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Préparatifs de la présidentielle de 2010 au Togo : Le gouvernement cède à la pression de l’opposition et crée le cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC)

AgoraPress - Par Alain Nococo

Lomé - 6 fev. 2009 - Le gouvernement togolais vient de faire marche arrière en retirant le projet du code électoral modifié unilatéralement qu’une session extraordinaire de l’assemblée nationale demandée par un conseil des ministres devrait être consacrée à cet effet.

En lieu et place de l’assemblée nationale qui était pour le gouvernement et le RPT le lieu indiqué pour débattre de toutes les questions d’intérêt national, Faure Gnassingbé, soucieux, dit-on, de voir la préparation de l’élection présidentielle s’effectuer dans les délais et le calme a dû donc accéder aux exigences de l’opposition en créant un dre permanent de dialogue et de concertation auquel tenait tant le Comité d’Action pour le Renouveau de l’ancien premier ministre Me Yawovi Agboyibo.

Le décret créant ce cadre a été rendu public dans la nuit du mercredi 04 février sur les antennes de la télévision nationale (TVT). Selon un communiqué de la présidence de la République lu également sur les mêmes antennes, la prise de ce décret fait suite à une audience que le président de la République a accordée au président de l’assemblée nationale venu lui exposer les conditions dans lesquelles devrait se dérouler la session extraordinaire de l’Assemblée consacrée aux réformes institutionnelles et constitutionnelles et du souci de concertation manifesté par plusieurs formations politiques.

Selon les dispositions du décret présidentiel, le cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) qui doit connaître des questions d’intérêt national regroupe les partis politiques représentés à l’assemblée nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le gouvernement. Chaque parti y est représenté par son leader ou son représentant. Le gouvernement est représenté par deux (02) ministres.

Le CPDC est chargé de créer, par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains notamment la constitution, la charte des partis politiques, le code électoral et la régularité des scrutins, les prérogatives constitutionnelles des institutions, l’accès équitable aux médias d’Etat, les droits et devoirs de l’opposition, le code de bonne conduite et de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de la culture citoyenne au sein des populations.

Les partis non représentés à l’assemblée nationale ne sont pas exclus ; ils peuvent, par écrit, saisir le CPDC de tout sujet qu’ils jugent d’intérêt national.

Quant à la direction du CPDC, il est présidé par le président de la République qui peut se faire représenter.

Aussitôt créé, le CPDC veut se mettre au travail tant les dossiers qui l’attendent sont immenses et complexes, la présidentielle avançant à grands pas. Selon des sources proches du gouvernement, il est prévu pour ce vendredi 06 février une réunion de prise de contact.

La création du cadre permanent de dialogue et de concertation fait suite aux menaces de boycott des travaux de l’assemblée nationale par les deux de l’opposition parlementaire.

En effet, le 02 février dernier la conférence des présidents qui s’est réunie au palais des Congrès pour débattre des projets de lois déposés sur le bureau de l’    assemblée nationale a tourné court, les trois n’ayant pu se mettre d’accord sur les projets de loi objet de discussion. L’UFC et le CAR avaient clairement signifié qu’ils n’entendaient pas discuter d’un texte si ce n’est dans un cadre structuré prévu par l’Accord politique global (APG).

« Le décret du 14 mai 2007 signé par Me Agboyibo portant création du cadre permanent de concertation et de dialogue a pris soin de rappeler que c’est au sein de cet organe que doivent être discutés entre autres sujets d’intérêt national, les questions relatives aux partis politiques, au code électoral, à l’accès aux médias » avait fait savoir Me Apévon Dodzi, président national du CAR

« La démarche unilatérale qui a présidé à l’introduction de ce projet de loi, sans aucune recherche de concertation et de consensus préalables, constitue un casus belli. Le régime RPT sera tenu responsable des conséquences de son entêtement à imposer une loi inique et rétrograde » avait pesté l’Union des Forces de Changement (UFC). Faute d’entente, le président de l’assemblée El Hadj Bonfoh avait dû suspendre la séance et les textes controversés avaient été renvoyés au président de la République.

La création aujourd’hui du CPDC correspond aux préoccupations des deux partis parlementaires principalement le CAR qui avait fait de cette question son cheval de bataille et un préalable à toute collaboration. On se rappelle cette phrase d’un haut responsable du CAR : « si l’UFC tient réellement à s’associer à nous, il lui suffit tout simplement d’accepter le décret du 14 mai 2007 comme document de base auquel il faudra apporter des aménagements qu’elle souhaite »

Sur les antennes de Radio France Internationale ce 06 février 2009, le président national du CAR, Me Dodzi Apévon, s’est réjoui de la création de ce cadre qui, a-t-il dit, permettra de débattre des questions fondamentales touchant l’avenir du pays.

 
 
 

 
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