations d’affinité personnelle
ont peu de prise dans sa conception de la politique. Et vous constaterez
bien que les copinages et les affinités personnelles et historiques qui sont
l’unique fondement d’une répartition des responsabilités dans certains
partis politiques de la place ne sont pas une pratique ni au sein des
institutions d’Etat ni au sein du RPT.
Si d’aucuns
le disent, c’est parce qu’il y a aussi un précédent avec l’ancien Premier
ministre Me Yawovi Agboyibo qui vous avait accusé d’avoir pris des
initiatives sans l’aviser.
Les faits auxquels
vous faites allusion ont été inutilement et injustement montés et amplifiés
à l’époque, peut-être parce que ceux qui les colportaient et en étaient à
l’origine cherchaient un bouc émissaire et un prétexte commodes pour
justifier certaines carences et faiblesses en voulant imputer un éventuel
échec de l’action gouvernementale à un prétendu entourage du Président Faure
qui les auraient empêchés de travailler convenablement. Mais les faits sont
têtus. Rappelez-vous les tracts qui se fabriquaient au cœur même des lieux
du pouvoir à l’époque pour dénigrer certains ministres ou collaborateurs du
Président Faure! La ruse et la dissimulation, la fixation sur la popularité
et les postures ne sont pas une vertu en politique et en matière de gestion
de la chose publique. Heureusement, il est difficile de cacher la
méconnaissance des règles de fonctionnement de l’action gouvernementale et
la méprise des procédures des partenaires au développement derrière les
prétendus agissements d’un ministre.
A l’époque, la
lettre de mission que le Premier ministre Agboyibo m’avait édictée
comportait deux objectifs essentiels : assurer une implication plus forte et
active des Togolais de l’extérieur dans la nouvelle dynamique politique et
mobiliser les ressources requises pour la tenue des élections législatives.
Sur le premier point, Dieu merci, aujourd’hui il existe un climat de détente
et de concertation avec la communauté togolaise à l’étranger. Les
récriminations et acrimonies d’autrefois sont considérablement atténuées.
Aujourd’hui plus que par le passé, de nombreux Togolais de l’extérieur
reviennent au pays pour y travailler ou pour se rendre compte des évolutions
positives en cours.
Pour le reste,
c’est en stricte conformité avec la lettre de mission précitée et dans ma
fonction en tant qu’ordonnateur national des fonds de développement de
l’Union européenne que j’avais agi. Et c’est moi-même qui avais rendu compte
au Premier ministre de la correspondance que je venais d’adresser à la
Délégation de l’Union européenne, comme je le fais quotidiennement avec de
nombreuses correspondances que j’échange avec les instances de l’Union
européenne. C’est le lendemain de ce compte rendu, que j’ai appris avec
beaucoup d’étonnement que les rédactions des journaux de la place et les
environs de Dékon étaient inondés d’une lettre de protestation émanant du
Premier ministre. C’est un procédé totalement contraire aux principes et
règles de l’Administration publique. Ce qui m’a le plus peiné dans cette
histoire, c’est le ridicule et le tintamarre autour d’une histoire fabriquée
de toute pièce.
Revenons sur
vos actions. Vous avez signé plusieurs accords de financement avec la
Communauté internationale des bailleurs de fonds, mais la liquidité tarde à
rentrer dans les caisses de l’Etat. Qu’est-ce qui se passe au juste ?
Les accords de
financement que nous avons déjà signés, le ministre des Finances et
moi-même, avec différents bailleurs et partenaires au développement
consacrent justement la reprise pleine et entière de la coopération entre
notre pays et la communauté internationale, après plus d’une décennie de
disgrâce. Evidemment, il existe encore un fossé entre ces signatures et le
vécu quotidien des Togolais. Des inquiétudes et des impatiences s’expriment
dans la société togolaise, et cela est tout à fait compréhensible et
légitime. Il ne pouvait en être autrement au regard de la détérioration
prononcée des conditions de vie et de travail des Togolais et au regard du
délabrement des services sociaux et des infrastructures de base, engendrés
par quinze années de crise. La dévaluation du franc CFA de 1994 avait déjà
contribué à la dégradation de la situation économique et sociale alors que
les populations subissaient déjà de plein fouet des conséquences
désastreuses de la crise politique et de la grève générale et illimitée.
Aujourd’hui les
progrès immenses sur le plan politique et institutionnel et le processus
d’apaisement et de décrispation nous conduisent à prendre conscience du mal
que nous nous sommes infligé. Voilà une des explications de la lucidité
actuelle quant au sentiment de lenteur dans les transformations escomptées.
Une autre
explication a trait aux exigences de rigueur et de transparence dans l’usage
des ressources issues de l’aide extérieure alors que la période
d’interruption de la coopération avait entraîné une érosion dans la maîtrise
des règles et procédures qui régissent l’aide au développement. Et comme
vous le dites si bien, le Togo n’a pu bénéficier au cours des trois
dernières années des appuis budgétaires sous forme de liquidités versées au
Trésor public. Dans un contexte de reprise de la coopération, la
quasi-totalité des partenaires recourent aux projets dont les cycles
d’évolution prennent du temps pour produire des effets palpables. Il nous
faut à la fois concilier l’urgence de répondre aux attentes incompressibles
et pressantes des populations avec les exigences d’une saine gestion des
ressources de l’aide extérieure.
Enfin, la
multiplicité des défis et le souci du gouvernement d’agir simultanément sur
tous les fronts dans un esprit de justice sociale, d’équilibre et d’équité
ne permettent pas des effets visibles de grande ampleur dans les
réalisations dans chacun des domaines de l’action gouvernementale. Il y a
souvent des arbitrages à opérer dans les interventions de l’Etat. Mais la
situation évolue vite et considérablement et la patience des populations
commence à avoir des retombées bénéfiques. Il y a cinq années en arrière,
personne n’aurait imaginé la régularisation et l’intégration des centaines
d’agents dans la Fonction publique, pas plus que le recrutement de milliers
de nouveaux fonctionnaires, le déblocage des effets financiers des
avancements, les augmentations de salaires (8% cumulé entre 2007 et 2008
sans y inclure les 5000 FCFA de prime liés à la hausse des produits
pétroliers et à la crise alimentaire), la baisse depuis le 1er janvier
2009 de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et de l’impôt
sur les sociétés pour relancer les activités économiques et le secteur
privé, la suppression des frais scolaires dans le préscolaire et le
primaire, la disponibilité et l’accessibilité des intrants et des engrais,
l’amélioration sensible des conditions des étudiants et des enseignants
universitaires, les réhabilitations en cours des infrastructures de santé,
etc. Tout ceci uniquement sur la base des ressources internes, sans creuser
le déficit et sans endettement supplémentaire. Des pistes rurales ont
commencé à être réhabilitées et la construction de 150 forages vient d’être
lancée dans la région Maritime tandis qu’une mini addition d’eau de plus de
deux milliards de FCFA sera bientôt érigée à Anié avec les ressources de
l’Union européenne ; plus de 200 milliards d’apurement des arriérés et
d’effacement de dettes ont été obtenus par notre pays… Beaucoup de
préoccupations restent encore à satisfaire, mais le bon déroulement des
programmes de réformes avec le FMI et la banque mondiale augure de
meilleures perspectives.
