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Le Canard Indépendant 230 du 20 fev. 2009
Cadre permanent de dialogue et de concertation : Dans l’attente d’une décision de Gilchrist Olympio

Les travaux du Cadre permanent de dialogue et de concertation, sont suspendus jusqu’à lundi prochain. Leur sort est désormais lié à l’avis des mandants du représentant de l’UFC, pour ne pas dire, Gilchrist Olympio.

Les discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), sont suspendues à la demande du représentant de l’Union des Forces de Changement (UFC), qui souhaite prendre l’avis de ses mandants. Elles reprendront le lundi 23 février prochain. La suspension fait suite à une demande formulée par le représentant du parti de Gilchrist Olympio, du fait des divergences persistantes sur la question d’un éventuel recours à un facilitateur.

Comme le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), l’UFC exige que le recours à un facilitateur en cas de blocage, soit consigné au règlement intérieur du CPDC. Selon les responsables du parti, cette position se justifie par « la crise de confiance  qui prévaut jusqu’à présent au plan national ».

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), sans toutefois rejeter un éventuel recours à la facilitation en cas de blocage, n’adhère pas à son inscription au règlement intérieur du CPDC. « Ceux qui souhaitent le recours à la facilitation sont en droit, ceux qui estiment qu’ils n’ont pas besoin d’écrire dans un règlement intérieur le recours à la facilitation n’ont pas tort », s’est contenté de résumer Pascal Bodjona, Ministre d’Etat, représentant du Chef de l’Etat, président du CPDC.

Malgré les divergences sur certains points notamment, sur la composition de la CENI, le CPDC, a opté pour la poursuite des travaux quitte à revenir plus tard sur les points n’ayant pas fait objet de consensus. On peut donc facilement imaginer que l’avis que donnera Gilchrist Olympio, à son représentant sera déterminant pour la suite des discussions. Si l’UFC exige le règlement de la question du recours à la facilitation comme préalable aux autres discussions, ce pourrait être la fin du CPDC. D’autant que le RPT semble également braqué sur sa position.

Mais en même temps, le règlement de ce point sera à certains égards illustratif de la crédibilité des réformes à opérer et par conséquent du déroulement de l’élection présidentielle à venir. Ce qui impose une rigueur et une lucidité aux partis de l’opposition parlementaire, dans le règlement de cette question.

Mais curieusement, ainsi que le déplore un communiqué du CAR, daté du 18 février 2009, une proposition du parti de nature à débloquer la situation a été rejetée. «  Face au blocage de l’élaboration du règlement intérieur sur la question du recours au facilitateur, le CAR a proposé, au cours de la séance du 17 février 2009, que le Président des travaux, le Ministre D’Etat Pascal Bodjona, en rende compte au Chef de l’Etat, Président du Cadre Permanent, en vue de déblocage de la situation », écrit Me. Apévon, président national du parti.

Pourtant cette proposition du CAR se justifie largement du fait que le décret instituant le CPDC, place le Chef de l’Etat, dans le rôle de président des travaux. On se demande dans ces conditions si certains membres du CPDC, ne cherchent pas à faire constater le blocage comme insurmontable, dans le seul but inavoué de mettre fin aux discussions.

Koffi AMEGA


Hublot : Encore l’impasse !

A peine le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), a-t-il donné espoir aux Togolais, que l’enlisement des débats en son sein est venu les rappeler aux réalités politiques nationales. Deux petites questions en principe facilement surmontables pour tout esprit réellement préoccupé par la déliquescence avancée de l’état du pays, ont suffi pour replonger les populations dans l’émoi.

Quelle suite faudra-t-il réserver aux questions qui n’auront pas fait l’objet d’un consensus ? Quelle composition pour une Commission électorale nationale indépendante (CENI), efficace ? Telles sont les deux équations qui ont poussé les participants au CPDC, à décider de botter en touche, le temps pour la délégation du parti de Gilchrist Olympio, de prendre l’avis de ses mandants.

Bien de Togolais fatalement se résolvent à voir un prompt dénouement intervenir. Pourtant, tous ou presque ont la conviction que le RPT et l’UFC, ne sont guère à la recherche d’un consensus au sein de ce cadre, mais bien dans une logique hégémonique qui a toujours guidé leur ligne politique. De quoi rester sceptique pour un dénouement voire une issue favorable des travaux du CPDC.

C’est ici que pourrait se poser à nouveau, la question de savoir le résultat que donnerait une mise aux prises des deux partis extrémistes avec le CAR seulement comme parti charnière. Les deux ayant d’ailleurs passé huit bons mois en vain, dans des négociations secrètes. A moins à nouveau de recourir au peuple, le pays est encore et pour longtemps (d’ici 2010), parti pour une lancinante crise sociopolitique.

AMEGA Koffi


Peur sur Lomé : L’Opération « Araignée » en panne de carburant

La ville de Lomé vit une période sans précédant en matière  d’insécurité. Vols et tueries se succèdent à longueur de journée sans aucune réaction appropriée des autorités compétentes. Le Ministre en charge de la sécurité, le Colonel Atcha Titikpina a atteint ses limites  dans son exercice de protection des biens et  des vies humaines au Togo. Son opération « Araignée »  ne sert plus à grande chose, lui-même et les premiers responsables de la nation le savent.

Le danger est partout

Les jours et surtout  les nuits sont, depuis un moment,  très peu sécurisés  à Lomé et dans certaines villes de l’intérieur du pays. Des gangsters et des voleurs armés opèrent à tout moment dès qu’ils en ont l’opportunité. Sur les grands axes routiers du pays, les coupeurs de route font de plus en plus leurs apparitions pour violenter  et dépouiller les voyageurs nocturnes. Munis de machettes, de pistolets ou de fusils de chasse, ces coupeurs volent, violent et tuent  à visage découvert ou quelques fois cagoulé.

A Lomé, il ne se passe plus de jour sans que des vols souvent suivis de mort d’hommes ne soient perpétrés. Les malfrats rodent de jour et de nuit dans tous les quartiers de la capitale togolaise et agissent dès qu’une occasion se présente. A l’exception du centre ville, les quartiers périphériques et les banlieues de Lomé sont très exposés aux forfaits de ces bandits organisés en bandes. Les nuits, les gangsters se promènent avec  leurs armes, à  deux sur des motos ou plus nombreux  à bord des véhicules banalisés  et frappent dès qu’ils aperçoivent quelqu’un d’isolé dans un quartier. Ils le dépouillent de ses biens (téléphones portables, argent, moto, voiture…), le blessent ou le tuent au cas où il leur résiste. Certains des malfrats agissent même  en plein jour comme s’ils bénéficiaient d’une protection au sein du corps sensé les traquer. Ils filent souvent des hommes d’affaire sortis des banques, les suivent et les attaquent dans des zones à faible densité de population.

L’opération  « Araignées » est-elle en panne ?

C’est bien la question que se posent bon nombre de Togolais face à cette recrudescence sans précédant de l’insécurité à Lomé et l’intérieur du pays. Il y a quelques mois, le Ministre Titikpina avait mis sur pied une opération dénommée « Araignée » dont l’objectif est de sécuriser la vie et les biens des citoyens et des étrangers vivants au Togo. Cette opération qui, à un moment,  avait suscité l’espoir  auprès des Togolais semble,  depuis un temps, volée en éclat. Sur les routes de la capitale les véhicules de l’opération « Araignée » se font très rares les jours comme les nuits.  Sur 30 véhicules opérationnels au début de l’opération, dont  15 pour la Police et 15 pour la Gendarmerie on ne voit circuler qu’à peine trois ou quatre  de la Police  et une ou deux de la Gendarmerie. Nos investigations nous ont permis de constater qu’aucun des 30 véhicules n’est tombé en panne. Leur nombre qui doit normalement circuler a été diminué, tout simplement, par manque de carburant. Ainsi deux fois dans chaque semaine, moins du tiers de ces véhicules sont approvisionnés par le Ministre  Titikpina et les autres sont immobilisés. Quand on sait que Lomé est divisée en deux secteurs  séparés par la route Nationale numéro 1 et que le secteur Ouest sécurisé par la Police comprend une quinzaine de sous secteurs et le secteur Est placé sous la protection de la Gendarmerie en compte autant, on se demande comment chaque corps peut-il assurer la sécurité de la population dans son secteur avec un nombre si réduit de moyens de locomotion ?  En outre les patrouilles à pieds sont devenues rares dans la plupart des quartiers. Les bouchons positionnés aux entrées de la ville se révèlent très peu efficaces car aucune fouille n’est opérée à ces endroits.

