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Le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation dont la majorité des Togolais a
salué la naissance et l’installation, le vendredi 06 février 2009 poursuit
ses travaux ; Si au sortir de chaque séance les membres de cette entité
donnent, chacun leurs impressions, une sorte de rapport des travaux au
peuple, il serait trop facile de croire que les débats y sont aisés et
aboutissent fluidement à des conclusions unanimes. Il faut toujours savoir
que les débats font, la plupart du temps, l’objet de discussions âpres, même
si aucune atmosphère d’animosité n’y prévaut.
L’opposition
a jubilé, lorsque le parti au pouvoir est revenu sur sa décision de faire
valoir le texte du code électoral qu’il a unilatéralement modifié. Elle a
également cru détenir la vedette lorsque le Cadre Permanent de Dialogue et
de Concertation a été créé et installé, parce qu’elle avait pensé que ses
pressions ont eu un effet sur le régime.
Mais
seulement voilà, les premiers couacs commencent par poindre à l’horizon. Les
travaux du mardi 17 sont suspendus jusqu’à lundi. En effet, bien de
questions d’ordre primordial constituent un goulet pour le fonctionnement du
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation.
Les travaux
du 17 février avaient pour ordre du jour :
1-la
recherche de facilitateur
2-la
représentation des partis politiques au sein de la CENI.
3-La
représentation de l’administration au sein de la CENI
Lorsque deux
entités sont en conflit, ou éprouvent des difficultés à s’entendre sur un
point, naturellement, sous tous les cieux, il faut une troisième personne
pour les départager.
Et c’est la
raison pour laquelle l’UFC, compte tenu du déficit de confiance qui prévaut
dans le pays, a tenu à ce qu’une troisième personne, en l’occurrence le chef
de l’Etat Burkinabé Blaise Compaoré soit désignée comme facilitateur pour le
CPDC. Selon l’UFC donc, ce facilitateur amoindrirait, par ses interventions,
les éventuels chocs liés à la mise en place des réformes constitutionnelles
et institutionnelles, préalables aux échéances électorales présidentielles
de 2010.
Ce CPDC
qu’au demeurant le RPT commence déjà par trouver de facultatif et non
d’indispensable (dixit Bawara), peine à servir de cadre de consensus, et de
référence, lorsque les questions de la composition de la CENI et de
facilitateur sont à l’ordre du jour. Voilà là où le parti au pouvoir a
encore piégé l’opposition. L’opposition pense que la CENI doit être composée
de sorte que l’arbitrage des élections soit immaculé et que la présence d’un
facilitateur soit importante, en l’occurrence le Burkinabé Blaise Compaoré.
Le RPT dit que les Togolais, au contraire, sont assez grands et mûrs pour
régler leurs propres problèmes.
Le parti au
pouvoir est très rompu en politique et seuls les esprits éveillés savent que
face à tous les problèmes politiques, ce parti trouve toujours solution. Et
si à une époque donnée, le RPT, après moult tergiversations et refus, finit
par accepter une proposition, c’est qu’il y a déjà trouvé une échappatoire.
La question
qui se pose face à cet imbroglio est de savoir si le peuple ne va pas, une
fois encore, tomber dans un piège, et ce piège de facilitateur ?
Quoique
n’ayant que 19 ans d’âge, l’histoire de la lutte pour la démocratie au Togo
est très longue et riche en péripéties. Et seuls, ceux qui savent analyser
et discerner les circonstances, les unes des autres, peuvent déceler des
embûches.
De là, loin
de donner raison ou tort à l’une ou à l’autre des partis engagés dans le
processus du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, il faut attirer
plutôt l’attention de la multitude sur le parcours, jusqu’à présent effectué
par la classe politique togolaise, depuis lorsque feu le Président Français
Mitterrand était encore en vie. De Strasbourg à Ouaga I et II, en passant
par Colmar, l’expérience de facilitateur pour la crise politique togolaise
n’a toujours été qu’amère, pour l’opposition qui en sort chaque fois
perdante.
L’opposition
togolaise, partout où elle est passée pour recourir à l’intervention de
facilitateur n’a été que dans la déveine, tant les solutions imposées par
ces facilitateurs n’ont jamais vraiment tenu compte de ses points de vue.
C’est ainsi
que malgré le fait qu’elle sortait chaque fois pleine d’assurance, de ses
confrontations avec le RPT, en présence de facilitateurs, l’opposition finit
toujours par déchanter aux lendemains des élections.
Beaucoup
d’événements historiques en témoignent, et la plupart du temps, c’est
l’opposition qui y laisse des plumes, après s’être trompée d’avoir triomphé
d’un combat contre le RPT.
A la mort de
l’ex-président de la République, Eyadèma Gnassingbé, le triple saut effectué
par l’actuel Président Faure a été longtemps mijoté par le RPT, et ceci, des
années auparavant. A cet effet l’opposition togolaise, naïve, s’est mise à
réclamer le retour à la légalité constitutionnelle, à tue tête. Faisant
semblant de refuser, le RPT a, par là, laissé à l’opposition quelques jours
pour confirmer, à la face du monde, sa demande, avant de s’y plier. Et ce
qui devait arriver, arriva. S’étant rendu compte de sa méprise, elle a voulu
faire marche arrière parce qu’elle a su que le délai restant pour faire des
élections transparentes et claires n’était pas suffisant. Or, le parti au
pouvoir qui bénéficie des prestations et conseils de technocrates politiques
et constitutionnalistes de renommée, tel que Debbasch, savait que telle
serait l’issue de ce thriller politique. Par conséquent, l’opposition a été
la cible de l’opinion internationale, qui s’est donc posé la question de
savoir ce qu’elle voulait au juste. Le RPT ayant par alchimie remporté les
élections, l’opposition a été forcée d’accepter la solution à elle imposée
par les facilitateurs de la crise togolaise.
En 2005 et
en 2007, l’opposition a pu apprécier la prestation de Blaise Compaoré en
tant que facilitateur. Que peut-elle dire au peuple que le président du
Burkina a apporté à travers sa facilitation ? Si sa facilitation n’a rien
apporté au peuple, pourquoi l’opposition s’entête-t-elle encore à recourir à
lui ? N’est-ce pas le lieu pour les Togolais, qu’en tant que peuple mûr, ils
puissent s’occuper de leurs propres problèmes ? Et en tant que magistrat
suprême, ne serait-il pas mieux de se référer à la facilitation du Chef de
l’Etat ? On y trouverait plutôt un gage.
A présent,
Debbasch est désormais stable au Togo et nous allons vers des élections de
2010. Ce qu’il y a à noter est que, le RPT profite de la division de
l’opposition, suite à l’ostracisme lié à la participation au CPDC pour mener
les débats liés au processus électoral à son profit.
C’est ainsi
que le temps restant pour asseoir les réformes constitutionnelles et
institutionnelles et les diverses démarches liées aux échéances de 2010
n’est plus suffisant. Et les discussions continuent.
Pendant que
l’opposition est bloquée à Lomé pour abattre le travail herculéen que lui
confie, à tout bout de champ le parti au pouvoir, ce dernier lui-même est
avec les populations de l’intérieur.
Tous ces
déplacements à l’intérieur du pays sont initiés pour vanter la gratuité des
enseignements, les concours de recrutement dans la fonction publique, l’aide
faite aux étudiants, et récemment le forum des paysans à Kara. A l’issue des
émeutes qui ont secoué la localité d’Agbandao le 30 avril 2006, causant des
dommages matériels et physiques aux populations, le Président Faure
Gnassingbé a fait don, en ce mois de février, d’une coquette somme de 30
millions de francs CFA, pour permettre aux habitants atteints par les
émeutes de répondre à leurs besoins. Le RPT que l’on ne saurait arrêter dans
sa course au prestige, vient d’offrir un moulin aux populations d’une
localité de Bassar pour épargner à leurs femmes, les longs trajets pour
moudre leurs céréales.
Le mercredi
de la semaine passée, un vent très violent a secoué la ville d’Atakpamé,
causant des dégâts énormes. La nature et les hommes ont été ébranlés par ce
vent. Saisissant donc cette occasion, le ministre des droits de l’homme, Me
Yakoubou Koumadjo a fait le déplacement des lieux et a fait un don bien
médiatisé de 1 million de francs aux élèves de la localité, pour leur
permettre de remplacer leurs biens perdus dans cette catastrophe naturelle.
Les populations ont abondé en remerciement, par la voix du préfet de l’Ogou.
Le
gouvernement a envoyé, par la Ministre Méïmounatou, un don de 1000 feuilles
de tôle aux populations sinistrées. Lors de la journée des tailleurs et
couturières célébrée à Amou Oblo, la population a affirmé son soutien
indéfectible au Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. C’est le lieu de dire que
le RPT continue sa moisson, tandis que l’opposition, entamée dans son unité,
glisse sur la peau de banane que lui a placée sous le pied, le parti au
pouvoir.
Edmond
YEVU
Le pouvoir RPT
en difficulté : Faure Gnassingbé entre le marteau et l’enclume
La situation
sociale du Togo s’empire malgré l’assurance donnée par Faure Gnassingbé
d’améliorer les conditions de vie des Togolais. Il faut, la main sur la
conscience, reconnaître que le taux de chômage n’est pas réduit malgré le
recrutement de 4000 Togolais dans la fonction publique. Lorsque la jeunesse,
force motrice du développement, est en roue libre et se cherche, on doit
s’attendre à une situation sociale dangereuse.
Pour mieux
comprendre le taux de chômage accru au Togo, faisons une rétrospective sur
le règne du défunt président Gnassingbé, père de l’actuel président.
En effet, le
parcours politique de Gnassingbé-père n’a laissé que désolation. Ainsi, une
catégorie de Togolais était habituée au gain facile grâce aux marches de
soutien et à la lecture de motions de soutien au Général, moyennant de
l’argent. Ils vivaient dans l’oisiveté. Il suffisait, à cette époque, de
soutenir le président dans ses actes parfois iniques pour empocher des
millions. Beaucoup de jeunes et barons se sont fait une santé financière
grâce à la générosité ou à la magnanimité d’Eyadema qui leur offrait « la
manne ». Les magots étaient souvent partagés sur place comme si c’était
des « hors la loi » à la suite de leur vol dans le Far West.
Parmi ce
groupe, certains n’avaient pas daigné apprendre un métier. Ils n’attendaient
qu’un événement pour l’exploiter à leur profit. Voilà que le fils a succédé
à papa, et les donnes ont l’air de changer. Certains n’hésitent pas à
traiter Faure Gnassingbé d’avare parce qu’il ne donne pas comme son père.
« Il n’aime pas faire de la prodigalité, mais préfère gérer avec
parcimonie », a déclaré un ancien animateur principal d’Areto. Du coup,
ils ont du mal à s’adapter aux nouvelles donnes car le père les a rendus
paresseux. Ceux qui avaient un standing de vie, commencent à vendre leurs
biens pour éponger une partie de leurs dettes. D’autres qui étaient souvent
manipulés à commettre des bévues, sont aujourd’hui transformés en bandits
de grands chemins. Ce sont eux, principalement, qui braquent les paisibles
populations pour les cambrioler. Mêmes leurs parrains ne sont pas épargnés
par leurs actes de banditisme. Ainsi, les chiens se retournent contre leurs
maîtres.