Vous aviez
dit dans une de vos déclarations que la Communauté internationale est en
train de vous jauger, de voir si vous pourriez bien gérer les fonds
autrement que par le passé. Quel est l’état des lieux ? Avez-vous réussi à
ce test grandeur nature ?
Notre pays est
engagé dans un vaste programme de réformes politiques, économiques et
financières jamais initié au cours des vingt dernières années. Un socle de
stabilité sociopolitique et un environnement propice à la relance de
l’économie et à la reconstruction des grandes infrastructures et de services
sociaux modernes sont désormais en place. La mobilisation des recettes
fiscales et douanières s’améliore d’année en année. Le budget de l’Etat
s’accroît de manière constante. La restructuration des secteurs porteurs de
croissance est en marche, qu’il s’agisse du secteur financier et bancaire,
du coton, des phosphates et des infrastructures portuaires, souvent sur la
base d’audits financiers et stratégiques permettant de tirer toutes les
leçons des carences et faiblesses du passé. Les principes de bonne
gouvernance et de bonne gestion des affaires publiques commencent à
s’imposer, grâce notamment à la vigilance de l’opinion et au travail des
journalistes que vous êtes. Les réformes actuelles n’ont de sens et de
signification que par rapport aux dysfonctionnements et aux dérapages qui
ont pu survenir par le passé, et nos partenaires nous accompagnent avec
bienveillance.
C’est parce que
les réformes engagées ont produit des résultats significatifs que le Togo a
pu atteindre en novembre 2008 le point de décision de l’initiative PPTE
(Pays Pauvres Très Endettés) dont l’un des effets à terme résidera dans les
effacements et les rééchelonnements de dettes et l’accès de notre pays et
des opérateurs économiques togolais aux crédits sur le marché financier
international nous permettant ainsi de nous doter des moyens nécessaires
pour les grands travaux et la modernisation du pays.
Des efforts
restent encore à faire pour bénéficier pleinement des effets du réengagement
des institutions financières internationales et du retour des bailleurs. Si
des améliorations considérables ont été apportées à l’assainissement et à la
gestion des finances publiques, il reste encore à mettre en œuvre les
réformes initiées en matière de passation des marchés publics afin que le
Togo puisse accéder à une généralisation des aides budgétaires globales.
Voilà le sens et la portée des déclarations que j’avais faites récemment.
Depuis lors, la situation a évolué, puisque l’Union européenne qui fixe
généralement le baromètre des relations du Togo avec la communauté
internationale a déjà commencé des appuis budgétaires pour 2009 et le
gouvernement a adopté en janvier de cette année un projet de loi portant sur
la régulation des marchés publics.
Comme vous le
constaterez, nos adversaires politiques et nos détracteurs ne sont pour le
moment porteurs d’aucune alternative sérieuse et crédible. Je regrette que
les débats se focalisent trop souvent sur les questions politiques et que
l’on occulte le sort et les préoccupations élémentaires de la population.
Lors de la crise alimentaire et avec la hausse des produits pétroliers, je
n’ai noté nulle part des propositions concrètes en dehors des efforts du
gouvernement. L’évidence aujourd’hui, ce sont les jalons incontestables et
les bases solides que le Président Faure est parvenu à poser en vue du
redressement économique, le progrès social et la modernisation du pays.
Pensez-vous
que le train de vie de l’Etat, les détournements supposés ou réels au sein
de certaines sociétés d’Etat, les déplacements et fêtes onéreux au sommet de
l’Etat sont de nature à démontrer la réussite de ce test ?
Dans ces secteurs,
il y a beaucoup de sensationnel et de rumeurs que de vérités. Le train de
vie de l’Etat togolais demeure, à ce jour, le plus modeste de la
sous-région. Le budget de la Présidence de la République, les frais de
fonctionnement de l’Etat sont les plus bas de toute la région
ouest-africaine à une ou deux exceptions près. Vous pouvez le vérifier en
examinant le train de vie de tous les Etats qui nous entourent. Quant aux
détournements supposés, il y a aussi plus de rumeurs que de faits établis.
En toutes hypothèses, le Président de la République a donné des instructions
fermes pour le déclenchement des audits et des poursuites judiciaires chaque
fois que des indices sérieux tendraient à accréditer la thèse de
malversations sur des ressources publiques. L’installation prochaine de la
Cour des comptes contribuera énormément à cet effort.
Quant aux
déplacements et les fêtes prétendument onéreux, je voudrais vous rappeler la
situation d’où notre pays vient et qui oblige les autorités à tous les
niveaux à parcourir le monde pour sensibiliser les partenaires sur la
nouvelle donne politique et économique, sur les réformes engagées et pour
réhabiliter l’image et le prestige du Togo et parvenir à une mobilisation
plus grande de soutiens extérieurs. Les résultats sont là et la communauté
internationale fait à nouveau pleinement confiance à notre pays et à ses
dirigeants.
Sur un autre
plan, abordant l’actualité, les réformes constitutionnelles et
institutionnelles prévues par l’Accord Politique Global (APG) ont du plomb
dans l’aile. L’opposition accuse votre parti de vicier l’esprit et la lettre
de l’APG en usant de mauvaise foi. Des manifestations sont en perspective et
l’avenir politique du Togo est instable à quelques mois de la
présidentielle. Qu’en est-il exactement ? Le RPT est-il dos au mur ?
Nous avons
tendance à oublier et à occulter le contexte dont le Togo vient. Face aux
polémiques stériles que certains tentent d’instaurer, au motif d’une
violation alléguée de l’Accord Politique Global de septembre 2006, il
convient de rappeler quelques faits et vérités d’évidence.
Sur la forme, je
voudrais rappeler sans aucun esprit de polémique l’option prise par les
parties prenantes à l’Accord Politique Global d’emprunter une approche
graduelle et progressive conduisant, dans un premier temps, à parvenir, à
travers des élections législatives anticipées, à la mise en place d’une
nouvelle Assemblée nationale, et dans un second temps, à poursuivre les
autres réformes politiques en vue de la consolidation de la démocratie et de
l’Etat de droit dans le cadre de cette nouvelle Assemblée nationale dont le
rôle primordial à cet effet a été abondamment souligné à l’article premier
de l’APG. Je comprends la tentation de certains d’installer le Togo dans une
situation d’exception et de singularité par rapport aux démocraties
universelles où le Parlement demeure l’instance traditionnellement et
constitutionnellement habilitée pour délibérer et adopter les lois.
Apparemment les situations d’anomalies et de tension permanente sont un
terreau fertile pour certains partis politiques, même si cela conduit à
reléguer au second plan les vrais problèmes de développement du pays et le
souci de bien-être des populations.
Je trouve
surprenant cet acharnement à anéantir et saper les fondements mêmes de notre
jeune démocratie, pour des raisons purement stratégiques et idéologiques,
par pur égoïsme et par sectarisme. Si les élections législatives d’octobre
2007 n’avaient aucun sens et aucune portée, pourquoi alors le CAR et l’UFC
s’arrogeraient-ils l’exclusivité des concertations avec le gouvernement, en
plus du RPT, en excluant les autres partis politiques de l’opposition dite
traditionnelle visés par les 22 Engagements et signataires de l’APG que l’on
invoque par ailleurs de manière sélective. Les élections législatives, comme
partout ailleurs, sont un arbitrage.