A l’intérieur, à l’exception de Niamtougou, aucun autre commissariat de Police ne dispose de véhicule pour agir contre les coupeurs de route.

Devant cette situation de plus en plus préoccupante, le Ministre Titikpina ne prend aucune initiative nouvelle.  S’il n’en a plus d’autre, qu’il se fasse relayer.

Michel ADJAVOIN


Santé : Le CMS d’Agoè confronté à la gestion des eaux usées des populations riveraines

C’est presque un secret de polichinelle que de dire aujourd’hui que la municipalité a démissionné face aux innombrables problèmes auxquels la ville de Lomé est confrontée. Dans notre dernier numéro nous abordions cela sous l’angle des boues de vidange. Aujourd’hui, nous sommes particulièrement interpellés par le cas du bourrage de rigole au niveau du Centre Médico-Social à Agoè, banlieue nord de Lomé.

            En effet, en bordure de la nationale N°1 à Agoè au niveau du centre médico-social (CMS) stagne dans la rigole de l’eau usée. Le spectacle paraît anormal dans la mesure où nous sommes en pleine saison sèche où logiquement la sécheresse que connaît cette partie du pays est censée régler cette contradiction.

Qu’est-ce qui explique alors cette contradiction ? Sur les lieux, il se dit que ces eaux usées proviennent des ménages et des activités commerciales des habitants des environs. Sont particulièrement visés, les bars se trouvant de l’autre côté de la route ainsi que les vendeurs de brochettes.

Ce qui suscite encore plus de curiosité dans ce spectacle désolant que nous offre cet endroit de la ville est que l’on est en face d’un Centre de Santé où initialement on conseille les populations de se débarrasser des eaux usées qui favorisent la multiplication des moustiques, vecteurs du paludisme. Ici, on estime que le phénomène en observation dépasse le simple ressort du centre et repose la vraie question des difficultés de gestion des eaux usées et pluviales à cet endroit de la ville.

Certes, reconnaît M. Djagba, technicien supérieur en Génie Sanitaire au CMS, les ménages versent des eaux usées mais la question va au-delà. Car, dit-il, en aval, la rigole est délibérément bouchée par des gens qui ont érigé des bétons et empêchent l’eau de circuler. Ceci en réaction contre l’inondation dont leur domicile fait l’objet en période des pluies où ils sont obligés parfois de passer trois voire cinq jours cloîtrés dans leur chambre. Du coup, l’eau qui doit aller vers l’exutoire naturel à quelques encablures de là se trouve bloquée causant de sérieux problèmes au CMS. « Nous ne sommes pas encore en saison des pluies mais c’est ce qui fait que les simples eaux usées ont du mal à couler » explique M. Djagba qui renchérit que « dans l’immédiat, ce que nous avons réussi à faire est de désinfecter cette eau stagnante avec de l’eau de Javel, du crésyl et Décis afin de diminuer l’odeur et d’éviter que cela soit source de diverses contaminations ».

A moyen ou à long terme, il se dit que l’aménagement de l’exutoire naturel et la restauration des canalisations restent les panacées. D’ailleurs, on allègue que l’année dernière, lorsque la situation a atteint son comble avec l’inondation du CMS, le préfet du Golfe et d’autres autorités administratives ont fait le déplacement pour constater de visu la réalité sur le terrain. Dans la foulée, nous a-t-on révélé, ils ont promis des actions pour régler le problème une fois pour de bon. Le réaménagement de l’exutoire avait été placé au fronton des priorités.

Et hier, sur le terrain, des Caterpillars sont entrain d’aménager des espaces pour favoriser le stockage des eaux à la tombée de la pluie.

Mais comment le problème de ceux qui ont érigé des bétons pour bloquer le passage des eaux pluviales va-t-il être réglé ? Tant que cette question ne trouvera pas de réponse consensuelle, toute initiative visant à régler le cas des eaux usées ou de ruissellement à cet endroit est à l’avance vouée à l’échec.

Sébastien


Economie : Le chemin de croix des Togolais

Il n’y a pas de Togolais dont le pouvoir d’achat n’est pas réduit. En effet, qu’il soit fonctionnaire publique ou parapublique, le citoyen togolais s’est confronté au phénomène de la vie chère. Le salaire dont l’indice date du temps de la colonisation ne suffit plus à faire face aux besoins du foyer.

Christophe est enseignant dans une école primaire de la ville. Son premier fils est en classe de 1ère dans un collège privé de Lomé. Ce fils vient d’être exclu pour non paiement de l’écolage. Les négociations avec le fondateur du collège ont échoué. Remonté, il retourne à la maison, laissant ses élèves en classe, abandonnés à eux-mêmes : « je ne peux pas faire le cours dans ces conditions », déclare-t-il à son directeur. Christophe n’est pas en mesure de payer à temps l’école de son enfant. Son salaire  ne le lui permet. A cela, s’ajoute le cas des petits frères et il doit les nourrir. Cette situation dramatique est l’expression de ce que vivent bon nombre de Togolais.

A cela, il faut ajouter la cherté des produits, qu’ils soient de première nécessité ou de seconde nécessité. Le prix du bol du maïs n’est plus inférieur à 500FCFA depuis quelques années. Or le maïs est la base de la nourriture de plus d’un Togolais. Et d’autres produits céréalières connaissent le même sort : la cherté.

De plus, les prix des autres produits viennent donner le coup de grâce. Les produits pétroliers par exemple sont presque hors de portée. Les Togolais se demandent chaque jour pourquoi le prix de l’essence est encore à 500FCFA. Nous avons rencontré un conducteur de taxi-moto. Il est très amer. Il revient d’Aflao (localité située à  1Km à peine de la frontière Togo-Ghana). « Je viens de faire le plein au Ghana. Là, l’essence coûte très moins cher. J’ai payé 10 litres et je n’ai même pas dépensé 3000F. On ne comprend pas pourquoi chez nous on ne veut pas diminuer le prix de l’essence », termine-t-il d’un ton très amer.

A côté de nous, un autre, là, un simple citoyen qui est intéressé par notre discussion : « ce que dit le Zedman, est vrai, intervient-il avant d’ajouter : au Bénin le litre d’essence est à 350 FCFA. Vous voyez ? Le Ghana n’a pas encore commencé par exploiter son pétrole donc il importe aussi ! Et alors d’où lui il importe et le Togo ne connaît pas là-bas ? », s’interrog- t-il d’un ton mi ironique mi révolté.

Voilà la situation qui prévaut. Et cela, tous les Togolais le murmurent tout bas, la peine dans l’âme et surtout sans actions concrètes. Les Togolais se taisent pour mourir.

Parlant de pétrole, ils évoquent aussi souvent la question du ciment. Le ciment est aussi un produit très recherché. Le Togolais est prêt à manger chaque jour de la farine délayée afin d’économiser pour construire son petit « chez ». Mais depuis un certain temps, ce vœu devient pieux car le ciment coûte de plus en plus cher. Or ce produit est fabriqué au Togo, le minerai qui  entre dans sa fabrication se trouve dans le sous-sol togolais. Alors le Togolais ne comprend pas pourquoi ce produit aussi coûte si cher. Au moment d’en augmenter le prix, les autorités avaient argué comme argument (argument fallacieux) que c’est dans le souci d’en harmoniser le prix dans la sous région. Alors le Togolais s’interroge à savoir pourquoi les autorités de son pays n’harmonisent pas les prix des produits pétroliers? Il faut être dans le secret des dieux pour pouvoir comprendre quelque chose.

Les timides grèves ne donnent pas grand-chose. Le Togolais vit et subit de plein fouet la détérioration de son existence. Les autorités qui ont en réalité la charge du bien-être de ce citoyen restent  muettes comme des carpes. Pire, c’est maintenant  même qu’on licencie des citoyens dont l’existence est déjà aléatoire. Il y a à peine un mois, des employés de l’OTP (SNPT) sont licenciés sans autre forme de procès. Qu’ont pu faire les Togolais ? Rien. Ils ont préféré se taire pour mourir.

Jean-David MESSANGAN


Vih et maternité : La PTME, la solution pour sauver mère et enfant

Clarisse est enceinte de quatre mois. Depuis la première consultation prénatale, la sage-femme qui suit sa grossesse lui a prescrit une série d’analyses au nombre desquelles le test du sida. Elle a personnellement décidé de s’y soumettre malgré les réticences de son mari. Mais aujourd’hui qu’elle vient pour le résultat, la peur lui fait presque regretter sa décision.

La transmission mère enfant

« Pour protéger mon bébé, je dis oui au test de dépistage du sida ». C’est le message que véhicule une publicité pour le dépistage volontaire et anonyme du sida. C’est d’ailleurs la seule publicité qui prend en compte la problématique sida et maternité.