En dehors de
cette catégorie de jeunes rendus paresseux, il existe une autre, composée
des jeunes conscients qui comprennent que c’est dans le travail qu’on peut
vaincre l’ennui, le vice et le besoin pour retrouver enfin son indépendance.
Ainsi, ils ont appris un métier et obtenu leurs diplômes et attendent d’être
engagés dans la fonction publique. Puisque le régime Gnassingbé privilégiait
le népotisme, l’ethnicisme, le militantisme au RPT ou carrément le
régionalisme comme critères d’accès à certains postes de responsabilité, ces
malheureux sont laissés pour compte. Certains se sont reconvertis depuis
1990 dans les activités de conducteurs de taxi-motos. D’autres par contre,
affaiblis par la détresse, l’anxiété se vouent aujourd’hui, avec l’avènement
de Faure Gnassingbé à l’alcool et à la drogue. Beaucoup d’entre eux sont
devenus des alcooliques ou drogués, voire des désœuvrés ; les filles, des
prostituées ou des mères prématurées qui sont à la charge de leurs parents
parce que, justement, les auteurs de leurs gosses n’ont pas trouvé encore
d’emplois.
En somme,
les deux catégories de jeunes au Togo sont en colère. L’une habituée à la
vie oisive, accuse Faure Gnassingbé de rompre avec les privilèges dont ils
jouissaient. L’autre, prête à gagner son pain à la sueur de son front, est
désemparée et exaspérée contre la lenteur d’une vraie politique d’emploi
dans le pays. Le recrutement de 4000 jeunes dans la fonction publique à la
suite d’un concours était largement en deçà des attentes des populations.
L’effectif des admis n’a même pas atteint le 1/3 des candidats qui ont passé
ce concours.
Voilà,
devant quel tableau, on ne peut plus sombre, se retrouve Faure Gnassingbé.
Faut-il qu’il satisfasse les jeunes rendus paresseux par son père et qui
constituent un fardeau pour le RPT ? Ou faut-il qu’il crée des emplois aux
jeunes qui ont leur diplôme, aptes à travailler pour le développement du
pays ?
Sans mentir,
Faure Gnassingbé est confronté à de sérieux problèmes.
C’est la
raison peut-être pour laquelle, il distribue de l’argent à l’approche de la
présidentielle
à certains
jeunes ou à certains chefs traditionnels pour avoir leur soutien à la
prochaine élection. Seulement, Faure Gnassingbé oublie qu’il est le
président de tous les Togolais et une politique d’emplois caractérisée par
un recrutement basé sur la compétence et le mérite satisfera tout le monde.
Il ne sert à rien que le président s’inspire de Groucho Marx qui disait : « la
politique est l’art de chercher les problèmes, de les trouver de les
minimiser et de leur administrer les mauvais remèdes à mauvais escient.. ».
C’est vrai
qu’il se trouve entre le marteau et l’enclume caractérisé par l’irritation
qui se traduit par le non maintien du bien être des paresseux ou
l’exaspération de cette jeunesse laborieuse qui est au chômage, même si, on
lui promet un autre concours de recrutement dans la fonction publique. Ce
qui est révoltant, c’est le licenciement de certains ou le risque de
licenciement dont certains seront victimes (le cas des sociétés en faillite
comme SNPT, la SOTOCO…). « Pour joindre les deux bouts au Togo, il faut
être, soit un héritier terrien ou d’immeubles, ou un bénéficiaire de temps
en temps du transfert d’argent d’un parent en Europe », avoue Toki,
désemparé.
La situation
sociale caractérisée par un taux élevé du chômage aboutit au suicide ou à la
réduction de l’espérance de vie des Togolais qui gravite entre 35 et 40 ans,
un tableau vraiment sombre. Et pourtant, Faure Gnassingbé n’a qu’une seule
préoccupation, remporter la prochaine élection avec tous les
moyens. Seulement, il est en train de mettre en péril son pouvoir sans le
savoir.
Il urge que
le président prenne le Taureau par les cornes s’il ne veut pas que les
jeunes reprennent les rues comme moyens de revendication pour exprimer leur
ras le bol. Les signes déclencheurs de ce soulèvement populaire se pointent
à l’horizon. Les richesses ou les ressources du pays doivent profiter à tous
les Togolais et non à un « clan ou à un réseau mafieux qui s’en approprie
tout en manipulant certains jeunes, ou en exploitant leur vulnérabilité à
des fins politiques, une façon de les réduire à la soumission ou à la
mendicité. Au lieu de dépenser des milliards pour sa sécurité, le chef de
l’Etat pourrait les dépenser pour créer des emplois aux jeunes afin
d’assurer la stabilité dans leur vie sociale. Les braquages nocturnes et
bientôt diurnes doivent faire réfléchir nos autorités, sinon le Togo n’est
pas loin du cas de l’Afrique du Sud où l’insécurité devient un lot
quotidien.
Gbèdodè Adjanor
Processus Vérité-Justice-Réconciliation : Quel président pour diriger cette
Commission ?
Le processus
Vérité-Justice-Réconciliation a été remis sur les rails la semaine
dernière avec les consultations tous azimuts du président Faure Gnassingbé.
En effet, le président a reçu et examiné les propositions des chefs
religieux de ce pays. L’objectif était de rechercher la personnalité pointue
et très avisée devant conduire la Commission Vérité-Justice-Reconciliation.
Cette personne doit être issue d’une famille religieuse comme l’a souhaité
la population après les consultations nationales en sept questions.
Nul n’ignore
qu’après les violences post électorales de 2005 qui se sont soldées par des
centaines de morts, l’ONU avait diligenté une commission pour établir les
faits. Selon le résultat de ce travail, il en ressortait que près de 500
personnes ont perdu leur vie durant cette période. Bien avant, la Ligue
Togolaise des Droits de l’Homme avait dénombré 800 morts. Pour répondre à
l’opinion tant nationale qu’internationale, Faure Gnassingbé avait mis en
place une Commission nationale dirigée par me Koffigoh qui a reconnu
l’entière responsabilité de l’Armée et des milices appartenant au RPT. Le
bilan des violences, selon les conclusions de cette fameuse commission
s’élevait autour de 150 personnes victimes des violences, plus les dégâts
matériels.
Eu égard à
la répétition des violences post électorales, les observateurs de la vie
politique togolaise ont exigé que le peuple togolais se réconcilie avec
lui-même avant la prochaine présidentielle. Pour aider les acteurs
politiques togolais dans ce processus, un bureau local des Nations Unies
pour les droits de l’Homme a été installé au Togo.
Dans le
cadre de ce processus, les consultations, reportées à deux reprises pour des
raisons non encore officiellement élucidées, ont été solennellement lancées
le 15 Avril 2008. Afin de bien mener ce processus
Vérité-Justice-Réconciliation, l’avis du peuple a été pris en compte. La
population a dû répondre à sept questions sur les consultations, à savoir de
quoi s’agit-il, pour quoi faire ? qui peut participer ? Comment
participer ?, Où et quand ? Quels sont les résultats attendus ? Depuis que
les conclusions de ces consultations ont été remises à Faure Gnassingbé, il
y a six mois, le pouvoir tardait à mettre en place cette commission qui
devrait diriger les travaux. Il a fallu encore quelques pressions avant que
le pouvoir, la semaine dernière, ne relance le processus. Le débat le plus
crucial, aujourd’hui, c’est les membres qui composeront cette commission.
Il est vrai
que celui qui présidera les travaux de cette commission doit être un homme
religieux qui a une culture dense. Celui-ci, doit être imprégné des cas
déjà connus dans le monde. Quand Mme Souhayr Belhassen, présidente de la
FIDH a rendu visite à Faure Gnassingbé en mai 2008, elle aurait souhaité une
Commission Réconciliation du genre marocain. Dans ce cas de figure, c’est
une ancienne victime des affres du régime du Roi Hassan II qui a dirigé les
travaux. Là encore, il n’y avait pas eu de confrontation entre coupables et
victimes. Et aussi, c’est un pays majoritairement musulman. Dans ce débat,
certains pasteurs ou évangélistes ou prophètes jettent de l’anathème sur
leurs collègues issus des congrégations structurées. Ils occupent des
chaînes de télévision pour se faire entendre. On les a déjà vus, lors de
leurs campagnes pour la réconciliation, proposer un pardon de la victime
sans la repentance du bourreau. « Pardonner 70 fois 7 », un slogan qui ne
s’inscrit pas dans la logique du processus. « Comment apaiser les cœurs
meurtris sans l’aveu des coupables ?», s’interrogent certains défenseurs des
droits humains.
Si
aujourd’hui, Faure Gnassingbé décide, enfin, de choisir le président de
cette commission, c’est une bonne chose. Un choix éclairé serait souhaitable
s’il ne veut pas que le travail de cette commission soit bâclé. Les Togolais
ont soif de la vérité. Des familles attendent de pieds fermes cette occasion
pour vider du cœur leurs rancoeurs. La lutte contre l’impunité doit passer
par des décisions dissuasives de la commission. Raison de plus, des membres
de cette commission doivent avoir un passé pas compromettant, une bonne
probité morale. Des personnes tenaces, téméraires et impartiales, qui ne
cèdent pas facilement aux menaces et intimidations peuvent jouer ce rôle. Il
faut vivement que le passé sombre du Togo soit effectivement soldé. On ne
doit pas se méprendre sur le choix des membres qui doivent siéger dans la
commission. « On sait qui est qui et qui fait quoi », déclare un défenseur
des droits de l’Homme. De toutes les façons, l’homme religieux qui sera
retenu pour présider à la destinée de cette commission doit avoir dans sa
main gauche une bible et dans sa main droite une culture dense. Alors,
Monsieur le président, à vous de jouer.
Gbèdodè A.
L’insécurité
devient une sérieuse menace : l’autorité reste impassible
La semaine
du 08 au 15 février a été celle du calvaire pour les habitants de Tokoin
hôpital, Ambassade du Ghana et environs, qui ont eu la visite des voleurs et
des braqueurs. En pleine journée les voleurs ont opéré et la nuit, les
braqueurs les ont relayés.
Dans bien de
maisons du quartier Tokoin Ouest (Ambassade du Ghana), les habitants font de
l’élevage de volailles et de petit bétail. Il y a des propriétaires
d’élevage dont le cheptel s’élève à plusieurs dizaines de caprins et
d’ovins. Il y en a dont le nombre de porcins n’est également pas
négligeable.
Ce sont des
personnes qui tirent un grand profit de cette activité secondaire qu’ils ont
embrassée pour pouvoir joindre les deux bouts.
Nul n’ignore
la situation économique qui est celle du citoyen togolais, fonctionnaire ou
chômeur. A cet égard les éleveurs mettent un soin particulier à leur
élevage, dont la plupart tire avantage à chaque rentrée scolaire, à chaque
occasion festive, à chaque occasion de maladie, etc.
A Gbossimé
par exemple, l’on peut évaluer et acquérir une chèvre ou un mouton, en
fonction de sa taille et de son poids. C’est ainsi que les prix varient de
10.000 F à plus que cela, mais jamais moins que cela.
Le prix des
porcs aussi n’est pas du reste, tant les efforts que demande l’élevage,
surtout à Lomé, ne sont pas petits. Seulement voilà, au cours de la semaine
du 08 au 15 février, plusieurs propriétaires d’élevage, surtout des veuves,
qui ont la charge de leurs orphelins, ont été spoliés de leurs animaux. Cela
n’a pas été nuitamment fait, puisque c’est au crépuscule, lorsque les
animaux rentraient et que certains manquaient à l’appel, que le forfait a
été constaté ; C’est ainsi que des éleveurs ont constaté la perte d’une
dizaine pour certains, une demi douzaine pour d’autres, etc… Et ce qui est
pitoyable dans tout cela, c’est que la plupart de ces animaux allaitent
leurs petits qu’ils ont mis bas la semaine surpassée.