Ce qui légitime le
RPT, le CAR et l’UFC à se concerter, à l’exclusion des autres signataires de
l’APG c’est précisément leur présence à l’Assemblée nationale issue des
élections législatives de 2007. Et comme vous le savez, le CAR et l’UFC
étaient particulièrement imprégnés des effets inéluctables de la démocratie
représentative, où le principe majoritaire revêt tout son sens, eux qui,
lors du scrutin de 2007, firent campagne, l’un avec la prétention d’obtenir
une large majorité à l’Assemblée nationale (65 à 75 députés selon les
propres déclarations des dirigeants de l’UFC) excluant d’avance toute idée
de gouvernement d’ouverture même en direction des anciens alliés de la
Coalition, et l’autre sollicitant la confiance de la population pour
poursuivre les réformes entreprises par le gouvernement d’union nationale de
l’époque.
La logique
démocratique et le principe majoritaire sont durs, mais c’est ainsi,
serait-on tenté de dire. Lorsque le PS français dépose une motion de censure
contre le gouvernement Fillon, c’est sans illusion sur l’issue de la
démarche, mais il ne s’en prive pas parce que l’UMP votera de manière
mécanique. Regardons un peu certains pays qui nous entourent. Combien de
députés d’opposition existent au Sénégal (prèsqu’aucun), au Burkina (moins
d’une quinzaine), au Mali (moins d’une quinzaine) ; et pourtant ces
parlements délibèrent et adoptent des lois! Maintenant qu’il y ait un besoin
d’ouverture, de dialogue, de concertation et de compromis comme cela a
toujours été prôné par le Président Faure Gnassingbé, c’est une autre chose.
Que l’on s’astreigne à l’écoute et que l’on tienne compte de la diversité
d’opinions, cela a le mérite de contribuer à l’apaisement et à la cohésion
nationale. A ce propos, je considère que l’UFC et la CAR soulèvent des
inquiétudes légitimes mais posent mal le problème. Il sera toujours utile et
souhaitable pour notre pays de valoriser le dialogue et la concertation
comme mode de recherche de compromis et de mobilisation citoyenne autour des
enjeux aussi bien politiques qu’économiques et sociaux. Le fondement de
cette concertation et de ce dialogue réside dans la volonté et la bonne foi
des acteurs politiques, sociaux et économiques et non dans un accord
politique devenu un dogme. Il sied donc de souligner que l’Accord Politique
Global n’a jamais entendu instituer une instance suprême ou parallèle pour
la conduite des réformes politiques, en dehors des institutions
républicaines.
Sur le fond, il
s’agit donc de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour
autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le
sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de
la réalité de leurs prérogatives constitutionnelles, au risque de
transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée
nationale en une chambre d’enregistrement. Personne n’a intérêt à cette
tentative de dénigrement et de vexation contre les élus du peuple et
l’Assemblée nationale.
C’est fortuitement
que l’Assemblée nationale est aujourd’hui composée de trois partis
politiques signataires de l’APG. L’issue des élections législatives aurait
pu donner d’autres configurations et l’on ne voit comment, par exemple, des
députés indépendants ou issus du PSR, de l’Alliance et des autres
compétiteurs auraient accepté de renoncer à leurs droits et prérogatives
constitutionnels pour s’accommoder des desiderata des partis prenantes à l’APG !
En définitive, je
crois que la polémique n’a plus lieu d’être à partir du moment où les
parties prenantes au Cadre permanent de dialogue et de concertation tel que
réaménagé viennent d’adhérer pleinement aux initiatives du Président Faure
Gnassingbé et qu’elles se sont retrouvées, chacune étant animée d’une réelle
volonté d’avancer. Si l’on se débarrasse des revendications et arguties de
pure forme, il est possible de parvenir rapidement à des compromis pour
aller de l’avant. Il y a un esprit de totale ouverture et d’écoute attentive
au niveau du gouvernement. Les discussions du Cadre permanent ont d’ailleurs
l’avantage de pouvoir s’appuyer sur des propositions concrètes, des
commentaires et des observations déjà formulés par le CAR et l’UFC sur le
projet de loi portant révision du code électoral. Cet aspect du problème
devrait donc trouver rapidement une solution.
Alors
pourquoi vouliez-vous procéder à une révision unilatérale de ce code
électoral en le sortant du cadre consensuel ?
J’espère que la
réponse détaillée apportée à votre précédente question répond à votre
interrogation. Nulle part l’APG n’a institué un organe ou un mécanisme comme
antichambre obligatoire de l’Assemblée nationale et comme étape préalable
aux délibérations de l’Assemblée nationale où les députés disposent des
prérogatives d’amendement et ne sont soumis à aucun mandat impératif. Et
contrairement à certaines affirmations, l’Union européenne n’est pas partie
prenante à l’APG et aucune règle n’habiliterait cette institution à
contraindre les institutions républicaines du Togo à rechercher
impérativement le consensus sur les réformes projetées.
Dossier
Orange à présent. Il y aurait selon nos informations, des pots de vin et la
Banque Mondiale s’oppose à la procédure d’attribution du marché. Orange
vient au Togo ou pas ?
La question ne se
pose pas de cette manière. Il y a eu effectivement un protocole d’accord
signé avec Orange, mais juridiquement, il ne s’agissait pas encore d’un
contrat, mais d’une manifestation d’intérêt et d’intention des deux parties
à entamer des discussions pour parvenir éventuellement à un accord. A la
réflexion et sur conseil de la Banque mondiale, le gouvernement togolais a
décidé de revoir la situation, de profiter de la situation pour actualiser
la politique nationale de développement des télécommunications, et de
s’assurer que d’éventuels nouveaux opérateurs dans le secteur ne puissent
intervenir que dans un environnement assaini et conforme aux intérêts de
notre pays en respectant les exigences de compétitivité et de concurrence.
Le gouvernement est à pied d’œuvre avec l’assistance de la Banque mondiale.
Il n’y a donc pas lieu à polémiquer.
Un autre cas
préoccupant dans la gestion du RPT : Comment comprendre qu’à la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale, des retraités (le DG et certains de ses
acolytes) refusent de libérer leur poste pour permettre à l’institution
d’évoluer ? On parle là aussi des milliards de CFA détournés qu’on cherche à
dissimuler.
Les changements à
la tête d’une agence ou institution comme la CNSS doivent procéder d’un
processus de réforme impliquant tous les acteurs concernés, à commencer par
les affiliés. Et je puis vous assurer que le ministre du Travail, de
l’Emploi et de la Sécurité Sociale y travaille. Le jour où une décision
ferme sera prise au niveau du gouvernement, vous verrez bien qu’elle sera
exécutoire et exécutée. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Comme cela a été
le cas pour toutes les réformes et restructurations que le gouvernement
opère, la question de la gouvernance d’entreprise ne doit pas être isolée de
la mise en place de nouvelles règles de jeu qui déterminent le cahier de
charge et les responsabilités d’éventuels nouveaux dirigeants. Agir
autrement sera contreproductif.
