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ACTUALITÉ / NEWS
AgoraPress - Par Alain Nococo
Réactions des partis politiques

Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)

Le mardi 17 février 2009, le CPDC a suspendu ses travaux à la demande de l’Union des Forces de Changement (UFC).

Cette suspension est intervenue suite aux divergences relatives au recours à la facilitation extérieure proposée par l’UFC, en cas de blocage des travaux.

L’UFC qui a fait de sa proposition un point de fixation a rejeté toutes les propositions de la délégation du RPT notamment celle de recourir en cas de blocage au Chef de l’Etat pour trouver les solutions appropriées en concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC.

Le Rassemblement du Peuple Togolais précise que le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses objectifs et estime que ce cadre mis en place par le Président de la République est conçu pour rechercher des solutions consensuelles par le dialogue et la concertation.


Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)

Par communiqué de presse en date du 17 février 2009, le Secrétariat du CPDC annonce  le blocage des travaux de cette instance.

          Cette situation prévisible fort regrettable appelle de la part de la CDPA les observations suivantes:

1- Le CPDC est trop fermé de par sa composition et ressemble plus à une commission de l’Assemblée Nationale togolaise qu’à un véritable cadre de dialogue tel que le souhaitent l’esprit et la lettre de l’APG.

2- Créer un Cadre permanent de dialogue pour connaître des questions d’intérêt national, une recommandation de l’APG, qui n’implique même pas tous ses signataires, alors que  le scrutin du 14 octobre 2007 les place en tête des partis, relève à notre sens la volonté d’exclure.

3- Si avoir des députés à l’Assemblée Nationale devrait être l’unique critère pour créer, par le dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicaines, alors mettre sur pied un autre cadre de discussion que l’Assemblée Nationale n’est pas nécessaire.

Pour la CDPA, le Cadre permanent de dialogue et de concertation doit avoir une composition la plus large possible pour éviter que le débat politique soit dans la rue. L’APG, malgré ses insuffisances, reste la plate-forme politique la plus sérieuse qui peut nous conduire a une démocratie apaisée. Nous devons éviter de travestir son esprit par des intérêts trop partisans.

L’APG a ses signataires, son comité de suivi, son facilitateur, alors évitons un éternel recommencement. Le scrutin présidentiel de 2010 arrive au galop. Faisons une utilisation  « intelligente » du temps pour bien préparer cette échéance capitale.

La CDPA demande expressément au RPT, à l’UFC et au CAR d’éviter de se comporter comme si la démocratie est déjà établie au Togo et les invite à cultiver l’esprit d’ouverture et de large consensus.

Par ailleurs, la CDPA profite de l’occasion pour préciser ce qui suit:

-le projet de code électoral procède de la même volonté de fermer prématurément le jeu politique. A ce propos, la CDPA considère que la composition de la CENI telle que prévue, est un recul par rapport aux avancées de l’APG.

-La CDPA en conséquence demande que la CENI soit élargie à d’autres forces.

-La CDPA se félicite de la création de la commission « Vérité, Justice et Réconciliation» et rappelle que la fin de l’impunité constitue l’une de ses préoccupations essentielles.

-Elle demande que ses membres soient nommés dans un bref délai sur la base de compétence et de probité morale afin de lui garantir une notoriété indiscutable. Ceci constitue la condition pour qu’elle puisse conduire sa mission jusqu’à la réconciliation effective.

L’avenir du Pays en dépend.
Fait à Lomé, le 20 février 2009
Par
la CD PA
Le Secrétaire Général
L. M. GNININVI


Parti pour la Démocratie et le Renouveau PDR : Le CAR, le RPT et l’UFC violent l’APG

          La troisième phase de la mise en œuvre de l’APG, après la mise en place du Gouvernement d’Union Nationale et de la CENI et l’organisation des élections législatives, vient enfin de commencer entre le RPT et ses acolytes du CAR et de l’UFC.

