TOGOFORUM - DEBATS
A PROPOS DE AIR AFRIQUE
| Date: | Aug 14 2000 10:13:26 EDT |
| From: | Dabeegu Kabassima, kabass28@hotmail.com |
| Subject: | Le plan d'Air France pour ENGLOUTIR Air Afrique |
Chers frères de Togoforum, j'ai lu pour vous l'article qui suit. Ma première idée était d'en faire un commentaire à votre intention dans l'optique de la compréhension du malaise d'Air Afrique. De peur de ne présenter un travail moins fourni, j'ai préféré vous inviter à le relire. Neanmoins j'ai mis en exergue les points saillants et quelques commentaires en couleur bleue.
Avant tout, rappelez-vous mes frères, qu'il y a quelques années, la France nous a poussé à renvoyer le Congolais Oxence Iconga de la tête d'Air Afrique, après l'avoir couvert de tous les ridicules dont nous avons tout l'art lorsqu'il s'agit de nos propres frères. Le Français Yves Rolland Billecard nous fut présenté comme étant d'une compétence sans pareille en Afrique francophone. Entre parenthèse, ce qui se passe avec Air Afrique ne peut pas avoir lieu dans les pays anglophones, plus avertis et plus panafricanistes que nous. Leur mode de vie et leur façon de raisonner en témoignent. Yves Roland Billecard avait une mission: Celle de conduire la compagnie où elle est aujourd'hui afin que son pays, la France rachète toute la compagnie. Nous avons mis du temps pour comprendre(Comme d'habitude) les grands enjeux derrières Yves R. B. Aujourd'hui, nous voilà ....Lisez et Relisez l'article de Assou Massou ci-dessous .... Relisez-le entre les lignes.....
Bonjour chez vous!!!!
David Dabèègu KABASSIMA
(Jeune Afrique/L’intelligent n° 2061 du 11 au 17 juillet 2000)
Air Afrique : vers une solution française ?
La compagnie aérienne panafricaine fait
face à de graves difficultés de trésorerie. Air France pourrait voler
à son secours, à certaines conditions.
par Assou Massou
Air France est-elle enfin décidée à voler au secours d’Air Afrique ?
Pour Dominique Patry, le représentant de la
compagnie française au conseil d’administration du transporteur
africain, la question n’a pas lieu d’être posée.
" Air Afrique, a-t-il confié à sa sortie de la réunion
extraordinaire du conseil d’administration de la multinationale
panafricaine, tenue à Abidjan le 26 juin, a fait état d’un besoin de
financement qui doit avoisiner les 34 milliards de F CFA. [...] Nous
sommes prêts à agir immédiatement. "
Ce geste inattendu des Français a été accueilli avec un grand
soulagement par les dirigeants d’Air Afrique. " Il
y a peu encore, reconnaît un proche du directeur général Pape Thiam, on
soupçonnait Air France, qui est tout de même un de nos actionnaires de référence,
avec 12,7 % du capital, de vouloir nous tuer à petit feu.
Aujourd’hui, elle est la première à voler à notre secours. On apprécie
! " Pour sa part, le nouveau président du conseil d’administration,
le ministre sénégalais des Transports Madieyna Diouf, estime que le
soutien financier promis par la compagnie française " va permettre
à Air Afrique de sortir enfin de la crise de trésorerie dans laquelle
elle se débat depuis plusieurs mois ".
Mais attention à l’excès d’optimisme. Il faut savoir, en effet, que
les besoins de trésorerie d’Air Afrique atteignent aujourd’hui 50
milliards de F CFA. Les 34 milliards –
à supposer que la compagnie française daigne bien les avancer – ne régleront
donc qu’en partie les problèmes de la multinationale. Il faut savoir,
surtout, qu’aucun accord écrit n’a été signé entre les deux sociétés.
" Air France, nuance un administrateur d’Air Afrique, nous a fait
une proposition. Nous l’acceptons dans son principe, tout en réservant
notre réponse. D’autant que le projet de
nos amis est assorti de plusieurs conditionnalités plus ou moins
discutables. "
De fait, les responsables d’Air France se
proposent, dans un premier temps, de racheter à Air Afrique les actions
qu’elle détient dans l’entreprise Equant, spécialisée dans les
hautes technologies ( Ça, mes frères de Togoforum,
c'est GRAVE!!!
