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Resté une initiative personnelle de l’Exécutif depuis son adoption en juin
2004, le Document de la Stratégie intérimaire de Réduction de la Pauvreté (DSRP
I) connaît désormais sa phase participative avec les acteurs locaux du
secteur privé et de la société civile, ainsi que les partenaires au
développement dont le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD). Aussi les acteurs locaux se sont-ils embrigadés à Togoville pour
apporter depuis le 24 décembre 2008 leurs idées au Document complet baptisé
DSRP-C. La mouture est ensuite soumise à l’appréciation du gouvernement qui
doit internaliser les contributions des populations collectées par les
différentes équipes de la société civile. A la fin, le Document complet de
la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP-C) restera pour les cinq
prochaines années la Bible des acteurs de développement au Togo. En clair,
il est le seul document de plaidoyer à partir duquel se constitueront tous
les projets à soumettre au financement extérieur. Et les bailleurs de fonds
auront à chaque fois un regard sur le DSRP-C pour cibler les décaissements
en faveur des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Le DSRP-C vise essentiellement l’amélioration de la gouvernance politique et
économique, la consolidation du processus de relance économique et de
promotion du développement durable et le développement des secteurs sociaux,
des ressources humaines et de l’emploi. La stratégie devra permettre au pays
d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE pour un allègement
substantiel du fardeau de la dette togolaise afin d’assurer la réalisation
des OMD.
Les deux préoccupations des OSSC
La contribution nationale de la Coordination des organisations syndicales et
de la société civile pour le DSRP (COSSC/DSRP) a été officialisée le 5
décembre 2008 à Tsévié. Les organisations syndicales et de la société
civile (OSSC) veulent ainsi conserver et renforcer le principe de base de
leur action qui est de renforcer et de responsabiliser les communautés de
base dans leur lutte contre les divers aléas en leur apportant l’appui
conseil nécessaire, en se positionnant davantage comme un partenaire de
développement de l’Etat dans la lutte contre la pauvreté au Togo. Pour ce
faire deux préoccupations majeures formulées tendent à optimiser les chances
de réussite dans la misse en œuvre du DSRP-C.
Par rapport aux axes et programmes du DSRP-C, le grand défi pour les OSSC du
Togo se repose essentiellement sur la mise place et l’animation d’un cadre
permanent de concertation entre les différentes composantes de la Société
civile et le renforcement de capacités techniques (au plan plaidoyer et le
lobbying, le contrôle citoyen de l’action publique, …) et opérationnelles.
Au regard des programmes, les OSSC estiment qu’un programme supplémentaire
pour leur promotion s’avère nécessaire et peut se décliner en actions comme
l’organisation de la société civile, l’institutionnalisation du statut
juridique de la Société civile, le renforcement de capacités des OSSC, le
financement des OSSC, et la mise en place d’un système d’information et de
communication assortie de base de données. De quoi ressortir la volonté
manifeste du Gouvernement togolais de ne laisser aucune couche socio
professionnelles de la société pour compte. La mise en œuvre de ce programme
incombe aux OSSC elles-mêmes qui auront pour mission de faire en sorte que
toutes les OSSC s’y retrouvent et se reconnaissent.
Par rapport à l’implication des OSSC dans la mise en œuvre du DSRP-C, leur
participation ou implication effective à la mise en œuvre des différents
programmes du DSRP-C est indispensable. Particulièrement la mise en œuvre
des programmes ayant trait à la réduction de la pauvreté, l’accès aux
services essentiels, la relance de l’économie agricole, l’environnement,
l’éducation et la formation, etc., pour plus d’efficacité, devraient être
relayés à la base par les OSSC. L’importance du rôle joué par les OSC dans
les secteurs sociaux notamment en matière d’éducation, d’alphabétisation,
d’agriculture, de formation, de santé ainsi que de promotion du genre et des
activités génératrices de revenus (AGR) n’est plus à démontrer.
Sylvestre D.
