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Carrefour #519 du 19 fev. 2009
L’opposition glisse sur la peau de banane du RPT : Ce dernier continue sa moisson

Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation dont la majorité des Togolais a salué la naissance et l’installation, le vendredi 06 février 2009 poursuit ses travaux ; Si au sortir de chaque séance les membres de cette entité donnent, chacun leurs impressions, une sorte de rapport des travaux au peuple, il serait trop facile de croire que les débats y sont aisés et aboutissent fluidement à des conclusions unanimes. Il faut toujours savoir que les débats font, la plupart du temps, l’objet de discussions âpres, même si aucune atmosphère d’animosité n’y prévaut.

L’opposition a jubilé, lorsque le parti au pouvoir est revenu sur sa décision de faire valoir le texte du code électoral qu’il a unilatéralement modifié. Elle a également cru détenir la vedette lorsque le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation a été créé et installé, parce qu’elle avait pensé que ses pressions ont eu un effet sur le régime.

Mais seulement voilà, les premiers couacs commencent par poindre à l’horizon. Les travaux du mardi 17 sont suspendus jusqu’à lundi. En effet, bien de questions d’ordre primordial constituent un goulet pour le fonctionnement du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation.

Les travaux du 17 février avaient pour ordre du jour :

1-la recherche de facilitateur

2-la représentation des partis politiques au sein de la CENI.

3-La représentation de l’administration au sein de la CENI

Lorsque deux entités sont en conflit, ou éprouvent des difficultés à s’entendre sur un point, naturellement, sous tous les cieux, il faut une troisième personne pour les départager.

Et c’est la raison pour laquelle l’UFC, compte tenu du déficit de confiance qui prévaut dans le pays, a tenu à ce qu’une troisième personne, en l’occurrence le chef de l’Etat Burkinabé Blaise Compaoré soit désignée comme facilitateur pour le CPDC. Selon l’UFC donc, ce facilitateur amoindrirait, par ses interventions, les éventuels chocs liés à la mise en place des réformes constitutionnelles et institutionnelles, préalables aux échéances électorales présidentielles de 2010.

Ce CPDC qu’au demeurant le RPT commence déjà par trouver de facultatif et non d’indispensable (dixit Bawara), peine à servir de cadre de consensus, et de référence, lorsque les questions de la composition de la CENI et de facilitateur sont à l’ordre du jour. Voilà là où le parti au pouvoir a encore piégé l’opposition. L’opposition pense que la CENI doit être composée de sorte que l’arbitrage des élections soit immaculé et que la présence d’un facilitateur soit importante, en l’occurrence le Burkinabé Blaise Compaoré. Le RPT dit que les Togolais, au contraire, sont assez grands et mûrs pour régler leurs propres problèmes.

Le parti au pouvoir est très rompu en politique et seuls les esprits éveillés savent que face à tous les problèmes politiques, ce parti trouve toujours solution. Et si à une époque donnée, le RPT, après moult tergiversations et refus, finit par accepter une proposition, c’est qu’il y a déjà trouvé une échappatoire.

La question qui se pose face à cet imbroglio est de savoir si le peuple ne va pas, une fois encore, tomber dans un piège, et ce piège de facilitateur ?

Quoique n’ayant que 19 ans d’âge, l’histoire de la lutte pour la démocratie au Togo est très longue et riche en péripéties. Et seuls, ceux qui savent  analyser et discerner  les circonstances, les unes des autres, peuvent déceler des embûches.

De là, loin de donner raison ou tort à l’une ou à l’autre des partis engagés dans le processus du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, il faut attirer plutôt l’attention de la multitude sur le parcours, jusqu’à présent effectué par la classe politique  togolaise, depuis lorsque feu le Président Français Mitterrand était encore en vie. De Strasbourg à Ouaga I et II, en passant par Colmar, l’expérience de facilitateur pour la crise politique togolaise n’a toujours été qu’amère, pour l’opposition qui en sort chaque fois perdante.

L’opposition togolaise, partout où elle est passée pour recourir à l’intervention de facilitateur n’a été que dans la déveine, tant les solutions imposées par ces facilitateurs n’ont jamais vraiment tenu compte de ses points de vue.

C’est ainsi que malgré le fait qu’elle sortait chaque fois pleine d’assurance, de ses confrontations avec le RPT, en présence de facilitateurs, l’opposition finit toujours par déchanter aux lendemains des élections.

Beaucoup d’événements historiques en témoignent, et la plupart du temps, c’est l’opposition qui y laisse des plumes, après s’être trompée d’avoir triomphé d’un combat contre le RPT.

A la mort de l’ex-président de la République, Eyadèma Gnassingbé, le triple saut effectué par l’actuel Président Faure a été longtemps mijoté par le RPT, et ceci, des années auparavant. A cet effet l’opposition togolaise, naïve, s’est mise à réclamer le retour à la légalité constitutionnelle, à tue tête. Faisant semblant de refuser, le RPT a, par là, laissé à l’opposition quelques jours pour confirmer, à la face du monde, sa demande, avant de s’y plier. Et ce qui devait arriver, arriva. S’étant rendu compte de sa méprise, elle a voulu faire marche arrière parce qu’elle a su que le délai  restant pour faire des élections transparentes et claires n’était pas suffisant. Or, le parti au pouvoir qui bénéficie des prestations et conseils de technocrates politiques et constitutionnalistes de renommée, tel que Debbasch, savait que telle serait l’issue de ce thriller politique. Par conséquent, l’opposition a été la cible de l’opinion internationale, qui s’est donc posé la question de savoir ce qu’elle voulait au juste. Le RPT ayant par alchimie remporté les élections, l’opposition a été forcée d’accepter la solution à elle imposée par les facilitateurs de la crise togolaise.

En 2005 et en 2007, l’opposition a pu apprécier la prestation de Blaise Compaoré en tant que facilitateur. Que peut-elle dire au peuple que le président du Burkina a apporté à travers sa facilitation ? Si sa facilitation  n’a rien apporté au peuple, pourquoi l’opposition s’entête-t-elle encore à recourir à lui ? N’est-ce pas le lieu pour les Togolais, qu’en tant que peuple mûr, ils puissent s’occuper de leurs propres problèmes ? Et en tant que magistrat suprême, ne serait-il pas mieux  de se référer à la facilitation du Chef de l’Etat ? On y trouverait plutôt un gage.

A présent, Debbasch est désormais stable au Togo et nous allons vers des élections de 2010. Ce qu’il y a à noter est que, le RPT profite de la division de l’opposition, suite à l’ostracisme lié à la participation au CPDC pour mener les débats liés au processus électoral à son profit.

C’est ainsi que le temps restant pour asseoir les réformes constitutionnelles et institutionnelles et les diverses démarches liées aux échéances de 2010 n’est plus suffisant. Et les discussions continuent.

Pendant que l’opposition est bloquée à Lomé pour abattre le travail herculéen que lui confie, à tout bout de champ le parti au pouvoir, ce dernier lui-même est avec les populations de l’intérieur.

Tous ces déplacements à l’intérieur du pays sont initiés pour vanter la gratuité des enseignements, les concours de recrutement dans la fonction publique, l’aide faite aux étudiants, et récemment le forum des paysans à Kara. A l’issue des émeutes qui ont secoué la localité d’Agbandao le 30 avril 2006, causant des dommages matériels et physiques aux populations, le Président Faure Gnassingbé a fait don, en ce mois de février, d’une coquette somme de 30 millions de francs CFA, pour permettre aux habitants atteints par les émeutes de répondre à leurs besoins. Le RPT que l’on ne saurait arrêter dans sa course au prestige, vient d’offrir un moulin aux populations d’une localité de Bassar pour épargner à leurs femmes, les longs trajets pour moudre leurs céréales.

Le mercredi de la semaine passée, un vent très violent a secoué la ville d’Atakpamé,  causant des dégâts énormes. La nature et les hommes ont été ébranlés par ce vent. Saisissant donc cette occasion, le ministre des droits de l’homme, Me Yakoubou Koumadjo a fait le déplacement des lieux et a fait un don bien médiatisé  de 1 million de francs aux élèves de la localité, pour leur permettre de remplacer leurs biens perdus dans cette catastrophe naturelle. Les populations ont abondé en remerciement, par la voix du préfet de l’Ogou.

Le gouvernement a envoyé, par la Ministre Méïmounatou, un don de 1000 feuilles de tôle aux populations sinistrées. Lors de la journée des tailleurs et couturières célébrée à Amou Oblo, la population a affirmé son soutien indéfectible au Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. C’est le lieu de dire que le RPT continue sa moisson, tandis que l’opposition, entamée dans son unité, glisse sur la peau de banane que lui a placée sous le pied, le parti au pouvoir.

Edmond YEVU


Le pouvoir RPT en difficulté : Faure Gnassingbé entre le marteau et l’enclume

La situation sociale du Togo s’empire malgré l’assurance donnée par Faure Gnassingbé d’améliorer les conditions de vie des Togolais. Il faut, la main sur la conscience, reconnaître que le taux de chômage n’est pas réduit malgré le recrutement de 4000 Togolais dans la fonction publique. Lorsque la jeunesse, force motrice du développement, est en roue libre et se cherche, on doit s’attendre à une situation sociale dangereuse.

Pour mieux comprendre le taux de chômage accru au Togo, faisons une rétrospective sur le règne du défunt président Gnassingbé, père de l’actuel président.

En effet, le parcours politique de Gnassingbé-père n’a laissé que désolation. Ainsi, une catégorie de Togolais était habituée au gain facile grâce aux marches de soutien et à la lecture de motions de soutien au Général, moyennant de l’argent. Ils vivaient dans l’oisiveté. Il suffisait, à cette époque, de soutenir le président dans ses actes parfois iniques pour empocher des millions. Beaucoup de jeunes et barons se sont fait une santé financière grâce à la générosité ou à la magnanimité d’Eyadema qui leur offrait « la manne ». Les magots étaient souvent partagés sur place comme si c’était des « hors la loi » à la suite de leur vol dans le Far West.

Parmi ce groupe, certains n’avaient pas daigné apprendre un métier. Ils n’attendaient qu’un événement pour l’exploiter à leur profit. Voilà que le fils a succédé à papa, et les donnes ont  l’air de changer. Certains n’hésitent pas à traiter Faure Gnassingbé d’avare parce qu’il ne  donne pas comme son père. « Il n’aime pas faire de la prodigalité, mais préfère gérer avec  parcimonie », a déclaré un ancien animateur principal d’Areto. Du coup, ils ont du mal à  s’adapter aux nouvelles donnes car le père les a rendus paresseux. Ceux qui avaient un   standing de vie, commencent à vendre leurs biens pour éponger une partie de leurs dettes. D’autres qui étaient souvent  manipulés à commettre des bévues, sont aujourd’hui transformés en  bandits de grands chemins. Ce sont eux, principalement, qui braquent les paisibles populations pour les cambrioler. Mêmes leurs parrains ne sont pas épargnés par leurs actes de banditisme. Ainsi, les chiens se retournent contre leurs maîtres.