).
Gérés par la Société internationale des télécommunications (Sita),
qui compte plusieurs compagnies aériennes – dont Air Afrique et Air
France – dans son tour de table, ces titres sont cotés sur les grandes
Bourses d’Europe et des États-Unis. " Nous
avons dit très clairement, tient à préciser Dominique Patry, que nous
étions prêts à rendre ces actions liquides en les achetant à Air
Afrique (le règlement de la Sita interdit aux membres de céder leurs
actions à d’autres investisseurs que des transporteurs aériens, NDLR).
Il ne s’agit pas dans notre esprit de faire un bénéfice. Ces actions
seront reprises au cours du jour et en laissant à Air Afrique la
possibilité de les racheter ultérieurement au même prix. Il s’agit
donc d’une aide parfaitement désintéressée. " (NOTEZ
LE CYNISME ET LE MACHIAVELISME D'AIR FRANCE A NOTRE EGARD. ON NOUS PREND
DECIDEMMENT POUR DES CONS. ET C'EST DE BONNE GUERRE, PARCE QUE NOUS
LE VOULONS.)
Pas aussi désintéressée que cela.
D’après les calculs des dirigeants d’Air France, au cours moyen
actuel de l’action Equant, la cession du portefeuille d’Air Afrique
rapporterait 16 milliards de F CFA. Or le marché des valeurs
technologiques est on ne peut plus porteur.
Air Afrique, si elle n’avait pas le couteau sous la gorge, pourrait
tirer meilleur parti de la vente de ses titres. En
outre, si elle accepte de céder ses actions, elle n’aura en aucun cas
les moyens de les racheter, ses besoins de financement et son endettement
colossal (185 milliards de F CFA) ne lui laissant aucune marge de
manoeuvre.
En plus de cet apport immédiat de 16
milliards de F CFA, Air France se dit prête à avancer les 18 milliards
manquants. Mais cette faveur est assortie d’une condition : un audit des
comptes d’Air Afrique, piloté, bien sûr, par la compagnie française.
Cette perspective n’enchante guère les cadres de la multinationale, qui
y voient une grave immixtion dans les affaires internes d’Air Afrique.
Précisons toutefois qu’en tant qu’actionnaire et futur bailleur de
fonds, Air France a toute latitude pour diligenter ou non une telle procédure.
Mais la conditionnalité qui fait " tiquer " plus d’un pays
membre d’Air Afrique est celle relative à la privatisation de la
compagnie africaine. Si tout va bien, Air Afrique, dont les onze États
membres détiennent toujours près de 70 % du capital, sera transférée
au secteur privé, au plus tard le 1er novembre. La stratégie
de privatisation, arrêtée avec l’aide de la banque française Paribas,
prévoit la cession de 33 % du capital de la compagnie à un " actionnaire
de référence ". Un
statut qu’Air France, en échange de son effort financier, revendique déjà.
" On ne peut
pas, s’étonne un administrateur africain de la compagnie, se déclarer
adjudicataire avant le lancement de l’appel d’offres. Air
France ne doit pas perdre de vue que le but de toute procédure de
privatisation est bien de mettre en compétition plusieurs prétendants.
Attendons la fin du processus. Et que le meilleur gagne ! "
Quand les usagers s'en mêlent.
L es difficultés d’Air Afrique n’inquiètent pas que ses actionnaires.
Les usagers, qui ne cessent de se plaindre de la détérioration de la
qualité des prestations à bord des avions de la compagnie et de
l’accumulation des retards, ont fini par prendre conscience de la gravité
de la situation. Et nombres d’entre eux admettent
aujourd’hui que toute stratégie crédible pour éviter la faillite de
la compagnie passe obligatoirement par le paiement des 132 milliards de F
CFA de dette, correspondant à l’acquisition, au début des années
quatre-vingt-dix, de quatre Airbus A-310-300. (
Ici, mes frères, songez que c'est Yves Roland Billecard, un français,
qui a aquis les Airbus dans un esprits sciemment destructeur et suicidaire).
