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S’il y a un sujet qui revient sans cesse dans les discours de
Faure Gnassingbé et qui occulte le quotidien des populations, c’est bien la
présidentielle de 2010. On croirait la préoccupation de l’heure des
Togolais. Toute l’attention de l’« Esprit nouveau » n’est retenue
que par ce sujet, frisant parfois l’obsession. Et à chaque fois que le thème
est abordé, ce sont des professions de foi, des discours mielleux qui sont
servis aux Togolais. Mais les actes suivent-ils?
De jolis discours
Tout a commencé depuis le lundi 05 janvier dernier lorsque le Chef
de l’Etat recevait les vœux des forces vives de la Nation. A l’occasion,
Faure Gnassingbé a loué les élections ghanéennes saluées unanimement comme
un exemple de démocratie, et promis s’en inspirer pour la présidentielle de
2010 au Togo. Ses détracteurs avaient plutôt vu en cette profession de foi
une habile stratégie pour ne pas se mettre en marge de l’opinion. Pour eux,
c’était parce que tout le monde saluait l’exemple ghanéen que Faure aussi a
apprécié la chose, du moins verbalement. Tout compte fait, dans son
allocution réponse aux sollicitations des forces vives de la Nation, le
«Leader nouveau » a donné sa parole d’aller à l’école ghanéenne et faire
de 2010 un scrutin clair, transparent, démocratique, surtout sans violences,
et donc crédible. Lors de sa récente tournée à l’intérieur du pays, c’est le
même refrain qui a été chanté. Que ce soit à Sokodé, Atakpamé, Kara, Dapaong
ou Tsévié, c’était la même profession de foi. A cette dernière étape
justement de sa tournée, Faure Gnassingbé est revenu en long et en large sur
le sujet. La présidentielle de 2010, il a insisté la vouloir transparente,
démocratique et sans violences, arrachant au passage des applaudissements
nourris de la foule.
On parie qu’à chaque manifestation publique, une fois que
l’occasion sera offerte, ce sont les mêmes professions de foi qui se feront.
Mais Faure Gnassingbé désire-t-il réellement un scrutin démocratique,
crédible et sans violences ? Que fait-il pour y concourir ? Autant de
questions qui mettent à jour des inquiétudes fort légitimes.
Passé lourd
Quand on jette un regard rétrospectif sur le passé, il y a de quoi nourrir
des inquiétudes. Les Togolais savent ce que signifie élection dans leur
pays, sous les Gnassingbé. Elle signifie tripatouillage constitutionnel,
bourrage d’urnes, détournement de suffrages, hold-up électoral, violences et
massacre des populations. Toute l’histoire électorale est là pour
témoigner. Avril 2005 est encore vivace dans les mémoires. Un plan de
massacre a été mijoté juste pour imposer Faure Gnassingbé. Mille (1000)
compatriotes ont été trucidés, cinq mille (5000) blessés et soixante mille
(60000) autres envoyés sur les chemins de l’exil. Aucun sacrifice n’est trop
grand quand il s’agit, pour le clan Gnassingbé, du maintien au pouvoir. Et
c’est le grand bénéficiaire de tout ce scénario qui clame aujourd’hui un
scrutin démocratique, crédible et sans violences en 2010.
Terrain déjà miné
On est tenté de croire en ses professions de foi, car, comme l’a
récemment dit l’autre Fils de la Nation qui a repris « sa chose » à
la FTF, seuls les imbéciles ne changent pas. Mais voilà, les actes posés
dans ce sens en dissuadent plus d’un. Tout semble déjà fait pour barricader
le scrutin.
Si les élections ghanéennes qui font tant bander Faure Gnassingbé ont été
une réussite, c’est dû en partie à l’indépendance de la commission
électorale de ce pays et des autres institutions intervenant dans le
domaine. Mais au Togo, les manœuvres sont déjà entreprises pour la mettre
davantage sous ordres. Le gouvernement, sous l’impulsion du Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT) vient de modifier unilatéralement la composition de la
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Une bonne place a été
faite au pouvoir, au détriment de l’opposition. En plus, le gouvernement a
déjà commandé un lot de kits biométriques à utiliser lors de ce scrutin. Et
là aussi, unilatéralement.