En dehors de cette catégorie de jeunes rendus paresseux, il existe une autre, composée des jeunes conscients qui comprennent que c’est dans le travail qu’on peut vaincre l’ennui, le vice et le besoin pour retrouver enfin son indépendance. Ainsi, ils ont appris un métier et obtenu leurs diplômes et attendent d’être engagés dans la fonction publique. Puisque le régime Gnassingbé privilégiait le népotisme, l’ethnicisme, le militantisme au RPT ou carrément le régionalisme comme critères d’accès à certains postes de responsabilité, ces malheureux sont laissés pour compte. Certains se sont reconvertis depuis 1990 dans les activités de conducteurs de taxi-motos. D’autres par contre, affaiblis par la détresse, l’anxiété se vouent aujourd’hui, avec l’avènement de Faure Gnassingbé à l’alcool et à la drogue. Beaucoup d’entre eux sont devenus des alcooliques ou drogués, voire des désœuvrés ; les filles, des prostituées ou des mères prématurées qui sont à la charge de leurs parents parce que, justement, les auteurs de leurs gosses n’ont pas trouvé encore d’emplois.

En somme, les deux catégories de jeunes au Togo sont en colère. L’une habituée à la vie oisive, accuse Faure Gnassingbé de rompre avec les privilèges dont ils jouissaient. L’autre, prête à gagner son pain à la sueur de son front, est désemparée et exaspérée contre la lenteur d’une vraie politique d’emploi dans le pays. Le recrutement de 4000 jeunes dans la fonction publique à la suite d’un concours était largement en deçà des attentes des populations. L’effectif des admis n’a même pas atteint le 1/3 des candidats qui ont passé ce concours.

Voilà, devant quel tableau, on ne peut plus sombre, se retrouve Faure Gnassingbé. Faut-il qu’il satisfasse les jeunes rendus paresseux par son père et qui constituent un fardeau pour le RPT ? Ou faut-il qu’il crée des emplois aux jeunes qui ont leur diplôme, aptes à travailler pour le  développement du pays ?

Sans mentir, Faure Gnassingbé est confronté à de sérieux problèmes.

C’est la raison peut-être pour laquelle, il distribue de l’argent à l’approche de la présidentielle

à certains jeunes ou à certains chefs traditionnels pour avoir  leur soutien à la prochaine élection. Seulement, Faure Gnassingbé oublie qu’il est le président de tous les Togolais et une politique d’emplois caractérisée par un recrutement basé sur la compétence et le mérite satisfera tout le monde. Il ne sert à rien que le président s’inspire de Groucho Marx qui disait : « la politique est l’art de chercher les problèmes, de les trouver de les minimiser et de leur administrer les mauvais remèdes à mauvais escient.. ».

C’est vrai qu’il se trouve entre le marteau et l’enclume caractérisé par l’irritation  qui se traduit par le non maintien du bien être des paresseux ou  l’exaspération de cette jeunesse laborieuse qui est au  chômage, même si, on lui promet un autre concours de recrutement dans la fonction publique. Ce qui est révoltant, c’est le licenciement  de certains ou le risque de licenciement dont certains seront victimes (le cas des sociétés en  faillite comme SNPT, la SOTOCO…). « Pour joindre les deux bouts au Togo, il faut être, soit un héritier terrien ou d’immeubles, ou un  bénéficiaire de temps en temps du  transfert d’argent d’un parent en Europe », avoue Toki, désemparé.

La situation sociale caractérisée par un taux élevé du chômage aboutit au suicide ou à la réduction de l’espérance de vie des Togolais qui gravite entre 35 et 40 ans, un tableau vraiment sombre. Et pourtant, Faure Gnassingbé n’a qu’une seule préoccupation, remporter la prochaine élection avec tous les moyens. Seulement, il est en train de mettre en péril son pouvoir sans le savoir.

Il urge que le président prenne le Taureau par les cornes s’il ne veut pas que les jeunes reprennent les rues comme moyens de revendication pour exprimer leur ras le bol. Les signes déclencheurs de ce soulèvement populaire se pointent à l’horizon. Les richesses ou les ressources du pays doivent profiter à tous les Togolais et non à un « clan ou à un réseau mafieux qui s’en approprie tout en manipulant certains jeunes, ou en exploitant leur vulnérabilité à des fins politiques, une façon de les réduire  à la  soumission ou à la mendicité. Au lieu de dépenser des milliards pour sa sécurité, le chef de l’Etat pourrait les dépenser pour créer des emplois aux jeunes afin d’assurer la stabilité dans leur vie sociale. Les braquages nocturnes et bientôt diurnes doivent faire réfléchir nos autorités, sinon le Togo n’est pas loin du cas de l’Afrique du Sud où l’insécurité devient un lot quotidien.

Gbèdodè Adjanor


Processus Vérité-Justice-Réconciliation : Quel président pour diriger cette Commission ?

Le processus Vérité-Justice-Réconciliation   a été remis sur les rails la semaine dernière avec les consultations tous azimuts du président Faure Gnassingbé. En effet, le président a reçu et examiné les propositions des chefs religieux de ce pays. L’objectif était de rechercher la personnalité pointue et très avisée devant conduire la Commission Vérité-Justice-Reconciliation. Cette personne doit être issue d’une famille religieuse comme l’a souhaité la population après les consultations nationales en sept questions.

Nul n’ignore qu’après les violences post électorales de 2005 qui se sont soldées par des centaines de morts, l’ONU avait diligenté une commission pour établir les faits. Selon le résultat de ce travail, il en ressortait que près de 500 personnes ont perdu leur vie durant cette période.  Bien avant, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme avait dénombré 800 morts. Pour répondre à l’opinion tant nationale qu’internationale, Faure Gnassingbé avait mis en place une Commission nationale dirigée par me Koffigoh qui a reconnu l’entière responsabilité de l’Armée et des milices appartenant au RPT. Le bilan des violences, selon les conclusions de cette fameuse commission s’élevait autour de 150 personnes victimes des violences,  plus les dégâts matériels.

Eu égard à la répétition des violences post électorales, les  observateurs de la vie politique togolaise ont exigé que le peuple togolais se réconcilie avec lui-même avant la prochaine présidentielle. Pour aider les acteurs politiques togolais dans ce processus, un bureau local des Nations Unies pour les droits de l’Homme a été installé au Togo.

Dans le cadre de ce processus, les consultations, reportées à deux reprises pour des raisons non encore officiellement élucidées, ont été solennellement lancées le 15 Avril 2008. Afin de bien mener ce processus Vérité-Justice-Réconciliation, l’avis du peuple a été pris en compte. La population a dû répondre à sept questions sur les consultations, à savoir de quoi s’agit-il, pour quoi faire ? qui peut participer ? Comment participer ?, Où et quand ? Quels sont les résultats attendus ? Depuis que les conclusions de ces consultations ont été remises à Faure Gnassingbé, il y a six mois, le pouvoir tardait à mettre en place cette commission qui devrait diriger les travaux. Il a fallu encore quelques pressions avant que le pouvoir,  la semaine dernière, ne relance le processus. Le débat le plus crucial, aujourd’hui, c’est les membres qui composeront cette commission.

Il est vrai que celui qui présidera les travaux de cette commission doit être un homme religieux  qui a une culture dense. Celui-ci, doit être imprégné des cas déjà connus dans le monde. Quand Mme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH a rendu visite à Faure Gnassingbé en mai 2008, elle aurait souhaité une Commission Réconciliation du genre marocain. Dans ce cas de figure, c’est une ancienne victime des affres du régime du Roi Hassan II qui a dirigé les travaux. Là encore, il n’y avait pas eu de confrontation entre  coupables et victimes. Et aussi, c’est un pays majoritairement musulman. Dans ce débat, certains pasteurs ou évangélistes ou prophètes jettent de l’anathème sur leurs collègues issus des congrégations structurées. Ils occupent des chaînes de télévision pour se faire entendre. On les a déjà vus, lors de leurs campagnes pour la réconciliation, proposer  un pardon de la victime sans la repentance du bourreau. « Pardonner 70  fois 7 », un slogan qui ne s’inscrit pas dans la logique du processus. « Comment apaiser les cœurs meurtris sans l’aveu des coupables ?», s’interrogent certains défenseurs des droits humains.

Si aujourd’hui, Faure Gnassingbé décide, enfin, de choisir le président de cette commission, c’est une bonne chose. Un choix éclairé serait souhaitable s’il ne veut pas que le travail de cette commission soit bâclé. Les Togolais ont soif de la vérité. Des familles attendent de pieds fermes cette occasion pour vider du cœur leurs rancoeurs. La lutte contre l’impunité doit passer par des décisions dissuasives de la commission. Raison de plus, des membres de cette commission doivent avoir un passé pas compromettant, une bonne probité morale. Des personnes tenaces, téméraires et impartiales, qui ne cèdent pas facilement aux menaces et intimidations peuvent jouer ce rôle. Il faut vivement que le passé sombre du Togo soit effectivement soldé. On ne doit pas se méprendre  sur le choix des membres qui doivent siéger dans la commission. « On sait qui est qui et qui fait quoi », déclare un défenseur des droits de l’Homme. De toutes les façons, l’homme religieux qui sera retenu pour présider à la destinée de cette commission doit avoir dans sa main gauche une bible et dans sa main droite une culture dense. Alors, Monsieur le président, à vous de jouer.

Gbèdodè A.


L’insécurité devient une sérieuse menace : l’autorité reste impassible

La semaine du 08 au 15 février a été celle du calvaire pour les habitants de Tokoin hôpital, Ambassade du Ghana et environs, qui ont eu la visite des voleurs et des braqueurs. En pleine journée les voleurs ont opéré et la nuit, les braqueurs les ont relayés.

Dans bien de maisons du quartier Tokoin Ouest (Ambassade du Ghana), les habitants font de l’élevage de volailles et de petit bétail. Il y a des propriétaires d’élevage dont le cheptel s’élève à plusieurs dizaines de caprins et d’ovins. Il y en a dont le nombre de porcins n’est également pas négligeable.

Ce sont des personnes qui tirent un grand profit de cette activité secondaire qu’ils ont embrassée pour pouvoir joindre les deux bouts.

Nul n’ignore la situation économique qui est celle du citoyen togolais, fonctionnaire ou chômeur. A cet égard les éleveurs mettent un soin particulier à leur élevage, dont la plupart tire avantage à chaque rentrée scolaire, à chaque occasion festive, à chaque occasion de maladie, etc.

A Gbossimé par exemple, l’on peut évaluer et acquérir une chèvre ou un mouton, en fonction de sa taille et de son poids. C’est ainsi que les prix varient de 10.000 F à plus que cela, mais jamais moins que cela.