Au sein des onze États membres de la multinationale, chacun y va de sa
petite idée pour la " sauver " : amicales, associations
d’usagers, clubs ou fonds d’investissement. Autant d’initiatives qui
n’ont, pour l’heure, rien donné. Il faut dire que les promoteurs de
ces projets minimisent le défi. Réunir plusieurs dizaines de milliards
de F CFA, par simple appel à la générosité d’une clientèle désargentée,
est un pari pour le moins impossible.
C’est pourtant l’objectif que s’est fixé, par exemple, Honoré de
Sumo. Ancien conseiller en communication, reconverti dans la finance,
notre bienfaiteur se propose de réunir, entre le " 3 juillet et le
29 septembre 2000 ", 100 milliards de F CFA. Comment ? En créant un
fonds d’investissement, qu’il a baptisé Sara (" Sauvons Air
Afrique-Renaissance africaine "), de 10 millions d’actions d’une
valeur de 10 000 F CFA chacune. Dans le projet qu’il a soumis, le 3 juin,
à la direction générale d’Air Afrique, le promoteur précise que
" tout Africain ou ami de l’Afrique peut souscrire " au Sara.
De Sumo ne fait, en réalité, que reprendre à son compte le projet
d’un autre conseiller en communication (!), Cheikh Ousmane Diallo, un
ancien cadre de l’Agence panafricaine de presse (Pana), qui a lancé, le
8 mai à Abidjan en présence de plusieurs dirigeants d’Air Afrique, son
propre fonds d’investissement. Seule différence entre les deux
initiatives : Diallo, qui a créé, en 1998, l’Association des usagers
d’Air Afrique (Assua), ambitionne de prendre part à la privatisation de
la compagnie, alors que de Sumo compte, non seulement rembourser la
dette-avion et participer à l’augmentation de capital de la société
panafricaine, mais également racheter les participations d’Air France
(12,17 %) et de l’Agence française de développement (9,12 %) dans le
capital du transporteur. Tout un programme...
l'article ci-dessus a été publié sur le site d'information afrik.com.
Il a été repris sur le site afriquenet.com)
| Date: | Aug 16 2000 11:42:43 EDT |
| From: | Anselme YABOURI, yabouri@go.com |
| Subject: | Re: Le plan d'Air France pour ENGLOUTIR Air Afrique |
Bonjour a vous, cher usagers de la liste Togo Forum,
Je vous remercie beaucoup pour l'acceuil que vous m'avez reserve et qui m'a
beaucoup emu.
C'est bien dommage que mes contraintes professionnelles ne me donnent pas
souvent acces au net pour faire davantage de contribution, face a la richesse
des debats qu'abrite Togoforum.
J'aimerais intervenir aujourdh'hui sur plusieurs sujets abordes dans notre
forum, a commencer par la malheureuse tendance qu'ont nos dirigeants de mettre
leurs appetits personnels en avant et, pire, de se muer completement en suppots
du diable, sitot au pouvoir.
Je partage en grande partie les analyses de notre compatriote etablit en france
et de Joseph qui affirment que l'un des peches fondamentaux de la classe
politique togolaise aura ete d'avoir tres tot, avant meme la concretisation de
la chute du general, cede a la tentation de la dispute autour du gateau du
pouvoir. Pour cela, tous les moyens etaient bons et une dementielle myopie
a
contamine (si tant est que la myopie est contagieuse)nos politicards de
l'opposition.
Ceux qui etaient a la conference nationale, par exemple eliane, joseph, lionel,
et tous les autres se souviennent certainement des tractations cabalistiques
qui ont eu lieu, avec pour chef d'orchestre l'ambassadeur de france d'alors,
pour designer a l'avance le premier ministre de la transition en la personne de
Koffigoh.
De meme, la procedure cavaliere, Jo l'a bien rappelee, utilisee pour faire
avaler la couleuvre de l'avalisation pure et simple d'un draft de constitution
adoptee a l'avance dans les coulisses par une poignee d'oligarques
"moutonnememt" infoedee a la neo-metropole.