Le programme de lutte contre le sida au Togo met un accent particulier sur la prévention et c’est dans ce cadre que se fait la promotion du port du préservatif et de l’abstinence. Un programme pour la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant a été également mis en place dans les centres de planning familial et de consultation prénatale.

Dénommée « prévention de la transmission mère enfant » (PTME), ce programme a pour objectif d’après les sages-femmes, de « protéger la santé de la mère et celle du bébé à travers le suivi médical ».

Tout comme cela a été proposé à Clarisse citée dans l’introduction, le test du sida est proposé dans le cadre de la PTME à toute femme qui vient à la consultation prénatale. Le docteur Tchama du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) explique que le circuit de la PTME concerne exclusivement les femmes enceintes et celles qui allaitent. Le contexte PTME inclut quatre composantes à savoir la prévention primaire de l’infection chez tout individu, la prévention des grossesses non désirées, les interventions visant à réduire la transmission de la mère à l’enfant et le soutien aux femmes séropositives, leurs enfants et famille.

Le programme de la PTME explique aux futures mères que « la transmission du sida de la mère à l’enfant se fait soit lors de la grossesse donc à travers le placenta, soit au cours de l’accouchement ou lors de l’allaitement ».

Réalités de la PTME

Clarisse à l’annonce du résultat négatif de son test, avoue qu’elle est  soulagée. « Quelles ques soient les précautions que l’on prend, à chaque fois que l’on fait son test on ressent une telle anxiété lors de la réception du résultat ».

Mlle Bessindi A. Marie-Thérèse, l’accoucheuse auxiliaire d’Etat qui suit sa grossesse lui confie « tu as été déclarée négative mais ça ne veut pas dire que le sida n’existe pas. Il y a des tests ici qui se sont avérés positifs alors il faut faire très attention et tout faire pour rester séronégative ». Elle a donc saisi l’occasion pour sensibiliser Clarisse sur la maladie et les précautions à prendre pour l’éviter.

Selon Mme Tchama, dès qu’une femme est déclarée positive, elle entre dans le circuit PTME et profite des antirétroviraux. Ces médicaments vont (dans la plupart des cas) empêcher la transmission au fœtus qui a donc la chance de naître séronégatif. L’accouchement pour une femme séropositive est également soumis à certaines conditions pour éviter que le bébé ne s’infecte à cette étape. Et enfin, il est formellement interdit à ces femmes d’allaiter leur bébé sinon il court de grands risques de contacter le virus à travers le lait de sa maman.

Comme ce fut le cas pour Clarisse, l’une des réalités de la PTME est la réticence ou le refus formel des conjoints à ce que la future mère fasse son test. « Il y a des maris qui refusent et dans ce cas soit la femme décide de le faire sans leur consentement, soit elle demeure dans l’ignorance », déclare Mlle Bessindi. Pourtant ajoute t-elle  « ce test est censé protéger deux vies : celle de la mère et également celle de l’enfant ». Alors consciemment ou non, ces hommes mettent en danger la vie de leur famille.

Une autre réalité de la PTME est le problème de la substitution de l’allaitement maternelle. Une jeune mère séropositive a confié sous l’anonymat qu’elle a « subi tant de pression quand je ne donnais pas le sein à mon bébé. Ma belle-famille m’a contrainte à le faire sans connaître mes raisons. Finalement, mon bébé  a été infecté alors qu’il aurait pu être sauvé ».

Dans nos sociétés encore très traditionnelles, il est difficile pour la famille d’accepter la décision d’une jeune mère de ne pas allaiter son bébé. Le sida reste un sujet difficile à aborder en famille et en l’absence de raisons suffisantes, la pression de l’entourage l’emporte souvent sur la PTME.

Dans l’avant-propos du rapport de 2005 consacré à la situation des enfants dans le monde , l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan a déclaré que « laisser l’enfance en péril, c’est compromettre l’avenir de tous ».

Dans les pays les plus touchés comme le Zimbabwe, des milliers d’enfants naissent avec le VIH et les orphelins du sida peuplent des centres. Pourtant grâce à de simples mesures comme la PTME, l’on peut éviter que des enfants naissent avec le sida et que leur avenir soit hypothéqué par une maladie qui n’a pour l’instant pas de remède. Aujourd’hui encore, peu de femmes enceintes acceptent comme Clarisse de se soumettre au test du sida et pourtant, l’Afrique demeure le continent le plus touché par la pandémie. Peut-être qu’une plus  grande volonté de la part des mères et des futures mères peut changer la donne et inverser la tendance. L’idéal serait que tout enfant ait le droit de vivre sainement, sans le lourd et pénible héritage du sida.

Nadia ZIBILILA


Protection de la démocratie et du citoyen : Mettre un frein à la prolifération des ALPC 

Les ALPC signifient Armes Légères et de Petits Calibres. Ces armes sont souvent à la base ou favorisent les conflits armés ou les braquages. Et ces armes circulent en quantité au Togo, en Afrique, voire dans le monde.

Le phénomène devient inquiétant au Togo quand on sait que pas plus tard qu’avant-hier, des bandits armés de ces types d’armes sont arrêtés par la gendarmerie nationale. On déplore d’ailleurs 3 morts côté braqueurs. On s’en souvient aussi que le colonel Toyi Assiah a procédé par deux fois au moins ces cinq dernières années à l’incinération de ces armes saisies sur les braqueurs.

C’est pour contribuer à leur manière à la non prolifération de ces armes que le Réseau d’Action sur les Armes légères au Togo (RASALT) a organisé un concours à l’endroit de la jeunesse togolaise ; concours qui a connu son apothéose le 17 février dans la salle de réunion du ministère de l’environnement avec la remise des prix aux lauréats. Objectif, sensibiliser les jeunes (eux qui utilisent le plus ces armes) à prendre conscience du ou des dangers qu’eux-mêmes encourent et ce que cela coûte au citoyen et à l’Etat. Les candidats avaient planché sur un seul sujet : «  le contrôle des ALPC, est-il déterminent à l’édification de l’Etat de droit et au respect des droit de l’homme au Togo ?».

Après la phase préliminaire, cinq candidats, sont retenus. Ceux-ci donc ont présenté sous forme orale, devant un jury et un public, leurs travaux. De ces présentations, beaucoup de révélations en ce qui concerne les ALPC ont été faites.

Pour un candidat, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute que les armes légères (les mitrailleuses, les fusils d’assaut, les révolvers, les mitrailleuses légères etc.) circulent très facilement à Lomé et à l’intérieur du pays. Le même candidat a laissé entendre que tout forgeron au Togo est un fabricant potentiel d’armes. Et il conclut : « pour combattre la prolifération des armes légères, il faut contrôler les forgerons, concevoir un programme de sensibilisation à leur endroit ». Car  pour que l’effet cesse, il faudra que la cause cesse aussi.

Un autre candidat pense pour sa part que les actions menées par les autorités en charge de la sécurité sont insuffisantes, à la limite, inefficaces. Il va falloir penser la lutte autrement. Ce n’est pas parce qu’on a construit un magasin de stockage de ces armes saisies que le phénomène va cesser. Et d’ajouter qu’un élève de l’école française (un enfant d’une haute personnalité du pays peut-être ou sans doute) lui a confié avoir loué tout récemment un pistolet pour se rendre dans son village. C’est dire à quel point le contrôle sur la circulation de ces armes est mince.

L’autre candidat qui a retenu l’attention est celui qui a démontré comment la prolifération des armes est un coup porté à la démocratie et à l’Etat de droit. Pour lui, ces armes sont source de violence. Et qui dit violence, dit atteinte à la démocratie. Il a donné l’exemple des pays en guerre tels la RDC, le Soudan avant de revenir au Togo pour citer l’insécurité grandissante que le citoyen vit au quotidien.

Le 1er prix est allé à M. Kpadé Koffi Elom, étudiant en 4è année de droit à l’Université de Lomé (UL). Il a empoché une enveloppe de 150.000FCFA.

 Plusieurs discours sont prononcés à l’occasion. Que ce soit M. Moussa Gassama, représentant résident du Haut commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme, que ce soit le représentant du ministre de la sécurité ou Mme Claudine Kpondzo-Ahianyo, représentant le WANEP, tous sont unanimes : vivre à l’abri des violences, est un besoin fondamental. Il n’y a pas de développement durable sans sécurité. Droit de l’homme, sécurité vont de pair et le non contrôle des armes légères contribue à la recrudescence de la violence.