Des manœuvres sont entreprises pour mettre aussi l’armée au pas. En tournée
dans les casernes en fin d’année dernière, le « Leader nouveau» a
appâté les hommes en arme à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes et de
sacs de riz. Selon les indiscrétions, chacun aurait eu droit à 50.000F CFA.
Lors de son passage au camp d’Adidogomé, il aurait requis de manière
ostentatoire le soutien des hommes de troupes. « Est-ce que je peux
compter sur vous pour 2010 ? » leur aurait-il demandé, sans détour. Une
manœuvre déloyale en somme.
Il continuera dans la même veine lors de sa tournée à travers le pays. Faure
profite de son statut de Chef de l’Etat et pose des actes s’inscrivant dans
la perspective de 2010. L’argument d’échange de vœux avec les populations de
l’intérieur allégué pour justifier cette tournée n’était qu’un masque. En
réalité, c’est la campagne électorale qui continue. C’était Faure Gnassingbé
la vedette de cette tournée. A toutes les étapes, on a fait lire aux
porte-parole des populations des discours dithyrambiques à son endroit. On
dirait qu’avec lui au pouvoir, il n’y a eu que du bon et le Togo est un
eldorado. Même les décisions les plus insignifiantes prises par le
gouvernement ont été politiquement récupérées et mises à son actif. Les
officiels qui ont pris la parole n’ont fait que peindre Faure Gnassingbé en
messie et appeler ouvertement les populations à adhérer à sa pseudo
politique d’apaisement, de réconciliation et de réformes. L’allusion est ici
faite aux prestations du ministre de l’Administration territoriale et de la
Décentralisation Pascal Bodjona à Atakpamé qui comparait son mentor à
Barack Obama, histoire d’embobiner les pauvres paysans, et au
premier ministre Gilbert
Fossoun Houngbo qui a fait montre d’un militantisme surprenant. A Dapaong,
un montage abracadabrantesque a été fait pour présenter les populations de
la région offrant une somme de 500.000F CFA au Chef de l’Etat, leur
contribution à la caution à payer pour sa candidature. Et à l’heureux
bénéficiaire de les remercier et laisser entendre qu’il sait qui Dapaong
votera an 2010. Cette mise en scène digne d’amateurs de Hollywood n’avait
qu’un seul objectif : faire un clin d’œil aux populations de la région. Mais
ils sont à compter sur le bout des doigts, les Togolais qu’un tel montage a
séduits.
On le voit bien, les tractations sont d’ores et déjà entreprises pour
barricader le scrutin de 2010. C’est à coups de forcings, de campagne
électorale anticipée et d’entreprises sournoises et déloyales que l’ont
veut une élection démocratique, crédible et sans violences en 2010. De la
mesquinerie!
Pablo E.
Licenciements en cascade à la SNPT : Après avoir pillé la
société, le gouvernement cherche les raisons ailleurs
La Société
Nouvelle
des Phosphates du Togo (SNPT), le plus beau fleuron de l’économie nationale
est en mauvaise santé. Depuis une dizaine d’années, le secteur est confronté
à des difficultés énormes à cause du vieillissement des équipements et
installations. « La mine à Hahotoe et l’usine à Kpémé ressemblent fort à
un champ de ruine : tout est délabré cannibalisé, immobilisé ». C’est le
constat macabre fait récemment par l’Intersyndicale des travailleurs de
cette entreprise. Avec un personnel démotivé et des machines usées et à
l’arrêt, la production ne peut logiquement que baisser : 1,154 million de
tonnes en 2006 contre le double en 1990, ou même 3,344 millions de tonnes en
1998, au temps fort du boom phosphatier.
Depuis la semaine dernière, l’entreprise a entamé un plan de
restructuration qui a vu le licenciement de 600 salariés. L’objectif de
cette mesure, est d’«arriver à un assainissement rapide de la gestion et
à une amélioration de la gouvernance afin de relancer cette société ».
Selon le gouvernement, la situation catastrophique que traverse la
filière des phosphates est consécutive à la grève générale illimitée qu’à
connue notre pays. « Cette société est confrontée à d’énormes difficultés
économiques dues aux effets négatifs de la grève générale illimitée des
années 90 qui l’ont empêché d’honorer ses engagements contractuels envers
ses clients. Cette situation a également entraîné la vétusté du matériel
d’exploitation et des difficultés de maintenance », indique le
communiqué qui a sanctionné le conseil des ministres de mercredi.