Le prix des porcs aussi n’est pas du reste, tant les efforts que demande l’élevage, surtout à Lomé, ne sont pas petits. Seulement voilà, au cours de la semaine du 08 au 15 février, plusieurs propriétaires d’élevage, surtout des veuves, qui ont la charge de leurs orphelins, ont été spoliés de leurs animaux. Cela n’a pas été nuitamment fait, puisque c’est au crépuscule, lorsque les animaux rentraient et que certains manquaient à l’appel, que le forfait a été constaté ; C’est ainsi que des éleveurs ont constaté la perte d’une dizaine pour certains, une demi douzaine pour d’autres, etc… Et ce qui est pitoyable dans tout cela, c’est que la plupart de ces animaux allaitent leurs petits qu’ils ont mis bas la semaine surpassée.

Le même jour, deux motos ont été volées dans la même zone de Tokoin, ceci aussi en plein après-midi. La nuit de cette même date, au moment où chacun rentrait tranquillement de son lieu d’occupation vers sa maison, une voiture a été forcée par des braqueurs à s’arrêter au niveau de l’entrée de la morgue de Tokoin Hôpital. Les occupants de cette automobile, à la vue du pistolet dont les menaçait l’un des braqueurs, ont été obligés, la mort dans l’âme, de se laisser docilement délester de leur bourse. Au total, une somme de 180.000 F CFA leur a été extorquée. Mais, n’oublions pas de préciser au passage qu’une patrouille  de nos « araignées » venait d’arpenter ces lieux, quelques minutes auparavant.

Nombreux sont les citoyens qui, tout le temps sont victimes de vol, de cambriolage et de braquage. Devant la recrudescence de l’insécurité, les autorités chargées de la sécurité affichent une passivité révoltante et répugnante. Les patrouilles nocturnes des araignées se font sur mesure et avec précaution. Le souvenir des braquages et vols dont ont été victimes la plupart de ceux qui sont allés à la fête de la bière est encore vivace dans les mémoires. Ils ont été mêmes victimes dans les environs immédiats de la sûreté nationale et de la brigade territoriale. L’on ne peut donc pas jouir tranquillement d’une relaxante promenade au bord du littoral, vers le crépuscule.

L’on est en droit de se demander l’utilité de l’augmentation de l’effectif des forces de l’ordre, et de l’argent dépensé pour nantir la police et la gendarmerie de matériels. Il arrivera sûrement un temps où, lassées, les populations mêmes prendront leur sécurité à bras-le-corps. Et alors, les conséquences qui en découleront seront appréciées par tous. Le supplice du collier reviendra à l’usage ; Notre dessein n’est pas de susciter des idées malsaines aux citoyens mais seulement nous pointons du doigt le fait que la passivité de l’autorité chargée de la sécurité est en soi une double source de danger et d’insécurité. Lorsque les populations seront poussées à assurer leur propre sécurité, alors il y en aura qui chercheront à  s’armer ou à armer les vigiles contre les voleurs. C’est ainsi que la prolifération des armes de toutes sortes sera alors monnaie courante dans la cité, et que la violation des droits de l’homme (supplice du collier, perforation au clou de crânes, sirop de ciment, etc…) refera son entrée dans les mœurs.

Aussi est-il de notre devoir de rappeler au Ministre de la Sécurité de s’acquitter de son devoir ; Le long de la palissade qui fait face à la Sûreté Nationale, là où il y a un petit marché de Tchoukoutou, derrière la SGGG, il  y a toujours un essaim de policiers qui se reposent toute la journée durant, du premier au dernier jour du mois. L’on se demande ce qu’ils font.

Le ministre de la Sécurité doit appréhender ce problème d’insécurité afin d’anticiper sur l’inévitable conséquence fâcheuse qu’elle est susceptible d’engendrer, et dont la gestion, s’il n’y prend garde, lui sera un jour, de la mer à boire.

Il urge donc surtout qu’il prenne vraiment la mesure du danger pour réagir sérieusement.

Edmond Y.


Société : Hôpitaux, lieux d’avortement ou de plaisirs sexuels ? Quand des médecins indélicats abusent sexuellement de leurs patientes

Selon les dix commandements de Dieu, ôter la vie de son prochain est un grand péché. Bien avant l’intrusion de la théorie des « 3C » (christianiser, coloniser, civiliser), nos ancêtres, en dehors des pratiques inhumaines des rois, condamnaient l’homicide. Et les  criminels étaient souvent expulsés des villages ou tués sur le coup après des verdicts rendus par la cour royale.

Aujourd’hui, malheureusement, avec le modernisme et malgré les lois interdisant ou condamnant des actes criminels, certaines pratiques abominables continuent d’être perpétrées dans l’indifférence totale des législateurs. Ainsi, l’avortement, action d’expulser un fœtus avant terme devient une opération qui enrichit certains médecins, infirmiers ou certaines cliniques. « Franchement, ce sont les avortements qui me font vivre, sinon  j’aurais déjà fermé ma clinique et je n’ai pas le choix », nous a avoué un médecin généraliste d’une clinique qui a préféré garder l’anonymat.

Ce qui est navrant  est que les femmes en grossesse de sept (7) mois à huit (8) mois acceptent d’avorter. Et pis, les médecins et les infirmiers et parfois les gardes malades ignorent systématiquement leur serment, celui de préserver la vie humaine. Il est parfois révoltant de constater que ces pratiques se font dans les structures officielles, c’est-à-dire dans les hôpitaux publics.

Dans ces genres de pratiques, beaucoup de choses se passent. Parfois, des jeunes filles sont victimes d’abus sexuels de la part de ces médecins avant l’opération.

« Un jour, j’étais partie voir un docteur pour l’avortement parce que je craignais la colère de mes parents lorsqu’il s’en rendront compte. Arrivée dans la salle d’opération, le docteur m’a injecté un produit qui a eu un effet soporifique sur moi. Peu de temps après avoir retrouvé mon état  de conscience, je remarquais que le docteur était en train d’avoir un rapport sexuel avec moi avant l’opération, parce que j’étais dans un état d’inconscience », a déclaré avec remords cette élève ;

Ces genres de témoignages, plusieurs victimes les ont confirmés. Certaines, par contraintes, acceptent de coucher avec ces hommes en robe blanche peu scrupuleux avant de se faire avorter, parce qu’elles n’ont pas le choix ; L’essentiel pour elles, c’est de se débarrasser de ces fœtus, même au prix de leur vie, parce que certaines perdent leur vie au cours ou après l’opération.

Autant de réflexions que doivent susciter en nous ces actes immoraux, sinon déplacés ou indécents, voire criminels de ces médecins ou infirmiers. Même  des gardes-malade qui ne maîtrisent pas bien la médecine s’aventurent dans ces pratiques dangereuses, ignorant du coup l’hygiène.

       Par ailleurs, des femmes, au cours de l’échographie, méthode d’exploration vaginale, affirment que certains gynécologues profitent de leur nudité ou intimité pour faire des attouchements sexuels de leur utérus ou clitoris et parfois l’irréparable se produit. C’est la raison pour laquelle certains hommes refusent d’envoyer leurs femmes chez les gynécologues hommes, ou bien exigent leur présence auprès de leur femme avant la consultation.

Seulement, le problème qui se pose, c’est l’effectif insuffisant des femmes gynécologue dans les centres médicaux. Ce qui est paradoxal dans le cas des avortements qui se font malgré une loi interdisant cette pratique, c’est la campagne de l’utilisation des condoms avant tout acte sexuel dont s’approprient ces organismes partout, même sur les médias et qui doit en principe protéger nos sœurs des grossesses non  désirées et des MST.

Tout compte fait, le mal existe et s’enracine. Les médecins, par conséquent, doivent se rappeler leur serment d’Hippocrate et se maîtriser lorsqu’ils consultent les femmes nues, car ne dit-on pas que « la maîtrise de soi est l’essentiel pour combattre nos inclinaisons et nos habitudes vils et finalement en finir » ? Pourquoi le Ministre de la santé ne fait-il pas un tour dans les hôpitaux et cliniques pour savoir ce qu’il lui reste à faire ?

          Au niveau des parents, ne serait-il pas  souhaitable d’éduquer sexuellement les enfants et surtout d’encourager les étudiantes à embrasser en médecine la spécialité de gynécologie afin de redonner confiance  aux hommes mariés qui accepteront de laisser leur femme se faire consulter facilement par celles-ci ? Les conditions de travail et de vie des agents de la santé ne favorisent-elles pas aussi les pratiques déplacées de ces derniers comme l’avortement moyennant de l’argent ? Les autorités hospitalières doivent en prendre conscience pour assainir le secteur. Les législateurs togolais aussi doivent suivre l’exécution des lois interdisant l’avortement et prendre des mesures dissuasives. C’est à ce seul prix que la population togolaise sera préservée des risques de santé.

A.     Gbédodè


Lettre ouverte au Chef du Gouvernement Gilbert F. HOUNGBO : «L’inaction de votre gouvernement est aussi un crime»

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Lorsqu’il y a quelques mois vous étiez nommé à la tête du gouvernement de notre pays, vous avez, dans votre programme, parlé des maux qui minent la vie quotidienne des citoyens togolais.

Votre programme était porteur d’espoir,  tant il abordait tous les aspects des difficultés des Togolais. Et ces derniers ont  soupiré de soulagement, dans la perspective de jours meilleurs sous votre férule.

       C’est ainsi que, ne pouvant sans doute pas être partout en même temps, vous avez formé un gouvernement dont chaque membre avait à défendre son portefeuille. Et donc le Togo a démarré une nouvelle aventure avec vous et votre équipe gouvernementale.

Il n’y a pas longtemps, vous avez présenté au peuple togolais le bilan des 100 jours de votre exercice à la tête du gouvernement.

       Excellence, si nous ne pouvons pas vous accorder zéro sur dix, nous ne devons pas non plus, vous accorder dix sur dix, entièrement satisfait de votre bilan, et pour cause. Certes, la confiance et la satisfaction dont vous pouvez bénéficier du peuple rejailliront sur les autres membres de votre équipe.

Mais, il est très important de vous dire, Excellence, avec toute révérence due à votre rang, qu’il y a dans votre gouvernement, un département qui a englouti un budget astronomique, sans pour autant avoir rien fait.

Et ce département, c’est le Ministère de la Sécurité. C’est effectivement curieux que depuis un certain  temps, les médias dénoncent l’insécurité galopante qui sévit au quotidien, sans que rien ne soit entrepris pour la freiner.

Excellence, il ne se passe pas de jour où quelque citoyen ne soit cambriolé, volé, braqué, tué, ou violé sur la Terre de nos Aïeux.

A l’heure même où cette lettre ouverte est en train d’être rédigée, une famille togolaise pleure l’un de ses fils assassiné la nuit dernière par des malfaiteurs qui, après leur crime, ont emporté son argent et quelques  biens à lui. Le malheureux rentrait chez lui à Baguida en compagnie de ses frères, à bord de sa voiture, quand ils ont été interceptés par des braqueurs.

Les vols à mains armées sont si courants au Togo, ces temps-ci, que l’on se demande ce qui se passe. L’on se demande ce qui se passe, parce que tout le monde a connaissance de l’existence d’un Ministère de la Sécurité au sein de votre gouvernement.

Et ce qui étonne les citoyens est le mutisme et la passivité dont font montre les deux têtes de l’exécutif face à ce phénomène si extraordinaire qui les révolte et les préoccupe.