Jean-David MESSANGAN


Université de Lomé : Deux ouvrages du professeur  Amouzou Essè présentés hier

« La sociologie de ses origines à nos jours » et « Les handicaps à la scolarisation de la jeune fille en Afrique Noire » ; voilà les titres de deux ouvrages au centre d’une présentation ce 19 février à l’auditorium de l’Université de Lomé. Publiés par M. Amouzou Essè, Maître de Conférences et Responsable des Formations Doctorales en Sociologie, ces ouvrages, par leurs orientations et les démarches scientifiques ayant caractérisé leur rédaction, constituent un témoignage vivant de ce que les enseignants chercheurs togolais peuvent apporter de concret à la communauté scientifique.

Le premier, « La sociologie de ses origines à nos jours » constitue selon l’auteur, une réaction face au très infime « nombre d’ouvrages qui retracent le parcours de cette science- carrefour, de sa genèse jusqu’à nos jours… en mettant à la disposition du public universitaire et de toutes personnes éprises des questions de développement, un livre susceptible de les éclairer sur cette science en perpétuelle évolution et de son immense contribution au progrès des sociétés humaines ». Pour l’Universitaire togolais, ce qu’il faudra surtout retenir de cet ouvrage est l’accent « qui y est mis non pas sur les africanistes mais sur les auteurs africains. Car l’Afrique regorge de chercheurs de haute qualité mais dont les réflexions et travaux sont jusqu’ici passés sous silence pour des raisons surtout politiques ».

Le second, « Les handicaps à la scolarisation de la jeune fille en Afrique Noire » est selon le sociologue Amouzou, l’expression même des entraves à la scolarisation de la junte féminine. L’auteur part des expériences tirées des travaux de terrain au Togo, au Bénin et au Tchad pour aboutir à la conclusion selon laquelle « il existe encore des religions, des coutumes, des rites et des mœurs qui restent largement favorables à la non scolarisation des filles parce qu’elles sont de sexe féminine ». Et de citer ici les préjugés socio sexistes, les mariages forcés ou précoces, le confiage…

Il s’agit donc des travaux qui selon d’éminents chercheurs apportent un plus à la connaissance humaine dans ces différents domaines. A la sortie de la présentation, le Professeur Nubukpo, Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Lomé a félicité « le collègue Amouzou qui a sorti coup sur coup deux ouvrages. Le premier est une archéologie de la sociologie… un outil de travail et de recherche qu’il a mis à la disposition des étudiants et des autres. Le deuxième qui porte sur le développement de la jeune fille, est également un sujet d’actualité. Et je crois que les problèmes liés au retard de la jeune fille méritent d’être pris au sérieux. Mais en même temps, je souhaiterais qu’on aille au-delà du simple recensement des problèmes et que l’on se mette à trouver des solutions très concrètes », appel que l’auteur a également lancé en direction des décideurs politiques et des institutions internationales acquise à la cause féminine.. 

Sébastien

Nouvelle géopolitique mondiale :  Barack Obama et les droits humains
Le Canard Indépendant 229 du 13 fev. 2009

President Barack Obama

Check out the President's weekly address to the nation

Une certaine euphorie s’est emparée du monde entier lorsque, le 04 novembre 2008, un certain Barack Obama est élu 44ème président des Etats-Unis d’Amérique  (USA). Même la Russie, l’éternel « ennemie » des USA  sans pour autant jubiler, a quand même félicité implicitement le nouveau locataire de la Maison Blanche.

En ce qui concerne les défenseurs des droits humains, cette euphorie trouve sa raison du moins pour le moment.

L’homme du changement

« Yes we can change ». Tel est le slogan qui a martelé toute la campagne de Barack Obama. Très tôt donc, ses compatriotes ont compris à travers les joutes oratoires du jeune président qu’une nouvelle ère souffle sur l’Amérique voire le monde entier. Dès lors, à partir des élections primaires déjà, Obama force l’admiration de nombre d’Américains par ses messages à propos de sa vision sur les USA  et le monde.

Pendant la grande campagne présidentielle, les langues se délient. Les soutiens viennent de partout, même du camp républicain. Alors, il sait que ses messages sont compris. Conséquence, il est élu avec un nombre écrasant de voix.

Dans son discours d’investiture le 20 janvier, il est revenu sur son programme. Pour nous, c’est un programme qui prend en compte sans le savoir les droits humains. « Nos pères fondateurs ont rédigé une charte qui assure un Etat de droit et les droits de l’homme (…). Ces idéaux éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme » a dit en substance Barack Obama pour faire comprendre qu’il va suivre et défendre la constitution. Il ne la toilettera pas.

S’agissant des erreurs commises par son prédécesseur en matière de relation internationale ayant débouché sur les violations des droits de l’homme en l’occurrence en Irak et en Afghanistan, le nouveau président a déclaré : «nous commencerons par laisser l’Irak de façon responsable à son peuple. Et nous forgerons une paix méritée en Afghanistan ». Privilégiant le dialogue, il dit : « avec de vieux amis et d’anciens adversaires, nous travaillerons sans relâche pour réduire la menace nucléaire et repousser le spectre d’une planète réchauffée ».

S’adressant aux dirigeants qui violent constamment les droits humains en sabordant leur peuple, le président a déclaré « ces dirigeants à travers le monde qui cherchent à semer le conflit ou à mettre les maux de leur société sur le dos de l’Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous savez construire, pas ce que vous détruisez ». Et Barack Obama de poursuivre : « à ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et le mensonge et qui étouffent la dissidence, sachez que vous vous situez du mauvais côté de l’histoire».

Des actions de Barack Obama

Quelques deux jours après son investiture, le nouveau locataire de la Maison Blanche a commencé par joindre l’acte à la parole.

S’il a mandaté une commission qui s’occupe du problème du Proche Orient (Israël et la Palestine), il a surtout pris un acte concret : la fermeture de la prison militaire de Guantanamo à Cuba. Cette prison devenue célèbre sous Georges Bush Jr est reconnu célèbre par les violations massives des droits de l’homme : des tortures à répétitions, tortures physique et morale sont légion.

A l’annonce de la fermeture de cette prison tristement célèbre, les associations de défense des droits humains ont applaudi.

          Irène Khan, secrétaire générale d’Amnesty International (AI) n’a pas hésité à laisser éclater sa joie : « c’est un moment de grande joie pour nous tous » a-t-elle laissé entendre quand 48 heures à peine après sa prise de fonction, Barack Obama a pris trois grandes décisions : la fermeture de Guantanamo Bay ; la fermeture des centres de détention de la CIA et l’abolition de la torture et mauvais traitements durant les interrogatoires.

« Nous analysons ces décisions pour s’assurer que tout sera mis en œuvre pour leur application effective », a dit en substance Irène Khan qui a ajouté : « mais en attendant nous avons une grande raison de célébrer notre victoire ».

En clair, voilà un président qui, non seulement met en application son discours programme mais surtout s’intéresse aux problèmes des droits humains. Alors, tout ce qui reste à faire pour les défenseurs des droits humains est de souhaiter que Barack Obama ne s’arrête en chemin mais d’aller jusqu’au bout de ses actions. De plus, ces actes posés doivent encourager les défenseurs des droits humains à continuer leurs lobbyings pour qu’ils célèbrent un jour la joie de voir les USA adhérer aux statuts de Rome.

Jean-David MESSANGAN


Poursuite des travaux du CPDC : Risque d’enlisement sur deux points

Les travaux du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation entamés il y a juste une semaine à la primature sous  la présidence du ministre d’Etat Pascal Bodjona se poursuivront encore ce matin à 10h.La séance d’ hier qui s’est déroulée de 11h à 16h a pris fin sans réelle avancée significative.

Le moins que l’on puisse dire est que le dialogue peine à évoluer sereinement. Pour l’instant, les différentes parties prenantes au dialogue donnent l’impression de ne pas verser dans des déclarations tendancieuses de nature à obscurcir l’horizon. Sinon dans la réalité pas grand – chose n’est fait. Et ceci on peut le remarquer en disséquant les communiqués présentés à la presse le mercredi et le jeudi par le secrétaire Général à la présidence, M Seleagodji Ahoomey-Zunu.

Déjà  mercredi, le communiqué annonçait que « … Les points en suspens étaient adoptés à l’ exception du point relatif au recours au facilitateur qui est réservé pour demain (hier jeudi). Ensuite les questions prioritaires ont été abordées. Les débats ont débuté sur le premier point de ces discussions prioritaires en l’occurrence le Code électoral. Dans ce contexte, les membres du CPDC sont tombés d’accord et ont réaffirmé le principe de l’organisation des élections par la CENI. Les discussions se sont poursuivies sur la composition de la CENI ». Logiquement, on doit alors s’attendre à ce que les travaux, le jeudi permettent d’en finir avec les questions relatives au facilitateur et à la composition de la CENI. Mais rien n’y fit.

