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Problématique d’un scrutin démocratique et pacifique en 2010 : Faure Gnassingbé entre professions de foi et manœuvres déloyales
Liberté Hebdo #458 du 23 jan 2009

           S’il y a un sujet qui revient sans cesse dans les discours de Faure Gnassingbé et qui occulte le quotidien des populations, c’est bien la présidentielle de 2010. On croirait la préoccupation de l’heure des Togolais. Toute l’attention de  l’« Esprit nouveau » n’est retenue que par ce sujet, frisant parfois l’obsession. Et à chaque fois que le thème est abordé, ce sont des professions de foi, des discours mielleux qui sont servis aux Togolais. Mais les actes suivent-ils?

De jolis discours

          Tout a commencé depuis le lundi 05 janvier dernier lorsque le Chef de l’Etat recevait les vœux des forces vives de la Nation. A l’occasion, Faure Gnassingbé a loué les élections ghanéennes saluées unanimement comme un exemple de démocratie, et promis s’en inspirer pour la présidentielle de 2010 au Togo. Ses détracteurs avaient plutôt vu en cette profession de foi une habile stratégie pour ne pas se mettre en marge de l’opinion. Pour eux, c’était parce que tout le monde saluait l’exemple ghanéen que Faure aussi a apprécié la chose, du moins verbalement. Tout compte fait, dans son allocution réponse aux sollicitations des forces vives de la Nation, le «Leader nouveau » a donné sa parole d’aller à l’école ghanéenne et faire de 2010 un scrutin clair, transparent, démocratique, surtout sans violences, et donc crédible. Lors de sa récente tournée à l’intérieur du pays, c’est le même refrain qui a été chanté. Que ce soit à Sokodé, Atakpamé, Kara, Dapaong ou Tsévié, c’était la même profession de foi. A cette dernière étape justement de sa tournée, Faure Gnassingbé est revenu en long et en large sur le sujet. La présidentielle de 2010, il a insisté la vouloir transparente, démocratique et sans violences, arrachant au passage des applaudissements nourris de la foule.

          On parie qu’à chaque manifestation publique, une fois que l’occasion sera offerte, ce sont les mêmes professions de foi qui se feront. Mais Faure Gnassingbé désire-t-il réellement un scrutin démocratique, crédible et sans violences ? Que fait-il pour y concourir ? Autant de questions qui mettent à jour des inquiétudes fort légitimes.

Passé lourd

Quand on jette un regard rétrospectif sur le passé, il y a de quoi nourrir des inquiétudes. Les Togolais savent ce que signifie élection dans leur pays, sous les Gnassingbé. Elle signifie tripatouillage constitutionnel, bourrage d’urnes, détournement de suffrages, hold-up électoral, violences et massacre des populations.  Toute l’histoire électorale est là pour témoigner. Avril 2005 est encore vivace dans les mémoires. Un plan de massacre a été mijoté juste pour imposer Faure Gnassingbé. Mille (1000) compatriotes ont été trucidés, cinq mille (5000) blessés et soixante mille (60000) autres envoyés sur les chemins de l’exil. Aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit, pour le clan Gnassingbé, du maintien au pouvoir. Et c’est le grand bénéficiaire de tout ce scénario qui clame aujourd’hui un scrutin démocratique, crédible et sans violences en 2010.

Terrain déjà miné

          On est tenté de croire en ses professions de foi, car, comme l’a récemment dit l’autre Fils de la Nation qui a repris « sa chose » à la FTF, seuls les imbéciles ne changent pas. Mais voilà, les actes posés dans  ce sens en dissuadent plus d’un. Tout semble déjà fait pour barricader le scrutin.

Si les élections ghanéennes qui font tant  bander Faure Gnassingbé ont été une réussite, c’est dû en partie à l’indépendance de la commission électorale de ce pays et des autres institutions intervenant dans le domaine. Mais au Togo, les manœuvres sont déjà entreprises pour la mettre davantage sous ordres. Le gouvernement, sous l’impulsion du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) vient de modifier unilatéralement la composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Une bonne place a été faite au pouvoir, au détriment de l’opposition. En plus, le gouvernement a déjà commandé un lot de kits biométriques à utiliser lors de ce scrutin. Et là aussi, unilatéralement.