Revendications sociales : L’ISTT en autocritique début 2009
A
quoi sert l’Intersyndicale des travailleurs du Togo (ISST)? Que fait-on avec
l’ISTT? Qui fait quoi au sein du groupe? Que doit-on en conclure? Autant de
questions sans réponse qui hantent les dinosaures de l’ISTT, au point qu’un
fort courant de suspicion empêche aujourd’hui les porte-parole des
travailleurs sans voix d’exprimer véritablement leurs doléances. A la sortie
de la récente audience avec le Premier ministre Gilbert Houngbo, le fait de
déclarer que la primeur de l’information est réservée à la base semble
cacher le malaise. Jusque-là, la base attend.
Selon une confidence proche de l’ISTT, «cela a été beaucoup plus la
première rencontre de prise de contact avec le Premier ministre depuis sa
nomination, avant de s’ouvrir à une répétition des revendications
traditionnelles». Et de poursuivre qu’au tout début du mois de janvier,
l’union syndicale sera en conclave pour réfléchir. En clair, il faudra se
dire en interne la vérité, reconnaître les dérives des uns et des autres.
Car le constat est fait que les travailleurs, lassés par les attitudes de
corruptibilité d’un passé récent, ont l’impression de se laisser aller à une
autre mésaventure. Au lendemain du vote du budget 2009, on ne voit pas
clairement où on est conduit, confie un censeur de lycée.
La même source confie qu’un climat d’identification traverse
l’Intersyndicale. Entre eux, contrairement aux vertus syndicales, les
leaders se rangent aujourd’hui en des catégories distinctes. Avec la
précision que les habitués du sérail des travailleurs peuvent aisément voire
qu’il y a le troisième larron sur les cinq leaders qui joue bien le rôle au
moment de faire la décision. Au point d’ironiser pour plutôt féliciter le
politique.
L’autre scandale est que certains prient déjà à une dissolution pure et
simple voire une refonte de l’ISTT, sans jamais confirmer l’intention de
vouloir créer un autre regroupement de centrales syndicales sur la base de
l’affinité. Ce qui est difficile à réaliser, vu le bras de fer qui est en
faveur de la minorité, si l’on s’en tient à l’effectif des leaders syndicaux
qui animent l’Intersyndicale des travailleurs du Togo.
Sylvestre D.
Pour
constituer le stock de sécurité : Le sac de maïs augmenté à 18.000 F
Dans le prolongement de la récente flambée incompréhensible du prix du maïs
au Togo, le pouvoir de Faure Gnassingbé s’est décidé à garantir la sécurité
alimentaire, à défaut de la souveraineté alimentaire. L’autre objectif
recherché veut qu’on lutte contre les réseaux de spéculateurs qui ont
profité de l’opération d’achat du Programme alimentaire mondial (L’Union
n°158 du 26 décembre 2008). Depuis le début de semaine, l’Exécutif a
donc débloqué une somme de deux milliards de francs CFA pour collecter les
céréales (maïs, riz, sorgho, mil) dans les zones de production dès le 2
janvier prochain en vue de garnir les magasins de l’Agence nationale de
sécurité alimentaire (ANSAT). 12.000 tonnes de céréales doivent être
rassemblées dans un délai de 30 jours, c’est-à-dire à la fin janvier 2009.