Pour
terminer, M. le ministre, comment prévoyez-vous 2010 ? Les Togolais
compteraient-ils encore des cadavres et des blessés à la place des bulletins
de vote ?
Lors de sa tournée
d’échange de vœux avec les populations dans toutes les régions du pays, le
Président Faure Gnassingbé a dit clairement sa forte conviction, sa
détermination et son engagement résolu pour un scrutin conforme aux
standards internationaux et qui puisse se dérouler dans une atmosphère
d’apaisement, de sérénité et de sécurité. Les initiatives qu’il vient de
prendre s’inscrivent dans cette logique. La volonté du gouvernement
d’entamer dès à présent les préparatifs du scrutin dénote du souci d’éviter
toute précipitation de dernière minute qui engendrerait un climat de
tension, de violence et de contestation. Nous avons donc intérêt à aller
vite dans la mise en place de la CENI, puis à procéder à la révision du
fichier électoral, tout en renforçant les conditions de sécurité.
On a tendance à
l’oublier, l’une des premières mesures majeures du Président Faure
Gnassingbé fut, en tirant les leçons des violences qui ont souvent émaillé
les processus électoraux dans notre pays, de renforcer les effectifs et les
moyens d’action de la police et de la gendarmerie ; de veiller à dissocier
les missions respectives des forces de défense d’un côté et des forces de
sécurité et de maintien de l’ordre de l’autre, tout en affirmant leur
vocation républicaine et apolitique. Les résultats sont là aujourd’hui et il
nous faut continuer à bâtir là-dessus.
Comme en 2007, le
gouvernement est très avancé dans les discussions avec l’Union européenne
pour la mobilisation des ressources permettant aux médias privés et publics,
aux organisations de la société civile et aux partis politiques de s’engager
en amont sur des initiatives de sensibilisation et d’éducation citoyenne
pour raffermir la culture de tolérance, de non-violence et de respect des
droits de l’Homme. Je ne vois aucun Togolais ni aucun parti ou acteur
politique s’adonner à la destruction du socle et des conditions essentielles
que nous venons d’instaurer aux prix de sacrifices de toute la nation pour
pouvoir consacrer nos énergies et nos ressources au développement, au
bien-être des populations et à la modernisation du pays. Je ne suis pas
naïf, mais permettez-moi de ne pas imaginer certaines attitudes qui
s’apparenteraient à un crime contre la nation.
Propos recueillis
par Dimas Dzikodo |
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Gratuité de
l’école : La farce de Faure qui fait problème |
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La
Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) était en grève de
48 h les jeudi 5 et vendredi 6 février 2009. Ce débrayage fait suite à deux
entretiens, l’un avec le ministre des Enseignements primaire, secondaire et
de l’Alphabétisation, et l’autre avec celui de l’Economie et des Finances.
Selon la FESEN, ces deux entretiens n’ont pas permis de trouver une solution
à leurs préoccupations qui se résument à la lenteur affichée dans la
réalisation des mesures d’accompagnement promises après la suppression des
frais scolaires, le retard accusé dans l’adoption du décret relatif aux
indemnités de fonction des chefs d’établissement du secondaire 1er et
2èmes cycles, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques. A ces
préoccupations, s’ajoutent d’autres problèmes à savoir le flou entretenu par
les autorités sur les deux mois d’arriérés de salaire de 1999 des
enseignants auxiliaires, la prise en charge des enseignants des écoles
spécialisées et enfin la non interpellation des premiers responsables de
l’enseignement confessionnel par le gouvernement en vue d’aplanir les
problèmes des enseignants de cet ordre.
Cette situation désastreuse que les autorités s’activent à dissimuler n’est
que la conséquence directe de cette fameuse gratuité de l’école brandie par
les tenants du pouvoir comme le cadeau de Faure aux populations.
L’effet
boomerang de la farce de la gratuité de l’école
La
fameuse gratuité de l’école apparaît au regard des difficultés actuelles
comme une décision incongrue sans un travail préalable sur le terrain. En
prenant la décision de rendre ce qu’il appelle l’école gratuite, le
gouvernement avait déclaré sur tous les toits que des mesures
d’accompagnement seront prises pour aider les responsables d’écoles à faire
face aux problèmes logistiques et organisationnels liés à l’affluence des
élèves. Plus de 4 mois après la rentrée scolaire, les directeurs attendent
toujours la subvention de 2 000 F par élève. Les enseignants volontaires que
le gouvernement a promis recruter dans l’enseignement lors du dernier
concours de recrutement sont également oubliés. Depuis donc 4 mois, chaque
directeur d’école n’a perçu que 126 500 F CFA : 40 000 F pour les
déplacements du directeur et 86 500 F versé à la COGERES, une structure
conjointement gérée par les chefs d’établissements et les parents d’élève.
Voilà la
pagaille que le gouvernement de Faure pour des visées électoralistes, a
semée dans l’enseignement, laissant les chefs d’établissements face à une
situation où ils sont obligés de débourser de l’argent de leur propre poche
pour payer le matériel de travail. La grève de 48 h observée la semaine
dernière n’est qu’un avertissement. Si des dispositions nécessaires ne sont
pas prises dans les meilleurs délais pour remédier à cette situation, il est
à craindre que l’enseignement primaire et secondaire ne soit paralysé dans
les prochains jours.
F.S
Confidentiel :
Tentative de meurtre sur le Col. Biteniwé à la Présidence de la République
Le
Lieutenant-colonel Kuma Biténiwé, Conseiller militaire du Président de la
République a échappé à une tentative de meurtre à la Présidence de la
République, a-t-on appris de sources proches de la mouvance présidentielle.
Le drame s’est déroulé il y a quelques jours lorsque, prenant du thé au sein
du Palais présidentiel, il a constaté par on ne sait quels moyens, que la
tasse était empoissonnée. Il a craché le liquide qu’il avait dans sa bouche
avant de provoquer volontairement un vomissement pour parer à toute
éventualité. Après d’autres soins appropriés, il a regagné son village natal
Pya dans la Kozah pour des cérémonies.
Dans l’une de
nos précédentes parutions (F.S n°423), nous annoncions qu’il ne se passe
plus de jour où ne circulent dans les milieux politiques, des rumeurs sur
l’empoisonnement d’une sommité du pouvoir ou d’un de ceux que les Togolais
appellent « les grands ». Et nous avions cité tour à tour, les cas de
Charles Takou l’ex-Directeur général de la Société Nouvelle des Phosphates
du Togo (SNPT) qui n’a eu la vie sauve qu’en se faisant évacuer rapidement
sur la France, de l’Honorable Barnabo, député RPT de la Circonscription
électorale de Tandjoaré qui, aux dernières nouvelles, séjournerait à Paris,
puis le cas malheureux du Colonel-Intendant Galley de Souza qui lui, y a
laissé sa vie. Aujourd’hui, c’est le Conseiller militaire de Faure
Gnassingbé Kuma Biténiwé qui est la cible.