Des manœuvres sont entreprises pour mettre aussi l’armée au pas. En tournée dans les casernes en fin d’année dernière, le « Leader nouveau» a appâté les hommes en arme à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes et de sacs de riz. Selon les indiscrétions, chacun aurait eu droit à 50.000F CFA. Lors de son passage au camp d’Adidogomé, il aurait requis de manière ostentatoire le soutien des hommes de troupes. « Est-ce que je peux compter sur vous pour 2010 ? » leur aurait-il demandé, sans détour. Une manœuvre déloyale en somme.

Il continuera dans la même veine lors de sa tournée à travers le pays. Faure profite de son statut de Chef de l’Etat et pose des actes s’inscrivant dans la perspective de 2010. L’argument d’échange de vœux avec les populations de l’intérieur allégué pour justifier cette tournée n’était qu’un masque. En réalité, c’est la campagne électorale qui continue. C’était Faure Gnassingbé la vedette de cette tournée. A toutes les étapes, on a fait lire aux porte-parole des populations des discours dithyrambiques à son endroit. On dirait qu’avec lui au pouvoir, il n’y a eu que du bon et le Togo est un eldorado. Même les décisions les plus insignifiantes prises par le gouvernement ont été politiquement récupérées et mises à son actif. Les officiels qui ont pris la parole n’ont fait que peindre Faure Gnassingbé en messie et appeler ouvertement les populations à adhérer à sa pseudo politique d’apaisement, de réconciliation et de réformes. L’allusion est ici faite aux prestations du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Pascal Bodjona   à Atakpamé qui comparait son mentor à Barack Obama, histoire d’embobiner les pauvres paysans, et au premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo qui a fait montre d’un militantisme surprenant. A Dapaong, un montage abracadabrantesque a été fait pour présenter les populations de la région offrant une somme de 500.000F CFA au Chef de l’Etat, leur contribution à la caution à payer  pour sa candidature. Et à l’heureux bénéficiaire  de les remercier et laisser entendre qu’il sait qui Dapaong votera an 2010. Cette mise en scène digne d’amateurs de Hollywood n’avait qu’un seul objectif : faire un clin d’œil aux populations de la région. Mais ils sont à compter sur le bout des doigts, les Togolais qu’un tel montage a séduits.

On le voit bien, les tractations sont d’ores et  déjà entreprises pour barricader le scrutin de 2010. C’est à coups de forcings, de campagne électorale anticipée et d’entreprises  sournoises  et déloyales que l’ont veut une élection démocratique, crédible et sans violences en 2010. De la mesquinerie!

Pablo E.


Licenciements en cascade à la SNPT : Après avoir pillé la société, le gouvernement cherche les raisons ailleurs

La  Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT), le plus beau fleuron de l’économie nationale est en mauvaise santé. Depuis une dizaine d’années, le secteur est confronté à des difficultés énormes à cause du vieillissement des équipements et installations. « La mine à Hahotoe et l’usine à Kpémé ressemblent fort à un champ de ruine : tout est délabré cannibalisé, immobilisé ». C’est le constat macabre fait récemment par l’Intersyndicale des travailleurs de cette entreprise. Avec un personnel démotivé et des machines usées et à l’arrêt, la production ne peut logiquement que baisser : 1,154 million de tonnes en 2006 contre le double en 1990, ou même 3,344 millions de tonnes en 1998, au temps fort du boom phosphatier.

          Depuis la semaine dernière, l’entreprise a entamé un plan de restructuration qui a vu le licenciement de 600 salariés. L’objectif de cette mesure, est d’«arriver à un assainissement rapide de la gestion et à une amélioration de la gouvernance afin de relancer cette société ».

          Selon le gouvernement, la situation catastrophique que traverse la filière des phosphates est consécutive à la grève générale illimitée qu’à connue notre pays. « Cette société est confrontée à d’énormes difficultés économiques dues aux effets négatifs  de la grève générale illimitée des années 90 qui l’ont empêché d’honorer ses engagements contractuels envers ses clients. Cette situation a également  entraîné la vétusté du matériel  d’exploitation et des difficultés de maintenance », indique le communiqué qui a sanctionné le conseil des ministres de mercredi.

