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Bonne gouvernance politique et économique : Kondi Agba nommé ministre d’Etat, Président de la Commission nationale du MAEP

Libert Hebdo #456 du 19 jan 2009

- Une nomination qui ne plaît pas aux nouveaux riches du pouvoir

Au cours de l’année dernière, le gouvernement togolais a exprimé ses vœux d’adhérer au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Le ministre des Affaires étrangères d’alors, le Prof. Léopold Gnininvi, avait planché sur le dossier. Et au sommet de Charm el-cheikh, le Togo a officiellement adhéré au mécanisme. Entre-temps, Faure Gnassingbé  était à Cotonou pour assister à une réunion des chefs d’Etat sur le MAEP.

          Aujourd’hui, le Togo vient de faire un grand pas en mettant en place sa commission nationale. Selon les informations en notre possession, l’ancien ministre de la Santé, Prof. Charles Kondi Agba serait nommé, ministre d’Etat, Président de la Commission nationale du MAEP. Cette structure est capitale dans la mise en œuvre du mécanisme. Qui plus est, elle n’est pas dirigée par n’importe qui. Au Bénin qui a adhéré au MAEP le 31 mars 2004, la Commission nationale est pilotée par  le Prof. Honorat Aguessy.

          Même s’il nous revient que sa nomination ne plairait pas aux jeunes loups et aux nouveaux riches du RPT, le Prof. Kondi Agba doit se décarcasser pour que ce processus aille jusqu’au bout. C’est un passage obligé pour la bonne gouvernance politique, économique et le développement. C’est cette Commission qui doit élaborer clairement un programme d’action assorti d’un calendrier précis pour la mise en œuvre de la Déclaration sur la gouvernance démocratique, politique, économique et des entreprises, y compris les évaluations périodiques.

Ce qu’il faut savoir du MAEP

          En fait, le MAEP est une émanation du Nouveau partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). A la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, 38ème session ordinaire de l’Organisation de l’unité africaine du 8 juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud), les chefs d’Etats africains ont adopté une déclaration sur la gouvernance démocratique, politique, économique et des entreprises. Au point 28 de cette Déclaration, on peut retenir : « Nous sommes convenus, individuellement, de mettre sur pied un Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) sur la base d’une adhésion aux engagements pris dans la présente Déclaration et leur respect. Il définit les institutions et processus qui guideront les évaluations futures entre pairs sur la base des codes et des normes de gouvernance démocratique, politique, économique et des entreprises, convenus d’un commun accord ».

          Selon le document de base du MAEP, le Mécanisme se définit comme « un instrument auquel les Etats membres de l’Union Africaine adhèrent volontairement et qui sert de mécanisme de contrôle des Africains par les Africains ». Il vise à favoriser l’adoption des politiques, des normes et des pratiques qui visent la stabilité politique, la croissance économique accrue, le développement durable et l’intégration économique sous-régionale et continentale accélérée à travers l’échange d’expériences et le renforcement des meilleures pratiques, y compris l’identification des faiblesses et l’évaluation des besoins de renforcement des capacités.

          Sur le plan de la démocratie et la gouvernance politique, l’objectif visé est de consolider un ordre constitutionnel politique dans lequel la démocratie, le respect des droits de l’homme, l’Etat de droit, la séparation des pouvoirs et une fonction publique efficace et responsable, la lutte contre la corruption dans la sphère politique doivent être une réalité concrète pour assurer un développement durable et asseoir une société paisible et stable. Une démocratie constitutionnelle, y compris la concurrence et l’opportunité de choix politique et l’alternance politique doivent être de mise. Sans oublier la séparation des pouvoirs et la protection de l’indépendance du pouvoir judiciaire et d’un parlement efficace.

          Pour la gouvernance et la gestion économique, les objectifs doivent concourir à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. Il faut entre autres, mettre en œuvre des politiques économiques transparentes, prévisibles et crédibles du gouvernement ; lutter contre la corruption et le blanchiment d’argent ; promouvoir une gestion saine des finances publiques.

          La gouvernance des entreprises concerne les principes, les éthiques, les valeurs et les pratiques qui facilitent le maintien de l’équilibre entre les objectifs sociaux et économiques et entre les objectifs communautaires et individuels.

          Sur tous ces plans, le Togo a beaucoup de chemin à faire et avec la nomination d’Agba, les as de la mauvaise gouvernance commencent déjà à se faire du mauvais sang. Par exemple, le Ghana a réalisé son évaluation en 2006 et a reçu les félicitations des chefs d’Etat au sommet de l’Union Africaine au Soudan. C’est un mécanisme qui rassure nombre de partenaires qui n’hésitent pas à ouvrir leur chéquier. Le Togo a beaucoup à y gagner.

          En rappel, le document de base prévoit les quatre différentes composantes organisationnelles du MAEP. Il y a le Comité des chefs d’Etat et de gouvernement participants (forum des chefs d’Etat) qui est la plus haute instance de prise de décision du MAEP ; le Panel Eminentes Personnalités qui supervise le processus d’évaluation pour assurer son intégrité, examine les rapports d’évaluation et fait des recommandations au forum ; le Secrétariat du MAEP qui fournira au MAEP son appui technique, administratif ; l’Equipe d’évaluation des pays qui a pour mission la visite des pays, la préparation du bilan du progrès accompli par rapport au Programme d’action du pays et la rédaction des rapports du MAEP par pays. Enfin, cinq étapes sont identifiées par le document de base.

R. Kédjagni


Compression à la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT) Après les 420 personnes, 180 autres employés viennent d’être licenciés

Pendant que le gouvernement fait beaucoup de bruit autour de sa politique de création d’emploi avec les 4 000 admis au dernier concours de recrutement dans la fonction publique, le Président du Conseil d’Administration et Directeur par intérim de la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT), Florent Maganawé, a licencié mercredi dernier 420 employés dont 20 cadres, 129 agents de maîtrise et 271 agents d’exécution. « Dans le cadre de la restructuration de la SNPT, un plan social portant licenciement d’une partie du personnel a été décidé », précise la note de service N° 002 janvier 2009. Comme il est mentionné sur la liste « à suivre », 180 autres employés viennent d’être remerciés dans la nuit de vendredi à samedi. Ce qui porte pour l’heure le nombre à 600 personnes concernées par la « mesure de restructuration ».

          « C’est avec amertume et tristesse que nous avons vu nos noms sur cette liste et beaucoup de nos collègues ont fondu en larmes. On ne connaît même pas les raisons et les critères sur lesquels ils se sont basés pour nous licencier. Je pense que cela a été fait de façon arbitraire », déplore un licencié. Tout a l’air d’un règlement de compte puisqu’on indique que cette mesure ne s’est pas fondée sur la compétence, l’âge des travailleurs et leur durée de travail dans la société. On susurre que les contractuels se comptent au bout des doigts dans le lot des licenciés.

          Découvert au Togo en 1952, le phosphate est la principale source de revenus du pays. Après les années de gloire, la production s’est effondrée ces dix dernières années, passant de 5,4 millions de tonnes en 1997 à 842 000 tonnes à la fin 2008. La société fut victime d’un pillage systématique et lors d’une récente intervention devant les députés à l’Assemblée nationale, le ministre des Mines, de l’Energie et Eau, Dammipi Noupokou, reconnaissait que cette entreprise a été gérée pendant onze ans sans aucune comptabilité. Un exploit salué par le Président du Groupe parlementaire RPT, Dama Dramani, qui a déclaré qu’« ailleurs, il y a pire qu’au Togo». 

R. Kédjagni

 

 

 
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