Excellence M le Premier Ministre, le Président de la République a toutes les excuses. Il a un Premier Ministre qui est censé coordonner les actions du gouvernement. Il est le chef des ministres. Tous les Togolais ont envie de vous demander ce que vous faites de cette autorité.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, nous ne vous apprenons rien en disant que le silence et l’inaction de l’autorité devant ces crimes crapuleux et odieux sont aussi un crime parfait. Et au tribunal de l’histoire vous serez seul, seulement accompagné de votre inaction et de votre manque d’autorité, Monsieur le Premier Ministre.

 Vous n’aurez pas le chef de l’Etat à vos côtés, même pas votre subordonné, ministre de la sécurité, qui a du mépris pour les citoyens auxquels il est censé assurer la sécurité.

Tous, nous savons les efforts faits par le gouvernement aux côtés du Chef de l’Etat pour donner un souffle nouveau à ce ministère de la sécurité, notamment les concours successifs de recrutement des agents des forces de l’ordre (gendarmerie, police). Nous savons également les sacrifices consentis par les contribuables pour doter ce département gouvernemental de matériels de sécurité. Nous savons également  que le budget à lui seul englouti est tel qu’on l’a privilégié par rapport aux départements de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.

       Il est, donc ahurissant que le Ministre de la Sécurité méprise les cris d’alerte et de détresse des populations confrontées à l’insécurité.

Excellence, nul ne saura dire que votre gouvernement a échoué sur tous les fronts. Même si le lait et le miel ne coulent  pas des robinets des fontaines des Togolais, l’on peut apercevoir à l’horizon un petit changement. Mais à quoi servirait ce changement aux Togolais s’il faille qu’ils aillent en jouir au cimetière ? Plutôt,  nous croyons que si les citoyens ne trouvent pas à manger, il faut au moins qu’ils aient la sécurité. Et cette sécurité doit leur être assurée par l’Etat.

Le Président de la République ne peut pas être en même temps partout. C’est justement pour cette raison qu’il vous a délégué le pouvoir de former un gouvernement dont  vous êtes le chef d’orchestre.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, chaque jour qui passe apporte son lot de vols, de braquages, de tuerie, de cambriolages et de violences commanditées (le cas de Tchamba). Face à cela, les populations vous prient d’user de votre qualité de Chef de gouvernement pour les sortir de cette impasse.

La terre de nos aïeux est ainsi assez abreuvée du sang de ses fils. Les citoyens ont trop payé pour l’irresponsabilité, l’incompétence et l’insouciance de certains de leurs dirigeants.

L’alternative est celle-ci : soit vous rappelez au Ministre de la Sécurité que son rôle n’est pas de veiller sur la quiétude des malfaiteurs, mais plutôt sur celle  des populations.

       Ou vous le limogez simplement pour le remplacer par un Ministre plus responsable qui saura répondre aux attentes des populations en matière de sécurité. Sinon, lorsque les populations  en auront ras-le-bol, elles sauront s’organiser pour parer à ce genre de phénomène. C’est alors qu’elles rééditeront le supplice du collier, si elles ne donnent pas du sirop au ciment à boire aux voleurs et malfrats qui tomberont sous leurs mains. La conséquence, la pire que vous aurez à redouter est que chaque citoyen, pour se protéger, ira se procurer des armes, puisque c’est ce que tiennent les malfrats, pour les affronter. Et lorsque tout un quartier s’entend pour se défendre aux armes à feu, imaginez ce qui peut se passer un jour.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, nous vous prions de bien vouloir excuser notre audace. C’est aussi notre devoir de secouer par moment la léthargie de nos gouvernants

Excellence, tout en espérant que cette sonnette d’alarme aura trouvé un écho retentissant et favorable auprès de vous, daignez recevoir, l’hommage des sentiments de profond respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être.

Signé 

La Rédaction du Journal Carrefour


Et si la CAF revoyait les critères d’attribution du ballon d’or Africain Adébayor en proie aux critiques

Adébayor, a-t-il mérité le ballon d’or 2008 ? Telle est la question qui suscite un débat dans le monde du football africain. Au Togo, si beaucoup ont accueilli favorablement le choix de notre compatriote, en Afrique par contre, la majorité a décrié ce choix.

En réalité, les amoureux du ballon rond ignorent les critères sur lesquels se basent les membres de la CAF pour choisir le meilleur joueur africain. D’aucuns ont pensé que Mohamed Aboutrefika, l’attaquant égyptien a remporté deux titres majeurs : la ligue des champions de la CAF et la CAN. Donc, il est le mieux placé pour recevoir le ballon d’or. Sur  le continent, il est incontestablement le mieux indiqué pour remporter ce trophée. Malheureusement pour lui, c’est Adébayor Shéyi qui a été retenu.

Il est vrai que la plupart de ceux qui sont désignés meilleurs joueurs Africains évoluent également dans le championnat européen. Et les gens se demandent si ce critère externe pèse beaucoup en faveur des bénéficiaires du ballon d’or africain. Aboutrefika, il faut l’avouer, n’a évolué que sur le continent, tandis que Adébayor, même s’il n’a pas pu amener sa sélection nationale vers les compétitions africaines, a réalisé une belle performance dans le championnat anglais.

Il nous souvient que la polémique autour du ballon rond africain ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, en 2007, Drogba, le pressenti, a été dépossédé de ce trophée en faveur du malien Kanouté, parce que l’ivoirien a refusé de faire le déplacement de Lomé en période de la pleine compétition de la CAN à Accra.

En 2004, le même problème s’est posé. L’attaquant Austine Jay Jay Okocha serait bien partant pour être sacré meilleur  joueur africain. Mais hélas, c’est le camerounais  Eto’o qui était désigné. A l’époque, Etoo a été décrié. Et finalement, on s’interroge sur la fiabilité de ce prix et, de surcroît,  sur la véracité du choix du meilleur footballeur africain retenu chaque année par la CAF (Confédération Africaine de Football).

En tout état de cause, Adébayor est sacré meilleur footballeur africain 2008. Il revient à la CAF de définir clairement les critères du choix du bénéficiaire du ballon d’or africain. Il serait mieux pour les prochaines éditions d’organiser deux cérémonies simultanément pour primer, et le meilleur joueur africain sur le continent, et meilleur joueur africain évoluant dans les championnats européen, asiatique, et américain. Peut être, un début de solution pour dissiper les critiques à la suite de la remise de ce prix aux lauréats. La CAF doit y penser pour rectifier le tir.

Gbèdodé Adjanor

Le leader de l’opposition sort de son mutisme : Gilchrist Olympio parle de sa vision réelle d’un Togo idéal
Carrefour #518 du 13 fev. 2009

Le leader charismatique de l’UFC et figure de proue de l’opposition, Monsieur Gilchrist Olympio s’est confié, il n’y a pas longtemps dans les colonnes de notre confrère Focus Infos dans sa dernière livraison. Il a donné ses impressions sur la situation socio-politique du Togo, après la mort de son ancien rival, Gnassingbé Eyadèma,  ses relations avec l’actuel Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Il a aussi dit quelques mots sur la situation politique de certains pays de la planète, en fonction des changements qui s’y sont opérés ces temps-ci. Voici en substance le profil de ses impressions.

Interrogé sur la régularité de sa présence à Lomé, la capitale du Togo, et sur sa sécurité au pays, Gilchrist Olympio a reconnu que par rapport au passé, où il redoutait de rentrer au bercail par souci de sécurité, ses allées  et venues  actuelles sont dues au climat de quiétude qui prévaut sous ce  régime. Il n’a pas pour autant exclu que bien de choses  restent à faire, du fait des événements antérieurs qui ont marqué l’arrivée du  président actuel au pouvoir, notamment le bilan de cinq cents morts, officiellement chiffré à 25 par le  rapport  Koffigoh, cité par Faure lors de son entretien avec Gilchrist lui-même, contre celui du Ministre Doudou Diène, dépêché par les Nations Unis. Il a fait savoir le mutisme dans lequel s’est muré lorsqu’il lui a demandé si 25 morts mêmes n’étaient pas beaucoup trop pour ce petit Togo.

Il a de ce fait tiré la conclusion selon laquelle, bien de choses restent  à faire en matière de sécurité et a pointé du doigt la prudence dont il fait preuve à chacune de ses présences chez lui au Togo.

Déplorant le fait majeur auquel est due la méconnaissance du Togo par ses neveux, nièces et sa propre fille de 35 ans (qui d’ailleurs n’est venue ici que lors d’un séjour de 24 heures), Gilchrist Olympio signale aussi le fait dû à l’exil que lui et ses frères n’aient épousé que des femmes étrangères. Mais, actuellement, dit-il, il vit à Lomé où se trouvent leur maison familiale et celle de leur père (en déconfiture), qu’avec l’aide de son frère et de sa sœur il retape. Il affirme  vouloir revenir vivre définitivement au bercail.

Pour lui, la célébration du 13 janvier par le régime n’est qu’une inconnue, du fait que cette date marque le départ de l’échec et de l’aventure dans lesquels ce pays est plongé. Cette commémoration dénote, selon lui le paradoxe entre l’action et la parole, propre à la politique. Faisant allusion à l’invitation dont il a été honoré à cette fête, il croit, à son humble avis que cette occasion, après 45 ans devrait plutôt ramener les Togolais à la réconciliation à travers la guérison des maux due à l’oubli, qui par ricochet aplanirait les dissensions. Mais quelle n’est pas sa surprise  de constater que cette fête déclarée nationale et célébrée avec ostentation par l’armée éloigne davantage le pays de la paix et de la stabilité, que pourtant par des discours, le régime prône.

Répondant à l’allégation de certains personnages de l’Etat selon lesquels son parti se ferait prier pour rapatrier la dépouille de son père, Gilchrist Olympio tranche  net que l’histoire devrait être laissée aux historiens et que ce qui incomberait serait plutôt le présent et le futur. Il a honnêtement avoué qu’ayant un caveau familial à Agouè où reposent la plupart de ses parents, il ne servirait  à rien de trop plancher sur ce cas. Il a alors cité en exemple tous ceux qui, morts à la bataille y sont souvent ensevelis et s’est demandé s’il était impérieux ou nécessaire de rapatrier leurs dépouilles. Mettant par là en cause l’hypocrisie des autorités, il a dénoncé la nature sale de la rue à laquelle ces autorités ont donné le nom de son père. Manifestant sa modestie, il a cru assez suffisante l’érection d’une statue à la mémoire de ce dernier. Renvoyant la balle à l’envoyeur, Gilchrist Olympio avoue l’incapacité des députés de son parti à travailler dans la quiétude, tant le parti au pouvoir s’est arrogé le monopole de toutes les institutions de la République, notamment l’armée, la police, le système judiciaire, la HAAC, la Cour Constitutionnelle, le parlement le gouvernement, par opposition à l’accusation faite contre son parti de ne pas être ouvert à la négociation et de vouloir toujours imposer son diktat.