En réalité, c’est la rondelette cagnotte de 1,6 milliard de francs qui est
destinée à constituer le stock de sécurité, à raison de 1,4 milliard pour le
maïs, 150 millions pour le riz local usiné, 56 millions pour le mil et 56
millions pour le sorgho. Dans cette optique, une réunion a eu lieu le mardi
dernier entre l’ANSAT et les groupements de paysans pour étudier les
modalités de constitution dudit stock. «Il s’est agi d’une réunion
périodique que l’ANSAT entretient avec les producteurs sur le plan national»,
a précisé le Colonel Ouro Koura Agadazi, directeur de l’ANSAT. Aux termes
des discussions, il a été décidé de commun accord de fixer le prix d’achat
du maïs auprès des paysans à 18.000 francs le sac de 100 kg, soit 450 francs
le bol. L’opération se réalisera exclusivement avec les trois grandes
centrales organisées de producteurs à savoir la Centrale des producteurs de
céréales (CPC), le Mouvement alliance paysanne du Togo (MAPTO) et la
Coordination togolaise des paysans (CTOP). Le prix d’achat du riz usiné
blanc est pour sa part fixé à 40.000 francs le sac de 100 kg. Avec la forte
précision que l’accent sera mis sur la qualité des céréales fournies. Comme
au marché, les prix ont été arrêtés après une moyenne des différentes offres
faites par les producteurs et l’ANSAT.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que les organisations de paysans se
sentent soulagées. Car, à l’issue d’une première rencontre le 18 septembre
2008, le prix d’achat du sac de 100 kg de maïs avait été fixé à 14.000
francs CFA. Mais, «entre-temps, les données ont changé avec la flambée du
prix du mais dans les lieux de consommation, c’est-à-dire les marchés,
entretenue par les réseaux de spéculateurs. Par rapport à cette donne,
l’Etat a mis à la disposition de l’ANSAT les moyens financiers pour lui
permettre de collecter rapidement les stocks de céréales pour répondre en
2009 aux besoins alimentaires des consommateurs togolais», a renchérit
le Col. Agadazi. Et d’ajouter qu’il est plus que nécessaire de mener des
actions de grande envergure au niveau des marches de production. «Avec ce
signal fort du gouvernement, nous allons revenir au niveau des marchés de
production pour stimuler les prix au niveau de la production, mais en même
temps contenir les velléités de hausse au niveau des marchés de
consommation», conclut-il.
Rappelons qu’après le 18 septembre, les paysans avaient senti un
fléchissement dans l’action du gouvernement à travers l’ANSAT, ce qui les
obligea à céder leurs stocks à moindre coût aux commerçants qui les
revendent à un prix exagéré dans les marchés de consommation. Le nouveau
stock à constituer sera revendu courant mai à un prix subventionné dans les
kiosques ANSAT provisoirement fermés pendant les temps de récolte.
Sylvestre D.
La
bourse des produits agricoles pour 2009
L’autre information livrée aux groupements de paysans reste l’imminence de
la bourse des produits agricoles. Et, visiblement, tout se fera vite pour
son effectivité courant 2009. Comme nous l’évoquions dans notre dernière
parution. Selon les explications de Dr Birregah Charles, l’un des tenants du
nouvel instrument, la bourse agricole devra permettre au paysan togolais de
s’approprier le marché national et aussi s’ouvrir à l’extérieur. «La
bourse est la solution à la famine, l’instrument privilégié pour développer
l’agriculture, contrairement à la méthode du prix administré à travers le
collectivisme pratiqué dans l’ex Union soviétique», a-t-il dit.
Autrement, la bourse sert à rencontrer l’offre et la demande, c’est-à-dire
les acheteurs et les vendeurs, pour avoir à chaque moment un prix
d’équilibre, un prix qui encourage le paysan à produire et le consommateur à
pouvoir pourvoir convenablement à toutes les matières premières dont il a
besoin. Ce qui va casser la spéculation ou le phénomène de la vie chère.
«A travers la bourse, il va falloir développer au niveau des céréales les
contrats à terme, c’est-à-dire maîtrisant les acteurs sur la bourse, des
contrats seront faits pour les saisons prochaines. Conséquence : le paysan
étant sûr d’écouler sa marchandise sera motivé davantage et produira plus»,
a précisé Dr Birregah qui y trouve déjà une manière de provoquer désormais
un exode urbain pour s’adonner à la terre. Plus est, la bourse va permettre
aux bourgades de se développer et à l’Etat d’avoir la vérité sur les
chiffres et la quantité annuelle consommée afin d’adapter une politique
appropriée. Des investissements privés pourront aussi faire leur intrusion
dans le développement agricole au travers de la bourse agricole. L’Agence
nationale de sécurité alimentaire sera l’instrument privilégié et fiable qui
représentera le pouvoir public pour garantir les contrats et assurer la
livraison des quantités de céréales du producteur jusqu’au consommateur.