Car selon le communiqué final, « … les membres du CPDC ont convenu de poursuivre les discussions sur la question du recours à la facilitation. S’agissant de l’examen du code électoral, les membres du CPDC se sont accordés sur la représentation politique au sein de la CENI. Celle-ci sera faite sur la base d’une répartition entre la majorité parlementaire et l’opposition parlementaire. En ce qui concerne le nombre des membres des partis politiques au sein de la CENI et la clé de répartition, les membres du CPDC ne se sont pas mis d’accord sur ces deux points », indique le communiqué.

Ainsi donc, la question du facilitateur et celle de la répartition des membres à la CENI restent les points d’achoppement sur lesquels le débat trébuche. Or, à la reprise des travaux mardi, après la première réunion d’il y a une semaine, l’opposition parlementaire avait fait de la question du recours au facilitateur son cheval de bataille estimant au passage que c’était ce que prévoit l’Accord politique global signé le 20 août 2006. Le RPT lui, fort de ses 50 députés à l’Assemblée nationale ne cache pas son envie de voir tout se régler au parlement où les dés peuvent être facilement pipés en sa faveur. Voilà pourquoi, depuis on fait du surplace sur ce sujet et que chacun tente de tirer le drap de son côté. Mais le drame serait de voir ces points constituer un blocage définitif sur lequel on ne parvienne pas à un consensus. Car, au-delà des calculs politiciens, l’intérêt national doit toujours prévaloir pour que, une fois pour de bon, l’on extirpe le Togo du bourbier actuel. Loin de nous l’idée de vouloir donner l’impression des gens qui se livrent à des prophéties de mauvais augures mais on craint fort que les discussions s’enlisent. Car dans les coulisses bien de choses se disent et elles ne sont pas de nature à plaire.

L.R.


Malaise social : Le gouvernement Houngbo sous forte pression

Depuis le début de cette année 2009, le gouvernement du Premier ministre Gilbert Houngbo fait face à une série de grèves déclenchées pratiquement toutes les semaines dans les différents secteurs de l’économie du pays. Malgré le ras-le-bol exprimé à travers ces manifestations par divers corps sociaux, des solutions définitives ne sont toujours pas trouvées à leurs problèmes et le chemin conduisant aux élections présidentielles en 2010 reste bien escarpé pour le parti RPT au pouvoir.

Après quatre mois passés à la tête du gouvernement, le Premier ministre Gilbert Houngbo n’a pu apporter de changements notables dans le quotidien des Togolais. Les conditions de vie et de travail du citoyen togolais est et reste l’une des plus misérables dans la sous-région. Du côté du pouvoir, on ne sent aucun effort pour relever le niveau de vie de cette population malgré la hausse quasi permanente des prix des produits sur le marché national et international. Les richesses du pays continuent par profiter à une petite tranche de la population comme ce fut toujours le cas depuis le régime de Gnassingbé père. Dans certains secteurs, les dispositions prises ne sont pas de nature à contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population mais plutôt à les rendre plus difficiles.

Devant une telle précarité de leurs conditions de vie, les travailleurs et mêmes les étudiants n’ont pu s’empêcher d’organiser des manifestations pour mettre sous pression les membres du gouvernement. 

Les étudiants de l’ENAM se signalent

Dans la semaine du 12 au 16 janvier 2009, sages-femmes et étudiants de l’Ecole Nationale des Auxiliaires Médicaux se sont faits entendre par des manifestations organisées au sein de leur établissement pour exiger le déblocage de l’aide qui leur est accordé pour cette année académique 2008-2009 et l’amélioration de leur condition de stage.

En effet face aux difficultés engendrées par la suppression des bourses, les étudiants ont entrepris, l’année écoulée, des démarches qui ont abouti à l’octroi d’une aide en remplacement des bourses à tout étudiant inscrit à partir de cette année académique. Mais au jour d’aujourd’hui cette disposition n’est pas appliquée malgré les actions répétées des étudiants de l’ENAM.  L’achat de certains matériels de travail imposé aux étudiants lors des stages non payés constitue un autre point de leurs revendications auxquelles le ministre de la santé, Komlan Mally a du mal à trouver une réponse. 

Le débrayage des enseignants

Les 5 et 6 février derniers les enseignants ont observé deux jours de grève pour attirer l’attention du gouvernement sur leurs conditions de travail. Dès le début de cette année, au cours d’une assemblée générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier, les délégués syndicaux des enseignants ont formulé un certain nombre de doléances d’ordre professionnel et social à l’endroit du gouvernement. Ils réclament entre autres des avancements de grade avec jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisions de situations administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire d’octobre 1999 pour d’autres. Ils rappellent également aux autorités de tenir leur engagement relatif à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de recherche et de logement.

Face à la détermination des enseignants, le gouvernement doit vite faire pour éviter d’autres congés forcés aux élèves.

Les transitaires furieux contre le COTEC

Les activités ont été bloquées pendant près d’une dizaine de jours au Port Autonome de Lomé (PAL) pour cause de grève lancée par les syndicats des transitaires et déclarants en douane. A l’origine du mécontentement, l’augmentation des taxes douanières perçues par la Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) pour le compte de la direction générale des Douanes sur les véhicules d’occasion. En décembre 2008, les responsables de la douane ont introduit un système d’évaluation informatique des voitures d’occasion piloté par la COTEC. Un décryptage du numéro de châssis des véhicules à partir des bases de données en Europe, Asie ou aux Etats-Unis permet d’obtenir le prix de vente de chaque véhicule sur le marché international. Alors la valeur douanière des véhicules calculée à la base de ce prix est largement revue à la hausse. Des sources proches des syndicats des transitaires estiment à plus de 50%  la chute observée au niveau de la vente des véhicules d’occasion au Togo.

Ainsi les syndicats des transitaires ont-ils décidé de prendre le taureau par les cornes en obligeant les autorités douanières à faire marche arrière dans ce dossier du COTEC avant que les clients n’abandonnent tous, le Port de Lomé pour celui de Cotonou ou d’ailleurs.

Les étudiants de l’EAMAU persistent et signent

Entamée depuis le 21 janvier dernier, la grève des étudiants de l’EAMAU se poursuit malgré les menaces d’exclusion proférées à l’égard de ces étudiants par les responsables du ministère de l’Enseignement technique et les membres du conseil d’administration de cette école. Un communiqué ministériel en date du 04 février 2009 invitait les étudiants, pour une dernière fois à reprendre les cours le lundi 9 février à 7 h 30, passé ce délai, les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires. Ce communiqué lu par Me Olivier Amédjogbé Kouevi, Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, vice-Président du Conseil d’Administration de l’EAMAU n’a pas fait changer d’avis les étudiants qui se sont réunis en Assemblée Générale le 05 février pour décider de poursuivre leur mouvement en exigeant purement et simplement le départ de leur Directeur Général, M. N’da Kuadjo N’Guessan. Les revendications des étudiants concernent la construction de logements supplémentaires sur le site du campus pour accueillir tous les étudiants (plus de la moitié des 250 étudiants, logent en ville), l’amélioration des conditions d’étude, à commencer par les salles de cours plus spacieuses et climatisées, l’accès à l’internet et la suppression de frais d’entrée à la bibliothèque.

Michel ADJAVOIN


Conflit entre la COTECNA et les commerçants d’Adawlato : Les regards des commerçants tournés vers le PM

Mercredi 11 février. Dans le plus grand marché du Togo, l’ambiance est assez morose. Comparativement au raz de marée humain qui a pris d’assaut le marché pendant les préparatifs des fêtes de fin d’année, le marché est presque vide. « On ne voit que les vendeurs. Les acheteurs sont presqu’inexistants. Et pourtant c’est aujourd’hui un jour de marché. A cette allure et avec tous nos problèmes, je ne sais pas comment nous allons faire pour rembourser nos prêts aux banques », se lamente Da Madjé, revendeuse d’articles vestimentaires qui tient une boutique.

La COTECNA, le problème qui est de trop

Le problème entre les commerçantes et la COTECNA  concerne la majoration des frais douaniers. Selon le collectif des commerçants et revendeurs du marché d’Adawlato, le dédouanement des conteneurs de marchandises se fait par la capacité du conteneur. Ainsi, le dédouanement d’un conteneur de 20 pieds revient à 2.000.000FCFA et celui de 40 pieds 3.000.000. Ces frais de dédouanement se sont vus portés à 4.000.000 et 6.000.000, le double donc. Ceci agit sur les bénéfices et  les chiffres d’affaires car selon les femmes, « si on n’augmente pas les prix des articles, on ne gagne pratiquement rien. Alors qu’avec la crise actuelle, les clients ne sont pas prêts à supporter une majoration des prix des articles et en plus il y a la concurrence ».