Le même
jour, deux motos ont été volées dans la même zone de Tokoin, ceci aussi en
plein après-midi. La nuit de cette même date, au moment où chacun rentrait
tranquillement de son lieu d’occupation vers sa maison, une voiture a été
forcée par des braqueurs à s’arrêter au niveau de l’entrée de la morgue de
Tokoin Hôpital. Les occupants de cette automobile, à la vue du pistolet dont
les menaçait l’un des braqueurs, ont été obligés, la mort dans l’âme, de se
laisser docilement délester de leur bourse. Au total, une somme de 180.000 F
CFA leur a été extorquée. Mais, n’oublions pas de préciser au passage qu’une
patrouille de nos « araignées » venait d’arpenter ces lieux, quelques
minutes auparavant.
Nombreux
sont les citoyens qui, tout le temps sont victimes de vol, de cambriolage et
de braquage. Devant la recrudescence de l’insécurité, les autorités chargées
de la sécurité affichent une passivité révoltante et répugnante. Les
patrouilles nocturnes des araignées se font sur mesure et avec précaution.
Le souvenir des braquages et vols dont ont été victimes la plupart de ceux
qui sont allés à la fête de la bière est encore vivace dans les mémoires.
Ils ont été mêmes victimes dans les environs immédiats de la sûreté
nationale et de la brigade territoriale. L’on ne peut donc pas jouir
tranquillement d’une relaxante promenade au bord du littoral, vers le
crépuscule.
L’on est en
droit de se demander l’utilité de l’augmentation de l’effectif des forces de
l’ordre, et de l’argent dépensé pour nantir la police et la gendarmerie de
matériels. Il arrivera sûrement un temps où, lassées, les populations mêmes
prendront leur sécurité à bras-le-corps. Et alors, les conséquences qui en
découleront seront appréciées par tous. Le supplice du collier reviendra à
l’usage ; Notre dessein n’est pas de susciter des idées malsaines aux
citoyens mais seulement nous pointons du doigt le fait que la passivité de
l’autorité chargée de la sécurité est en soi une double source de danger et
d’insécurité. Lorsque les populations seront poussées à assurer leur propre
sécurité, alors il y en aura qui chercheront à s’armer ou à armer les
vigiles contre les voleurs. C’est ainsi que la prolifération des armes de
toutes sortes sera alors monnaie courante dans la cité, et que la violation
des droits de l’homme (supplice du collier, perforation au clou de crânes,
sirop de ciment, etc…) refera son entrée dans les mœurs.
Aussi est-il
de notre devoir de rappeler au Ministre de la Sécurité de s’acquitter de son
devoir ; Le long de la palissade qui fait face à la Sûreté Nationale, là où
il y a un petit marché de Tchoukoutou, derrière la SGGG, il y a toujours un
essaim de policiers qui se reposent toute la journée durant, du premier au
dernier jour du mois. L’on se demande ce qu’ils font.
Le ministre
de la Sécurité doit appréhender ce problème d’insécurité afin d’anticiper
sur l’inévitable conséquence fâcheuse qu’elle est susceptible d’engendrer,
et dont la gestion, s’il n’y prend garde, lui sera un jour, de la mer à
boire.
Il urge donc
surtout qu’il prenne vraiment la mesure du danger pour réagir sérieusement.
Edmond Y.
Société :
Hôpitaux, lieux d’avortement ou de plaisirs sexuels ? Quand des médecins
indélicats abusent sexuellement de leurs patientes
Selon les
dix commandements de Dieu, ôter la vie de son prochain est un grand péché.
Bien avant l’intrusion de la théorie des « 3C » (christianiser, coloniser,
civiliser), nos ancêtres, en dehors des pratiques inhumaines des rois,
condamnaient l’homicide. Et les criminels étaient souvent expulsés des
villages ou tués sur le coup après des verdicts rendus par la cour royale.
Aujourd’hui,
malheureusement, avec le modernisme et malgré les lois interdisant ou
condamnant des actes criminels, certaines pratiques abominables continuent
d’être perpétrées dans l’indifférence totale des législateurs. Ainsi,
l’avortement, action d’expulser un fœtus avant terme devient une opération
qui enrichit certains médecins, infirmiers ou certaines cliniques.
« Franchement, ce sont les avortements qui me font vivre, sinon j’aurais
déjà fermé ma clinique et je n’ai pas le choix », nous a avoué un
médecin généraliste d’une clinique qui a préféré garder l’anonymat.
Ce qui est
navrant est que les femmes en grossesse de sept (7) mois à huit (8) mois
acceptent d’avorter. Et pis, les médecins et les infirmiers et parfois les
gardes malades ignorent systématiquement leur serment, celui de préserver la
vie humaine. Il est parfois révoltant de constater que ces pratiques se font
dans les structures officielles, c’est-à-dire dans les hôpitaux publics.
Dans ces
genres de pratiques, beaucoup de choses se passent. Parfois, des jeunes
filles sont victimes d’abus sexuels de la part de ces médecins avant
l’opération.
« Un
jour, j’étais partie voir un docteur pour l’avortement parce que je
craignais la colère de mes parents lorsqu’il s’en rendront compte. Arrivée
dans la salle d’opération, le docteur m’a injecté un produit qui a eu un
effet soporifique sur moi. Peu de temps après avoir retrouvé mon état de
conscience, je remarquais que le docteur était en train d’avoir un rapport
sexuel avec moi avant l’opération, parce que j’étais dans un état
d’inconscience », a déclaré avec remords cette élève ;
Ces genres
de témoignages, plusieurs victimes les ont confirmés. Certaines, par
contraintes, acceptent de coucher avec ces hommes en robe blanche peu
scrupuleux avant de se faire avorter, parce qu’elles n’ont pas le choix ;
L’essentiel pour elles, c’est de se débarrasser de ces fœtus, même au prix
de leur vie, parce que certaines perdent leur vie au cours ou après
l’opération.
Autant de
réflexions que doivent susciter en nous ces actes immoraux, sinon déplacés
ou indécents, voire criminels de ces médecins ou infirmiers. Même des
gardes-malade qui ne maîtrisent pas bien la médecine s’aventurent dans ces
pratiques dangereuses, ignorant du coup l’hygiène.
Par
ailleurs, des femmes, au cours de l’échographie, méthode d’exploration
vaginale, affirment que certains gynécologues profitent de leur nudité ou
intimité pour faire des attouchements sexuels de leur utérus ou clitoris et
parfois l’irréparable se produit. C’est la raison pour laquelle certains
hommes refusent d’envoyer leurs femmes chez les gynécologues hommes, ou bien
exigent leur présence auprès de leur femme avant la consultation.
Seulement,
le problème qui se pose, c’est l’effectif insuffisant des femmes gynécologue
dans les centres médicaux. Ce qui est paradoxal dans le cas des avortements
qui se font malgré une loi interdisant cette pratique, c’est la campagne de
l’utilisation des condoms avant tout acte sexuel dont s’approprient ces
organismes partout, même sur les médias et qui doit en principe protéger nos
sœurs des grossesses non désirées et des MST.
Tout compte
fait, le mal existe et s’enracine. Les médecins, par conséquent, doivent se
rappeler leur serment d’Hippocrate et se maîtriser lorsqu’ils consultent les
femmes nues, car ne dit-on pas que « la maîtrise de soi est l’essentiel
pour combattre nos inclinaisons et nos habitudes vils et finalement en finir » ?
Pourquoi le Ministre de la santé ne fait-il pas un tour dans les hôpitaux et
cliniques pour savoir ce qu’il lui reste à faire ?
Au
niveau des parents, ne serait-il pas souhaitable d’éduquer sexuellement les
enfants et surtout d’encourager les étudiantes à embrasser en médecine la
spécialité de gynécologie afin de redonner confiance aux hommes mariés qui
accepteront de laisser leur femme se faire consulter facilement par
celles-ci ? Les conditions de travail et de vie des agents de la santé ne
favorisent-elles pas aussi les pratiques déplacées de ces derniers comme
l’avortement moyennant de l’argent ? Les autorités hospitalières doivent en
prendre conscience pour assainir le secteur. Les législateurs togolais aussi
doivent suivre l’exécution des lois interdisant l’avortement et prendre des
mesures dissuasives. C’est à ce seul prix que la population togolaise sera
préservée des risques de santé.
A.
Gbédodè
Lettre ouverte
au Chef du Gouvernement Gilbert F. HOUNGBO : «L’inaction de votre
gouvernement est aussi un crime»
Excellence
Monsieur le Premier Ministre,
Lorsqu’il y
a quelques mois vous étiez nommé à la tête du gouvernement de notre pays,
vous avez, dans votre programme, parlé des maux qui minent la vie
quotidienne des citoyens togolais.
Votre
programme était porteur d’espoir, tant il abordait tous les aspects des
difficultés des Togolais. Et ces derniers ont soupiré de soulagement, dans
la perspective de jours meilleurs sous votre férule.
C’est
ainsi que, ne pouvant sans doute pas être partout en même temps, vous avez
formé un gouvernement dont chaque membre avait à défendre son portefeuille.
Et donc le Togo a démarré une nouvelle aventure avec vous et votre équipe
gouvernementale.
Il n’y a pas
longtemps, vous avez présenté au peuple togolais le bilan des 100 jours de
votre exercice à la tête du gouvernement.
Excellence, si nous ne pouvons pas vous accorder zéro sur dix, nous ne
devons pas non plus, vous accorder dix sur dix, entièrement satisfait de
votre bilan, et pour cause. Certes, la confiance et la satisfaction dont
vous pouvez bénéficier du peuple rejailliront sur les autres membres de
votre équipe.
Mais, il est
très important de vous dire, Excellence, avec toute révérence due à votre
rang, qu’il y a dans votre gouvernement, un département qui a englouti un
budget astronomique, sans pour autant avoir rien fait.
Et ce
département, c’est le Ministère de la Sécurité. C’est effectivement curieux
que depuis un certain temps, les médias dénoncent l’insécurité galopante
qui sévit au quotidien, sans que rien ne soit entrepris pour la freiner.
Excellence,
il ne se passe pas de jour où quelque citoyen ne soit cambriolé, volé,
braqué, tué, ou violé sur la Terre de nos Aïeux.
A l’heure
même où cette lettre ouverte est en train d’être rédigée, une famille
togolaise pleure l’un de ses fils assassiné la nuit dernière par des
malfaiteurs qui, après leur crime, ont emporté son argent et quelques biens
à lui. Le malheureux rentrait chez lui à Baguida en compagnie de ses frères,
à bord de sa voiture, quand ils ont été interceptés par des braqueurs.
Les vols à
mains armées sont si courants au Togo, ces temps-ci, que l’on se demande ce
qui se passe. L’on se demande ce qui se passe, parce que tout le monde a
connaissance de l’existence d’un Ministère de la Sécurité au sein de votre
gouvernement.
Et ce qui
étonne les citoyens est le mutisme et la passivité dont font montre les deux
têtes de l’exécutif face à ce phénomène si extraordinaire qui les révolte et
les préoccupe.