L’homme n’est
pas un inconnu des Togolais et ce n’est pas la première fois qu’il est la
cible de ses ennemis tapis dans l’ombre de l’empire qu’il a bâti et défendu
bec et ongle. Cet officier supérieur des Forces armées togolaises (FAT)
faisait partie des rares échantillons qui pénétraient, même avec leurs armes
sur eux, les bureaux de feu Gnassingbé Eyadéma. Il s’était évaporé dans la
nature après avoir échappé le 05 mai 2003 à un attentat attribué au fils
aîné de son mentor, le Col. Ernest Gnassingbé (aujourd’hui grabataire) alors
Commandant du Régiment Parachutiste Commando de Landja (Kara). Ce dernier,
par la suite, l’avait accusé de diriger un groupe de « subversifs »
qui préparait un coup d’Etat contre son père. Dans le déroulement du drame,
le téléphone portable du Lieutenant-Colonel dont la voiture venait d’être
littéralement mitraillée est tombé et récupéré par ses bourreaux et exploré
de fond en comble; mal en prit aux hommes de tenue qu’il a contactés.
Suivra ensuite le calvaire d’une quinzaine de militaires dont trois
officiers dans les geôles togolaises, calvaire qui a trouvé son épilogue le
mardi 12 juillet 2005 avec la libération du reliquat, le Lieutenant Innocent
Kpadang et le tireur d’élite Denan ayant trouvé la mort au cours de leur
détention.
Le Lt-Col.
Biténiwé était de retour quant à lui au lendemain de la mort d’Eyadema et de
l’incapacité physique du Col. Ernest Gnassingbé. Ce retour qui était
effectif le 16 juillet 2005 serait négocié de main de maître par un
conseiller militaire français au Togo. Il est nommé quelques jours plus
tard, après avoir discuté « sous le drapeau » avec les hautes
autorités politiques et militaires du pays, Conseiller militaire de Faure
Gnassingbé avec qui il entretenait depuis belle lurette une amitié
apparemment sans faille.
Mais la question
qui se pose est la suivante : à qui aurait profité l’assassinat de Kuma
Biténiwé ? Qui a intérêt à le tuer au sein même de la Présidence ? Pourquoi
utilise-t-on ces derniers temps cette arme chimique qu’est
l’empoissonnement, utilisée dans les temps obscurs des dictatures par les
services secrets ?
Le pouvoir RPT
doit mener une enquête minutieuse pour rassurer la population car, on ne
peut pas vivre dans un pays où l’on a peur de répondre à une invitation d’un
ami, d’un frère ou d’un collègue en vue de partager un verre ou un plat. Ce
terrorisme d’Etat est plus dangereux que celui de la dictature brute.
F.S.
La République
des strangulateurs : Essence : Bénin (350 F), Ghana (moins de 200 F), Togo
(500 F)
C’est un
paradoxe des plus frustrants mais qui est érigé en système de gestion. Le
gouvernement togolais est prompt à augmenter les prix des produits
pétroliers dès que le baril du pétrole augmente sur le marché
international. Par contre, il est lent à revoir les prix à la baisse quand
le baril du pétrole connaît une chute.
Depuis la
dernière diminution du prix de l’essence de 595 à 500 F, le baril du pétrole
ne cesse de dégringoler sur le marché international, tournant aujourd’hui
autour de 40$, voire moins. Un tour dans les pays voisins permet d’apprécier
la réalité des faits.
Au Bénin voisin,
le prix de l’essence est ramené à 350 F le litre. Au Ghana, une somme de
1000 F CFA donne droit à presque 6 litres d’essence. En d’autres termes, le
prix de l’essence au Ghana est à moins de 200 F. Le bon sens ne comprend
alors pas pourquoi au Togo le prix de l’essence continue d’être maintenu à
500F à la pompe par le gouvernement. Le lieu d’approvisionnement du Togo
est-il différent des autres pays voisins ? Le comble est que la semaine
dernière, l’essence était introuvable sur le marché, obligeant les
populations à se rabattre sur les détaillants dans les rues.
Comme piqué au
vif, le ministre du Commerce, Guy Madzé Lorenzo a débarqué sur les écrans de
la TVT pour lire une déclaration, accusant les pétroliers de n’avoir pas
signalé à temps la baisse de leurs stocks. D’autres sources estiment qu’en
réalité, cette pénurie découle de la volonté de l’Etat de monopoliser tout
le circuit de distribution du carburant. Sûrement un nouveau coup des
insatiables « Barons » du pouvoir qui cherchent par tous les moyens
à faire main basse sur les secteurs juteux du pays.
Du reste, le
maintien du prix du carburant à 500F est incompréhensible non seulement au
Togo, mais aussi dans les pays voisins où l’on se pose des questions sur le
sens même de la politique du gouvernement de Faure. Pour l’heure, cette
situation profite à des vendeurs de rue qui font des affaires sans payer des
impôts malgré que l’Etat fasse planer sur eux des menaces d’amendes et
d’empoisonnement.
F.S.
Faure Gnassingbé
et la réconciliation nationale : De la fiesta du 13 janvier au deuil du 05
février
En
l’espace d’un mois, de 23 jours exactement, les Togolais ont célébré
l’anniversaire de la mort de deux Présidents qu’a connus le pays : Sylvanus
Olympio le 13 janvier et Gnassingbé Eyadema le 05 février. Des anniversaires
qui devraient être, a priori, des moments de recueillement et d’affliction,
car il s’agit de décès de deux hommes qui ont présidé aux destinées du Togo.
Des événements qui devraient donner lieu au deuil. Mais au Togo, tout porte
à croire que les morts ne se valent pas. En tout cas, c’est l’impression que
donne « l’Esprit nouveau ».
Un assassinat
fêté
Le 13 janvier
dernier, les Togolais ont été tous témoins de l’événement. C’était la java,
on dirait un événement heureux qui était célébré. Seul un culte catholique,
une messe protestante et une prière musulmane organisés à Lomé sont venus
rappeler au bon souvenir des Togolais. Il fallait « consoler » les
jaloux des acquis, donner l’illusion d’une compassion. Le coté spirituel de
la chose était un non événement, à coté de la grande java qui eut lieu. Le
défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de
l’événement durant les 38 ans de règne d’Eyadema a été encore au
rendez-vous. Avec la même allure joyeuse, les corps habillés ont marché au
pas. L’année dernière pour tromper la vigilance de l’opinion, on a placé la
célébration sous le signe du recueillement et de la sobriété, et ainsi le
défilé s’est déroulé en vase clos au Camp Général Gnassingbé Eyadema.
Chassez le naturel, il revient au galop. Pour l’édition 2009, il est revenu
en plein air et c’est le boulevard de la nouvelle Présidence de la
République qui l’a abrité. C’était vraiment une affaire des FAT. Aux époux
se sont adjoints les femmes et des enfants des FAT et le défilé s’est
déroulé sous le regard approbateur de Faure Gnassingbé qui esquissait de
temps en temps des sourires.
C’était la fête.
Et pourtant le 13 Janvier ne rappelle pas un événement heureux. C’est à
cette date en 1963 que mourait le Père de l’Indépendance, le tout premier
Président du Togo, Sylvanus Olympio ; mieux, qu’il était assassiné. Au lieu
du deuil, on en a fait une fête.