Faut-il en rire ou pleurer? Le peuple n’est pas dupe et la voie tortueuse empruntée  par le gouvernement pour expliquer l’état de déliquescence avancée de la SNPT ne saurait tromper personne. Cette  façon pour le régime, de présenter les choses et se dédouaner relève tout simplement de la mauvaise foi.

Tout le monde sait que les tenants du pouvoir ne sont pas étrangers à la situation qui prévaut dans cette entreprise. Pendant de longues années, le phosphate est devenu pour eux  la vache à lait et ils en remplissaient allègrement les poches. D’après nombre de syndicalistes, la situation de détérioration de la SNPT relève de la responsabilité de ceux qui ont dirigé l’entreprise par le passé. Profitant de la gestion opaque de cette structure, certains responsables véreux se sont impliqués dans une série de malversations et de surfacturations dans l’achat de matériels. Malheureusement, il s’est instauré une culture d’impunité économique dans notre pays,  permettant à ceux qui ont commis des forfaitures  dans les sociétés d’Etat de courir   les rues en narguant en plus les pauvres citoyens.

D’ailleurs, qu’a fait l’actuel chef de l’Etat pour dissuader les responsables des crimes  économiques lorsqu’il était ministre des Mines ? Rien. Il s’en est tout simplement accommodé. Le ministre Noupokou Dammipi, n’a-t-il pas déclaré en décembre dernier que la SNPT a été gérée pendant 11 ans sans qu’aucune comptabilité n’ai été faite ? Et pour faire l’apologie du pillage, Dama Dramani a laissé entendre qu’« il n’y a pas qu’au Togo que de pareilles choses se passent » et qu’ailleurs, on fait pire que chez nous. Alors que les grands voleurs, ceux qui se livrent au pillage systématique sont connus de tous, le régime pousse le cynisme en indexant les effets de la grève générale illimitée. C’est le propre du pouvoir en place. Il trouve toujours  des boucs émissaires pour justifier ses propres turpitudes.

Grève des salariés licenciés

Les  agents remerciés de la SNPT ont lancé hier un mouvement de protestation contre le plan de restructuration, ont rapporté  nos confrères de Focus Infos. Selon les travailleurs licenciés, la direction de l’entreprise ne leur a pas fait un préavis, ni notifié les droits de licenciement.

Les employés disent avoir entendu des rumeurs de licenciement mais que la direction n’a jamais fait une notification, ni établi les conditions dans lesquelles ces licenciements allaient se faire. « Nous ne comprenons pas les critères de licenciement, car aujourd’hui nous constatons que la SNPT procède à un recrutement de stage de pré embauche, au  retour de certains travailleurs mis à la retraite, alors qu’au même moment tous ceux qui sont proches de la retraite, sont maintenus », se sont  indignés certains travailleurs.      

M.A.


Violences gratuites à Tchamba : Le chef de l’Etat opte pour l’impunité en cédant aux desiderata du ministre Titikpina

« Le conseil des Ministres a par ailleurs écouté un compte-rendu du Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales, Porte-parole du Gouvernement relatif à des troubles  sociaux  survenus récemment dans le canton de Tchamba  (préfecture de Tchamba). Ces troubles sociaux, nés de malentendus entre quelques personnes ont entraîné des violences sur des biens et des personnes, et ont mis le chef canton dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions », indique le communiqué ayant sanctionné le conseil des ministres de mercredi dernier.

On raconte que « le Président de la République, saisi, s’est personnellement investi afin de ramener le calme et la paix ». En fait, c’est la formule consacrée. « Malheureusement, ajoute le communiqué, les malentendus se sont poursuivis dans le canton de Tchamba. Au regard de la gravité de ces évènements malheureux, le conseil des Ministres a pris les décisions qui s’imposent afin d’apaiser les populations et de garantir la paix et la cohésion sociale».

Voilà qu’un Président de la République qui, bien qu’il se soit personnellement investi, n’est pas arrivé à rasséréner les cœurs dans le canton de Tchamba. N’est-ce pas qu’il est le premier magistrat et qu’il se doit de s’imposer à tout le monde ? De deux choses, l’une : on est chef de l’Etat ou on ne l’est pas.