« Vue la mévente qui prévaut sur le marché d’Adawlato due :

Au cout actuel du dollar et à la montée des devises étrangères

A la monté croissante du coût des impôts et taxes

Au système (COTECNA) actuel imposé par les autorités portuaires entraînant la sortie tardive des conteneurs et l’augmentation exorbitante des frais de douanes…

Nous commerçants et revendeurs du marché d’Adawlato avons jugé qu’il serait juste et bon qu’on se retrouve pour en discuter et trouver des approches de solutions en vue d’améliorer notre situation actuelle………… ».

Ainsi était formulé le premier avis de réunion des femmes du marché pour discuter de la crise qui secoue actuellement le secteur. Cet avis date du 07 janvier.

A la suite de cette réunion, des solutions ont été proposées et une autre réunion a été fixée une semaine plus tard au 15 janvier. Cette seconde réunion s’est tenue au même lieu que la précédente à l’école primaire publique de Lomé-Port. Il a été décidé à l’issue de cette deuxième réunion de rencontrer le directeur général des douanes, M. Ably Bidamon Dédériwé et les représentants de la COTECNA. Le jeudi 29 janvier, cette rencontre a eu lieu. Le collectif a également rencontré le ministre du commerce, Madji Lorenzo le 30 janvier.

Toutes ces rencontres n’ont accouché que d’une souris : la promesse de transmettre leurs doléances au Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo.

Les commerçants sont confiants

Après toutes ces démarches, les membres du collectif se sont retrouvés le 02 février au centre communautaire d’Adjangbakomé pour se concerter. « Pour le moment, nous en sommes là à attendre la réponse du premier ministre. Ce n’est pas encore tard. Ça fait moins de deux semaines et on espère qu’il donnera une suite favorable à notre dossier sinon les choses ne vont pas bien du tout ». explique Hamadou, un membre du collectif. Il ajoute que « les marchandises que j’aies actuellement dans ma boutique, je les aies dédouanées au nouveau tarif. Ça m’a couté les yeux de la tête. Il faut que ce problème trouve rapidement une solution car la plupart d’entre nous, on a contracté des prêts auprès des banques et il nous faut vendre et faire des bénéfices pour rembourser ».

Au jour d’aujourd’hui, ils espèrent encore la réponse du Premier ministre même si certains comme Emilie, l’une des membres du collectif pensent qu’il faut directement demander une audience au chef de l’état. Selon elle, « nous sommes des acteurs de développement et nous avons notre place dans le développement économique de ce pays. Pourtant on a l’impression que personne ne se soucie de notre sort. Les boutiques appartiennent aux libanais alors que le marché a un comité de gestion. Cet état de choses fait que ces boutiques sont hors de prix et coûtent parfois jusqu’à 300.000f par mois. Il y a tout un théâtre pour la réfection du marché mais on dirait que tout est fait dans le désordre et sans souci pour nos ventes et maintenant nous devons affronter cette histoire avec la COTECNA. Notre seul espoir est qu’une solution soit vite trouvée à ce dernier problème».

Le Premier ministre Houngbo a donc la lourde responsabilité de répondre aux attentes de tous ces opérateurs économiques qui n’ont qu’un souci : rembourser leurs prêts contractés auprès des banques et écouler leurs stocks de marchandises sans peur de faire faillite.

Nadia ZIBILILA


Environnement : La ville de Lomé à la merci des déchets liquides

Il y a quelques jours, alors qu’il se rendait au stade de Kégué où devait se tenir une rencontre des membres du nouveau bureau de la Fédération Togolaise de Football à laquelle la presse était conviée, notre reporter avait été interpellé par un fait : le déversement à l’air libre des boues de vidanges dans la réserve aux environs du siège de la Fédération par des camions citernes.  Cet acte a priori anodin mais inadmissible aux yeux des défenseurs de la cause de l’environnement a suscité ce papier dont la préoccupation est de retracer les dangers des déchets liquides à Lomé.

« Les citadins doivent faire face quotidiennement  à un ensemble de problèmes dont la dégradation avancée des voiries, la défaillance de la gestion des ordures ménagères dans toutes nos agglomérations ». Cette déclaration du ministre togolais de l’Urbanisme et de l’Habitat, Okoulou Kantchati lors de la célébration de la journée mondiale de l’Urbanisme le 08 novembre 2008, avait pratiquement tout dit en ce qui concerne les ordures ménagères (déchets solides). Mais on était loin de penser que cette déclaration pourrait être valable pour les déchets liquides qui, à l’opposé des déchets solides, ne jonchent pas de façon visible les rues de la capitale.

Dans la réalité, la situation est pire. Car, après le tour d’horizon du sujet, il ressort qu’en dehors de Kégué d’autres endroits tels le campus, le Port Autonome de Lomé, la lagune de Bè et même la mer font l’objet de ce déversement.  S’agissant  de la mer, il se dit que la plupart des entreprises se trouvant dans la zone portuaire y déversent leur déchet solide comme liquide dans la mer. Ce qui pollue celle-ci la mer et détruit les ressources halieutiques. A Bè ou autres quartiers en bordure de la lagune, on affirme que les riverains y drainent les eaux usées de leur maison. Mais le cas le plus alarmant est celui dont sont victimes les lieux habités.

A la municipalité, on reconnait volontiers que le problème est réel et que toute la difficulté de la ville réside dans l’inexistence d’un véritable programme de gestion de ces déchets. « Avant, entre 1970 et 1980, ces déchets étaient à la charge de la Société Togolaise d’Enlèvement des Ordures Ménagères et d’Assainissement, SOTOEMA. Mais, depuis les années 1990 avec les troubles liés à la démocratie entrainant la rupture de la coopération avec le pays et les difficultés de recouvrement, SOTOEMA a fait faillite et la gestion de ces déchets n’est plus ce qu’elle devrait être », a martelé M. Nagou de la Mairie de Lomé. Selon lui, avant les troubles, tout se versait dans deux décharges à Bè-Kpota (Doganto) et à Kodomé. Mais aujourd’hui, avoue-t-il, le domaine est tenu par des hommes d’affaires sans scrupule qui inondent les rues de camions citernes et qui font la décharge n’importe où.

La situation a atteint un degré où, dans un communiqué daté du 18 décembre 2008, le ministre Kossivi Ayikoé de l’Environnement et des Ressources Forestières mettait en garde contre cette pratique. « Il m’a été donné de constater que malgré les multiples rappels à l’ordre, des véhicules continuent à déverser des boues de vidange dans les quartiers et au port autonome de Lomé, compromettant ainsi la salubrité desdites zones », rappelait le communiqué qui indique qu’à ce jour, le seul endroit approprié pour ce genre de déchet est « la déposante transitoire d’Attidjin aménagée à cet effet et située non loin du poste de péage de Zanguéra » sur la route de Kpalimé. Un tour à Attidjin ce jeudi a permis de constater de visu l’effectivité de la décharge. Entre 9 h et 10 h 30, cinq (5) camions chargés de déchets liquides ont pu déverser des boues de vidange. Le responsable du syndicat national des Services de vidange du Togo SYNASVITO (créé en 2006) M. Klutsè, estime qu’en moyenne entre 15 et 25 camions arrivent tous les jours. Ce qui visiblement ne représente rien par rapport au nombre de camions opérant quotidiennement dans la ville. Selon M. Klutsè, les prix sont pourtant fixés de manière à encourager les camionneurs à venir à Attidjin. « Nous avons tenu compte de la situation du Togolais moyen en fixant le prix part quartier. Zone Kpogan-Attidjin 50.000 ; zone Bè et Akodesséwa-Attidjin 30.000 ; zone Adidogomé et Agoè-Attidjin 22.000 », a-t-il dit avant de déplorer que malgré cela, « certains camarades prennent le vilain plaisir de le déverser à Kégué contre 15 ou 18.000 ». En tout, il dit être en mesure de déceler 14 décharges anarchiques institués illicitement par certains camionneurs.

De fait, le rappel à l’ordre du ministre ne faisait que prendre en compte les préoccupations de la loi cadre sur l’environnement qui interdit le déversement de ce genre de déchets dans des zones habitées. Seulement, dans le contexte précis de Lomé, la solution du ministre qui invite à se rendre à Zanguéra pose un problème en ce sens qu’il est difficile qu’un déchet prélevé à Kpogan ou à Agbata sur la route d’Aného, soit acheminé jusqu’à Zanguéra, sur la route de Kpalimé. D’où la nécessité de chercher une seconde décharge.