L’innovation consistera à doter la bourse des standards modernes qui
permettent au paysan de communiquer son prix et les quantités disponibles.
L’outil informatique sera ainsi utilisé pour annoncer en temps les prix sur
tout le territoire. De quoi lutter contre la mévente et les récoltes
perdues. Le tout vise à accroître la production locale et améliorer le
circuit de distribution des céréales et produits vivriers locaux.
Le projet de bourse agricole est déjà actif au Niger, au Mali et, depuis
avril 2008, en Ethiopie.
Développement social:
La population togolaise estimée à près de 6 million
Elle double tous les 29 ans.
Le taux de chômage est à 6,8%
Le taux de vulnérabilité à la pauvreté estimé à 81,8% des individus
Alors que le Togo se prépare à lancer des opérations de recensement général
de sa population en 2009, le quatrième du genre, celle-ci est estimée à 5
598 000 d’habitants en 2008, contre 4,629 millions en 2000, dont 6,8% de
chômeurs. Elle compte un peu plus de femmes (51%) que d’hommes (49%), avec
42,2% de personnes âgées de moins de 15 ans, 31,5% entre 15 et 34 ans, et
6,5% pour les 80 ans et plus. La densité moyenne pour l’ensemble du pays y
est de 99 habitants au kilomètre carré.
Ces chiffres sont contenus dans un rapport sur l’Etat de la population
togolaise publié mardi à Lomé par le Fonds des Nations Unies pour la
population (UNFPA). L’institution onusienne situait cette population à
728 000 en 1922, lors d’un tout premier recensement de la population
togolaise au cours de la période coloniale. Au dernier recensement, en 1981,
elle était de 2,719 millions d’âmes. Elle est passée à 3,492 millions
d’individus en 1990 et à 4,629 millions de personnes en 2000 d’après la
direction générale de la statistique et de la comptabilité nationale.
Le rapport de l’UNFPA compilait ainsi des données d’enquêtes démographiques
et de santé et des données de la direction générale de la statistique. En 86
ans, de 1922 à 2008, la population togolaise s’est multipliée par 7,7. A ce
rythme d’accroissement, indique l’UNFPA, elle n’atteindra que 6,446 millions
en 2015, 8,171 millions en 2025, 10,358 millions en 2035… et 16,644 millions
d’âmes en 2055. Soit un doublement de la population tous les 29 ans.
Le sud plus peuplé
Il est indiqué que la population togolaise est inégalement répartie et se
caractérise par un glissement des résidents des régions septentrionales vers
les régions méridionales. En 2008, sur 10,8% de la superficie du pays, la
région Maritime, avec 2 551 500 habitants, regroupe 44,9% de la population
du pays dont plus de la moitié soit 1 517 100 individus résident dans la
commune et l’agglomération de Lomé. La région Maritime est plus peuplée et a
une densité de 412 habitants au kilomètre carré en 2008, contre une densité
moyenne de 99 habitant/km².
La région des Plateaux demeure la plus vaste –presque le tiers du pays– mais
22,5% de la population ; les régions Centrale et de la Kara –deuxième et
troisième de part l’étendue– avec respectivement 9,1% et 12,3% de la
population. La Savane, quatrième par l’étendue, boucle avec 11,4% de la
population en 2008.
Population relativement pauvre
Avec un indice de développement de 0,495 (en 2005), la population togolaise
est de toute évidence exposée à la pauvreté. La pauvreté est essentiellement
perceptible dans la zone rurale où vivent 79,9% des individus pauvres. Le
taux de vulnérabilité à la pauvreté est à 81,8% des individus, répartis
entre les pauvres durables 39,6%, les pauvres transitoires 22% et les non
pauvres mais vulnérables 20,6%, indique le rapport sur l’Etat de la
population du Togo. Ainsi, le bas taux du chômage (6,8%), assez surprenant,
s’explique d’après le rapport par l’importance du taux des sous-emplois
–emplois précaires– estimés par l’UNFPA à 26,1%. Le chômage est plus élevé
chez les jeunes de 15 à 24 ans (10,6%). Les ménages pauvres durables dirigés
par des femmes supportent en moyenne près de 1,9 chômeurs ou inactifs contre
1,5 pour ceux dirigés par les hommes.