Pour un cadre de la préfecture que nous avons contacté la semaine dernière, au temps fort de la crise, les commanditaires des violences sont connus et doivent être poursuivis. «Que l’on ne s’arrête pas qu’aux petits exécutants interpellés et que le droit s’applique. Ce sera une mesure dissuasive pour d’autres qui tenteront d’aller encore dans cette voie », avait-il déclaré. Mais curieusement, au moment de prendre des sanctions, le chef de l’Etat a préféré épargner le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Atcha Titikpina, accusé d’être le cerveau des troubles sociaux. Ce sont plutôt le préfet de Tchamba et le chef canton qui sont sanctionnés. Voici « les décisions qui s’imposent afin d’apaiser  les populations et de garantir la paix et la cohésion sociale»: « Par décret pris en conseil des ministres: il est mis fin aux fonctions du Préfet de Tchamba, M. Djandjo Bagmalawoè » ; «Par décret pris en conseil des ministres : est abrogé le décret N°95-077/PR du 19 octobre 1995, portant reconnaissance de la désignation de M. Titikpina Oudja-Bouh, chef du canton de Tchamba dans la préfecture de Tchamba».

Des mesures qui feront sûrement plaisir à l’ancien aide de camp de Faure Gnassingbé. A l’origine était une affaire de chefferie. A la mort de leur père qui était le chef canton de Tchamba, le trône a été confié à une autre famille. Mais le ministre a usé de toute son influence pour reprendre le trône et le confier à son demi-frère Titikpina Oudja-Bouh. Après plus d’une décennie d’embellie, les relations se sont dégradées entre les deux personnes lors des primaires version RPT pour les élections législatives de 2007. Le chef avait ses raisons que le ministre ne connaissait point. Il a apporté son soutien à Mme Larba Apoudjak au détriment d’Agbèrè Kabala, le protégé du ministre. Une témérité qui n’a pas plu à Monsieur le ministre qui s’est juré de l’évincer du trône. Un premier bras de fer avait opposé les deux frères l’année dernière. Le chef avait passé beaucoup de temps à Lomé parce qu’étant interdit de revenir à Tchamba. Les choses ne sont rentrées dans l’ordre que grâce à certaines interventions.

Mais les vieux démons se sont réveillés le 29 décembre dernier. Sous le prétexte que la Justice n’aurait pas dit le droit dans le différend d’indemnités versées aux orphelins du défunt Titikpina Mashoud, frère aîné du Colonel, les jeunes à la solde du ministre et armés de coupe-coupe, gourdins et autres armes blanches s’étaient introduits chez de paisibles citoyens  et avaient semé la panique au sein de la population. Selon les informations, les jeunes se sont rendus au domicile du désormais ex-chef canton de Tchamba pour en finir avec lui. Il n’a eu la vie sauve qu’en filant à l’anglaise avec sa famille. Il est fait état que les jeunes ont fait le tour de plusieurs quartiers et menacé de tuer tous ceux qui s’opposeraient au ministre. Selon les témoignages, plusieurs personnes ont été obligées de fuir la ville pour se réfugier dans les villages environnants. On raconte également que la clôture de la maison du chef canton a été détruite et qu’un champ de 4 hectares lui appartenant a été incendié. Ces événements malheureux ont fait plusieurs blessés et des exilés.

Les décisions de relever le préfet et le chef canton de leur fonction contrastent avec le discours de Faure Gnassingbé à Atakpamé en juillet 2007. Les « plus jamais ça » déclamés pour annoncer la fin de l’impunité au Togo, se révèlent aujourd’hui comme des canulars. Pour la deuxième fois, il a décidé de protéger son ministre qui dirige un portefeuille sensible : la sécurité et la protection civile. Et quand le préposé à ce poste supplante tout le monde et commande des actes de violence, la paix est menacée. Que deviennent les associations de défense des droits de l’Homme ?
R. Kédjagni


Sans détour : Une cynique Communauté Internationale sans foi, ni loi

          « Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait  par ne plus voir ce qui vaut la peine d’être regardé » (R. CHAR)

          Communauté Internationale (CI), un groupe de mots qui a perdu de tout son poids au fil des ans, pour se réduire à sa plus simple expression. Elle ne fait plus l’unanimité chez ceux qui ont le plus besoin de son appui. Elle laisse aujourd’hui presque tout le monde indifférent, en raison de sa légèreté et des nombreuses gaffes de ces dernières années affichées et perpétrées par des  êtres de moralité douteuse, à qui malheureusement, on a cru devoir confier les rênes d’institutions a priori susceptibles d’inspirer confiance.