Cela a donne les lamentables resultats que vous connaissez, avec pres de 6000
togolais qui y ont laisse leur vie, et un tissu socio-economique en cours de
putrefaction.
Ces relations incestueuses que nos classes dirigeantes ont toujours entretenues
avec l'ancien colon devenu neo-colon sont a l'origine de la malaria politique
chronique qui ronge nos pays et a ruine notre compagnie africaine (qui en
realite est une compagnie francaise car sous le controle d'Air France). C'est
ette maladie qui est egalement a l'origine du melodrame politique dont la Cote
d'ivoire est aujourd'hui l'hote malheureux.
Au dela de ce comportement qui semble inherent a notre classe politique et par
consequent a notre classe intellectuelle, la question se pose tout de meme de
savoir si tous nos intellectuels sont victimes, a titre individuel, de
degenerescence ethique, ou s'il s'agit d'un phenomene davantage structurel; une
sorte de rouleau compresseur socio-psychologique qui s'abat ineluctablement sur
tous nos intellos, meme les plus matures et les mieux intentionnes afin de les
transformer en betes immondes des qu'ils entrent dans l'arene du pouvoir.
Dans ce cas, ils nous faudrait alors reflechir aux mesures a prendre pour
inverser la tendance et empecher que demain, nous aussi (et oui car cela
n'arrive pas qu'aux autres) et tous ceux de notre generation ne soyions
victimes d'une telle degeneration ethique et mentale qui nous pousserait a nous
mettre au service du neocolonialisme europeen ou americain; apres avoir
remplace la generation qui gouverne actuellement.
Le debat est lance; je vous invite a partager vos points de vue, afin de nous
eclairer mutuellement.
Bonne journee a tous,
Anselme
| Date: | Aug 17 2000 17:06:51 EDT |
| From: | Claude, Ayimenko, shunshiryu@yahoo.com |
| Subject: | Réponse au débat d'Anselme |
Chers frères et sœurs,
Je souhaite faire écho au débat lancé dans le message
d’Anselme sur le forum:« Saurions nous échapper à la
dégénérescence éthique inhérente au pouvoir ? » En clair, la question est de savoir si nous, qui
critiquons aujourd’hui la morale de ceux qui sont aux
affaires, pourrions faire mieux qu’eux, si nous étions
soumis aux mêmes tentations. A mon avis, avant de
pouvoir répondre à une telle question, il nous faut
analyser la cause de la dérive éthique de nos «intellos », et c’est ce que je me propose de faire.
Pour commencer, si l’on prend la peine d’aller au fond des choses, une des fins premières de la politique qui est de penser le bien d’autrui – à l’échelle de la nation - est une activité bien trop dépourvue d’humilité pour être totalement saine. C’est la raison qui pousse à séparer le législateur, architecte du système, de l’exécutif. A défaut de pouvoir faire confiance à l’homme, le système est construit de manière à le protéger de ses propres dérives. Dans la précipitation de la conférence, je ne pense pas que la barrière est été très étanche entre les postulants au pouvoir et les bâtisseurs de la Loi. L’autre source de dérive que je vois, naît d’une mentalité particulière qui sévit dans nos pays. En effet, il me semble que la politique n’est pas un métier. C’est un ensemble de charges auxquelles n’importe quel citoyen peut prétendre à partir du moment où il témoigne de la compétence recherchée par la nation à laquelle il appartient.
Le grand tort de nos intellos est d’avoir fait des études pour devenir premier ministre comme on fait des étude pour devenir médecin. Cependant, il ne faut pas non plus leur jeter trop vite la pierre. Dans nos pays sous-développés, la politique constitue un des seuls moyens d’avoir une assise sociale solide. Il n’existe pas chez nous d’autres secteurs susceptibles de fournir aux élites l’activité et le bien être financier auquel ils aspirent. D’autre part, comme dans tout système totalitaire, l’état est tentaculaire. Rien ne se fait sans la bénédiction du fonctionnaire lambda, qu’il vaut mieux avoir dans son camp à coup de back-chiche.