Cette attitude découle-t-elle d’une volonté délibérée d’écarter certains acteurs de l’APG ou tout simplement d’une mauvaise lecture et interprétation des dispositions de cet accord dont on feint d’ignorer l’esprit?

En fait, deux dispositions portent sur l’objet de ladite protestation:

La première disposition est le point III: Poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance en ses alinéas 3.1 et 3.2.

La deuxième disposition est le point V: Dispositions finales en son alinéa 5.1

A l’analyse de ces dispositions il apparait que les « questions d’intérêt national» dans l’alinéa 3.1 et « les sujets d’intérêt national» dans l’alinéa 5. 1 ont prêté à confusion et ont été assimilés pour engendrer la création du cadre de dialogue installé.

Le point III en ses alinéas 3.1 et 3.2 a ciblé les questions d’intérêt national qui doivent faire l’objet de discussions et de résolutions. Il porte sur des questions dont la mise en œuvre devrait se faire dans l’immédiat ou à court terme.

L’alinéa 3.1 dispose: les parties prenantes au dialogue s’engagent à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance. Les parties prenantes au dialogue s’accordent pour que le gouvernement d’Union Nationale engage les réformes dans un esprit de large consensus.

Ces réformes porteront sur les questions d’intérêt national suivantes:

-Le fonctionnement régulier des institutions républicaines;

-Le respect des droits humains:

-La sécurité et la paix;

-Le caractère républicain de l’Armée et des Forces de sécurité.

-L’équité et la transparence des élections à savoir: les conditions d’éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, etc ....

-Le renforcement des moyens d’action de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).

L’alinéa 3.2 du point III dispose: les parties prenantes au dialogue National, engagent le gouvernement à étudier les propositions de révision constitutionnelle, notamment: le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier Ministre, les conditions d’éligibilité du Président de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel, l’institution du Sénat, la réforme de la cour constitutionnelle. Le gouvernement prendra en charge ces propositions pour la prochaine législature.

L’exécution du point III est à la charge des « parties prenantes au dialogue» expression chaque fois reprise au début de chaque alinéa.

Le point V parle en son 1 er alinéa d’un cadre permanent de dialogue et de concertation. Il est inspiré du modèle du Ghana dont les autorités avaient convié les parties politiques du Togo à prendre part à deux séminaires sur le sujet. Ce modèle de cadre, rassemble mensuellement et chaque fois que le besoin se fait sentir, les grands courants politiques du pays. C’est pourquoi, il revenait pour le Togo, au gouvernement d’Union Nationale sensé avoir en son sein tous les signataires de l’APG et même d’autres forces politiques et sociales, de fixer « les missions, la composition et les modalités de fonctionnement de cette structure». Il est appelé à traiter des sujets et des problèmes qui viendraient à naître dans l’évolution politique du Togo d’où la permanence de la structure en charge.

En tout état de cause, il n’est nulle part écrit, que l’exécution des tâches contenues dans l’alinéa 3.2 est confiée à un quelconque cadre, si ce n’est aux parties prenantes au dialogue, au gouvernement et à l’Assemblée Nationale.

En conséquence, les considérations qui ont présidé à la mise en place du cadre de dialogue sont de nul effet.

Nous en appelons à l’arbitrage du facilitateur conformément à l’alinéa 5.8 des dispositions finales.

Zarifou AYEVA
Président du PDR

Les travaux du CPDC ont été suspendus : La question du recours à la facilitation bloque les travaux
AgoraPress - Par Alain Nococo

Lome - le 19 fev 2009 - Débutés le 09 février dernier sur des chapeaux de roue, les travaux du cadre permanent de dialogue et de concertation sont dans l’impasse. Les travaux ont été suspendus le mardi 17 février dernier à la demande de l’Union des Forces de Changement (UFC). Cette suspension fait suite à des désaccords sur certaines questions essentielles tels que le cours à la facilitation et la composition de la CENI.   

Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) s’est réuni ce mardi 17 février 2009 dans la salle de Conférence de la Primature sur l’ordre du jour suivant: 1- Point relatif à la facilitation;  2-la représentation des partis politiques au sein de la CENI; 3- la représentation de l’Administration au sein de la CENI.