Excellence M
le Premier Ministre, le Président de la République a toutes les excuses. Il
a un Premier Ministre qui est censé coordonner les actions du gouvernement.
Il est le chef des ministres. Tous les Togolais ont envie de vous demander
ce que vous faites de cette autorité.
Excellence
Monsieur le Premier Ministre, nous ne vous apprenons rien en disant que le
silence et l’inaction de l’autorité devant ces crimes crapuleux et odieux
sont aussi un crime parfait. Et au tribunal de l’histoire vous serez seul,
seulement accompagné de votre inaction et de votre manque d’autorité,
Monsieur le Premier Ministre.
Vous
n’aurez pas le chef de l’Etat à vos côtés, même pas votre subordonné,
ministre de la sécurité, qui a du mépris pour les citoyens auxquels il est
censé assurer la sécurité.
Tous, nous
savons les efforts faits par le gouvernement aux côtés du Chef de l’Etat
pour donner un souffle nouveau à ce ministère de la sécurité, notamment les
concours successifs de recrutement des agents des forces de l’ordre
(gendarmerie, police). Nous savons également les sacrifices consentis par
les contribuables pour doter ce département gouvernemental de matériels de
sécurité. Nous savons également que le budget à lui seul englouti est tel
qu’on l’a privilégié par rapport aux départements de la santé, de
l’éducation et de l’agriculture.
Il
est, donc ahurissant que le Ministre de la Sécurité méprise les cris
d’alerte et de détresse des populations confrontées à l’insécurité.
Excellence,
nul ne saura dire que votre gouvernement a échoué sur tous les fronts. Même
si le lait et le miel ne coulent pas des robinets des fontaines des
Togolais, l’on peut apercevoir à l’horizon un petit changement. Mais à quoi
servirait ce changement aux Togolais s’il faille qu’ils aillent en jouir au
cimetière ? Plutôt, nous croyons que si les citoyens ne trouvent pas à
manger, il faut au moins qu’ils aient la sécurité. Et cette sécurité doit
leur être assurée par l’Etat.
Le Président
de la République ne peut pas être en même temps partout. C’est justement
pour cette raison qu’il vous a délégué le pouvoir de former un gouvernement
dont vous êtes le chef d’orchestre.
Excellence
Monsieur le Premier Ministre, chaque jour qui passe apporte son lot de vols,
de braquages, de tuerie, de cambriolages et de violences commanditées (le
cas de Tchamba). Face à cela, les populations vous prient d’user de votre
qualité de Chef de gouvernement pour les sortir de cette impasse.
La terre de
nos aïeux est ainsi assez abreuvée du sang de ses fils. Les citoyens ont
trop payé pour l’irresponsabilité, l’incompétence et l’insouciance de
certains de leurs dirigeants.
L’alternative est celle-ci : soit vous rappelez au Ministre de la Sécurité
que son rôle n’est pas de veiller sur la quiétude des malfaiteurs, mais
plutôt sur celle des populations.
Ou
vous le limogez simplement pour le remplacer par un Ministre plus
responsable qui saura répondre aux attentes des populations en matière de
sécurité. Sinon, lorsque les populations en auront ras-le-bol, elles
sauront s’organiser pour parer à ce genre de phénomène. C’est alors qu’elles
rééditeront le supplice du collier, si elles ne donnent pas du sirop au
ciment à boire aux voleurs et malfrats qui tomberont sous leurs mains. La
conséquence, la pire que vous aurez à redouter est que chaque citoyen, pour
se protéger, ira se procurer des armes, puisque c’est ce que tiennent les
malfrats, pour les affronter. Et lorsque tout un quartier s’entend pour se
défendre aux armes à feu, imaginez ce qui peut se passer un jour.
Excellence
Monsieur le Premier Ministre, nous vous prions de bien vouloir excuser notre
audace. C’est aussi notre devoir de secouer par moment la léthargie de nos
gouvernants
Excellence,
tout en espérant que cette sonnette d’alarme aura trouvé un écho
retentissant et favorable auprès de vous, daignez recevoir, l’hommage des
sentiments de profond respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être.
Signé
La
Rédaction du Journal Carrefour
Et
si la CAF revoyait les critères d’attribution du ballon d’or Africain
Adébayor en proie aux critiques
Adébayor,
a-t-il mérité le ballon d’or 2008 ? Telle est la question qui suscite un
débat dans le monde du football africain. Au Togo, si beaucoup ont accueilli
favorablement le choix de notre compatriote, en Afrique par contre, la
majorité a décrié ce choix.
En réalité,
les amoureux du ballon rond ignorent les critères sur lesquels se basent les
membres de la CAF pour choisir le meilleur joueur africain. D’aucuns ont
pensé que Mohamed Aboutrefika, l’attaquant égyptien a remporté deux titres
majeurs : la ligue des champions de la CAF et la CAN. Donc, il est le mieux
placé pour recevoir le ballon d’or. Sur le continent, il est
incontestablement le mieux indiqué pour remporter ce trophée.
Malheureusement pour lui, c’est Adébayor Shéyi qui a été retenu.
Il est vrai
que la plupart de ceux qui sont désignés meilleurs joueurs Africains
évoluent également dans le championnat européen. Et les gens se demandent si
ce critère externe pèse beaucoup en faveur des bénéficiaires du ballon d’or
africain. Aboutrefika, il faut l’avouer, n’a évolué que sur le continent,
tandis que Adébayor, même s’il n’a pas pu amener sa sélection nationale vers
les compétitions africaines, a réalisé une belle performance dans le
championnat anglais.
Il nous
souvient que la polémique autour du ballon rond africain ne date pas
d’aujourd’hui. Déjà, en 2007, Drogba, le pressenti, a été dépossédé de ce
trophée en faveur du malien Kanouté, parce que l’ivoirien a refusé de faire
le déplacement de Lomé en période de la pleine compétition de la CAN à
Accra.
En 2004, le
même problème s’est posé. L’attaquant Austine Jay Jay Okocha serait bien
partant pour être sacré meilleur joueur africain. Mais hélas, c’est le
camerounais Eto’o qui était désigné. A l’époque, Etoo a été décrié. Et
finalement, on s’interroge sur la fiabilité de ce prix et, de surcroît, sur
la véracité du choix du meilleur footballeur africain retenu chaque année
par la CAF (Confédération Africaine de Football).
En tout état
de cause, Adébayor est sacré meilleur footballeur africain 2008. Il revient
à la CAF de définir clairement les critères du choix du bénéficiaire du
ballon d’or africain. Il serait mieux pour les prochaines éditions
d’organiser deux cérémonies simultanément pour primer, et le meilleur joueur
africain sur le continent, et meilleur joueur africain évoluant dans les
championnats européen, asiatique, et américain. Peut être, un début de
solution pour dissiper les critiques à la suite de la remise de ce prix aux
lauréats. La CAF doit y penser pour rectifier le tir.
Gbèdodé Adjanor |
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Le leader
charismatique de l’UFC et figure de proue de l’opposition, Monsieur
Gilchrist Olympio s’est confié, il n’y a pas longtemps dans les colonnes de
notre confrère Focus Infos dans sa dernière livraison. Il a donné ses
impressions sur la situation socio-politique du Togo, après la mort de son
ancien rival, Gnassingbé Eyadèma, ses relations avec l’actuel Chef de
l’Etat Faure Gnassingbé. Il a aussi dit quelques mots sur la situation
politique de certains pays de la planète, en fonction des changements qui
s’y sont opérés ces temps-ci. Voici en substance le profil de ses
impressions.
Interrogé
sur la régularité de sa présence à Lomé, la capitale du Togo, et sur sa
sécurité au pays, Gilchrist Olympio a reconnu que par rapport au passé, où
il redoutait de rentrer au bercail par souci de sécurité, ses allées et
venues actuelles sont dues au climat de quiétude qui prévaut sous ce
régime. Il n’a pas pour autant exclu que bien de choses restent à faire, du
fait des événements antérieurs qui ont marqué l’arrivée du président actuel
au pouvoir, notamment le bilan de cinq cents morts, officiellement chiffré à
25 par le rapport Koffigoh, cité par Faure lors de son entretien avec
Gilchrist lui-même, contre celui du Ministre Doudou Diène, dépêché par les
Nations Unis. Il a fait savoir le mutisme dans lequel s’est muré lorsqu’il
lui a demandé si 25 morts mêmes n’étaient pas beaucoup trop pour ce petit
Togo.
Il a de ce
fait tiré la conclusion selon laquelle, bien de choses restent à faire en
matière de sécurité et a pointé du doigt la prudence dont il fait preuve à
chacune de ses présences chez lui au Togo.
Déplorant le
fait majeur auquel est due la méconnaissance du Togo par ses neveux, nièces
et sa propre fille de 35 ans (qui d’ailleurs n’est venue ici que lors d’un
séjour de 24 heures), Gilchrist Olympio signale aussi le fait dû à l’exil
que lui et ses frères n’aient épousé que des femmes étrangères. Mais,
actuellement, dit-il, il vit à Lomé où se trouvent leur maison familiale et
celle de leur père (en déconfiture), qu’avec l’aide de son frère et de sa
sœur il retape. Il affirme vouloir revenir vivre définitivement au bercail.
Pour lui, la
célébration du 13 janvier par le régime n’est qu’une inconnue, du fait que
cette date marque le départ de l’échec et de l’aventure dans lesquels ce
pays est plongé. Cette commémoration dénote, selon lui le paradoxe entre
l’action et la parole, propre à la politique. Faisant allusion à
l’invitation dont il a été honoré à cette fête, il croit, à son humble avis
que cette occasion, après 45 ans devrait plutôt ramener les Togolais à la
réconciliation à travers la guérison des maux due à l’oubli, qui par
ricochet aplanirait les dissensions. Mais quelle n’est pas sa surprise de
constater que cette fête déclarée nationale et célébrée avec ostentation par
l’armée éloigne davantage le pays de la paix et de la stabilité, que
pourtant par des discours, le régime prône.
Répondant à
l’allégation de certains personnages de l’Etat selon lesquels son parti se
ferait prier pour rapatrier la dépouille de son père, Gilchrist Olympio
tranche net que l’histoire devrait être laissée aux historiens et que ce
qui incomberait serait plutôt le présent et le futur. Il a honnêtement avoué
qu’ayant un caveau familial à Agouè où reposent la plupart de ses parents,
il ne servirait à rien de trop plancher sur ce cas. Il a alors cité en
exemple tous ceux qui, morts à la bataille y sont souvent ensevelis et s’est
demandé s’il était impérieux ou nécessaire de rapatrier leurs dépouilles.
Mettant par là en cause l’hypocrisie des autorités, il a dénoncé la nature
sale de la rue à laquelle ces autorités ont donné le nom de son père.
Manifestant sa modestie, il a cru assez suffisante l’érection d’une statue à
la mémoire de ce dernier. Renvoyant la balle à l’envoyeur, Gilchrist Olympio
avoue l’incapacité des députés de son parti à travailler dans la quiétude,
tant le parti au pouvoir s’est arrogé le monopole de toutes les institutions
de la République, notamment l’armée, la police, le système judiciaire, la
HAAC, la Cour Constitutionnelle, le parlement le gouvernement, par
opposition à l’accusation faite contre son parti de ne pas être ouvert à la
négociation et de vouloir toujours imposer son diktat.