Faut-il en rire ou pleurer? Le peuple n’est pas dupe et la voie tortueuse
empruntée par le gouvernement pour expliquer l’état de déliquescence
avancée de la SNPT ne saurait tromper personne. Cette façon pour le régime,
de présenter les choses et se dédouaner relève tout simplement de la
mauvaise foi.
Tout le monde sait que les tenants du pouvoir ne sont pas étrangers à la
situation qui prévaut dans cette entreprise. Pendant de longues années, le
phosphate est devenu pour eux la vache à lait et ils en remplissaient
allègrement les poches. D’après nombre de syndicalistes, la situation de
détérioration de la SNPT relève de la responsabilité de ceux qui ont dirigé
l’entreprise par le passé. Profitant de la gestion opaque de cette
structure, certains responsables véreux se sont impliqués dans une série de
malversations et de surfacturations dans l’achat de matériels.
Malheureusement, il s’est instauré une culture d’impunité économique dans
notre pays, permettant à ceux qui ont commis des forfaitures dans les
sociétés d’Etat de courir les rues en narguant en plus les pauvres
citoyens.
D’ailleurs, qu’a fait l’actuel chef de l’Etat pour dissuader les
responsables des crimes économiques lorsqu’il était ministre des Mines ?
Rien. Il s’en est tout simplement accommodé. Le ministre Noupokou Dammipi,
n’a-t-il pas déclaré en décembre dernier que la SNPT a été gérée pendant 11
ans sans qu’aucune comptabilité n’ai été faite ? Et pour faire l’apologie du
pillage, Dama Dramani a laissé entendre qu’« il n’y a pas qu’au Togo que
de pareilles choses se passent » et qu’ailleurs, on fait pire que chez
nous. Alors que les grands voleurs, ceux qui se livrent au pillage
systématique sont connus de tous, le régime pousse le cynisme en indexant
les effets de la grève générale illimitée. C’est le propre du pouvoir en
place. Il trouve toujours des boucs émissaires pour justifier ses propres
turpitudes.
Grève des salariés licenciés
Les agents remerciés de la SNPT ont lancé hier un mouvement de protestation
contre le plan de restructuration, ont rapporté nos confrères de Focus
Infos. Selon les travailleurs licenciés, la direction de l’entreprise ne
leur a pas fait un préavis, ni notifié les droits de licenciement.
Les employés disent avoir entendu des rumeurs de licenciement mais que la
direction n’a jamais fait une notification, ni établi les conditions dans
lesquelles ces licenciements allaient se faire. « Nous ne comprenons pas
les critères de licenciement, car aujourd’hui nous constatons que la SNPT
procède à un recrutement de stage de pré embauche, au retour de certains
travailleurs mis à la retraite, alors qu’au même moment tous ceux qui sont
proches de la retraite, sont maintenus », se sont indignés certains
travailleurs.
M.A.
Violences gratuites à Tchamba : Le chef de l’Etat opte pour
l’impunité en cédant aux desiderata du ministre Titikpina
« Le conseil des
Ministres a par ailleurs écouté un compte-rendu du Ministre d’Etat, Ministre
de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des
Collectivités Locales, Porte-parole du Gouvernement relatif à des troubles
sociaux survenus récemment dans le canton de Tchamba (préfecture de
Tchamba). Ces troubles sociaux, nés de malentendus entre quelques personnes
ont entraîné des violences sur des biens et des personnes, et ont mis le
chef canton dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions », indique le
communiqué ayant sanctionné le conseil des ministres de mercredi dernier.
On raconte que « le
Président de la République, saisi, s’est personnellement investi afin de
ramener le calme et la paix ». En fait, c’est la formule consacrée. «
Malheureusement, ajoute le communiqué, les malentendus se sont poursuivis
dans le canton de Tchamba. Au regard de la gravité de ces évènements
malheureux, le conseil des Ministres a pris les décisions qui s’imposent
afin d’apaiser les populations et de garantir la paix et la cohésion sociale».
Voilà qu’un Président de
la République qui, bien qu’il se soit personnellement investi, n’est pas
arrivé à rasséréner les cœurs dans le canton de Tchamba. N’est-ce pas qu’il
est le premier magistrat et qu’il se doit de s’imposer à tout le monde ? De
deux choses, l’une : on est chef de l’Etat ou on ne l’est pas.