Concernant l’invisibilité des fruits des échanges de Gilchrist Olympio avec le régime Gnassingbé, le leader de l’UFC a été direct lorsqu’il dit que des pourparlers étaient en cours pour une rencontre entre lui et Eyadèma quand ce dernier décéda. Il  a affirmé avoir rencontré tout de suite après son fils, l’actuel Président Faure Gnassingbé, suite à des arrangements faits par San Egidio, non loin de Vatican.

Seulement, il déplore la vacuité des discussions ayant marqué les deux rencontres entre les délégations de son parti UFC  et du RPT.  Mais plus loin, il affirme avoir persévéré, malgré tout, lorsqu’on lui avait laissé entendre que plutôt que d’aller au même endroit, il fallait qu’ils se rencontrent sous la houlette d’un facilitateur, en l’occurrence, le Président Compaoré du Burkina, qu’il connaissait depuis de longues dates. Mais seulement, selon lui,  cette rencontre a perdu de sa couleur originelle, tant les délégations, les circonstances la ripaille et la beuverie qui la caractérisaient étaient hors du commun. Supportant tout cela, malgré la pression de la jeunesse de son parti faite sur lui de quitter les négociations, il a accepté d’aller aux législatives, nonobstant les magouilles et les turpitudes du Parti au pouvoir, quant au document sanctionnant la rencontre et les préparatifs de ces élections ; tout cela, il l’avait souffert volontiers, pour que l’on ne dise pas qu’il est un adepte entêté de la politique de la chaise vide.

Questionné sur l’accusation de fantaisiste et d’irascible dont fait l’objet son parti, Gilchrist  rétorque que, loin de donner un seul exemple de fantaisie et d’irascibilité de son parti, c’est plutôt le RPT qui se dérobe à la logique politique lorsqu’il s’agit de s’asseoir et de discuter de quand et comment asseoir les institutions devant conduire à des élections saines et transparentes.

 De ce fait il a également dénoncé les pratiques frauduleuses axées sur des découpages fantaisistes de circonscriptions électorales par ce parti. Mettant en relief le comportement unilatéraliste du RPT quant à l’organisation des élections, il communique l’espoir qu’il nourrit aux uns et aux autres concernant la mise en place des réformes institutionnelles et constitutionnelles préalables aux élections et trouve plutôt contraire à la logique, le fait que le parti au pouvoir saisisse le monopole de commander le matériel électoral, pourtant financé par le PNUD, sans passer par un appel d’offre. Niant  le constat selon lequel l’UFC serait en train de marcher au pas du RPT, Gilchrist Olympio fait remarquer les conditions difficiles et précaires, assorties de pressions dans lesquelles les élus à l’hémicycle de son parti travaillent. Il dénonce aussi l’élaboration fantaisiste des documents budgétaires des élections par le RPT, tout en en comparant le délai d’étude plutôt hâtif, imposé par le RPT, à celui des pays voisins (quelques semaines au Togo, un an au Ghana, huit mois au Burkina).

Niant en bloc toute alliance basée sur quelconque arrangement politique avec Faure, le leader de l’opposition a justifié sa position ferme en citant par exemple certaines des abstentions de son parti, notamment la non présentation des vœux de nouvel an à Faure et la non reconnaissance de son parti de la légitimité de ce dernier : « Nous pensons qu’on présente des vœux à des amis. On présente des vœux à des gens qui ont fait du bon travail. Et non à un chef d’Etat, à qui nous ne reconnaissons aucune légitimité ».

Interrogé sur ses convictions, quant à l’alternance, Gilchrist Olympio a avoué y croire fermement. Il a même déclaré avoir été invité au même titre et placé au même rang que les Chefs d’Etats à l’investiture de John Atta-Mills au Ghana.  La leçon  qu’il donne d’un combat politique est qu’il faut toujours avoir confiance en la réussite.

Plus loin, il  confie avoir posé la question à Faure ; lisons-le plutôt : « Quand Faure Gnassingbé passait avec une dizaine de ses collaborateurs, il m’a salué ; je lui ai alors demandé s’il pense que ce qui s’était passé au Ghana pourrait se réaliser au Togo. Il m’a répondu que oui, il y croit ». Mais seulement, Gilchrist  croit que le Ghana étant à des siècles d’avance plus évolué que le Togo, il n’était pas surprenant que la prouesse d’alternance y fût réalisée. Et puis il fait allusion à l’accointance qui existe entre les leaders politiques de ce pays, le Ghana, ce qui est rare au Togo.

Ne voulant pas trop s’étaler sur la question d’une éventuelle coalition des forces politiques au Togo pour 2010, il a néanmoins dit que si ces forces l’étaient vraiment, elles seraient les bienvenues. Par contre si elles l’étaient sur papier, il ne croit pas.

Répondant à la question sur ce qu’il allait faire si, en 2010, il devenait président de la république, Gilchrist  a été sobre mais pertinent. Il a dit qu’il avait déjà un manifeste qu’il allait affiner. Visiblement, les 100 jours de son mandat sont chargés lorsqu’il dit qu’il faudra balayer Lomé, et les autres villes du Togo, draguer la lagune. Il a résumé les problèmes socio économico politique : santé, éducation, routes  et ponts. Il croit que les matières premières de notre pays doivent être gérées d’une manière différente de celle qui en est actuellement faite.

       Il estime que le port autonome du Togo doit connaître des réaménagements, à l’instar des Ports de Rotterdam ou de Marseille. Il entend exploiter chaque périmètre du territoire pour relancer le tourisme.

       Concernant l’élection de Barack Obama, Gilchrist est réaliste qui affirme que, quoique Noir, le Président des USA n’est là que pour servir les intérêts de son pays,  du fait que les USA ont leurs priorités ailleurs, dans des pays bien précis et ciblés. Malgré cela, il n’exclut pas le fait que ce dernier pourra s’appuyer sur certaines démocraties africaines pour réaliser l’essentiel de son discours.

          En Guinée selon lui,  la CEDEAO n’a rien fait lorsqu’elle sanctionne ce pays, car, plutôt que de perdre quelque chose, la Guinée gagne le 1 % de sa cotisation sur ses importations à cette entité morale ouest africaine. Gilchrist  reconnaît qu’il représente un symbole de lutte politique, mais modestement, il avoue qu’il n’est pas le seul à faire la lutte. Il affirme que tant que le chantier n’est pas fini, il est prêt à donner du souffle  et de l’appui à un émule, pendant qu’il est encore vivant, pour mener le combat.

Edmond Y.


Un pas enfin franchi : Installation du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
Le vendredi 06 Février 2009, à la Primature, le locataire des lieux, entouré de Bodjona A. Pascal et Gilbert Bawara, respectivement Ministre d’Etat chargé de l’Administration, des Collectivités locales et Porte-Parole du Gouvernement et Ministre de la Coopération, a procédé à l’installation et à l’ouverture du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation tant attendu par les Togolais.

Cette entité morale qui doit ouvrir la voie de facilité à la classe politique togolaise sur les débats sur les questions institutionnelles et constitutionnelles a été à la source de bien de discussions, souvent houleuses, entre les partis de l’opposition et le parti au pouvoir. De divergences de points de vue en interprétations contradictoires, le décret de la création du Cadre Permanent de Dialogue et de concertation fait le mercredi par le Chef de l’Etat et son installation le vendredi de la même semaine viennent combler les attentes de tous les Togolais.

Selon le Premier Ministre Houngbo « L’importance pour le gouvernement est de privilégier le dialogue, de prendre des initiatives autour des débats, tout en gardant à l’esprit que nul ne détient la vérité.»

Il a ajouté : « Notre objectif c’est de nous assurer que tous les sujets brûlants de l’heure au niveau politique, relatifs à l’organisation des élections et à la question du statut de l’opposition, soient débattus afin d’arriver à des recommandations. Notre légère préférence serait de pouvoir débattre des questions qui ont une incidence directe au niveau de la préparation des élections, afin que le gouvernement puisse se mettre rapidement au travail pour la préparation de ces élections ». Notons que le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est composé d’un président, en l’occurrence le Ministre Bodjona qui en est, en même temps le représentant du Chef de l’Etat, d’un représentant du gouvernement, le Ministre Gilbert Bawara, d’un représentant du RPT, Monsieur Solitoki, d’un représentant de l’UFC Monsieur Jean-Pierre Fabre et d’un représentant du CAR, Me Dodji Apevon.

C’est au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation que des solutions seront trouvées à tous les problèmes politiques et sociaux liés à la préparation et à la réussite harmonieuse et pacifique des élections de 2010.

L’ambiance qui a prévalu lors de son installation, (représentants du RPT et de l’UFC assis ensemble et délégués du gouvernement et du CAR assis en face) dénote la satisfaction des uns et des autres, de l’aboutissement des tractations entre les deux pôles : opposition et RPT. « D’abord, je voudrais me féliciter de l’ambiance et de l’atmosphère dans lesquelles cette réunion, la première des membres du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation s’est déroulée. Et je pense que c’est un jour nouveau qui se lève dans ce pays » a dit, pour bien l’illustrer, le Ministre Bodjona qui a ajouté en substance : « Que cet espoir, cette rencontre tant suscitée au sein des populations soit consolidée ». Et pour Jean-Pierre Fabre, « Pour cette première rencontre, l’ambiance est correcte, tout le monde a parlé de la nécessité d’aller au consensus pour prendre les décisions. Pour le moment, nous nous félicitons de cela. Nous ne remettons pas fondamentalement en cause la composition du cadre ». Pour sa part Me Apevon du CAR déclarait : « Nous avons vu que ce matin, chacun a exprimé sa volonté d’ouverture. Que ça continue ainsi pour que nous puissions sortir des difficultés ».

Le CPDC regroupe les partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale ou ayant obtenu 5 % aux élections législatives de 2007.

A la lumière des réactions des uns et des autres, il revient à l’opinion de louer la décision du chef de l’Etat de répondre aux attentes des populations, et sa promptitude à éviter d’éventuelles retombées d’une quelconque prise de décision unilatérale de sa part. En effet, l’UFC avait averti d’une conséquence grave, dans un passé récent, dans une déclaration menaçante, suite à une tentative du gouvernement à agir unilatéralement quant à ce qui concerne la révision du Code électoral.

C’est fort de cela que le Ministre Bawara, représentant du gouvernement au CPDC a trouvé juste de dire « Récemment on a entendu des préoccupations qui on été exprimées au niveau de certains groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale et ensuite, lors de la tournée du Président de la République pour échanger les vœux avec les populations, il avait exprimé sa forte conviction qu’il mettra tout en œuvre pour que le processus de l’élection présidentielle puisse se dérouler à la fois dans un esprit d’apaisement et de sécurité pour que les difficultés que nous avons connues par le passé ne puissent plus se reproduire ». Il urge que cette ouverture d’esprit du Chef de l’Etat se perpétue, comme l’a si bien dit Me Apevon : « … Que ça continue ainsi pour que nous puissions sortir des difficultés ». Pour ce faire, il faut que chacun joue sa partition et que ce rendez-vous de compromis soit l’œuvre de toute la classe politique : RPT comme opposition.