Concernant
l’invisibilité des fruits des échanges de Gilchrist Olympio avec le régime
Gnassingbé, le leader de l’UFC a été direct lorsqu’il dit que des
pourparlers étaient en cours pour une rencontre entre lui et Eyadèma quand
ce dernier décéda. Il a affirmé avoir rencontré tout de suite après son
fils, l’actuel Président Faure Gnassingbé, suite à des arrangements faits
par San Egidio, non loin de Vatican.
Seulement,
il déplore la vacuité des discussions ayant marqué les deux rencontres entre
les délégations de son parti UFC et du RPT. Mais plus loin, il affirme
avoir persévéré, malgré tout, lorsqu’on lui avait laissé entendre que plutôt
que d’aller au même endroit, il fallait qu’ils se rencontrent sous la
houlette d’un facilitateur, en l’occurrence, le Président Compaoré du
Burkina, qu’il connaissait depuis de longues dates. Mais seulement, selon
lui, cette rencontre a perdu de sa couleur originelle, tant les
délégations, les circonstances la ripaille et la beuverie qui la
caractérisaient étaient hors du commun. Supportant tout cela, malgré la
pression de la jeunesse de son parti faite sur lui de quitter les
négociations, il a accepté d’aller aux législatives, nonobstant les
magouilles et les turpitudes du Parti au pouvoir, quant au document
sanctionnant la rencontre et les préparatifs de ces élections ; tout cela,
il l’avait souffert volontiers, pour que l’on ne dise pas qu’il est un
adepte entêté de la politique de la chaise vide.
Questionné
sur l’accusation de fantaisiste et d’irascible dont fait l’objet son parti,
Gilchrist rétorque que, loin de donner un seul exemple de fantaisie et
d’irascibilité de son parti, c’est plutôt le RPT qui se dérobe à la logique
politique lorsqu’il s’agit de s’asseoir et de discuter de quand et comment
asseoir les institutions devant conduire à des élections saines et
transparentes.
De ce fait
il a également dénoncé les pratiques frauduleuses axées sur des découpages
fantaisistes de circonscriptions électorales par ce parti. Mettant en relief
le comportement unilatéraliste du RPT quant à l’organisation des élections,
il communique l’espoir qu’il nourrit aux uns et aux autres concernant la
mise en place des réformes institutionnelles et constitutionnelles
préalables aux élections et trouve plutôt contraire à la logique, le fait
que le parti au pouvoir saisisse le monopole de commander le matériel
électoral, pourtant financé par le PNUD, sans passer par un appel d’offre.
Niant le constat selon lequel l’UFC serait en train de marcher au pas du
RPT, Gilchrist Olympio fait remarquer les conditions difficiles et
précaires, assorties de pressions dans lesquelles les élus à l’hémicycle de
son parti travaillent. Il dénonce aussi l’élaboration fantaisiste des
documents budgétaires des élections par le RPT, tout en en comparant le
délai d’étude plutôt hâtif, imposé par le RPT, à celui des pays voisins
(quelques semaines au Togo, un an au Ghana, huit mois au Burkina).
Niant en
bloc toute alliance basée sur quelconque arrangement politique avec Faure,
le leader de l’opposition a justifié sa position ferme en citant par exemple
certaines des abstentions de son parti, notamment la non présentation des
vœux de nouvel an à Faure et la non reconnaissance de son parti de la
légitimité de ce dernier : « Nous pensons qu’on présente des vœux à des
amis. On présente des vœux à des gens qui ont fait du bon travail. Et non à
un chef d’Etat, à qui nous ne reconnaissons aucune légitimité ».
Interrogé
sur ses convictions, quant à l’alternance, Gilchrist Olympio a avoué y
croire fermement. Il a même déclaré avoir été invité au même titre et placé
au même rang que les Chefs d’Etats à l’investiture de John Atta-Mills au
Ghana. La leçon qu’il donne d’un combat politique est qu’il faut toujours
avoir confiance en la réussite.
Plus loin,
il confie avoir posé la question à Faure ; lisons-le plutôt : « Quand Faure
Gnassingbé passait avec une dizaine de ses collaborateurs, il m’a salué ; je
lui ai alors demandé s’il pense que ce qui s’était passé au Ghana pourrait
se réaliser au Togo. Il m’a répondu que oui, il y croit ». Mais seulement,
Gilchrist croit que le Ghana étant à des siècles d’avance plus évolué que
le Togo, il n’était pas surprenant que la prouesse d’alternance y fût
réalisée. Et puis il fait allusion à l’accointance qui existe entre les
leaders politiques de ce pays, le Ghana, ce qui est rare au Togo.
Ne voulant
pas trop s’étaler sur la question d’une éventuelle coalition des forces
politiques au Togo pour 2010, il a néanmoins dit que si ces forces l’étaient
vraiment, elles seraient les bienvenues. Par contre si elles l’étaient sur
papier, il ne croit pas.
Répondant à
la question sur ce qu’il allait faire si, en 2010, il devenait président de
la république, Gilchrist a été sobre mais pertinent. Il a dit qu’il avait
déjà un manifeste qu’il allait affiner. Visiblement, les 100 jours de son
mandat sont chargés lorsqu’il dit qu’il faudra balayer Lomé, et les autres
villes du Togo, draguer la lagune. Il a résumé les problèmes socio économico
politique : santé, éducation, routes et ponts. Il croit que les matières
premières de notre pays doivent être gérées d’une manière différente de
celle qui en est actuellement faite.
Il
estime que le port autonome du Togo doit connaître des réaménagements, à
l’instar des Ports de Rotterdam ou de Marseille. Il entend exploiter chaque
périmètre du territoire pour relancer le tourisme.
Concernant l’élection de Barack Obama, Gilchrist est réaliste qui affirme
que, quoique Noir, le Président des USA n’est là que pour servir les
intérêts de son pays, du fait que les USA ont leurs priorités ailleurs,
dans des pays bien précis et ciblés. Malgré cela, il n’exclut pas le fait
que ce dernier pourra s’appuyer sur certaines démocraties africaines pour
réaliser l’essentiel de son discours.
En
Guinée selon lui, la CEDEAO n’a rien fait lorsqu’elle sanctionne ce pays,
car, plutôt que de perdre quelque chose, la Guinée gagne le 1 % de sa
cotisation sur ses importations à cette entité morale ouest africaine.
Gilchrist reconnaît qu’il représente un symbole de lutte politique, mais
modestement, il avoue qu’il n’est pas le seul à faire la lutte. Il affirme
que tant que le chantier n’est pas fini, il est prêt à donner du souffle et
de l’appui à un émule, pendant qu’il est encore vivant, pour mener le
combat.
Edmond Y.
Un pas enfin
franchi : Installation du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
Le vendredi
06 Février 2009,
à la Primature, le locataire des lieux, entouré de Bodjona A.
Pascal et Gilbert Bawara, respectivement Ministre d’Etat chargé de
l’Administration, des Collectivités locales et Porte-Parole du Gouvernement
et Ministre de
la Coopération, a procédé à l’installation et à l’ouverture du
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation tant attendu par les
Togolais.
Cette entité
morale qui doit ouvrir la voie de facilité à la classe politique togolaise
sur les débats sur les questions institutionnelles et constitutionnelles a
été à la source de bien de discussions, souvent houleuses, entre les partis
de l’opposition et le parti au pouvoir. De divergences de points de vue en
interprétations contradictoires, le décret de la création du Cadre Permanent
de Dialogue et de concertation fait le mercredi par le Chef de l’Etat et son
installation le vendredi de la même semaine viennent combler les attentes de
tous les Togolais.
Selon le
Premier Ministre Houngbo « L’importance pour le gouvernement est de
privilégier le dialogue, de prendre des initiatives autour des débats, tout
en gardant à l’esprit que nul ne détient la vérité.»
Il a ajouté : « Notre
objectif c’est de nous assurer que tous les sujets brûlants de l’heure au
niveau politique, relatifs à l’organisation des élections et à la question
du statut de l’opposition, soient débattus afin d’arriver à des
recommandations. Notre légère préférence serait de pouvoir débattre des
questions qui ont une incidence directe au niveau de la préparation des
élections, afin que le gouvernement puisse se mettre rapidement au travail
pour la préparation de ces élections ». Notons que le Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation est composé d’un président, en l’occurrence le
Ministre Bodjona qui en est, en même temps le représentant du Chef de
l’Etat, d’un représentant du gouvernement, le Ministre Gilbert Bawara, d’un
représentant du RPT, Monsieur Solitoki, d’un représentant de l’UFC Monsieur
Jean-Pierre Fabre et d’un représentant du CAR, Me Dodji Apevon.
C’est au sein
du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation que des solutions seront
trouvées à tous les problèmes politiques et sociaux liés à la préparation et
à la réussite harmonieuse et pacifique des élections de 2010.
L’ambiance qui
a prévalu lors de son installation, (représentants du RPT et de l’UFC assis
ensemble et délégués du gouvernement et du CAR assis en face) dénote la
satisfaction des uns et des autres, de l’aboutissement des tractations entre
les deux pôles : opposition et RPT. « D’abord, je voudrais me féliciter
de l’ambiance et de l’atmosphère dans lesquelles cette réunion, la première
des membres du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation s’est
déroulée. Et je pense que c’est un jour nouveau qui se lève dans ce pays » a
dit, pour bien l’illustrer, le Ministre Bodjona qui a ajouté en substance :
« Que cet espoir, cette rencontre tant suscitée au sein des populations
soit consolidée ». Et pour Jean-Pierre Fabre, « Pour cette première
rencontre, l’ambiance est correcte, tout le monde a parlé de la nécessité
d’aller au consensus pour prendre les décisions. Pour le moment, nous nous
félicitons de cela. Nous ne remettons pas fondamentalement en cause la
composition du cadre ». Pour sa part Me Apevon du CAR déclarait : « Nous
avons vu que ce matin, chacun a exprimé sa volonté d’ouverture. Que ça
continue ainsi pour que nous puissions sortir des difficultés ».
Le CPDC
regroupe les partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale ou ayant
obtenu 5 % aux élections législatives de 2007.
A la lumière
des réactions des uns et des autres, il revient à l’opinion de louer la
décision du chef de l’Etat de répondre aux attentes des populations, et sa
promptitude à éviter d’éventuelles retombées d’une quelconque prise de
décision unilatérale de sa part. En effet, l’UFC avait averti d’une
conséquence grave, dans un passé récent, dans une déclaration menaçante,
suite à une tentative du gouvernement à agir unilatéralement quant à ce qui
concerne la révision du Code électoral.
C’est fort de
cela que le Ministre Bawara, représentant du gouvernement au CPDC a trouvé
juste de dire « Récemment on a entendu des préoccupations qui on été
exprimées au niveau de certains groupes parlementaires à l’Assemblée
Nationale et ensuite, lors de la tournée du Président de
la République
pour échanger les vœux avec les populations, il avait exprimé sa forte
conviction qu’il mettra tout en œuvre pour que le processus de l’élection
présidentielle puisse se dérouler à la fois dans un esprit d’apaisement et
de sécurité pour que les difficultés que nous avons connues par le passé ne
puissent plus se reproduire ».
Il urge que cette ouverture d’esprit du Chef de l’Etat se perpétue, comme
l’a si bien dit Me Apevon : « … Que ça continue ainsi pour que nous
puissions sortir des difficultés ». Pour ce faire, il faut que chacun
joue sa partition et que ce rendez-vous de compromis soit l’œuvre de toute
la classe politique : RPT comme opposition.