L’habileté politique, et la connaissance des cercles
du pouvoir se révèlent donc plus utile que toute autre compétence, pour quiconque a l’occasion de s’élever
par le savoir. Dans ce contexte, le jeune qui est
confronté au choix de ses études optera souvent pour
les sciences politiques ou le droit, comme on choisit
à 17 ans les mathématiques en France. Exit donc la fin
première de ces disciplines qui était de servir la société, il serviront désormais à leurs seuls
détenteurs, comme le parallèle qui mène droit au succès. Ce faisant, notre jeune aura de fortes chances
d’être, dans 5 ou 10 ans, la joie de sa belle mère,…..et le cauchemar de son peuple.
Enfin il faut ajouter la perversion de l’éducation reçue, pour la plupart, à l’étranger. Comme l’a écrit
Joseph Takeli, les intellectuels ont étudié dans des
pays où il existe un consensus tacite entre les
différentes forces politiques. Ce consensus est le
résultat d’une culture démocratique où chacun connaît
les limites à ne pas franchir afin de ne pas bafouer
l’état de droit. Même un Le Pen aux idées totalitaires
se plie au verdict des urnes. Dans ces pays où l’art
du combat politique prime sur la nature de
l’engagement, nos intellectuels ont appris à gérer un état, pas à le construire ! Pour construire un état il
faut être prêt à laisser échapper le pouvoir par
fidélité à ses idées. Cela,….Ils ne savent pas le
faire. Il n’y pas de vrai ou de faux ; il y a ce qui
les arrange ou ce qui ne les arrange pas. Les prises
de positions sont mouvantes, tous les compromis sont possibles, y compris avec le tyran local. Rajoutez à
cela un brin de vanité, et vous obtiendrez un parfait
technocrate au verbe haut mais aux idées basses.
Pour conclure, je dirai qu’il est suicidaire de
compter sur la sagesse de chacun pour se prémunir de
cette dérive. Ce problème ne date pas d’hier. Nkrumah
disait « nous avons la mauvaise habitude de considérer
que le pouvoir revient de droit aux forces politiques
qui ont provoqué la révolution ». Le pouvoir n’est
JAMAIS un droit. C’est un mandat du peuple. A nous de
ne pas l’oublier si nous devions remettre un jour les
pieds dans la salle Fazao. Nous devrons perdre
l’habitude de juger de la valeur d’un homme au nombre
de citations de Socrate qui émaillent ses phrases.
Nous méfier du sacro-saint charisme, privilégier le programme. Nous ne devrons jamais plus permettre de
mandats sans structures de contrôle, mais surtout sans
moyen de révocabilité du mandaté. Enfin, si nous
voulons avoir une chance de réussir, il faudra trouver
un moyen de rendre l’activité politique aussi peu
lucrative que possible, à l’image des autres activités
du pays.
Quand l’état de droit est jeune, il faut le protéger.
Bonne soirée à tous
Claude
| Date: | Aug 18 2000 09:23:33 EDT |
| From: | TOGOFORUM <battybow@email.msn.com> |
| Subject: | Fonds SARA, premièrs éléments de clarification |
Salut, les gars,
Nous avons repris les reserves émises par Piorrot à propos du fonds SARA
que nous avons fait parvenir au comité de pilotage pour clarifications. Le
fonds Sara vient de nous faire savoir sa disponibilité à répondre aux
questions que nous sommes en droit de poser. Les interrogations émises par
Pierrot sont si pertinentes que les reponses à celles-ci aideront plus
d’un à investir dans le fonds ou à s’abstenir de le faire. S'y engageer ou
non, tout doit être clair pour que chacun prenne sa décision en toute
connaissance de cause. Voici les reserves émises par Pierrot telles que
nous les avons reprises et envoyées au fonds SARA. Après les avoir revues,
vous trouverez le premier élement de reponse qui nous est parvenu. Pierrot, des questions juridiques fondamentales:
<<Je viens de faire un tour sur le site(SARA)
Long mais il faut tout lire..