Disparités éducation-santé
Le taux d’alphabétisation, un des plus élevés de la sous région, se chiffre
à 76,4% pour les jeunes de 15 à 24 ans et à 56,9% pour les adultes. Il s’en
souvient que l’un des buts des Objectifs du millénaire pour le développement
(OMD) est l’accès universel à l’éducation de base et l’achèvement du cours
primaire. Le Togo qui tient à atteindre cet objectif connaît un taux net de
scolarisation dans le primaire (6-11 ans) est passé de 67% en en 1991… à
79,3% en 2006. Avec ce léger écart enter les garçons (88%) et les filles du
même groupe d’âge (76%). Dans les milieux urbains, 94% des enfants sont
scolarisés contre 77% en zone rurale.
En revanche, le taux de mortalité infantile était estimé en 2006 à 77 pour
1 000, alors que la probabilité de mourir des enfants âgés de moins de 5 ans
tourne autour de 123 pour 1 000, indique le rapport sur l’Etat de la
population. Cette probabilité est deux fois plus élevée dans les zones
rurales. Et pourtant, la couverture vaccinale est de plus en plus renforcée.
A total, un peu moins d’un enfant sur deux (48,3%) a reçu toutes les huit
doses de vaccins du Programme élargi de vaccination et, parmi eux, 43% ont
été complètement vaccinés avant leur premier anniversaire. Dans le même
temps, 6% des enfants n’ont reçu aucun vaccin avant l’âge d’un an.
De la même manière, la mortalité maternelle a été évaluée au plan national,
et d’une manière fiable pour la première fois en 1998 et le niveau du Taux
de mortalité maternel (TMM) a été estimé à 478 décès pour 100.000 naissances
vivantes pour la période 1993-1996. «Si le Togo voudrait atteindre
l’objectif 5 des OMD, des efforts conséquents doivent être déployés pour
ramener le taux de mortalité maternelle aux horizons de 2015 à 120 décès
pour 100 000 naissances vivantes pour la périodes 1993-1996», recommande
l’UNFPA.
Large accès à l’eau potable
Il est relevé enfin qu’un total de 61% de la population ont accès à une
source d’approvisionnement améliorée en eau de boisson en 2006 contre 48% en
2000. Cette proportion est deux fois plus élevée dans les zones urbaines
(90%) que dans les zones rurales (43%). Les sources d’approvisionnement en
eau potable améliorées utilisées au Togo sont l’eau courante (5%), les
bornes fontaines/kiosques à eau (35%), les forages (10%) et les puits
protégés/l’eau de source protégée (7%).
Au regard des disparités constatées de part et d’autre, il est craint que le
Togo pourra difficilement atteindre ne serait-ce que un ou deux des
Objectifs du millénaire pour le développement sans efforts conséquents en
2015.
Jean Afolabi
Retour
à l’orthodoxie financière : Les résultats des reformes opérées
Le Togo a renoué avec la Communauté Economique et Financière internationale.
Cela est le résultat des différents programmes de réformes politiques et
économiques mis en place par les autorités togolaises depuis 2005.
Aujourd’hui, presque tous les bailleurs de fonds ont décidé d’accompagner le
gouvernement et les résultats sont publiés par le Secrétariat Permanent
chargé des réformes économiques et des programmes avec les bailleurs de
fonds (SP-PRPF), institution rattachée au ministère des Finances.
Année 2007 :
Reprise de la coopération avec l’Union Européenne et déblocage des reliquats
des 6ème, 7ème et 8ème Fonds Européen de Développement (FED), puis
notification au Togo du 9ème FED (2008-2012).