En réalité, la situation ne devrait pas être préoccupante si ce phénomène ne drainait pas des conséquences néfastes. Car au-delà d’une simple mauvaise gestion de déchets, il s’agit d’une situation qui prédispose à des maladies. Un épidémiologue de la Faculté Mixte de Pharmacie et de Médecine de l’Université de Lomé contacté à cet effet précise que ces décharges anarchiques font courir de sérieux risques à la population. Selon cet éminent enseignant qui s’est confié sous le couvert de l’anonymat,  cela « peut entrainer des maladies comme la diarrhée, la parasitose intestinale, le choléra, des maladies bactériennes et virales… ». Et le professeur de conclure en regrettant qu’il a « plusieurs fois mis en garde en vain contre ces pratiques à  haut risque ».

Comme pour renforcer la position du médecin, M. Gado Tchangbedji, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de l’Université de Lomé, et responsable du Laboratoire de Gestion, de Traitement et Valorisation des Déchets, estime qu’il existe un lien étroit entre ces déchets gérés de façon anarchique et la propagation du choléra. Pour M. Gado, les matières fécales des malades de choléra déversées à l’air libre peuvent être source de contamination pour des gens bien portants. Il va plus loin et parle également de la fièvre typhoïde. Toutes ces déclarations arrivent au lendemain d’une épidémie de choléra déclenchée à Lomé en novembre 2008 faisant sept victimes et 620 malades (voir notre confrère Liberté N° 462 du lundi 02 février 2009 qui reprend (Savoir News). Dire qu’il y a un rapprochement entre ces déversements anarchiques et ce cas d’épidémie, il n’y a qu’un pas qui est d’ailleurs très vite franchi. Surtout que les dernières inondations qu’ont connues  certains quartiers de la ville ont drainé des déchets qui ont ensuite contaminé l’eau des puits dont se servent quotidiennement les populations pour leurs divers besoins. 

L’avenir des déchets

De source proche de la mairie de Lomé, on avance qu’à la faveur de la normalisation des relations entre le Togo et les partenaires en développement, tout rentrera très prochainement en ordre. Ici, il se dit qu’avec une collaboration des partenaires, un véritable programme de gestion de ces déchets sera mis en place. « Nous allons bientôt commencer un travail de fond en ce sens avec la participation active des sociologues, urbanistes, géographes, chimistes et autres, pour voir dans quelle mesure on peut arranger cette situation », a confié M. Nagou.

Une position qui certainement rencontrera un écho favorable auprès du Laboratoire GTVD dont le responsable M. Gado se dit déjà disponible. Pour ce dernier, la possibilité de recyclage de ces déchets existe. « L’étude sur ces déchets n’est possible que quand on a un objectif à atteindre. Et nous au Laboratoire, nous estimons qu’avec ces produits, nous pourrons passer par des transformations pour voir dans quelle mesure on peut aboutir au gaz pour la cuisine. Ce qui diminuerait la dépendance vis-à-vis du charbon de bois dont l’obtention pose d’autres problèmes d’environnement », a dit M. Gado. Pour lui, « les déchets liquides comme les déchets solides sont des éléments que l’on peut mettre à profit pourvu qu’il y ait les moyens de mener les recherches nécessaires. » Ce qu’il a d’ailleurs commencé à faire au niveau des déchets solides grâce  au projet CORUS de l’Ambassade de France.

Sébastien


Métiers : Coup d’arrêt au commerce d’essence aux abords des routes !

Un tour ces jours-ci sur certaines artères de la ville de Lomé ne laisse aucun doute. Les commerçants d’essence aux abords des rues ont rangé bouteilles, entonnoirs etc. qui servent à ce commerce. La cause est que le gouvernement par un communiqué publié le 20 janvier dernier en a  décidé ainsi. Par cette décision, le gouvernement compte amener les utilisateurs d’engins à s’approvisionner désormais dans les stations d’essence agréées.

La vente d’essence dans les coins et recoins de la ville de Lomé et ses alentours qui avait pris de l’ampleur ces derniers temps vient de connaître un coup d’arrêt. « … la vente des carburants aux abords des rues est formellement interdite… », indique en substance le communiqué du ministre délégué auprès du président de la République chargé du commerce et de la promotion du secteur privé, Guy Madjé Lorenzo.

Les raisons selon le gouvernement, c’est d’empêcher les commerçants véreux qui font des stocks d’essence pour les revendre au Togo à cesser ces activités. La majeure raison pour laquelle beaucoup s’adonnent à cette activité lucrative est que le prix de l’essence est relativement bas dans les pays limitrophes. Ainsi, des gens importent à moindre coût de l’essence du Bénin voisin pour l’écouler sur le marché togolais à un prix concurrentiel à celui pratiqué au Togo.

Gérard Koumédzro, togolais, la trentaine environ, pratiquait ce commerce jusqu’à la date du 28 janvier. « Je faisais ce commerce depuis 2006 et c’est mieux que de rester à la maison », nous confie-t-il. Maintenant Gérard est désemparé et ne sait à quel saint se vouer pour subvenir aux besoins de sa petite famille de deux enfants. « C’est grave », se contente-t-il de déplorer.

« …toute vente en dehors des canaux de distribution agréés est formellement interdite. Des contrôles et saisies sont effectuées par l’administration et les contrevenants à cette disposition seront sévèrement punis conformément à la loi n° 99-011 du 28 décembre 1999 portant organisation de la concurrence au Togo », souligne le communiqué.

Jusqu’à présent le prix de l’essence à la pompe reste élevé par rapport au Bénin 350 F le litre et au Ghana 250F le litre. Le gouvernement ne peut enrayer définitivement ce commerce qu’en uniformisant les prix à la pompe avec les pays limitrophes.

On se rappelle  les situations de pénurie de ciment qu’a connues notre pays dans le courant du mois de juillet 2008 dues à l’exportation illégale du ciment destiné à la consommation nationale vers les pays voisins où les prix de vente sont plus élevés que ceux pratiqués au Togo. Le gouvernement a purement et simplement revue le prix du ciment togolais à la hausse pour dissuader les commerçants à exporter le ciment vers les pays voisins malgré la situation financière difficile des Togolais à l’époque.

Dans ce cas d’espèce, uniformiser le prix de l’essence à la pompe au Togo avec le prix des pays voisins est la seule solution salutaire pour tous.

Messan Akpata s’est déjà habitué à s’approvisionner au Ghana voisin. Il explique  « je vais faire le plein à Aflao avec 2000Fcfa et c’est parti encore pour une semaine »,  confie-t-il. Alors si on empêche les commerçants de vendre pourra-t-on empêcher les consommateurs d’acheter ailleurs?

K. WEMENE (stagiaire)

Le Canard Indépendant 228 du 6 fev. 2009
Blocage du processus de modification du code électoral : Faure Gnassingbé opte pour la solution conventionnelle

La perspective de la capitale échéance électorale de 2010 approche. De plus en plus, la tension monte entre les acteurs. La pomme de discorde, la démarche devant aboutir à une modification convenue du code électoral. Désormais placé devant ses responsabilités, le Chef de l’Etat, vient de prendre ses responsabilités.

A l’issue de la conférence des présidents tenue au niveau de l’Assemblée nationale le 2 février dernier, la Représentation nationale s’est résolue à renvoyer trois projets de loi au gouvernement. Il s’agit du projet de loi modifiant le code électoral, celui relatif au statut de l’opposition et un dernier portant réforme de la Haute Autorité de Audiovisuel et de la Communication (HAAC).

On se rappelle que le gouvernement réuni en conseil des ministres le 26 janvier, avait demandé la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, pour plancher sur les trois textes. Mais les deux formations de l’opposition parlementaire, le CAR et l’UFC, avaient élevé des protestations sur la démarche du gouvernement. Les deux partis ont estimé que le gouvernement en procédant ainsi, violait l’Accord Politique Global (APG).

En effet, signé en Août 2007 entre les protagonistes de la crise socio-politique au Togo, l’APG prévoyait des réformes constitutionnelles et institutionnelles, dans le but de garantir la tenue d’élections régulières, équitables et transparentes. L’Accord obtenu sous la facilitation du Président du Faso, Blaise Compaoré, recommande un consensus entre les signataires, dans l’opération des réformes.

Ainsi, suite au renvoie au gouvernement des textes, une options sur trois, s’imposait au Chef de l’Etat, qui vient de trancher.