Le deuil pour
Eyadema
C’est le
quatrième anniversaire du décès d’Eyadema. Trois célébrations du 05 février
ont été tenues, mais on n’a jamais vu les tenants du pouvoir aussi pieux. A
les voir sur les caméras, on dirait des Saints. Président de la République,
ministres, députés, dignitaires de l’armée et autres barons étaient « super
cools » lors des différents cultes religieux, donnant des airs de pitié
qu’on ne leur connaissait pas, on dirait les disciples de Jésus lors de la
dernière prêche avant sa montée au ciel. Certains même donnaient
l’impression de vouloir pleurer. C’était le vrai deuil qui a pris une
ampleur à la mesure du défunt. Après les cultes religieux à Lomé, la fête
s’est délocalisée à Kara, puis à Pya, le village natal de l’éploré. Là,
d’autres cultes ont été tenus. Il y eut une veillée spéciale dans la maison
familiale. Le jeudi 05 février même, une grande cérémonie officielle a été
tenue au Palais des Congrès de Kara. On a fait de l’événement une affaire
nationale. Les personnalités étrangères étaient même invitées pour
l’occasion. Des gerbes de fleurs ont été déposées au caveau familial.
Eyadema a eu droit aux hommages dignes de son rang. La Télévision nationale
s’est fait le plaisir de faire vivre aux Togolais l’événement debout en
bout.
C’était le
deuil, rien que ça. La TVT n’a pas montré une seule image de réjouissance,
il n’y a pas eu de défilé. Quoi de plus normal, il s’agissait de
l’anniversaire d’un décès, qui plus est, du « Père
de
la
Nation ».
Mais il y a là une politique de deux poids, deux mesures. Le 05 février, on
porte le deuil, mais les 13 Janvier, c’est la fête. L’assassinat de Syvalnus
est célébré joyeusement et baptisé « Fête de
la Libération
nationale ».
On se réjouit donc de la mort d’un homme, mais jeudi 05 février dernier, on
a fait des tonnes de prières pour le repos de l’âme d’Eyadema. Et dans les
discours, on crie à la réconciliation nationale.
T.Shalom
Avec l’appui des magistrats iniques : L’escroc géomètre
Dossou K. Simon fait des victimes
Les acquéreurs des immeubles dans la propriété appartenant à
la Collectivité Nyafli-Xator à Aflao-Apédokoé-Gbomamé ont passé une salle
journée le jeudi 05 février dernier. L’huissier de justice Djéri Allassane
qui en principe, a pour domaine de compétence Tsévié, s’est appuyé sur son
confrère Nicabou Yacoubou pour déployer un zèle suspect en mettant dehors
les effets des acquéreurs de la parcelle de 2 hectares et demi appartenant à
la Collectivité citée plus haut (voir photo ci-contre).
A
l’origine, deux décisions iniques de la Justice togolaise, rendues en
Première Instance et en Appel par des magistrats véreux, corrompus par
l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon. En effet, ce dernier s’était présenté
devant les descendants de la collectivité à qui appartient cette parcelle
pour leur signifier que ladite portion est la sienne pour l’avoir obtenue
par voie de récompense auprès de leur père, à qui il a travaillé sur une
superficie de 8 hectares. « Faux et mensonge », rétorquent les
héritiers qui demandent la toute petite preuve qui est le plan de 8 hectares
qu’il a élaboré. « S’il arrivait à nous montrer le
plan, nous nous engageons à lui laisser les
5 hectares et
demi au lieu des deux et demi qu’il revendique actuellement »,
a déclaré un membre des héritiers légitimes. Mais rien. Les nombreuses
descentes sur le terrain organisées par la Justice togolaise n’ont rien
prouvé et le voleur de terrain, l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon n’a pu
apporter la moindre preuve des limites et situation de ses fameux 8
hectares.
Malgré tout et chose curieuse, que ce soit en Première Instance ou en Appel,
la Justice togolaise a donné raison à l’escroc géomètre, on ne sait sur
quelle base. En tout cas, pas sur celle qui est légale mais sur celle de la
corruption bien sûr. Et si la Justice togolaise prétend avoir une base
légale, une preuve fiable pour attribuer la parcelle à l’escroc géomètre,
elle ne peut qu’être fausse et les décisions doivent être attaquées pour
« faux et usage de faux ».
De
toutes les façons, la collectivité met au défi l’escroc géomètre Dossou
Koffi Simon et ses véreux magistrats d’apporter la moindre pièce
justificative de l’appartenance de ladite parcelle à l’escroc géomètre.
Et
c’est sur la base de ces décisions iniques qu’il a obtenu une ordonnance
d’expulsion que l’Huissier Djeri est venu de Tsévié appliquer, avec un rare
zèle et une rage qui frisent la défense des intérêts cachés, à peine voilés.
Il a
fallu l’intervention du Parquet de la République de Lomé qui, vu le problème
social que la démarche a posé avec des familles des acquéreurs de bonne foi
à qui l’ordonnance d’expulsion n’est pas signifiée, est intervenu pour faire
rentrer tout en ordre en attendant de régler le problème à fond.
Si tel est que
dans ce pays, il y a un Magistrat suprême, il doit réagir face à ces
corruptions avérées qui ont engendré des décisions iniques qui troublent
l’ordre public. Mais si les autorités politiques et judiciaires refusent
d’intervenir et qu’il a eu un drame, elles en seront pour quelque chose car,
tout récemment, un gendarme à la solde de l’escroc géomètre parti pour
intimider les acquéreurs s’est bagarré avec l’un d’entre eux; et la femme
de ce dernier a failli tirer l’arme que le gendarme a déposée par terre
avant de s’engager dans la bagarre. La suite, c’est des semaines
d’emprisonnement pour l’acquéreur. Les autorités togolaises doivent mettre
fin à ces velléités de spoliation de terrain de l’escroc géomètre Dossou
Koffi Simon qui traîne des dossiers puants à la Justice togolaise mais qui a
réussi par le passé à mettre certains magistrats aux pas sous le coup de la
corruption. Bon à suivre.
F.S. |
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Forum de la Semaine #427
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Justice /
Cour Suprême : La nomination d’Abalo Pétchélébia pose un problème |
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La
nomination rocambolesque du sulfureux Abalo Pétchélébia à la Cour Suprême
continue de faire des vagues. Au delà de la polémique sur le non respect des
dispositions de la magistrature, cette nomination pose un problème de fond.
En effet en sa
qualité de président de la Cour d’Appel, le juge Pétchélébia a rendu un
certain nombre d’arrêts. Les plaignants non satisfaits des décisions de la
Cour d’Appel se sont pourvus en cassation devant la Cour Suprême. Or il se
trouve aujourd’hui que l’homme qui a rendu les décisions à la Cour d’Appel
est aujoujrd’hui celui qui siège à la Cour Suprême. Quelle démarche va-t-il
adopter face à ces dossiers qu’il a eu à trancher à la Cour d’Appel ? Cette
situation entraîne une cacophonie générale et met les avocats et leurs
clients dans une incertitude.
C’est évident
que ceux qui ont propulsé Pétchélébia à la Cour Suprême n’ont pas vu cet
aspect de la chose. Que faut-il faire maintenant face à cette situation
inédite ? Pour certains professionnels de la Justice, toutes les affaires
traitées par Pétchélébia à la Cour d’ Appel qui se retrouvent aujourd’hui à
la Cour Suprême doivent être cassées et renvoyées de nouveau en deuxième
instance. Pour d’autres, si le juge Pétchélébia a tant soit peu un respect
pour la Justice togolaise, il devrait normalement renoncer à traiter ces
dossiers en dernier ressort.