Année 2008 :
21 avril 2008 : Le Fonds Monétaire International (FMI) a alloué au
Togo une somme d’un montant de 108 millions de dollars US soit 49 milliards
de francs CFA environ au taux de 450 FCFA le dollar US sur trois (3) années
pour soutenir les réformes en vue de la relance de l’économie dont 13
millions de dollars US, soit 9 milliards de francs CFA environ, sont
décaissables immédiatement. Ces ressources doivent servir prioritairement à
combler le déficit du budget de l’Etat qui a été voté par l’Assemblée
Nationale pour un montant de 42 milliards de francs CFA. Avec les 9
milliards de francs CFA, le solde du déficit budgétaire sera de 33 milliards
de francs CFA (42 – 9) environ dont le financement est à rechercher.
29 mai 2008 :
la Banque Mondiale a accordé une somme d’un montant de 170,7 millions de
dollars US, soit 76,5 milliards de francs CFA, dont 153 millions de dollars
US, soit 68,850 milliards de francs CFA, pour l’apurement des arriérés et le
reliquat de 17,7 millions de dollars US, soit 7,6 milliards de francs CFA,
pour soutenir le budget, en vue d’aider les autorités à faire face aux
échéances envers cette institution jusqu’à la fin de l’année 2008. A ce
montant s’est ajouté le don LICUS d’un montant de 17,2 millions de dollars
US qui a été rétrocédé aux AGAIB chargés du développement communautaire au
rales internationales à l’exception de la Banque Européenne d’Investissement
(BEI) avec laquelle les discussions sont engagées pour qu’un accord soit
trouvé dans le cadre de coopération avec la Commission de l’Union Européenne
(UE).
21 septembre 2008 :
Suite à la revue concluante du programme de réforme avec les institutions de
Bretton Woods et la catastrophe naturelle (inondations) que le Togo a connu,
le Conseil d’Administration du FMI s’est réuni et approuvé un décaissement
additionnel de 7 milliards de FCFA environ sur les 40 milliards de FCFA
restants.
23 et 24 novembre 2008 :
Les Conseils d’Administrations du FMI et de la BM ont respectivement inscrit
le Togo au point de décision de l’Initiative des Pays Pauvres Trop Endettés
(IPPTE) et de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) ou
encore appelée Initiative PPTE renforcée.
Le Togo est le 34ème pays à atteindre le point de décision et essayera
d’aller plus vite au point d’achèvement que les pays de la sous région comme
le Bénin, le Sénégal et le Mali. A ce stade, certains créanciers pourront
commencer à annuler une partie de la dette extérieure du Togo estimée à
2.208 millions de dollars US en valeur nominale à la date du 31 décembre
2007. En valeur actuelle nette, elle se chiffre à 1.805 millions de dollars
US. Il est à noter que la valeur actuelle nette (VAN) d’une dette est la
somme actualisée de toutes les obligations futures au titre du service de la
dette (intérêts et principal ou encore service de la dette) en utilisant le
taux d’intérêt du prêt.
Dès que le Togo atteindra le point d’achèvement de l’Initiative PPTE en
réalisant à la satisfaction des bailleurs de fonds les réformes prévues
(déclencheurs et autres), il bénéficiera d’allègements (allègement
classique, allègement au titre de l’initiative PPTE et IADM, allègement de
la dette bilatérale consenti en sus de l’initiative PPTE) qui auront pour
effet conjugué de ramener la VAN de la dette togolaise de 396% des recettes
budgétaires aujourd’hui à 65% de celles projetées pour 2010, date retenue
pour ce point d’achèvement. A cet effet, le gouvernement s’est engagé à
mettre en place des réformes majeures lui permettant d’atteindre le point
d’achèvement en 2010. Cette situation offrira une capacité d’endettement aux
autorités togolaises qui devraient rester prudentes afin de ne pas retomber
dans une situation de dette insoutenable pour les finances publiques.
La poursuite de l’amélioration de la gouvernance économique et politique
permettra au Togo d’accéder aux financements des institutions
internationales multilatérales et bilatérales comme le Millenium Chalenges
des USA, des prêts concessionnels et des dons. C’est le cas des pays voisins
qui ont une part prépondérante des appuis budgétaires dans leurs budgets
nationaux alors que le Togo n’a compté jusque-là que sur ses propres
ressources internes essentiellement.
Jean Afolabi |