La CI, une expression qui, prononcée il y a trente, vingt ou quinze ans encore, était source d’espérance pour tout peuple opprimé, tout leader de parti politique d’Opposition ouvertement « en rébellion » de bon aloi contre l’autorité de tout pouvoir prédateur et dévastateur du peuple spolié par des aventuriers politiques, eux aussi, sans foi, ni loi, ignorant leur devoir premier en tant que responsables politiques et administratifs qui devraient prioritairement rechercher le bien du peuple, au lieu du leur.

La CI, enfin, une expression qui faisait trembler les tenants du pouvoir dans les pays africains incapables de s’autodiscipliner, et n’ayant pas eu la culture de la discipline et de l’autodiscipline et qui ont constamment besoin de Gendarmes de l’Extérieur pour le faire. Ces prédateurs et dévastateurs de ce trésor que constitue le peuple, sachant qu’il n’était pas dans leur intérêt de se mettre dans la ligne de mire de la CI, et d’être détestés par elle, mettaient tout en œuvre pour ne pas se faire remarquer ouvertement comme étant de « mauvais génies », des destructeurs de leur propre peuple, jouaient d’habileté et de sournoiserie, faisant de beaux discours, mais dans la pratique, se livrant au juste contraire de leur profession de foi, conduisant sans coup férir, le peuple à une marche à reculons. Au bout de tant d’années de gestion, le résultat est là.

Dans le cas spécifique de notre nation (cela est bien sûr valable aussi pour le Congo Brazzaville, la RDC, le Rwanda, le Tchad et autres), s’il avait été question de défendre le bon combat dans lequel se sont lancés les leaders de l’Opposition depuis le début des années 90, il y a longtemps que justice aurait été rendue à ces derniers. A dire vrai, il n’est pas aisé de se mettre à la place de ces leaders, des êtres humains comme vous et nous, confrontés, chemin faisant, à la mauvaise foi de ce que l’on appelle Communauté Internationale, qui s’est révélée aujourd’hui comme un club d’inconstants, de mal repus et un groupe de maffieux, de gaffeurs, et de gens sans foi, ni loi, ayant vendu leur  âme au diable.

En faisant une rétrospective, on ne peut pas ne pas avoir mal au cœur. Comment peut-on imaginer, qu’après tout ce long chemin parcouru, après tant d’années de galère vécue par les chefs de l’Opposition et le peuple qui nourrissaient toujours de l’espoir, croyant avoir la CI avec eux, tenant bon pendant si longtemps face à leurs adversaires sans ambitions pour leur pays, on en soit arrivé à un complot contre ce peuple, œuvre de la CI, notamment, de l’Union Européenne patronnée par un Louis Michel délirant qui croyait tout récemment, voir le Togo bien parti pour servir de modèle à d’autres pays ?

Après le simulacre d’Accord Politique Global, et les législatives prétendues transparentes avec une massive annulation de bulletins à des fins sournoises et face à laquelle  pas un petit mot de l’UE, ni du fameux facilitateur-maison, Blaise Compaoré, malgré les protestations de l’UFC, où en sommes-nous aujourd’hui ? A des décisions unilatérales et non consensuelles, au piétinement des recommandations de l’APG, choses qui progressivement renvoient le pays à la case-départ. Si le pouvoir RPT n’avait pas le soutien de l’UE, de la CEDEAO, de Compaoré, et consorts, il ne s’aventurerait pas dans ce nouveau désordre, alors que le pays sort d’une période de grandes  frustrations que la CI prétend tout mettre en œuvre pour corriger. Le RPT n’est-il pas le seul à créer les problèmes du pays ? Où est le sérieux ?

Alain SimoubA

 

 
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