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 La CPP a appris
sur les ondes avec une certaine préoccupation, les communiqués du
gouvernement sur la modification du Code électoral et la mise en place du
Cadre permanent de concertation national.
En effet, le
communiqué portant sur la CENI (Commission Electoral Nationale
Indépendante), indique que cette commission et ses différents démembrements
(CELI, CLC, bureaux de vote) seront désormais pourvus par les seuls partis
représentés à l’Assemblée Nationale et quelques organisations de la société
civile. Ceci suppose que tous les autres partis dont la mission et le rôle
constitutionnel est de concourir à l’expression la plus large du suffrage
universel par le vote de leurs militants, ne peuvent plus, au sein de ces
institutions (dans l’entendement du nouveau texte), disposer de
représentants leur permettant de participer aux multiples opérations de
contrôle et de supervision du processus électoral, même s’ils faisaient le
choix de présenter des candidats tant aux élections présidentielle,
législative et locale. Nous ne pensons pas que dans ce domaine, à ce stade
de notre histoire politique et compte tenu des leçons tirées des élections
passées, une autre organisation politique puisse protéger avec le
détachement nécessaire, les intérêts des partis exclus dans une compétition
électorale et on ne peut pas à partir des résultats des seules élections
législatives de 2007 formater définitivement la vie politique de notre pays.
C’est une dérive grave.
Pour la CPP,
nous sommes là, face à une discrimination étonnante et à un déni de droit
qui porte atteinte aux notions d’équité, de justice, de transparence et
d’égalité de traitement des partis politiques, notions vivement recommandées
par l’Accord Politique global dont nous sommes l’un des partis signataires.
La CPP est par
ailleurs consternée par le mode de création du Cadre permanent de
concertation nationale installé selon les mêmes critères discriminatoires
que la CENI, critères que nous dénonçons.
En effet, le
cadre de concertation où on est censé discuter des grandes questions
concernant la nation toute entière est aussi limité aux seuls partis
représentés à l’Assemblée Nationale avec la possibilité pour les autres
formations politiques d’envoyer par écrit, leurs suggestions. La société
civile en est aussi totalement exclue
Les discussions
sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles par exemple
concernent absolument la nation toute entière. Si le champ clos de la seule
Assemblée Nationale suffisait, on n’aurait eu aucunement besoin d’un Cadre
de concertation. La CPP, la CDPA, le PDR ont à trois, recueilli plus de
100.000 voix; on ne peut pas les négliger. Ce n’est pas parce qu’on est pas
représenté à l’Assemblée Nationale qu’on ne doit plus compter. C’est
dangereusement contraire au jeu démocratique.
En la matière,
les pays dont les modèles nous inspirent dans la rédaction de nos textes,
consultent les partis politiques selon des critères qui ne se limitent pas
aux suffrages recueillis et du nombre de députés à l’Assemblée Nationale.
Dans ces pays, le Gouvernement consulte entre autres, les organisations
politiques au prorata des suffrages recueillis, de leur couverture
nationale, du nombre de femmes positionnées comme candidates, de la réalité
de leur concours à l’expression du suffrage mais aussi de la société civile,
des personnalités nationales indépendantes, sur des questions aussi
fondamentales et cardinales pour la vie en commun dans une nation. Ceci
permet d’obtenir une large adhésion qui va au-delà du fait majoritaire à
l’Assemblée Nationale, avant d’arrêter leurs décisions définitives.
La CPP attire
l’attention du Gouvernement sur les germes de division que comporte la
démarche choisie dans l’adoption des deux textes et demande que des
amendements y soient expressément apportés afin que la nation entière s’y
retrouve et s’y reconnaisse. |