Une chose est
certaine, face à cette réalité, les clients, les avocats sont dans une
situation on ne peut plus embarrassante. Ceux qui ont porté le juge
Pétchélébia à la Cour Suprême malgré la réticence du corps judiciaire
portent la responsabilité de la pagaille qui règne aujourd’hui, surtout que
de l’avis de certains avocats et clients, les décisions à la Cour d’Appel
étaient rendues sur fond de billets de banque.
F.S.
Révélation : Les
services de renseignements togolais face aux enjeux du terrorisme
international
L’un des défis
majeurs auxquels sont confrontés nos pays en ce siècle, c’est celui du
terrorisme international. Tous les pays du monde entier, même les plus
insoupçonnables en la matière sont d’une manière ou d’une autre touchés.
D’ailleurs, le fait que les actes de terrorisme soient conçus de façon la
plus intelligente possible, fait soutenir la thèse qui veut que ce soient
les pays des plus insoupçonnés qui soient les bases arrières de ces
activités qui frappent à des milliers de kilomètres à la ronde. Et justement
notre pays, le Togo fait partie de ces « pays insoupçonnables » mais qui, de
façon directe ou indirecte, pourrait servir ou sert déjà de base arrière et
de source de financement à ces activités si des mesures idoines ne sont pas
prises, de façon drastique pour parer à cela.
Dans une de nos
parutions (F.S. n°199 du 19 Octobre 2006), nous avions fait
cas de la présence du Hezbollah dans notre pays. A l’époque, la Haute
Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) était montée sur ses
ergots pour nous faire passer de sales moments dans ses locaux, nous
poussant à un démenti qu’elle voulait nous arracher au forceps. Mais
aujourd’hui, Dieu seul sait que ce que nous avions écrit et mis d’ailleurs
au conditionnel, était vrai et qu’il avait fallu un travail de longue
haleine des services de renseignements togolais avec l’appui indéniable des
services de contre-espionnage occidentaux, pour venir à bout de cette
nébuleuse. Mais, étant une hydre à plusieurs tentacules, les milieux
diplomatiques togolais croient dur comme fer que des ramifications du
terrorisme international sont toujours présentes au Togo et des actions
concertées avec les Occidentaux (France, Etats-Unis, Allemagne,
Grande-Bretagne) en plus de l’Israël font déjouer beaucoup de scenarii
catastrophe. Mais comment opèrent ces ramifications ?
De sources
diplomatiques, on affirme que le Togo sert de ralliement au point de départ
du financement des « efforts de guerre » aux associations terroristes
en Orient. Plusieurs diplomates nous ont confirmé que de géantes
manifestations du Hezbollah voire du Hamas, étaient financées à partir du
Togo. Les communautés des pays concernés envoient leur participation aux
« efforts de guerre » depuis les pays de la sous-région (Bénin, Côte
d’Ivoire, Ghana, etc) vers les « passeurs » qui résident et opèrent à
partir du Togo.
Selon les
experts internationaux auprès des représentations diplomatiques occidentales
de notre pays, la façon la plus efficace de lutter contre le terrorisme est
de l’étouffer financièrement. C’est d’ailleurs pour cela que la valise
(contenant probablement une forte somme d’argent) du leader du Hamas qui a
opéré une tournée orientale suite au drame qu’a connu le mois dernier la
bande de Gaza, a été saisie à l’aéroport du Caire juste à sa descente
d’avion.
C’est dans ce
contexte très complexe que des saisies des fonds sont signalées de façon
azimutale à l’aéroport international de Lomé. Nous en faisions cas dans une
de nos récentes parutions où nous révélions que l’Agence Nationale de
Renseignements (ANR) du chef d’Escadron Massina a saisi sur un Libanais en
partance à l’aéroport de Lomé, une forte somme avoisinant le milliard de nos
francs.
Les sources
diplomatiques d’ailleurs, affirment qu’en l’espace de quelques mois, les
fonds saisis sur les Orientaux à l’aéroport de Lomé avoisineraient les huit
milliards (8.000.000.000) de FCFA.
Les services de
renseignements togolais n’opèrent pas seuls. Devant certains défis comme la
lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme ou le blanchiment de tout
genre, voire la sécurité présidentielle, ils bénéficient de l’apport
inestimable de leurs collègues occidentaux (DGSE, CIA, etc) et du Mossad
israélien.
Les saisies tous
azimuts des fonds sur ces Orientaux répondent-elles à ces impératifs que
nous avions évoqués plus haut ? Seul le Chef d’Escadron Massina peut
répondre. Idem pour le Ministre de la Sécurité Titikpina.
Mais, si nous
prenons le cas de Baaklini Farès et Chmeisani Toufic Hamad qui à eux seuls,
voulaient emporter environ sept cent millions (700.000.000) de FCFA,
beaucoup d’interrogations triturent les méninges de plus d’un.
D’où proviennent
au juste ces fonds ? Le nommé Chmeisani se dit opérateur économique au Togo,
qui est censé exercer dans le domaine de change dont il a l’agrément. Mais
Dieu seul sait combien de service de change on compte au Togo. Et sur son
compte, il n’y aurait que trois cent mille (300.000) FCFA. Et c’est cet
homme qui veut envoyer des centaines de millions à Beyrouth. Mais alors
pourquoi ne pas procéder de façon orthodoxe si ces fonds sont d’origine non
illicite et visent un but irrépréhensible?
L’autorisation
de « transfert » des fonds n’est pas l’autorisation de
« transport » des fonds. Dans tous les pays du monde entier, il y a des
lois et des pratiques respectant les normes juridiques qui régissent le
« déplacement » des fonds. On peut transférer par voie bancaire tout
montant que l’on veut, pourvu que l’origine des fonds soit justifiée. Mais,
il n’est pas permis de transporter sur soi, un montant donné c’est-à-dire en
dépassant un plafond donné. Si la barre est dépassée, cela prête à soupçon
et attire des réactions incalculables des services de sécurité. Ce drame se
joue très souvent aux Etats-Unis, en France et dans tous les pays
développés.
De l’autre côté,
si les fonds ne sont pas destinés à des activités douteuses, pourquoi ne pas
opter pour la transaction bancaire avec des traçabilités bien définies et
bien connues et facilement repérables comme le font tous les opérateurs
économiques dans le monde entier ? Ce ne sont que des inquiétudes soulevées
pour alimenter le débat. Et la réponse à toutes ces interrogations peut
amener nos lecteurs à se faire une religion sur le drame.
Mais comment les
fonds saisis sont gérés ? Dans tous les pays du monde entier, un conflit
permanent oppose les services de Renseignements encore appelé de
contre-espionnage à l’appareil judiciaire. Les services de renseignements
utilisent des méthodes peu orthodoxes pour parvenir à des fins sécuritaires
du sommet de l’Etat et des pays alliés tandis que la Justice est là pour
appliquer le droit et protéger les citoyens et les deux ne vont pas
nécessairement de paire. Ce drame se joue permanemment aux Etats-Unis
d’Amérique où la CIA et les autres services de renseignement sont mal perçus
par les praticiens de droit. La parfaite illustration est faite dans le film
« 24 heures Chrono » qui traduit la réalité des actions des services
de renseignements aux Etats-Unis.