Le peuple qui a
trop versé son sang ne voudra plus jamais compter des morts et des pertes
matérielles à cause des incompréhensions d’une classe politique qui devrait
pouvoir se comprendre. Il faut qu’au franc jeu auquel le RPT doit adapter
ses pratiques désormais, vienne en réponse la flexibilité de l’opposition,
car le raidissement de sa position ne risque, au cas contraire, de la
confiner qu’au métier éternel de s’opposer.
A cet effet, en
espérant que, petit à petit, mais sûrement, toutes les conditions seront
réunies pour des élections pacifiques et claires, le peuple avertit que
2010 ne doit en rien ressembler à 2005 qui n’est plus qu’un mauvais
souvenir.
Le dialogue, et
seul cela, peut adapter nos divergences, l’une à l’autre, et ceci dans un
même moule, pour qu’un Togo uni et prospère soit offert à la face du monde
entier, qui a son regard braqué sur nous.
Là où le RPT
doit changer d’habitude, il faut qu’au même endroit, l’opposition sache
formuler ses demandes pour la bonne marche des choses, afin de donner raison
à Me Apévon qui dit : « Alors, il est normal qu’avant d’arriver sur
chacun de ces sujets, nous puissions harmoniser nos points de vue et parler
d’une même voix » ; et aux autres membres de la classe politique
togolaise qui recherchent vivement des élections basées sur un solide
consensus national.
Edmond Yevu
Situation
sociale catastrophique : De la SNPT au grand marché en passant par le Port,
risque d’un soulèvement populaire
Ça grogne
dans tous les secteurs. Et pourtant, le gouvernement Faure-Hougbo ne mesure
pas encore l’ampleur de ces vague de mécontentement. En effet, depuis près
de deux semaines, les transitaires ont suspendu leur travail au Port
Autonome de Lomé, un secteur toujours considéré comme poumon de l’économie
nationale. La raison était toute simple : la nouvelle arme, dit-on,
anti-fraude ne reçoit pas l’adhésion des acteurs portuaires. Depuis le 1er décembre,
il a été mis en place la Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC),
une société privée qui, grâce à des logiciels spécialisés et à partir d’une
base de données informatisées, donnera désormais la valeur en douanes, en ce
qui concerne notamment l’importation des véhicules usagés. Comme on le sait,
nous l’avons déjà écrit dans notre numéro, les transitaires ont décrié ce
nouveau système qui, il faut l’avouer, a réduit le chiffre d’affaires des
importateurs de véhicules à 50 % après un mois d’exercice de la COTEC, et du
coup a porté un coup dur aux recettes douanières qui ont baissé.
En exemple,
avec le nouveau système automatisé, les valeurs des véhicules usagés ont
considérablement augmenté allant de 800.000 à 2.000.000 FCFA, soit 30 % du
prix TTC du véhicule pour le consommateur. Evidemment, cette flambée a
découragé les acheteurs. Pour justifier ce nouveau système, Bidamon se
défend : … Des individus se sont érigés en démarcheurs, allant jusqu’à
escroquer certains citoyens. Il ajoute « les douaniers eux-mêmes étaient
soumis à des pressions telles qu’il leur était difficile d’accomplir leur
tâche en toute impartialité». Pour conclure il déclare : « Il n’y a
donc pas de raisons de revenir à l’ancien système, d’autant que tout cela se
fait dans le respect des règles nationales et communautaires notamment
celles régissant les unions douanières en l’occurrence,
la CEDEAO et
l’UEMOA auxquelles notre pays le Togo appartient ».
Avec cette
fermeté de la direction des douanes, les Transitaires et les importateurs ne
comptent pas baisser les bras. Le lundi dernier, il y a eu manifestation de
mécontentement. Ainsi, un mot d’ordre d’un arrêt de travail a été respecté
par les transitaires et tous les secteurs des activités du Port Autonome de
Lomé ont été paralysés. Selon, un importateur de véhicules usagés, le
durcissement de ce mouvement était motivé par le comportement inflexible
qu’a affiché Mr Bidamon à leur égard, lorsqu’ils l’on rencontré vendredi à
propos de l’augmentation des valeurs. Au cours de leur entretien, le
Directeur des Douanes, sorti de ses gongs et s’adressa à ses interlocuteurs
en ces termes : « … Nous, nous sommes milliardaires déjà, si vous ne
voulez plus continuer vos activités ici, vous êtes libres de quitter le
port… ». Voilà la goutte d’eau qui a débordé le vase.
Au lieu de
négocier avec ces importateurs qui sont pour la plupart des Libanais et
Pakistano-Libanais, Mr Bidamon a jugé bon de durcir le ton, sans toutefois
se rappeler qu’ils contribuent eux aussi au budget de l’Etat. Même les
transitaires, le lundi, ont eux aussi essuyé un cinglant coup lorsqu’ils ont
rencontré Mr Bidamon. C’est vrai, que le souci majeur de l’Etat, c’est de
renflouer les caisses, augmenter les recettes douanières. Seulement, les
autorités ne doivent pas oublier que ces genres de mesures portent atteinte
à la survie du Togolais. Les Togolais ne doivent pas faire les frais de ces
réformes. C’est injuste, pour la simple raison que « le budget fait la
part belle, selon Dr Koffi Sodokin (enseignant chercheur au Centre
d’Economie et de Gestion de l’Université de Lomé (CEGUL-FASEG), aux sociétés
comme Togocell, Togo Telecom, Lonato et certaines sociétés privées telles
que Mercure Sarakawa qui ont vu une baisse du montant global de leur
contribution ». « Hormis les baisses évoquées ci-dessus »,
poursuit cet enseignant-chercheur, l’absence de la contribution aux
recettes du budget des sociétés d’Etat. Comme la société des marchés
publics, des passeports et des transports. Aussi un gros calibre comme le
port Autonome de Lomé n’est pas à la hauteur des attentes, quant à sa
contribution au budget de l’Etat. La lenteur dans la signature des
conventions de concession avec SE2M, SE3M, Manuport affectent négativement
les recettes du PAL et donc l’augmentation de sa contribution au budget ; ( Cf
Focus Info N°13 du 15 janvier au 25 février 2005 dans un article intitulé
Budget 2009, analyse expertise et critique).
Vu
l’analyse faite par Mr Sodokin, on peut, à première vue comprendre les
mesures prises par l’Etat pour augmenter les recettes douanières. Là où le
bât blesse, c’est comment exécuter ces réformes en tenant compte du contexte
social actuel. Les autorités n’ont pas pris le temps nécessaire pour étudier
tous les contours du problème et prévoir les mesures d’accompagnement pour
éviter la chute des recettes due à l’augmentation des valeurs en douane. On
a l’impression que dans ces genres de réformes, c’est le pauvre citoyen qui
en fait les frais.
La situation
sociale est déjà dégradante. S’il faut empêcher les citoyens qui se
débrouillent au port de survivre, le pays risque de produire des bandits de
grands chemins. Même, le cas du grand marché aussi inquiète certains
observateurs. En effet, le mardi 03 février 2009, les femmes revendeuses d’Assigamé
ont été sommées de plier bagages pour la simple raison que le Grand Marché
va être rénové. Au lieu de demander aux femmes d’occuper l’ancien espace qui
jouxte l’ancienne Hollando en attendant la fin des travaux de réaménagement,
les autorités ont plutôt demandé à ces pauvres dames d’aller à Hedzranawoé.
Ces pauvres dames ont peur de ne plus retrouver leur place après les
travaux. Là encore, le gouvernement Houngbo sera surpris par des tensions
sociales. Il y a deux semaines de cela, les employés de la SNPT ont été
victimes de ces genres de réformes.
Finalement,
certains pensent que le peuple devient un bouc émissaire dans cette tragédie
que traverse le Togo. Aucune couche sociale n’est épargnée et on se demande
à qui le tour. Tout le Togo risque de s’embraser si la situation sociale ne
se régularise pas si tôt. Alors, les gouvernants doivent prendre leurs
responsabilités sinon on n’est pas loin d’un soulèvement populaire.
Gbêdodé A.
Attention !
L’insécurité prend de l’ampleur au Togo : Quand le grand banditisme
replonge les populations dans le noir
Le problème
d’insécurité à Lomé défraie la chronique. Tous les jours, la population de
Lomé se plaint de la visite nocturne des voleurs. Ce qui est inquiétant ces
derniers jours, c’est l’arsenal qu’utilise ces malfrats pour opérer. Ils
sont souvent équipés d’armes blanches tels que couteaux, coupe-coupe,
haches, parfois, des armes à feu artisanalement fabriquées. Pour preuve, la
semaine dernière, à Adakpamé, un habitant a été fauché par balles suite au
cambriolage de sa maison. A Djidjolé, deux semaines plus tôt, ce sont 6
personnes qui ont été dépossédées de leurs portables ; l’une des victimes
qui voulait résister, a été copieusement amputée de son bras au coupe-coupe.
De Baguida à Agouè en passant par Dekon et Tokoin, nul ne résiste devant la
montée vertigineuse de l’insécurité à Lomé due à la multiplication des
cambrioleurs.
La dernière
nouvelle macabre et surprenante qui nous est parvenue, vient d’Adakpamé
juste vers la fin du pavé, au niveau de la NETADI. Là, c’est un peu
curieux, c’est une fille qui égorgeait un conducteur de taxi-moto dans
l’intention de lui voler sa moto. Et finalement, on ne sait pas qui est qui.
Cette situation dangereuse et confuse a exacerbé ce sentiment de méfiance au
sein de la population cosmopolite. La question que tout le monde se pose est
celle-ci : « Que font au juste les forces de l’ordre la nuit ? ».
On se
rappelle que, dès le début de cette opération dite «Araignée», la
population a déjà déploré la passivité de cette force qui ne lui rend pas
véritablement service. Au contraire, elle contribue à la recrudescence de
l’insécurité dans la ville. L’année surpassée dans la nuit, à Bè Aklassou,
un quartier populaire de Bè, on a surpris les agents des forces de l’ordre
qui, au lieu, de veiller à la sécurité des habitants, harcelaient les
prostituées ghanéennes de ce quartier pour leur extorquer de l’argent. Dans
le même temps, les malfrats opéraient allègrement à 100 m de leur position.
A l’époque, les habitants se sont demandés qu’entre malfrats et prostituées,
qui d’entre eux était le plus dangereux. Malgré, les observations faites par
les uns et les autres concernant le travail bâclé des patrouilleurs, le
Ministre Titikpina n’a pas encore détecté le dysfonctionnement qui gangrène
son département.
Compte tenu
de leur incapacité, les habitants n’ont d’autres choix que d’opter pour la
vindicte populaire. Ainsi, ces malfrats arrêtés sont torturés et brûlés vifs
devant les curieux. Cette justice populaire a interpellé, certes, les
défenseurs des droits de l’homme qui rappellent au peuple que nul n’a le
droit de se faire justice. En fait, quelle est la cause immédiate de la
recrudescence du vol à Lomé ?