Le peuple qui a trop versé son sang ne voudra plus jamais compter des morts et des pertes matérielles à cause des incompréhensions d’une classe politique qui devrait pouvoir se comprendre. Il faut  qu’au franc jeu auquel le RPT doit adapter ses pratiques désormais, vienne en réponse la flexibilité de l’opposition, car le raidissement de sa position ne risque, au  cas contraire, de la confiner qu’au métier éternel de s’opposer.

A cet effet, en espérant que, petit à petit, mais sûrement, toutes les conditions seront réunies  pour des élections pacifiques et claires, le peuple avertit que 2010 ne doit en rien ressembler à 2005 qui n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Le dialogue, et seul cela, peut adapter nos divergences, l’une à l’autre, et ceci dans un même moule, pour qu’un Togo uni et prospère soit offert à la face du monde entier, qui a son regard braqué sur nous.

Là où le RPT doit changer d’habitude, il faut qu’au même endroit, l’opposition sache formuler ses demandes pour la bonne marche des choses, afin de donner raison à Me Apévon qui dit : « Alors, il est normal qu’avant d’arriver sur chacun de ces sujets, nous puissions harmoniser nos points de vue et parler d’une même  voix » ; et aux autres membres de la classe politique togolaise qui recherchent vivement des élections basées sur un solide consensus national.

Edmond Yevu


Situation sociale catastrophique : De la SNPT au grand marché en passant par le Port, risque d’un soulèvement populaire

Ça grogne dans tous les secteurs. Et pourtant, le gouvernement Faure-Hougbo ne mesure pas encore l’ampleur de ces vague de mécontentement. En effet, depuis près de deux semaines, les transitaires ont suspendu leur travail au Port Autonome de Lomé, un secteur toujours considéré comme poumon de l’économie nationale. La raison était toute simple : la nouvelle arme, dit-on, anti-fraude ne reçoit pas l’adhésion des acteurs portuaires. Depuis le 1er décembre, il a été  mis en place la Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC), une société privée qui, grâce à des logiciels spécialisés et à partir d’une base de données informatisées, donnera désormais la valeur en douanes, en ce qui concerne notamment l’importation des véhicules usagés. Comme on le sait, nous l’avons déjà écrit dans notre numéro, les transitaires ont décrié ce nouveau système qui, il faut l’avouer, a réduit le chiffre d’affaires des importateurs de véhicules à 50 % après un mois d’exercice de la COTEC, et du coup a porté un coup dur aux recettes douanières qui ont baissé.

En exemple, avec le nouveau système automatisé, les valeurs des véhicules usagés ont considérablement augmenté allant de 800.000 à 2.000.000 FCFA, soit 30 % du prix TTC du véhicule pour le consommateur. Evidemment, cette flambée a découragé les acheteurs. Pour justifier ce nouveau système, Bidamon se défend : … Des individus se sont érigés en démarcheurs, allant jusqu’à escroquer certains citoyens. Il ajoute « les douaniers eux-mêmes étaient soumis à des pressions telles qu’il leur était difficile d’accomplir leur tâche en toute impartialité». Pour conclure il déclare : « Il n’y a donc pas de raisons de revenir à l’ancien système, d’autant que tout cela se fait dans le respect des règles nationales et communautaires notamment celles régissant les unions douanières en l’occurrence, la CEDEAO et l’UEMOA auxquelles notre pays le Togo appartient ».

Avec cette fermeté de la direction des douanes, les Transitaires et les importateurs ne comptent pas baisser les bras. Le lundi dernier, il y a eu manifestation de mécontentement. Ainsi, un mot d’ordre d’un arrêt de travail a été respecté par les transitaires et tous les secteurs des activités du Port Autonome de Lomé ont été paralysés. Selon, un importateur de véhicules usagés, le durcissement de ce mouvement était motivé par le comportement inflexible  qu’a affiché Mr Bidamon à leur égard, lorsqu’ils l’on rencontré vendredi à propos de l’augmentation des valeurs. Au cours de leur entretien, le Directeur des Douanes, sorti de ses gongs et s’adressa à ses  interlocuteurs en ces termes : « … Nous, nous sommes milliardaires déjà, si vous ne voulez plus continuer vos activités ici, vous êtes libres de quitter le port… ». Voilà la goutte d’eau qui a débordé le vase.

Au lieu de négocier avec ces importateurs qui sont pour la plupart des Libanais et Pakistano-Libanais, Mr Bidamon a jugé bon de durcir le ton, sans toutefois se rappeler qu’ils contribuent eux aussi  au budget de l’Etat. Même les transitaires, le lundi, ont eux aussi essuyé un cinglant coup lorsqu’ils ont rencontré Mr Bidamon. C’est vrai, que le souci majeur de l’Etat, c’est de renflouer les caisses, augmenter les recettes douanières. Seulement, les autorités ne doivent pas oublier que ces genres de mesures portent atteinte à la survie du Togolais. Les Togolais ne doivent pas faire les frais de ces réformes. C’est injuste, pour la simple raison que « le budget fait la part belle, selon Dr Koffi Sodokin (enseignant chercheur au Centre d’Economie et de Gestion de l’Université de Lomé (CEGUL-FASEG), aux sociétés comme Togocell, Togo Telecom, Lonato et certaines sociétés privées telles que Mercure Sarakawa qui ont vu une baisse du montant global de leur contribution ». « Hormis les baisses évoquées ci-dessus », poursuit cet enseignant-chercheur, l’absence de la contribution aux recettes du budget des sociétés d’Etat. Comme la société des marchés publics, des passeports et des transports. Aussi un  gros calibre comme le port Autonome de Lomé n’est pas à la hauteur des attentes, quant à sa contribution au budget de l’Etat. La lenteur dans la signature des conventions de concession avec SE2M, SE3M, Manuport affectent négativement les recettes du PAL et donc l’augmentation de sa contribution au budget ; ( Cf Focus Info N°13 du 15 janvier au 25 février 2005 dans un article intitulé Budget 2009, analyse expertise et critique).

Vu  l’analyse faite par Mr Sodokin, on peut, à première vue comprendre les mesures prises  par l’Etat pour augmenter les recettes douanières. Là où le bât blesse, c’est comment exécuter ces réformes en tenant compte du contexte social actuel. Les autorités n’ont pas pris le temps nécessaire pour étudier tous les contours du problème et prévoir les mesures d’accompagnement pour éviter la chute des recettes due  à l’augmentation des valeurs en douane. On a l’impression que dans ces genres de réformes, c’est le pauvre citoyen qui en fait les frais.

La situation sociale est déjà dégradante. S’il faut empêcher les  citoyens qui se débrouillent au port de survivre, le pays risque de produire des bandits de grands chemins. Même, le cas du grand marché aussi inquiète certains observateurs. En effet, le mardi 03 février 2009,  les femmes revendeuses d’Assigamé ont été sommées de plier bagages pour la simple raison que le Grand Marché va être rénové. Au lieu de demander aux femmes d’occuper l’ancien espace qui jouxte l’ancienne Hollando en attendant la fin des travaux de réaménagement, les autorités ont plutôt demandé à ces pauvres dames d’aller à Hedzranawoé.  Ces pauvres dames ont peur de ne plus retrouver leur place après les travaux. Là encore, le gouvernement Houngbo sera surpris par des tensions sociales. Il y a deux semaines de cela, les employés de la SNPT ont été victimes de ces genres de réformes.

Finalement, certains pensent que le peuple devient un bouc émissaire dans cette tragédie que traverse le Togo. Aucune couche sociale n’est épargnée et on se demande à qui le tour. Tout le Togo risque de s’embraser si la situation sociale ne se régularise pas si tôt. Alors, les gouvernants doivent prendre leurs responsabilités sinon on n’est pas loin d’un soulèvement populaire.

Gbêdodé  A.


Attention ! L’insécurité  prend de l’ampleur au Togo : Quand le grand banditisme replonge les populations dans le noir

Le problème d’insécurité à Lomé défraie la chronique. Tous les jours, la population de Lomé se plaint de la visite nocturne des voleurs. Ce qui est inquiétant ces derniers jours, c’est l’arsenal qu’utilise ces malfrats pour opérer.  Ils sont souvent équipés d’armes blanches tels que couteaux, coupe-coupe, haches, parfois, des armes à feu artisanalement fabriquées. Pour preuve, la semaine dernière, à Adakpamé,  un habitant a été fauché par balles suite au cambriolage de sa maison. A Djidjolé, deux semaines plus tôt, ce sont 6 personnes qui ont été dépossédées de leurs portables ; l’une des victimes qui voulait résister, a été copieusement amputée de son bras au coupe-coupe. De Baguida à Agouè en passant par Dekon et Tokoin, nul ne résiste devant la montée vertigineuse de l’insécurité  à Lomé due à la multiplication des cambrioleurs.

La dernière nouvelle macabre et surprenante qui nous est parvenue, vient d’Adakpamé juste vers la fin du  pavé, au niveau de la NETADI. Là, c’est un peu curieux, c’est une fille qui égorgeait un conducteur de taxi-moto dans l’intention de lui voler sa moto. Et finalement, on ne sait pas qui est qui. Cette situation dangereuse et confuse a exacerbé ce sentiment de méfiance au sein de la population cosmopolite. La question que tout le monde se pose est celle-ci : « Que font au juste les forces de l’ordre la nuit ? ».

On se rappelle que, dès le début de cette opération dite «Araignée», la population a déjà déploré la passivité de cette force qui ne lui rend pas véritablement service. Au contraire, elle contribue à la recrudescence de l’insécurité dans la ville. L’année surpassée dans la nuit, à Bè Aklassou, un quartier populaire de Bè, on a surpris les agents des forces de l’ordre qui,  au lieu, de veiller à la sécurité des habitants, harcelaient les prostituées ghanéennes de ce quartier pour leur extorquer de l’argent. Dans le même temps, les malfrats opéraient allègrement à 100 m de leur position. A l’époque, les habitants se sont demandés qu’entre malfrats et prostituées, qui d’entre eux était le plus dangereux. Malgré, les observations faites par les uns et les autres concernant le travail bâclé des patrouilleurs, le Ministre Titikpina n’a pas encore détecté le dysfonctionnement qui gangrène son département.

Compte tenu de leur incapacité, les habitants n’ont d’autres choix que d’opter pour la vindicte populaire. Ainsi, ces malfrats arrêtés sont torturés et brûlés vifs devant les curieux. Cette justice populaire a interpellé, certes, les défenseurs des droits de l’homme qui rappellent au peuple que nul n’a le droit de se faire justice. En fait, quelle est la cause immédiate de la recrudescence du vol à Lomé ?

On ne doit pas oublier que le Togo est en train de parcourir une situation sociale très difficile. Le malaise qui provoque des grognes sociales dans les secteurs, doit faire réfléchir. Le récent cas, celui du port autonome de Lomé qui regorge de toutes les couches sociales des jeunes est illustrant. En effet, compte tenu du chômage accru, beaucoup d’entre eux se sont reconvertis dans l’informel. C’est ainsi que vous les rencontreriez dans  les parcs d’automobiles usagées, au niveau de TP3 pour leurs affaires. Certains sont des démarcheurs, d’autres sont devenus transitaires, par la force des choses. Comme l’Etat n’est plus pourvoyeur d’emplois, ils ont décidé de se débrouiller, de se prendre en charge.