            L’option du passage en force

Comme bien de fois par le passé, des observateurs avertis de la scène politique togolaise, soupçonnent le RPT de vouloir opérer un passage en force. Le président de OBUTS, l’ancien premier ministre Agbéyomé Kodjo, ne s’est d’ailleurs pas privé de soulever l’inquiétude dans un communiqué daté du 27 janvier 2009, relatif au projet de loi modifiant le code électoral. « La précipitation du chef de état pour exiger la ratification de ce projet de loi, en demandant à l’Assemblée nationale de l’adopter dans un délai de deux mois, et en convoquant celle-ci en session extraordinaire, ne peut que susciter des interrogations. Pourquoi tant de précipitation, autour d’un projet qui viole l’APG, et qui risque d’ouvrir des conflits post électoraux ? Est-ce la tentation d’un nouveau hold-up qui hante l’esprit de ceux qui gouvernent ? » s’s’est interrogé l’ancien baron de l’ex parti unique.

Pour l’UFC, la démarche illustre bien la duplicité du pouvoir RPT. « …Tout en reconnaissant la nécessité de dialogue et de consensus préconisés par l’APG pour le règlement des problèmes politiques, le gouvernement sans aucune concertation préalable et sans tenir compte des recommandations des missions d’observations électorales, cherche à imposer de manière unilatérale, un code électoral taillé sur mesure pour le RPT », relève le parti de Gilchrist Olympio, dans un document daté du 30 janvier 2009.

Le CAR également de son côté fustige la démarche unilatérale du parti de Faure Gnassingbé. Il est donc clair dans ses conditions, qu’une obstination à faire adopter par l’Assemblée les textes, sans concertation préalable, confirmerait une volonté de Faure Gnassingbé, à opérer un passage en force en 2010

L’option non conventionnelle

Elle a été avancée par l’UFC. Face à l’impasse née par le processus de modification du code électoral, le parti de Gilchrist Olympio est très vite monté au créneau. Tout en faisant référence à l’APG, un responsable du parti cité par le confrère « Le Regard » dans son édition N° 613 du 03 février 2009, évoque un concept de cadre adéquat. « Les discussions peuvent se dérouler dans un cadre adéquat et représentatif regroupant les trois partis CAR, UFC RPT », a déclaré ce responsable.

Ce concept de « cadre adéquat », ne se fonde nullement sur une base légale ou conventionnelle et est de ce fait porteur de contestations. Une probable raison pour laquelle, le président de la République a fait l’option du CAR, qui n’est autre que celle qui devrait prévaloir.

L’option conventionnelle

Dès le départ, le CAR a constamment défendu la mise ne place du Cadre permanant  de concertation et de dialogue, prévu par le point 5.1 de l’APG. Pour le parti de Me. Dodji Apévon, la mise ne place de ce  cadre est le préalable à l’amorce des réformes prévues.

Un décret, avait d’ailleurs été pris à cet effet, au moment où Me. Yawovi Agboyibo, occupait le poste de premier ministre du gouvernement d’union. Il s’agit du décret n°2007/050/PR du 14 mai 2007, portant création du Cadre Permanent de concertation et de dialogue, qui a pris soin de rappeler que c’est au sein de cet organe que doivent être discuté, entre autres sujets d’intérêt national, les questions relatives :

-aux partis politiques

Au code électoral

A l’accès équitables aux médias d’Etat.

Par ailleurs, ce décret précise qu’ «  en dehors des partis politiques habiletés à siéger dans le Cadre permanent de concertation et de dialogue, les autres partis légalement constitués ainsi que les principales confessions religieuses, la chefferie traditionnelle et les associations représentatives de la société civile et des personnalités désignées par le chef de l’Etat », peuvent apporter leurs contributions aux travaux du cet organe.

C’est cette option conventionnelle que le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a faite hier. En effet, le Président de la république vient de désavouer le Ministre d’Etat ministre de l’Administration du territoire qui avait rapporté le décret créant le CPDC, en réhabilitant cet organe dans sa composition et ses prérogatives. Ce faisant, Faure Gnassingbé vient de donner le gage de sa volonté de voir se dérouler dans un esprit de consensus, le processus devant aboutir à la tenue de l’élection présidentielle de 2010.

                                                                                     Améga Koffi


Célébration de l’assassinat de Olympio et commémoration du décès de Eyadéma : Drôle de recherche de la réconciliation nationale sous le pouvoir RPT

Hier presque un mois, après la célébration du 13 janvier, des Togolais ont commémoré à Pya, le quatrième anniversaire de la disparition du feu Gal Gnassingbé Eyadéma.

L’un et l’autre ont été des chefs d’Etat, Présidents de la République du Togo. L’un et autre ont fortement marqué l’histoire du Togo. Tous deux ont été différemment emportés à l’affection des Togolais. Mais malgré cela, et faisant fi du souci d’une recherche d’aboutir à une réconciliation nationale, le pouvoir célèbre la date de la tragique disparition du premier, tout en plaçant sous les signes de la piété et du recueillement, le décès survenu naturellement du second.

Hier 05 février 2009, l’administration a été paralysée. Les sommités et autres cadres de la République, ont été conviés à Pya, village natal du feu Gal Gnassingbé Eyadéma. Des moyens de l’Etat ont été mobilisés. Tout a été mis en place pour rendre un hommage mérité à la mémoire de celui qui a présidé aux destinées du Togo, pendant près de 40 ans. C’est dans le recueillement et les prières, que se sont déroulées les cérémonies, lancées depuis le milieu de la semaine passée, par des séances de prières.

Les Togolais ainsi rendaient un hommage à la mémoire de l’illustre disparu. Gnassingbé Eyadéma, décédait le 05 février 2006, lors d’une évacuation sanitaire, au dessus de Tunis. Il venait de boucler 38 années de règne à la tête du pays.

Un mois plus tôt, c’est à une parade militaire et de certaines couches des forces vives de la nation qu’on a assisté. Organisée à la place nouvellement aménagée en face de la nouvelle présidence de la République, cette célébration dénommée « Fête de la libération nationale », était marquée par une prestance que lui envierait le 27 avril, date de l’accession du Togo, à la souveraineté internationale. C’était le 13 janvier, date de l’assassinat du premier Président de la République démocratiquement élu, Sylvanus Olympio.

M. Olympio s’est vu tragiquement enlevé la vie, par des « démobilisés » de l’armée coloniale, dont Gnassingbé Eyadéma. C’était le 13 janvier 1963. Depuis son accession au pouvoir en 1967, feu Gal. Gnassingbé Eyadéma célébrait avec faste cette date. Une célébration qui divise les Togolais et accentue la fracture de la société togolaise. Pourtant, malgré les proclamations du pouvoir de son successeur de fils, Faure Gnassingbé, on continue par célébrer le 13 janvier. Dans le même temps, tout est mis en œuvre, pour réduire le 27 avril, date de l’indépendance du Togo, à la plus simple des expressions. On se demande comment on peut aboutir dans ces conditions, à une réconciliation nationale au Togo.

Augustin Améga


Togotélécom : Que cache la vérification de l’état des comptes ?

De certaines autorités et  observateurs, la société Togotélécom est actuellement celle qui marche le mieux. Elle brasse beaucoup de millions, dans un pays où les frais de communication restent des plus élevés. Mais des questions se posent à propos de la gestion qui en est faite.

De source bien introduite, le gouvernement togolais a demandé, l’établissement des comptes de la société Togotélécom. Cette sorte d’audit de la société, est effectuée par une entreprise américaine. Selon nos indiscrétions, le Directeur Général, Bikassam intimerait à ses collaborateurs, l’ordre de renvoyer à lui te à lui seul, les contrôleurs du cabinet américain, venus pour l’opération de l’ « état des comptes » de la société.

Cette information nous a conduit à découvrir des réalités qui contrastent avec la publicité tapageuse qui est faite ces derniers temps autour de la gestion de la boîte par le D.G Bikassam. De la cessation de payement de certains fournisseurs, à la conclusion de marché de gré à gré avec d’autres soupçonnés comme étant des propriétés de certains dirigeants de la société, en passant par certains aspects du projet « Cap Transparence », avec l’évocation du nom d’un certain Borgia Adotévi…etc, il y a bien de curiosité sur lesquelles, nous continuons nos investigations. Nous continuerons par ailleurs, nos tentatives pour avoir des précisions auprès du D.G et de certains responsables de la société sur certaines allégations.

La gestion actuelle de la société Togotélecom, un mirage ou une réussite d’un technocrate nommé Bikassam ?
Augustin Améga (Affaire à suivre)

 
 

 
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