On ne doit
pas oublier que le Togo est en train de parcourir une situation sociale très
difficile. Le malaise qui provoque des grognes sociales dans les secteurs,
doit faire réfléchir. Le récent cas, celui du port autonome de Lomé qui
regorge de toutes les couches sociales des jeunes est illustrant. En effet,
compte tenu du chômage accru, beaucoup d’entre eux se sont reconvertis dans
l’informel. C’est ainsi que vous les rencontreriez dans les parcs
d’automobiles usagées, au niveau de TP3 pour leurs affaires. Certains sont
des démarcheurs, d’autres sont devenus transitaires, par la force des
choses. Comme l’Etat n’est plus pourvoyeur d’emplois, ils ont décidé de se
débrouiller, de se prendre en charge.
Mais,
brusquement, depuis le 1er décembre
2008, leurs activités sont mises en veilleuse parce qu’elles ont reçu un
sévère coup, premièrement, à cause de l’augmentation des droits de douane,
puis finalement, sont interrompues faute de clients. Tous ces facteurs
économiques ont poussé certain, à priori, de grands malfrats, à renouer avec
leurs premières amours. Si aujourd’hui, la pauvre population de Lomé fait
face à la montée de l’insécurité, c’est sans nul doute, à cause des
décisions drastiques du gouvernement dans le but de renflouer les caisses de
l’Etat. Seulement, le gouvernement Houngbo n’a pas épluché le problème et
étudié les contours de cette nouvelle disposition au Port. Tout ce beau
monde qui survit à partir des véhicules usagés, est contraint de partir en
congé forcé. « Les bandits de grand chemin exercent leurs activités au Port.
Ils sont originaires des pays de la sous région. Si leurs activités sont
interrompues, je crains fort pour la population. Ils vont redevenir de
grands malfrats en ville et c’est la population qui va en pâtir », a déclaré
un opérateur économique.
Tout compte
fait, la recrudescence du vol à Lomé n’est pas fortuite. L’insécurité à Lomé
a véritablement un lien avec la situation sociale désastreuse dans
laquelle baignent les laissés pour compte ; il urge que le Ministre de la
sécurité revoie sa copie, c’est-à-dire l’opération « Araignée » qui
cause plus de torts aux paisibles populations qu’elle n’assure leur
sécurité. Les dérives des agents de sécurité qui s’occupent plus d’autres
choses que de leur devoir, doivent être corrigées. Pour l’heure, la
population reste passive et inquiète devant l’insécurité galopante. Il
revient aux autorités compétentes de prendre le taureau par les cornes. La
protection de la vie et des biens de cette population en dépend.
Gbêdodé Adjanor
Société : La pédophilie, un acte diabolique ou une relation sexuelle
perverse ?
Pendant ces
dix dernières années, la société togolaise s’est dégradée. La dépravation a
tellement atteint un paroxysme qu’il serait hypocrite de s’alarmer devant
des actes qui portent atteinte à la moralité, aux bonnes mœurs des hommes.
La perversion sexuelle dont fait preuve certains hommes peu scrupuleux et
qui provoque des séquelles psychologique, spirituelle et physique chez les
victimes nous interpelle tous. Dans ce numéro, nous allons nous appesantir
sur un acte indécent qui foisonne dans notre société : la pédophilie,
relations sexuelles entre adultes et enfants. Un fléau qui met en cause la
convivialité entre les habitants dans la communauté.
Selon le
résultat de notre enquête, une famille sur trois au Togo se réunit
annuellement pour régler un conflit lié à la pédophilie. Et une fille
mineure sur sept est victime de la pédophilie. Eu égard à ce sondage, il
s’avère indispensable que des mesures soient prises pour freiner cette
sexualité perverse qui devient un mode de vie chez certains. Mais, en fait,
quelle est la cause de la pédophilie ?
D’après nos
recherches et des informations recueillies des personnes âgées, la
pédophilie s’est ancrée dans les mœurs de certains hommes à la suite des
problèmes socio-politico-économiques. Ainsi, beaucoup de jeunes et adultes,
avides d’argent, décidèrent de s’enrichir par tous les moyens en se livrant
à toutes pratiques. Certains adhèrent à des sectes, d’autres se tournaient
vers les charlatans qui favoriseraient leur contact avec les esprits
diaboliques. Dans ces contrats, le bénéficiaire était soumis à certaines
pratiques occultes dont l’une est la pédophilie. Ces Messieurs abusent
sexuellement, souvent des petites filles ou petits garçons. Le cas fréquent
dans nos milieux, c’est les rapports sexuels qu’entretiennent des personnes
de rang social élevé avec les filles mineures.
Dans
certaines maisons, certains locataires abusent sexuellement des enfants de
leurs voisins. « Ma petite fille âgée de 5 ans a souvent été violée par
un jeune de la maison. Je constate que le jeune était jovial et gentil avec
ma fillette puisqu’il achetait des bonbons à celle-ci, raison pour laquelle,
je n’y voyais aucun inconvénient quand Josée rentrait dans sa chambre.
Après trois mois, j’ai remarqué que ma petite Josée se tordait de douleurs
quand je voulais lui faire des lavages intimes au moment de sa douche.
C’est, en cet instant précis, que je me suis rendu compte, après
consultations médicales et examens échographiques, que ma petite Josée a été
abusée sexuellement. Elle a fini par dévoiler le nom de son auteur qui
n’était autre que ce jeune… », nous a révélé maman Pinto avec
consternation et un air révolté. Cette situation a créé un conflit entre
elle et les parents de ce jeune. Aujourd’hui, la fille a 13 ans et sa mère
craint qu’elle ne soit infertile plus tard à cause de la mutilation que sa
fille sa subie.
Pour
protéger la fille, cette affaire a été tranchée et enterrée dans la famille.
Dans la plupart des cas, les familles des victimes optent pour une solution
négociée sans consentement des victimes. D’ailleurs, étant mineures, ces
petites ne savent pas décider de leur sort. Il est dommage, que les
adultes qui devraient normalement les protéger deviennent plutôt leurs
bourreaux. Joint par téléphone, un sociologue, à part la cause liée à
l’envie d’avoir d’une façon effrénée la puissance et de posséder de la
richesse, a évoqué une autre cause non moins plausible inhérente au
comportement déplacé de l’adulte vers l’enfant.
« Dans notre
société, on a constaté que des adultes qui appellent souvent les filles
mineures par des noms intimes comme, « ma chérie » « femme de papa »,
« ma femme », finissent par entretenir des relations pédophiles avec ces
petites… », nous a avoué ce sociologue qui conclut en mettant en garde les
parents contre la pédophilie dont sont victimes leurs petites filles : « …
Et si vous entendez ces genres d’appellation, il faut bien surveiller la
relation entre votre fille et cet homme. Il peut s’agir d’un pédophile… ».
De toutes
les façons, la pédophilie est rentrée dans les mœurs de certains Togolais.
Il faut rappeler qu’en Occident, les coupables sont jugés et condamnés. Ce
qu’il faut noter également c’est les personnalités importantes parfois
religieuses qui abusent sexuellement des enfants.
Aux
Etats-Unis par exemple Michaël Jackson, amoureux des enfants, a été accusé
de pédophilie sur un garçon. Il lui a fallu négocier financièrement avec les
parents de la victime avant que ces derniers ne retirent la plainte.
Quelques années plus tard, c’est un prêtre catholique américain qui était
reconnu pédophile. Une affaire qui a quelque peu terni l’image de la
religion catholique.
Dans les
années récentes, c’est un coopérant français au Togo (ORSTOM) animateur
d’une émission sur la chaîne nationale intitulée « Si Lomé m’était conté »,
appelé Yves Marguerat qui abusait des Togolais en total dénuement. Il y a un
an de cela, il fut condamné par la justice française suite à une plainte
d’un Togolais victime avec l’appui d’une association à 20 ans de prison.
Comme on le voit, aucun continent n’est épargné par ce phénomène.
Seulement, il est démontré que ces auteurs utilisent les moyens subterfuges
comme aide, convivialité, gentillesse pour avoir leurs proies. Comme
toujours, certains psychanalystes à part les causes d’origines occultes
traitent ces personnes d’anormales parce qu’elles souffrent de déséquilibre
psychique.
Toutefois en
Occident, les victimes bravent le silence pour porter plainte. En Afrique et
particulièrement au Togo, les parents des victimes pédophiles hésitent
encore à réclamer justice de peur, non seulement d’exposer leurs enfants à
la place publique pour la salir, mais également, ils craignent de perdre le
procès d’avance, car les auteurs sont souvent des hommes influents et riches
qui soudoient les magistrats ou juges.
Il urge que
les législateurs togolais se saisissent de ce problème qui détruit la vie de
ces victimes. La pédophilie doit être bannie de notre société. Il n’est pas
normal que certains adultes abusent sexuellement de nos enfants ; Les
Associations qui défendent les droits des enfants doivent être munies des
armes juridiques pour lutter contre la pédophilie, sinon « les droits des
enfants » ne seront que vain mot.
Gbèdodé Adjanor
Le monde
agricole togolais à Kara : Quelles attentes pour le paysan togolais ?
Les
agriculteurs et paysans togolais se sont rencontrés à Kara pour quelques
jours. En effet, c’est une première rencontre du genre au Togo.
Lorsqu’à
l’issue de son bilan des 100 jours passés à la tête du gouvernement, le
premier ministre en avait fait allusion, bien de questions ont effleuré les
esprits.
-le forum
des agriculteurs togolais : un mythe, une farce ou une réalité ?
-pourquoi ce
forum ?
-qu’est-ce
qui sortira de ce forum ?
-quels
avantages et garanties les agriculteurs auront-ils désormais, à partir de ce
forum ?
Il n’est
inconnu de personne que, depuis plusieurs décennies, la vie politique
togolaise a été largement menée sans la participation active des paysans aux
avantages qui découlent des patrimoines nationaux.
Le paradoxe
est que le paysan togolais est celui qui renfloue le grenier national. Si
les marchés de Kétao, d’Anié et de Vogan connaissent la notoriété qui est la
leur, c’est parce que les pays voisins du nôtre viennent s’approvisionner en
vivres au Togo. Si l’OPAT et feue la SOTOCO connaissaient l’essor qui était
le leur, c’est parce que les produits qu’ils proposaient sur le marché
international étaient de qualité primordiale. Si le réseau routier de
transport connaissait ce flux, c’est parce qu’il y avait assez de
marchandises agricoles à transporter. Et si des usines de transformation ont
été implantées par des expatriés qui ont fait la pluie et le beau temps au
Togo, c’est parce que la matière première foisonnait et que sa qualité a
toujours été la bonne. Et même si les contrebandiers bravaient tout danger
pour exporter frauduleusement nos denrées agricoles, c’est parce que le
rapport qualité prix était acceptable.
Mais toutes
ces conditions de bienséance, c’est le paysan togolais qui les a créées.
Seulement voilà, l’on ne s’est jamais posé la question de savoir les
conditions dans lesquelles le paysan ou l’agriculteur togolais travaille.
Jusqu’à
présent, le paysan togolais est le parent pauvre de toutes les situations.
Dans un passé récent, lorsque la SOTOCO opérait encore, le paysan togolais
avait toujours à la fin de chaque campagne d’achat de coton, eu la
désagréable surprise de devoir de l’argent à cette société, malgré qu’il
soit son fournisseur. Et ce paysan qui a travaillé toute une saison durant,
avec des moyens rudimentaires se retrouve sans nourriture et sans autre
chose que la dette. Comment cela ?
D’abord attiré par le gain plus élevé que procure la culture de rente, le
paysan togolais se consacre à la culture du coton, abandonnant sa culture
vivrière. Ainsi, doté au préalable d’intrants et d’insecticides qu’il ne
payera qu’à l’issue de la campagne d’achat, il cultive son champ.