Les membres du CPDC ne parvenant pas toujours à s’entendre sur la question du recours à la facilitation, l’UFC a demandé une suspension des travaux avec l’argumentation suivante: je cite ‘’ En raison de la crise de confiance qui prévaut jusqu’à présent sur le plan national, l’UFC demande le recours à la facilitation en cas de blocage des discussions sur tous les sujets relatifs aux réformes politiques (loi électorale, réformes constitutionnelles et institutionnelles) prévues par l’A.P.G.  Pour ce faire, l’UFC demande une suspension de séance jusqu’à vendredi 20 février 2009 inclus. Cela permettra aux représentants de l’UFC de rendre compte à leurs mandants’’.  Le Président de séance a accédé à la demande de l’UFC et a suspendu les travaux qui reprendront le lundi 23 février 2009 à 11 heures a déclaré mardi soir à la presse M. Pascal Bodjona, représentant le chef et président de séance.

Au lendemain de la suspension  des travaux et devant l’inquiétude et l’impatience des Togolais, chaque camp tente de se justifier. Sur les antennes de RFI ce mercredi matin, le secrétaire général de l’Union des Forces de Changement, M. Jean-Pierre a attribué la responsabilité de ce blocage au régime en place qui opposerait une fin de non recevoir aux revendications de l’opposition.  Pour Jean-Pierre Fabre, compte tenu de la crise de confiance qui existe entre les acteurs politiques togolais, la présence d’un facilitateur permet de rassurer les parties en discussion.

Pour le ministre Bawara, représentant le gouvernement, il ne faut pas détourner l’objectif du cadre permanent de dialogue et de concertation qui est un mécanisme facultatif et non pas impératif. Pour lui, s’il n’y avait pas la volonté au niveau du gouvernement, au niveau du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, ces discussions n’auraient pu avoir lieu.

Nous reprenons ici les réactions des deux responsables politiques interrogés par notre consœur Carine Frenk    

Jean-Pierre Fabre de l’UFC

          Si nous voyons la crise de confiance qu’il y a dans notre pays, la présence de facilitateur permet de rassurer ceux qui sont en discussion en disant que ce qui arrive n’est qu’une situation de blocage. Elle ne durera pas parce qu’il aura un facilitateur qui interviendra pour permettre aux positions d’évoluer. Mais depuis le début des discussions, nous n’arrivons pas à tomber d’accord sur ce point. S’il n’y a pas d’arrière-pensée, ce que nous demandons devrait être accepté très facilement.

          Il n’est pas non plus raisonnable ni d’ailleurs sérieux de continuer de travailler sans règlement intérieur. Ce qui fait que finalement ce cadre ne serve plus à rien, c’est que lorsque vous abordez les travaux de la manière la plus sérieuse, on se heurte à une sorte de non recevoir du régime en place. Ça sera très dangereux parce qu’il faut arriver dans notre pays à ce que les élections ne conduisent pas à la violence telle que celle qu’on a connu en 2005.

Gilbert Bawara du RPT

          Je suis serein. Il ne faut pas détourner l’objectif du cadre permanent de dialogue et de concertation qui est un mécanisme facultatif et non pas impératif. Le gouvernement estime qu’en dépit des désaccords qui persistent sur la question de la facilitation notamment, il y a bien lieu de poursuivre les discussions. Et ensuite, le gouvernement estime que s’il advenait des désaccords majeurs et profonds sur des questions essentielles qui sont débattues actuellement, rien n’empêche de saisir le président de la République et lui rendre compte des difficultés auxquelles nous sommes confrontées et de s’en remettre en sa sagesse. Nous ne serions pas en train de discuter aujourd’hui s’il n’y avait pas la volonté au niveau du gouvernement, au niveau du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Cela ne fait aucun doute. Mais maintenant si cette volonté et cette bonne foi doivent être abîmées par certains partis, c’est là que nous ne serons pas d’accord.

 

 
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