Le Chef
d’Escadron Massina dont les actes sont décriés partout et le Col. Titikpina
partagent-ils entre eux les huit milliards de francs CFA qu’ils ont saisi
ces derniers temps à l’aéroport de Lomé ? Eux seuls peuvent répondre. Mais
nos recherches ne nous permettent pas de répondre par l’affirmatif car,
selon nos sources, ce n’est pas uniquement en ces temps-ci que ces genres
d’opérations sont menés. Au départ, les fonds sont remis à la Justice avec
les présumés, qui se retrouvent quelques heures après libres de leurs
mouvements, la Justice ayant estimé n’avoir rien retenu contre les
présumés. Mais enquête faite, il se révèle que les fonds en question sont
partagés, parfois « fifty-fifty » avec nos fameux magistrats qui,
dans leurs jugements, déclarent avoir remis le supposé corps du délit aux
concernés, faussement accusés selon
Et c’est pour
cela que l’Etat aurait décidé de procéder autrement. Si le Chef d’Escadron
Massina et le Ministre Titikpina peuvent s’approprier les fonds saisis pour
la plupart sur indication des services de renseignements étrangers, selon
nos recoupements, qui sont très souvent aussi en contact avec le Chef de
l’Etat, sans que ce dernier ne dise rien, alors il y a anguille sous roche.
Mais, une chose est sûre et certaine, nous avons découvert dans nos
recherche que le Chef de l’Etat est au parfum de tous les détails des
opérations menées par les services de renseignement du pays y compris les
montants exacts des fonds saisis et leurs destinations. Car, le terrible
Massina n’est pas le seul à lui rendre compte. En espionnant, lui-même est
espionné. C’est pourquoi il y a plusieurs services de renseignements dans un
pays. Bon à suivre.
F.S.
Faure Gnassingbé
entre présidentielle de 2010 et hommages à Papa
La gestion
efficiente d’un pays exige du Chef de l’Etat la même attention à tous les
sujets. Il est censé avoir à l’œil toutes les questions : politiques,
économiques, sociales etc., et les préoccupations quotidiennes de ses
administrés. Il est exigé de lui des talents d’équilibriste. Mais l’« Esprit
nouveau » lui, ne l’entend pas de cette oreille. Ses préoccupations
actuelles ne sont que bidimensionnelles : le scrutin présidentiel de 2010 et
la satisfaction post mortem de son cher papa.
Présidentielle
d’abord
C’est un secret
de polichinelle, Faure Gnassingbé a la tête à la présidentielle de 2010.
C’est son obsession de l’heure, dirait l’autre. Toute action entreprise
l’est par rapport au profit qu’il peut en tirer pour son image et toute
manifestation politique offre l’occasion pour faire des clins d’œil aux
populations. Même si la manifestation est apolitique, on force le rapport
avec la présidentielle pour profiter de la tribune. C’est dans ce cadre que
se situe la pseudo tournée d’échange de vœux avec les populations du Togo
profond entreprise par le Chef de l’Etat du 15 au 20 janvier dernier. A
cette occasion, on a vu plus qu’un simple souci d’échanger des vœux avec les
populations. Le maître mot était de polir l’image de Faure Gnassingbé aux
yeux des populations et le faire rentrer dans leur cœur. C’est ainsi qu’on a
peint dans les discours un super Faure Gnassingbé qu’on a même comparé au
célébrissime Barack Obama. Dans les discours, on n’a fait que servir un
chapelet de réalisations (sic) du « Leader nouveau » à toutes les
étapes. A certains endroits, on a en des termes à peine voilés, appelé les
populations à voter Faure Gnassingbé en 2010. La saynète de don de 500 000
FCFA des populations de Dapaong comme leur contribution à son caution en
2010 est assez illustrative. Le culte de sa personnalité a amorcé son grand
retour.
Le même souci
était notoire à Mango, lors de la fête traditionnelle Koudapaani célébrée le
dimanche 25 janvier. C’était Faure Gnassingbé la vedette. Tout était fait
pour magnifier son nom. L’accoutrement du jour se réduisant en un tricot à
l’effigie du « Leader nouveau » et au message sans équivoque : « Faure
Gnassingbé, Notre Président pour 2010 ». L’animation politique qui a
fait son temps est aussi revenue et les hommages lui ont été chantés. Les
slogans de l’époque d’Eyadema ont retenti. « Faure toujours… »
criait-on, et à la foule de répondre : « Président !... Président !
Président ! Président ! »
La rencontre
d’il y a une semaine avec les chefs traditionnels à Kara n’a pas dérogé à la
règle. Si le sujet originel était la chefferie traditionnelle, il s’est
éclipsé au profit de la politique. C’était le même morceau. Faure Gnassingbé
a fait ceci pour le grand bonheur des Togolais, tel autre pour qu’ils vivent
décemment, nous a-t-on encore servi. Ici, pour les pousser à être loyaux, on
a décidé de doubler leurs émoluments. Les objectifs ont été atteints,
puisqu’un chef traditionnel de Tchaoudjo, en des termes à peine voilés, a
promis à Faure Gnassingbé un plébiscite des populations de la préfecture.
Satisfaire Papa
à tout prix
Faire plaisir à
son père est visiblement l’autre préoccupation majeure de Faure Gnassingbé.
On en sera à la troisième fête à Papa en l’espace d’un mois. Cette année
encore, malgré les discours où on décrète la réconciliation, la « fête »
du 13 janvier a été encore tenue et la célébration est même sortie du cadre
de recueillement et de sobriété qu’on lui a réservé l’année dernière. Le
bruit a couru que le « Leader nouveau» n’était pas partant pour cette
célébration, mais y a été contraint par les barons et les dignitaires de
l’armée, bref les nostalgiques du passé. Il a tout de même fini par y être
emballé.
Le 24 janvier,
la fête de libération économique a été comme toutes les autres. Faure
Gnassingbé s’est rendu à Sarakawa sur les lieux, accompagné de la grande
« copinade », pour honorer cette fête chère à Papa. C’était ce jour là
en 1974 que les Blancs ont tenté de l’assassiner pour son chauvinisme
débordant qui ne leur permettait pas de faire leurs affaires.
Le retour
triomphal du 2 février est éclipsé par le 5 février. Aujourd’hui on en est
au 4e anniversaire
après son décès en 2005. Cette année encore, on n’a pas fait les choses à
moitié. Les cultes religieux ont commencé depuis le week-end. Dimanche
eurent lieu à Lomé un culte catholique et protestant. Les Mahométans n’ont
pas été du reste. Ils ont prié pour le repos de l’âme du défunt. Ce n’était
que l’étape de Lomé. La fête s’est ensuite délocalisée à Kara et à Pya, le
village natal du défunt, pour prendre l’ampleur qu’il lui faut. Ce n’est pas
monsieur n’importe qui. Il s’agit du Père de la Nation, celui-là même qui a
bâti le Togo (sic).
Voilà à quoi se
réduit l’emploi du temps de « l’Esprit nouveau ». Les honneurs à Papa
et la présidentielle de 2010 sont en ballotage sérieux dans son programme et
constituent ses seules préoccupations.
T. Shalom |
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