Mais, brusquement, depuis le 1er décembre 2008, leurs activités sont mises en veilleuse parce qu’elles ont reçu un sévère coup, premièrement, à cause de l’augmentation des droits de douane, puis finalement, sont interrompues faute de clients. Tous ces facteurs économiques ont poussé certain, à priori, de grands malfrats, à renouer avec leurs premières amours. Si aujourd’hui, la pauvre population de Lomé fait face à la montée de l’insécurité, c’est sans nul doute, à cause des décisions drastiques du gouvernement dans le but de renflouer les caisses de l’Etat. Seulement, le gouvernement Houngbo n’a pas épluché le problème et étudié les contours de cette nouvelle disposition au Port. Tout ce beau monde qui survit à partir des véhicules usagés, est contraint de partir en congé forcé. « Les bandits de grand chemin exercent leurs activités au Port. Ils sont originaires des pays de la sous région.  Si leurs activités sont interrompues, je crains fort pour la population. Ils vont redevenir de grands malfrats en ville et c’est la population qui va en pâtir », a déclaré un opérateur économique.

Tout compte fait, la recrudescence du vol à Lomé n’est pas fortuite. L’insécurité à Lomé a véritablement  un lien avec  la situation sociale désastreuse dans laquelle baignent les laissés pour compte ; il urge que le Ministre de la sécurité revoie sa copie, c’est-à-dire l’opération « Araignée » qui cause plus de torts aux paisibles populations qu’elle n’assure leur sécurité. Les dérives des agents de sécurité qui s’occupent plus d’autres choses que de leur devoir, doivent être corrigées. Pour l’heure, la population reste passive et inquiète devant l’insécurité galopante. Il revient aux autorités compétentes de prendre le taureau par les cornes. La protection de la vie et des biens de cette population en dépend.

Gbêdodé Adjanor


Société : La pédophilie, un acte diabolique ou une relation sexuelle perverse ?

Pendant ces dix dernières années, la société togolaise s’est dégradée. La dépravation a tellement atteint un paroxysme qu’il serait hypocrite de s’alarmer devant des actes qui portent atteinte à la moralité, aux bonnes mœurs des hommes. La perversion sexuelle dont fait preuve certains hommes peu scrupuleux et qui provoque des séquelles psychologique, spirituelle et physique chez les victimes nous interpelle tous. Dans ce numéro, nous allons nous appesantir sur un acte indécent qui foisonne dans notre société : la pédophilie, relations sexuelles entre adultes et enfants. Un fléau qui met en cause la convivialité entre les habitants dans la communauté.

Selon le résultat de notre enquête,  une famille sur trois au Togo se réunit annuellement pour régler un conflit lié à la pédophilie. Et une fille mineure sur sept est victime de la pédophilie. Eu égard à ce sondage, il s’avère indispensable que des mesures soient prises pour freiner cette sexualité perverse qui devient un mode de vie chez certains. Mais, en fait,  quelle est la cause de la pédophilie ?

D’après nos recherches et des informations recueillies des personnes âgées, la pédophilie s’est ancrée dans les mœurs de certains hommes à la suite des problèmes socio-politico-économiques. Ainsi, beaucoup de jeunes et adultes, avides d’argent, décidèrent de s’enrichir par tous les moyens en se livrant à toutes pratiques. Certains adhèrent à des sectes, d’autres se tournaient vers les charlatans qui favoriseraient leur contact avec les esprits diaboliques. Dans ces contrats, le  bénéficiaire était soumis à certaines pratiques occultes dont l’une est la pédophilie. Ces Messieurs abusent sexuellement, souvent des petites filles ou petits garçons. Le cas fréquent dans nos milieux, c’est les rapports sexuels qu’entretiennent des personnes de rang social élevé avec les filles mineures.

Dans certaines maisons, certains locataires abusent sexuellement des enfants de leurs voisins. « Ma petite fille âgée de 5 ans a souvent été violée par un jeune de la maison. Je constate que le jeune était jovial et gentil avec ma fillette puisqu’il achetait des bonbons à celle-ci, raison pour laquelle, je n’y voyais aucun inconvénient quand Josée rentrait dans sa chambre.  Après  trois mois, j’ai remarqué que ma petite Josée se tordait de douleurs quand je voulais lui faire des lavages intimes au moment de sa douche. C’est, en cet instant précis, que je me suis rendu compte, après consultations médicales et examens échographiques, que ma petite Josée a été abusée sexuellement. Elle a fini par dévoiler le nom de son auteur qui n’était autre que ce jeune… », nous a révélé maman Pinto avec consternation  et un air révolté. Cette situation a créé un conflit entre elle et les parents de ce jeune. Aujourd’hui, la fille a 13 ans et sa mère craint qu’elle ne soit infertile plus tard à cause de la mutilation que sa fille sa subie.

Pour protéger la fille, cette affaire a été tranchée et enterrée dans la famille. Dans la plupart des cas, les familles des victimes optent pour une solution négociée sans consentement des victimes. D’ailleurs, étant mineures, ces petites ne savent pas  décider de leur sort. Il est dommage,  que les adultes qui devraient normalement les protéger deviennent plutôt leurs bourreaux. Joint par téléphone, un sociologue, à part la cause liée à l’envie d’avoir d’une façon effrénée la puissance et de posséder de la richesse, a évoqué une autre cause non moins plausible inhérente au comportement déplacé de l’adulte vers l’enfant.

« Dans notre société, on a constaté que des adultes qui appellent souvent les filles mineures par des noms intimes comme, « ma chérie » « femme de papa », « ma femme », finissent par entretenir des relations pédophiles avec ces petites… », nous a avoué ce sociologue qui conclut en mettant en garde les parents contre la pédophilie dont sont victimes leurs petites filles : « … Et si vous entendez ces genres d’appellation, il faut bien surveiller la relation entre votre fille et cet homme. Il peut s’agir d’un pédophile… ».

De toutes les façons, la pédophilie est rentrée dans les mœurs de certains Togolais. Il faut rappeler qu’en Occident, les coupables sont jugés et condamnés. Ce qu’il faut noter également c’est les personnalités importantes parfois religieuses qui abusent sexuellement des enfants.

Aux Etats-Unis par exemple Michaël Jackson, amoureux des enfants, a été accusé de pédophilie sur un garçon. Il lui a fallu négocier financièrement avec les parents de la victime avant que ces derniers ne retirent la plainte. Quelques années plus tard,  c’est un prêtre catholique américain qui était reconnu pédophile. Une affaire qui a quelque peu terni l’image de la religion catholique.

Dans les années récentes, c’est un coopérant français au Togo (ORSTOM) animateur d’une émission sur la chaîne nationale intitulée « Si Lomé m’était conté », appelé Yves Marguerat qui abusait des Togolais en total dénuement. Il y a un an de cela, il fut condamné par la justice française suite à une plainte d’un Togolais victime avec l’appui d’une association à 20 ans de prison. Comme  on le voit, aucun continent n’est épargné par ce phénomène. Seulement, il est démontré que ces auteurs utilisent les moyens subterfuges comme aide, convivialité, gentillesse pour avoir leurs proies. Comme toujours, certains psychanalystes à part les causes d’origines occultes traitent ces personnes d’anormales parce qu’elles souffrent de déséquilibre psychique.

Toutefois en Occident, les victimes bravent le silence pour porter plainte. En Afrique et particulièrement au Togo, les parents des victimes pédophiles hésitent encore à réclamer justice de peur, non seulement d’exposer leurs enfants à la place publique pour la salir, mais également, ils craignent de perdre le procès d’avance, car les auteurs sont souvent des hommes influents et riches qui soudoient les magistrats ou juges.

Il urge que les législateurs togolais se saisissent de ce problème qui détruit la vie de ces victimes. La pédophilie doit être bannie de notre société. Il n’est pas normal que certains adultes abusent sexuellement de nos enfants ; Les Associations qui défendent les droits des enfants doivent être munies des armes juridiques pour lutter contre la pédophilie, sinon « les droits des enfants » ne seront que vain mot.

Gbèdodé Adjanor


Le monde agricole togolais à Kara : Quelles attentes pour le paysan togolais ?

Les agriculteurs et paysans togolais se sont rencontrés à Kara pour quelques jours. En effet, c’est une première rencontre du genre au Togo.

Lorsqu’à l’issue de son bilan des 100 jours  passés à la tête du gouvernement, le premier ministre en avait fait allusion, bien de questions ont effleuré les esprits.

-le forum des agriculteurs togolais : un mythe, une farce ou une réalité ?

-pourquoi ce forum ?

-qu’est-ce qui sortira de ce forum ?

-quels avantages et garanties les agriculteurs auront-ils désormais, à partir de ce forum ?

Il n’est inconnu de personne que, depuis plusieurs décennies, la vie politique togolaise a été largement menée sans la participation active des paysans aux avantages qui découlent des patrimoines nationaux.

Le paradoxe est que le paysan togolais est celui qui renfloue le grenier national. Si les marchés de Kétao, d’Anié et de Vogan connaissent la notoriété qui est la leur, c’est parce que les pays voisins du nôtre viennent s’approvisionner en vivres au Togo. Si l’OPAT et feue la SOTOCO connaissaient  l’essor qui était le leur, c’est parce que les produits qu’ils proposaient sur le marché international étaient de qualité primordiale. Si le réseau routier de transport  connaissait ce flux, c’est parce qu’il y avait assez de marchandises agricoles à transporter. Et si des usines de transformation ont été implantées par des expatriés qui ont fait la pluie et le beau temps au Togo,  c’est parce que la matière première foisonnait  et que sa qualité a toujours été la bonne. Et même si les contrebandiers bravaient tout danger pour exporter frauduleusement nos denrées agricoles, c’est parce que le rapport qualité prix était acceptable.

Mais toutes ces conditions de bienséance, c’est le paysan togolais qui les a créées. Seulement voilà, l’on ne s’est jamais posé la question de savoir les conditions dans lesquelles le paysan ou l’agriculteur togolais travaille.

Jusqu’à présent, le paysan togolais est le parent pauvre de toutes les situations. Dans un passé récent, lorsque la SOTOCO opérait encore, le paysan togolais avait  toujours à la fin de chaque campagne  d’achat de coton, eu la désagréable  surprise de devoir  de l’argent à cette société, malgré qu’il soit son fournisseur. Et ce paysan qui a travaillé toute une saison durant, avec des moyens rudimentaires se retrouve sans nourriture et sans autre chose que la dette. Comment cela ?

       D’abord attiré  par le gain plus élevé que procure la culture de rente, le paysan togolais se consacre à la culture du coton, abandonnant sa culture vivrière. Ainsi, doté au préalable d’intrants et d’insecticides qu’il ne payera qu’à  l’issue de la campagne d’achat, il cultive son champ.