Pour un cadre de la
préfecture que nous avons contacté la semaine dernière, au temps fort de la
crise, les commanditaires des violences sont connus et doivent être
poursuivis. «Que l’on ne s’arrête pas qu’aux petits exécutants
interpellés et que le droit s’applique. Ce sera une mesure dissuasive pour
d’autres qui tenteront d’aller encore dans cette voie », avait-il
déclaré. Mais curieusement, au moment de prendre des sanctions, le chef de
l’Etat a préféré épargner le ministre de la Sécurité et de la Protection
civile, le Colonel Atcha Titikpina, accusé d’être le cerveau des troubles
sociaux. Ce sont plutôt le préfet de Tchamba et le chef canton qui sont
sanctionnés. Voici « les décisions qui s’imposent afin d’apaiser les
populations et de garantir la paix et la cohésion sociale»: « Par
décret pris en conseil des ministres: il est mis fin aux fonctions du Préfet
de Tchamba, M. Djandjo Bagmalawoè » ; «Par décret pris en conseil des
ministres : est abrogé le décret N°95-077/PR du 19 octobre 1995, portant
reconnaissance de la désignation de M. Titikpina Oudja-Bouh, chef du canton
de Tchamba dans la préfecture de Tchamba».
Des mesures qui feront
sûrement plaisir à l’ancien aide de camp de Faure Gnassingbé. A l’origine
était une affaire de chefferie. A la mort de leur père qui était le chef
canton de Tchamba, le trône a été confié à une autre famille. Mais le
ministre a usé de toute son influence pour reprendre le trône et le confier
à son demi-frère Titikpina Oudja-Bouh. Après plus d’une décennie d’embellie,
les relations se sont dégradées entre les deux personnes lors des primaires
version RPT pour les élections législatives de 2007. Le chef avait ses
raisons que le ministre ne connaissait point. Il a apporté son soutien à Mme
Larba Apoudjak au détriment d’Agbèrè Kabala, le protégé du ministre. Une
témérité qui n’a pas plu à Monsieur le ministre qui s’est juré de l’évincer
du trône. Un premier bras de fer avait opposé les deux frères l’année
dernière. Le chef avait passé beaucoup de temps à Lomé parce qu’étant
interdit de revenir à Tchamba. Les choses ne sont rentrées dans l’ordre que
grâce à certaines interventions.
Mais les vieux démons se
sont réveillés le 29 décembre dernier. Sous le prétexte que la Justice
n’aurait pas dit le droit dans le différend d’indemnités versées aux
orphelins du défunt Titikpina Mashoud, frère aîné du Colonel, les jeunes à
la solde du ministre et armés de coupe-coupe, gourdins et autres armes
blanches s’étaient introduits chez de paisibles citoyens et avaient semé la
panique au sein de la population. Selon les informations, les jeunes se sont
rendus au domicile du désormais ex-chef canton de Tchamba pour en finir avec
lui. Il n’a eu la vie sauve qu’en filant à l’anglaise avec sa famille. Il
est fait état que les jeunes ont fait le tour de plusieurs quartiers et
menacé de tuer tous ceux qui s’opposeraient au ministre. Selon les
témoignages, plusieurs personnes ont été obligées de fuir la ville pour se
réfugier dans les villages environnants. On raconte également que la clôture
de la maison du chef canton a été détruite et qu’un champ de 4 hectares lui
appartenant a été incendié. Ces événements malheureux ont fait plusieurs
blessés et des exilés.
Les décisions de relever
le préfet et le chef canton de leur fonction contrastent avec le discours de
Faure Gnassingbé à Atakpamé en juillet 2007. Les « plus jamais ça »
déclamés pour annoncer la fin de l’impunité au Togo, se révèlent aujourd’hui
comme des canulars. Pour la deuxième fois, il a décidé de protéger son
ministre qui dirige un portefeuille sensible : la sécurité et la protection
civile. Et quand le préposé à ce poste supplante tout le monde et commande
des actes de violence, la paix est menacée. Que deviennent les associations
de défense des droits de l’Homme ?
R. Kédjagni
Sans
détour : Une cynique
Communauté Internationale sans foi, ni loi
« Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il
finirait par ne plus voir ce qui vaut la peine d’être regardé » (R.