Le piège par
là se situe là où l’agent de la compagnie acheteuse lui signifie, après
pesage et embarquement du produit, qu’il reste devoir du reliquat à la
compagnie pour avoir produit moins de denrées que la quantité requise, pour
répondre au coût des intrants.
Parfois,
lorsque le paysan a la chance de ne rien devoir, c’est que la compagnie
aussi ne lui doit rien.
D’autres
fois, si c’est la compagnie qui lui doit un peu d’argent, c’est qu’il doit
alors s’exercer à une grande patience, tant l’argent tarde à venir durant
des saisons.
Par
conséquent, le paysan n’arrive pas à se vêtir, à se nourrir, à se soigner et
à subvenir aux besoins de sa famille. Pendant ce temps aussi, son terrain
vieillit.
C’est
pourquoi le paysan togolais souffre ou alors a trop souffert. A la lumière
de cela, l’on ne voudrait pas que ce forum soit un mythe ou une farce.
Il faut que
ce forum apporte beaucoup de garanties au paysan togolais. D’où la nécessité
de poursuivre ceux qui ont pillé les paysans à travers la SOTOCO, étant
donné que cette compagnie a été liquidée. Quant à l’OPAT, il faut commander
un audit et faire ce qui se doit, afin que le paysan sache que dans le
futur, ceux qui auront à diriger les sociétés qui lui achèteront ses
produits seront poursuivis si jamais ils le truandaient.
Il faut
également que les intrants et les engrais promis par le gouvernement Houngbo
aux paysans ne disparaissent pas désormais sans trace.
Il serait
très intéressant pour le paysan togolais de se retrouver au sein d’un
syndicat agricole qui pourra gérer le monde des agriculteurs, avoir une vue
sur la gestion des sociétés auxquelles il sera lié, et avoir une banque, à
l’instar de feue la CNCA, qui ne prêterait qu’aux paysans. Ce n’est qu’à
cette condition que le paysan togolais aura sa propre maison en dur, sa
voiture, ses enfants à l’école et de beaux et propres vêtements, à l’instar
des paysans et agriculteurs ivoiriens, ghanéens, burkinabé et maliens.
Ainsi, lorsque le paysan togolais aussi prendra part à des conférences,
sommets et colloques organisés à l’étranger à l’attention des paysans et
agriculteurs du monde, il pourra rapporter des connaissances et outils chez
nous. Ainsi la pauvreté sera combattue ici, puisque les bureaux aussi
seront désengorgés, tant chacun voudra devenir paysan, puisque ce n’est
surtout pas un monde damné.
A cet effet, l’on ne peut que saluer cette grande première du gouvernement
qui est le forum des agriculteurs à Kara.
Edmond Yevu
Dérive politique
à Madagascar : Tananarive à feu et à sang
Le samedi 07
février, les agitations politiques malgaches sont arrivées à leur degré le
plus scandaleux. Au moins, 28 morts et 212 blessés, selon le bilan officiel,
et 40 morts et 230 blessés selon des sources hospitalières.
Dans la foulée,
la Ministre de
la Défense du
pays donne sa démission, estimant que l’incident a heurté ses convictions
religieuses et son statut de mère de famille.
Ce singulier
combat politique propre à la grande île, qui oppose le président de
la République Marc
Ravalomana au maire de la capitale du pays Andry Rajoelina a commencé petit
à petit depuis des jours.
En effet, Andry
Rajoelina a fustigé le président de la République Marc Ravalomana pour sa
gouvernance peu orthodoxe de l’île. C’est ainsi qu’il a pu conquérir la
confiance du peuple démuni dont il s’est alors fait le porte-voix.
C’est ainsi
que, déchu de son poste de maire par le président de
la République à l’issue de son autoproclamation à la tête d’une
« Haute Autorité de transition » censée remplacer, selon lui, le pouvoir en
place, Andry Rajoelina a convié la population, samedi 7 février à venir
installer dans le palais présidentiel, le gouvernement parallèle qu’il a
créé ;
Ainsi, le
samedi effectivement, la garde présidentielle a tiré sur cette population
qui voulait investir le palais présidentiel sur ordre du maire, faisant des
victimes. Il faut signaler au passage qu’à son appel également quelques
jours auparavant, le rassemblement a débouché sur le pillage des magasins du
président de la République, par la foule.
Et le samedi
dernier, ce que
la Communauté Internationale
prenait pour du folklore politique a débouché sur l’insoutenable. Il a fallu
donc cela pour que les institutions continentales et planétaires se décident
d’envoyer sur place des missions pour y trouver une sortie de crise.
En plein 21e siècle,
comment peut-on juger qu’à l’ère où des changements politiques s’opèrent,
des politiciens de cet acabit soient encore sur la planète ? Quel est le
rôle des politiques ? Quels sentiments les animent vis-à-vis des
populations ? Quel est au juste le rôle de la communauté internationale ?
Quelles leçons, les Togolais doivent-ils tirer de cette tragédie malgache
pour 2010 et pour le futur ?
C’est le lieu
de poser cette problématique des relations entre populations et politiques,
que ce soit gouvernants ou opposants. L’on se souvient que des années
auparavant, dans les années 80, à la mort du dictateur guinéen Sékou Touré,
Lansana Conté a suscité l’admiration de toute l’Afrique, pour avoir fait le
coup d’Etat arrachant le peuple Guinéen des griffes des barons du régime
Sékou Touré, qui s’apprêtaient à choisir son successeur dans leur rang pour
pérenniser son règne.
Au fil des ans
après ce putsch que l’on a cru salvateur, les promesses faites par Lansana
Conté au peuple ont fondu comme du beurre sous ce chaud soleil tropical. Et
le peuple guinéen s’est retrouvé sous le joug d’une dictature aussi
coercitive que malade de Lansana Conté, qu’il avait au départ pris pour le
messie.
Jusqu’en 2002,
Madagascar avait été dirigée d’une main de fer sous Didier Ratsiraka,
jusqu’à ces élections présidentielles, où ce général, sentant son fauteuil
vaciller a fui devant une foule qui, comme un seul homme est venue
installer le jeune homme d’affaires Marc Ravalomana, dont tout le monde
était prolixe d’éloges. Voici que quelques années après, ce même type, que
le même peuple a porté aux affaires vient ordonner que l’on tire sans
sommation sur ses bienfaiteurs.
Quant à Andry
Rajoelina, il ne pouvait jamais prétendre ignorer l’imminence de ce carnage.
Il le savait, mais seulement il le voulait pour justifier son combat, en
prouvant aux yeux de
la Communauté Internationale
que son adversaire n’était plus bon pour le peuple et qu’il en était le
bourreau. Dans les années 90, pour aiguillonner la communauté
internationale, l’Opposition togolaise avait emprunté, contre toute attente,
une pareille stratégie, lorsqu’elle s’était rendu compte que la hideuse et
méchante dictature qu’elle combattait avait des racines trop profondes.
C’est ainsi
que, s’étant cachée à Bè, elle a envoyé le peuple à Fréau Jardin, où
l’armée prétorienne d’Eyadèma l’a canardé sans sommation. Et alors elle a
pris les deux ministres allemand et français des affaires étrangères à
témoin. Sous d’autres cieux, le rôle de l’homme politique est d’œuvrer pour
l’épanouissement du peuple et le développement du pays, quelle que soit sa
position, quitte à attendre les échéances électorales pour faire valoir ses
œuvres antérieures dans la balance, afin de recevoir l’onction ou la
sanction du peuple.
En Afrique, le
peuple qu’on gouverne ou au nom duquel l’on parle, n’est qu’une chair à
canon pour convoiter ou préserver une place. Ceci dit, le sens de la
politique sur le continent noir est de profiter de l’innocence de son
prochain pour s’enrichir, en l’empêchant de s’occuper de ce qui le regarde.
Les politiques
africains n’ont, en fait, aucun sentiment, on le dirait vis-à-vis de leurs
peuples, si ce n’est celui d’en faire une échelle pour parvenir au sommet.
Quelle est au juste le rôle de la Communauté Internationale, qui attend
toujours que la situation pourrisse avant qu’elle n’intervienne ? C’est à
croire qu’elle cherche par ce biais du boulot pour ses fonctionnaires
qu’elle ne veut pas voir au chômage. Sinon, comment penser que l’ UA, l’ONU
, l’UE attendent que Madagascar en arrive là, comme la Côte d’Ivoire, le Zimbabwé et bien d’autres pays auparavant, avant de se
décider à réagir ? Et la plupart du temps, leurs réactions qui ne s’arrêtent
qu’au langage se résument à « Il faut négocier et trouver un consensus ».
Pourquoi ne pourraient-elles pas devancer les événements en imposant le
dialogue entre les parties, à l’origine des dissensions ?
Une pareille
stratégie les aiderait plutôt à épargner l’argent dépensé pour traquer et
pour juger les génocidaires. Il faut absolument que les peuples sachent, à
présent, faire la part des choses, en prenant des décisions raisonnables
désormais car, gouvernants ou opposants, les politiciens ne sont que ce
qu’ils sont.
Lorsque les peuples constatent des divergences qui sont préjudiciables
à leur quiétude, ils doivent sommer les belligérants à revenir à de
meilleurs sentiments. Autrement, ils ont le droit de les sanctionner dans
leur ensemble, par la méthode la plus pacifique : l’abstention de voter,
pour éviter des revendications meurtrières. C’est pourquoi, actuellement,
les Togolais doivent suivre, pas à pas, la classe politique dans son
ensemble pour que 2010 ne soit pas, la jumelle de 2005. Le tout récent
décret de création du CPDC est à saluer et à sauvegarder comme acquis. Il en
faut plus que cela, mais la vigilance et la raison sont de mise.
Edmond Yevu
Quand Adébayor porte haut l’étendard national : Shéyi sacré Ballon d’Or
Africain 2008 par la CAF
Le suspens a
été long. Les Togolais étaient encore dans le doute le 09 février, veille
de la remise du trophée du meilleur joueur africain, sur le choix de
Adebayor. L’attaquant égyptien était déjà partant pour être choisi à cause
de son palmarès sur le continent, pendant la saison 2008. Puis le 10
février, suite à la délibération, GLO CAF Awards a porté son choix sur
notre compatriote Adebayor. Ainsi, le capitaine des Eperviers, attaquant à
Arsenal, est sacré meilleur joueur, de l’année 2008. A cette occasion, GLO
CAF Awards, Association Sœur de la FIFA, organisatrice de cette
manifestation, a mis un avion privé à la disposition de notre compatriote
pour le déplacement de Lagos et recevoir son trophée de ballon d’Or
Africain.
C’est un
événement inédit qui suscite de l’enthousiasme chez les Togolais, car c’est
pour la première fois qu’un Togolais obtient ce trophée. Notons que les
Médias ont joué un grand rôle dans ce choix. Partout, Adebayor est le
chouchou des amoureux du ballon rond. L’avant goût de cette grande
distinction était déjà venu d’un hebdomadaire de Abu Dhabi, qui lui a
décerné le super Award « Soccer Weekly super ». Un an plus tôt, la BBC, a
titré le meilleur joueur de la Radio. Aujourd’hui, cette distinction donne
un coup de pouce à notre football. On espère que l’avenir du ballon rond
togolais soit radieux avec Adebayor Shéyi.
Gbêdodé ADJANOR
Gbêdodé Adjanor |