Le piège par là se situe là où l’agent de la compagnie acheteuse lui signifie, après pesage et embarquement du produit, qu’il reste devoir du reliquat à la compagnie pour avoir produit moins de denrées que la quantité requise, pour répondre au coût des intrants.

Parfois, lorsque le paysan a la chance  de ne rien devoir, c’est que la compagnie aussi ne lui doit rien.

D’autres fois, si c’est la compagnie qui lui doit un peu d’argent, c’est qu’il doit alors s’exercer à une grande patience, tant l’argent tarde à venir durant des saisons.

Par conséquent, le paysan n’arrive pas à se vêtir, à se nourrir, à se soigner et à subvenir aux besoins de sa famille. Pendant ce temps aussi, son terrain vieillit.

C’est pourquoi le paysan togolais souffre ou alors a trop souffert. A la lumière de cela, l’on ne voudrait pas que ce forum soit un mythe ou une farce.

 Il faut que ce forum apporte beaucoup de garanties au paysan togolais. D’où la nécessité de poursuivre ceux qui ont pillé les paysans à travers la SOTOCO, étant donné que cette compagnie a été liquidée. Quant à l’OPAT, il faut commander un audit  et faire ce qui se doit, afin que le paysan sache que dans le futur, ceux qui auront à diriger les sociétés qui lui achèteront ses produits seront poursuivis si jamais ils le truandaient.

Il faut également que les intrants et les engrais promis par le gouvernement Houngbo aux paysans ne disparaissent pas désormais sans trace.

Il serait très intéressant pour le paysan togolais de se retrouver au sein d’un syndicat agricole qui pourra gérer le monde des agriculteurs, avoir une vue sur la gestion des sociétés auxquelles il sera lié, et avoir une banque, à l’instar de feue la CNCA, qui ne prêterait qu’aux paysans. Ce n’est qu’à cette condition que le paysan togolais aura sa propre maison en dur, sa voiture, ses enfants à l’école et de beaux et propres vêtements, à l’instar des paysans et agriculteurs ivoiriens, ghanéens, burkinabé et maliens. Ainsi, lorsque le paysan togolais aussi prendra part à des conférences, sommets et colloques organisés à l’étranger à l’attention des paysans et agriculteurs du monde, il pourra rapporter des connaissances et outils chez nous.  Ainsi la pauvreté sera combattue ici, puisque les bureaux aussi seront désengorgés, tant chacun voudra devenir paysan, puisque ce n’est surtout pas un monde damné.

A cet effet, l’on ne peut que saluer cette grande première du gouvernement qui est le forum des agriculteurs à Kara.

Edmond Yevu


Dérive politique à Madagascar : Tananarive à feu et à sang

Le samedi 07 février, les agitations politiques malgaches sont arrivées à leur degré le plus scandaleux. Au moins, 28 morts et 212 blessés, selon le bilan officiel, et 40 morts et 230 blessés selon des sources hospitalières.

Dans la foulée, la Ministre de la Défense du pays donne sa démission, estimant que l’incident a heurté ses convictions religieuses et son statut de mère de famille.

Ce singulier combat politique propre à la grande île, qui oppose le président de la République Marc Ravalomana au maire de la capitale du pays Andry Rajoelina a commencé petit à petit depuis des jours.

En effet, Andry Rajoelina a fustigé le président de la République Marc Ravalomana pour sa gouvernance peu orthodoxe de l’île. C’est ainsi qu’il a pu conquérir la confiance du peuple démuni dont il s’est alors fait le porte-voix.

C’est ainsi que, déchu de son poste de maire par le président de la République à l’issue de son autoproclamation à la tête d’une « Haute Autorité de transition » censée remplacer, selon lui, le pouvoir en place, Andry Rajoelina a convié la population, samedi 7 février à venir installer dans le palais présidentiel, le gouvernement parallèle qu’il a créé ;

Ainsi, le samedi effectivement, la garde présidentielle a tiré sur cette population qui voulait investir le palais  présidentiel sur ordre du maire, faisant des victimes. Il faut signaler au passage qu’à son appel également quelques jours auparavant, le rassemblement a débouché sur le pillage des magasins du président de la République, par la foule.

Et le samedi dernier, ce que la Communauté Internationale prenait pour du folklore politique a débouché sur l’insoutenable. Il a fallu donc cela pour que les institutions continentales et planétaires se décident d’envoyer sur place des missions pour y trouver une sortie de crise.

En plein 21e siècle, comment peut-on  juger qu’à l’ère où des changements politiques s’opèrent, des politiciens de cet acabit soient encore sur la  planète ? Quel est le rôle des politiques ? Quels sentiments les animent vis-à-vis des populations ? Quel est au juste le rôle de la communauté internationale ?  Quelles leçons, les Togolais doivent-ils tirer de cette tragédie malgache pour 2010 et pour le futur ?

C’est le lieu de poser cette problématique des relations entre populations et politiques, que ce soit gouvernants  ou opposants. L’on se souvient que des années auparavant, dans les années 80, à la mort du dictateur guinéen Sékou Touré, Lansana Conté a suscité l’admiration de toute l’Afrique, pour avoir fait le coup d’Etat arrachant le peuple Guinéen des griffes des barons du régime Sékou Touré, qui s’apprêtaient à choisir son successeur dans leur rang pour pérenniser son règne.

Au fil des ans après ce putsch que l’on a cru salvateur, les promesses faites par Lansana Conté au peuple ont fondu comme du beurre sous ce chaud soleil tropical. Et le peuple guinéen  s’est retrouvé sous le joug d’une dictature aussi coercitive que malade de Lansana Conté, qu’il avait au départ pris pour le messie.

Jusqu’en 2002, Madagascar avait été dirigée d’une main de fer sous Didier Ratsiraka, jusqu’à ces élections  présidentielles, où ce général, sentant son fauteuil vaciller a fui devant une foule qui, comme un seul homme  est venue installer le jeune homme d’affaires Marc Ravalomana, dont tout le monde était prolixe d’éloges. Voici que quelques années après, ce même type, que le même peuple a porté aux affaires vient ordonner que l’on tire sans sommation sur ses bienfaiteurs.

Quant à  Andry Rajoelina, il ne pouvait jamais prétendre ignorer l’imminence de ce carnage. Il le savait, mais seulement il le voulait pour justifier son combat, en prouvant aux yeux  de la Communauté Internationale que son adversaire n’était plus bon pour le peuple  et qu’il en était le bourreau. Dans les années 90, pour aiguillonner la communauté  internationale, l’Opposition togolaise avait emprunté, contre toute attente, une pareille stratégie, lorsqu’elle s’était rendu compte que la hideuse et méchante dictature qu’elle combattait avait des racines trop profondes.

C’est ainsi que, s’étant cachée à Bè,  elle a envoyé le peuple à Fréau Jardin, où l’armée prétorienne d’Eyadèma l’a canardé sans sommation. Et alors elle a pris les deux ministres allemand et français des affaires étrangères à témoin. Sous d’autres cieux, le rôle de l’homme politique est d’œuvrer pour l’épanouissement du peuple et le développement du pays, quelle que soit sa position, quitte à attendre les échéances électorales pour faire valoir ses œuvres antérieures dans la balance, afin de recevoir l’onction ou la sanction du peuple.

En Afrique, le peuple qu’on gouverne ou au nom duquel l’on parle, n’est qu’une chair à canon pour convoiter ou préserver une place. Ceci dit, le sens de la politique sur le continent noir est de profiter de l’innocence de son prochain pour s’enrichir, en l’empêchant de s’occuper de ce qui le regarde.

Les politiques africains n’ont, en fait, aucun sentiment, on le dirait vis-à-vis de leurs peuples, si ce n’est celui d’en faire une échelle pour parvenir au sommet. Quelle est au juste le rôle de la Communauté Internationale, qui attend toujours  que la situation pourrisse avant qu’elle n’intervienne ? C’est à croire qu’elle cherche par ce biais du boulot pour ses fonctionnaires qu’elle ne veut pas voir au chômage. Sinon, comment penser que l’ UA, l’ONU , l’UE attendent que Madagascar en arrive là, comme la Côte d’Ivoire, le Zimbabwé et bien d’autres pays auparavant, avant de se décider à réagir ? Et la plupart du temps, leurs réactions qui ne s’arrêtent qu’au langage se résument à « Il faut négocier et trouver un consensus ». Pourquoi ne pourraient-elles pas devancer les événements en imposant le dialogue entre les parties, à l’origine des dissensions ?

Une pareille stratégie les aiderait plutôt à épargner l’argent dépensé pour traquer et pour juger les génocidaires. Il faut absolument que les peuples sachent, à présent, faire la part des choses, en prenant des décisions raisonnables désormais car, gouvernants ou opposants, les politiciens ne sont que ce qu’ils sont.

Lorsque les peuples constatent des divergences qui sont préjudiciables à leur quiétude, ils doivent sommer les belligérants à revenir à de meilleurs sentiments. Autrement, ils ont le droit de les sanctionner dans leur ensemble, par la méthode la plus pacifique : l’abstention de voter, pour éviter des revendications meurtrières. C’est pourquoi, actuellement, les Togolais doivent suivre, pas à pas, la classe politique dans son ensemble pour que 2010 ne soit pas, la jumelle de 2005. Le tout récent décret de création du CPDC est à saluer et à sauvegarder comme acquis. Il en faut plus que cela, mais la vigilance et la raison sont de mise.

Edmond Yevu


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Quand Adébayor porte haut l’étendard national : Shéyi sacré Ballon d’Or  Africain 2008 par la CAF

Le suspens a été long. Les Togolais étaient encore dans le doute  le 09 février, veille de la remise du trophée du meilleur joueur africain, sur le choix de Adebayor. L’attaquant égyptien était déjà partant pour être choisi à cause de son palmarès sur le continent, pendant la saison 2008. Puis le 10 février, suite à la délibération, GLO CAF  Awards a porté son choix sur notre compatriote Adebayor. Ainsi, le capitaine des Eperviers, attaquant à Arsenal, est sacré meilleur joueur, de l’année 2008. A cette occasion, GLO CAF  Awards, Association Sœur de la FIFA,  organisatrice de cette manifestation, a mis un avion privé à la disposition de notre compatriote pour le déplacement de Lagos et recevoir son trophée de ballon d’Or Africain.

C’est un événement inédit qui suscite de l’enthousiasme chez les Togolais, car c’est pour la première fois qu’un Togolais obtient ce trophée. Notons que les Médias ont joué un grand rôle dans ce choix. Partout, Adebayor est le chouchou des amoureux du ballon rond. L’avant goût de cette grande distinction était déjà venu d’un hebdomadaire de Abu Dhabi, qui lui a décerné le super Award « Soccer Weekly super ». Un an plus tôt, la BBC, a titré le meilleur joueur de la Radio. Aujourd’hui, cette distinction donne un coup de pouce à notre football. On espère que l’avenir du ballon rond togolais soit radieux avec Adebayor Shéyi.

Gbêdodé ADJANOR Gbêdodé Adjanor

 
 
 

 
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