CHAR)
Communauté Internationale (CI), un groupe de mots qui a perdu de
tout son poids au fil des ans, pour se réduire à sa plus simple expression.
Elle ne fait plus l’unanimité chez ceux qui ont le plus besoin de son appui.
Elle laisse aujourd’hui presque tout le monde indifférent, en raison de sa
légèreté et des nombreuses gaffes de ces dernières années affichées et
perpétrées par des êtres de moralité douteuse, à qui malheureusement, on a
cru devoir confier les rênes d’institutions a priori susceptibles d’inspirer
confiance.
La CI,
une expression qui, prononcée il y a trente, vingt ou quinze ans encore,
était source d’espérance pour tout peuple opprimé, tout leader de parti
politique d’Opposition ouvertement « en rébellion » de bon aloi
contre l’autorité de tout pouvoir prédateur et dévastateur du peuple spolié
par des aventuriers politiques, eux aussi, sans foi, ni loi, ignorant leur
devoir premier en tant que responsables politiques et administratifs qui
devraient prioritairement rechercher le bien du peuple, au lieu du leur.
La CI,
enfin, une expression qui faisait trembler les tenants du pouvoir dans les
pays africains incapables de s’autodiscipliner, et n’ayant pas eu la culture
de la discipline et de l’autodiscipline et qui ont constamment besoin de
Gendarmes de l’Extérieur pour le faire. Ces prédateurs et dévastateurs de ce
trésor que constitue le peuple, sachant qu’il n’était pas dans leur intérêt
de se mettre dans la ligne de mire de la CI, et d’être détestés par elle,
mettaient tout en œuvre pour ne pas se faire remarquer ouvertement comme
étant de « mauvais génies », des destructeurs de leur propre peuple,
jouaient d’habileté et de sournoiserie, faisant de beaux discours, mais dans
la pratique, se livrant au juste contraire de leur profession de foi,
conduisant sans coup férir, le peuple à une marche à reculons. Au bout de
tant d’années de gestion, le résultat est là.
Dans le cas spécifique de notre nation (cela est bien sûr valable aussi pour
le Congo Brazzaville, la RDC, le Rwanda, le Tchad et autres), s’il avait été
question de défendre le bon combat dans lequel se sont lancés les leaders de
l’Opposition depuis le début des années 90, il y a longtemps que justice
aurait été rendue à ces derniers. A dire vrai, il n’est pas aisé de se
mettre à la place de ces leaders, des êtres humains comme vous et nous,
confrontés, chemin faisant, à la mauvaise foi de ce que l’on appelle
Communauté Internationale, qui s’est révélée aujourd’hui comme un club
d’inconstants, de mal repus et un groupe de maffieux, de gaffeurs, et de
gens sans foi, ni loi, ayant vendu leur âme au diable.
En faisant une rétrospective, on ne peut pas ne pas avoir mal au cœur.
Comment peut-on imaginer, qu’après tout ce long chemin parcouru, après tant
d’années de galère vécue par les chefs de l’Opposition et le peuple qui
nourrissaient toujours de l’espoir, croyant avoir la CI avec eux, tenant bon
pendant si longtemps face à leurs adversaires sans ambitions pour leur pays,
on en soit arrivé à un complot contre ce peuple, œuvre de la CI, notamment,
de l’Union Européenne patronnée par un Louis Michel délirant qui croyait
tout récemment, voir le Togo bien parti pour servir de modèle à d’autres
pays ?
Après
le simulacre d’Accord Politique Global, et les législatives prétendues
transparentes avec une massive annulation de bulletins à des fins sournoises
et face à laquelle pas un petit mot de l’UE, ni du fameux
facilitateur-maison, Blaise Compaoré, malgré les protestations de l’UFC, où
en sommes-nous aujourd’hui ? A des décisions unilatérales et non
consensuelles, au piétinement des recommandations de l’APG, choses qui
progressivement renvoient le pays à la case-départ. Si le pouvoir RPT
n’avait pas le soutien de l’UE, de la CEDEAO, de Compaoré, et consorts, il
ne s’aventurerait pas dans ce nouveau désordre, alors que le pays sort d’une
période de grandes frustrations que la CI prétend tout mettre en œuvre pour
corriger. Le RPT n’est-il pas le seul à créer les problèmes du pays ? Où est
le sérieux ?
Alain SimoubA |