1re impression : tout cela est bien structué et les représentants font partie d'organisme assez crédible comme la BOAD à Lomé, la BRVM
Antenne Sénégalaise de la Bourse régionale des Valeurs basée à Abidjan),
et l'équivalent de la BTCI à Abidjan le groupe BNP). Je viens de lire
les
"Termes et Conditions" ( le contrat en réalité)...
Réserve 1re:
Les obligations de la future structure SARA (actuellement des organes de
transition) paraissent faibles. Le fonds ne s'oblige pas assez, à mon sens, où ne s'oblige pas assez clairement.
Réserve 2 IMPORTANTE:
Quelles seront les recours contre eux. L'article 14-Litiges des "Termes et
Conditions" fait état de compétence des Tribunaux du lieu de tenue de
compte". C'est vague, dangereusement vague.
Exemple 1 : Si je paie à Dakar, et que le Tribunal de 1re instance est
compétent, il n'y a que sur les comptes bancaires de Dakar qu'une action
en justice puisse porter.... Si l'argent est déjà reversé au Gestionnaire
Central de Londres HSBC, il n'y a aucune possibilité de mise en demeure
par la Justice sénégalaise déclarée compétente au départ.
Exemple 2 : Si le Tribunal de Londres est compétent, quelles sont les
signatures autorisées sur ce compte pour éviter qu'un escroc parmi eux (un
seul suffit) n'envoie tes sous en Suisse.
La procédure normale en pareille cas, c'est qu'il faut que l'argent soit
sous séquestre dans un compte bancaire qui devra fonctionner sous la
responsabilité d'un notaire ou d'un avocat. Cf. SA ou SARL en
constitution. Dans tous les cas, ce fonds sera une Société (civile peut-être).
Réserve 3:
Quelle collaboration avec le personnel Air Afrique qui se bat pour sauver la compagnie?
Conclusion : L'affaire parait crédible mais les garanties sont loin
d'être suffisantes... Actions : Se renseigner>>
Fonds SARA, premiers élements de reponse:
<< Cher Monsieur,
C’est avec grand intérêt que j'ai lu votre mail. Les craintes de vos amis
sont amplement justifiées et je vais les faire parvenir au Comité de
pilotage pour discussions. Soyez déjà rassuré, le fonds sara est une
société d'investissments, les organes actuels sont des organes de
transition et une assemblée générale en bonne et due forme se chargera
d'installer les structures permanentes.
Je tiends également à vous rappeler que les actuels membres sont des
bénévoles, des gens qui utilisent le peu de temps libre qui leur reste
pour soutenir l'initiative. Nous allons faire en sorte que toutes les
craintes soient dissipées.
Concernant le personel Air Afrique, nous avons pris contact avec le
Directeur des Stratégies, le PDG, les Membres du CA (par courrier) ainsi
que les syndicats pour lobbying. Nous sommes en train d'élaborer
différents scénarios pour sortir gagnant de cette opération de
privatisation qui se fera de gré à gré.
Bien à vous,
Thanks,
Aime GNONSIAN
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Phone : 00 32 (0)2 715 14 68
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Nous vous informerons de toutes les reponses à nous transmises.
Pour la Coordination
Joseph Takeli
| Date: | Aug 21 2000 21:46:35 EDT |
| From: | TOGOFORUM, battybow@email.msn.com |
| Subject: | Fonds SARA: Honoré de Sumo repond à nos interrogations |
Cher Monsieur,
Je voudrais apporter un complément d'information à la réponse du
Secrétaire général du Fonds, Aimé Gnonsian, aux préoccupations de votre
ami :
1. Les fonds reçus par le Fonds se trouvent sur un compte bloqué sous la
responsabilité d'un grand cabinet d'avocats sud-africain ayant pignon sur
rue : CRANKO KARP & ASSOCIATES, attorneys, notaries and conveyancers. Tél.
: (2711) 337-5700 ; fax : (2711) 333-3291. Adresse physique : 1204 Kelhof,
12th Floor, 112, Pritchard Street, Johannesburg 2001. Contact : Michael
Karp. Ces fonds sont maintenus en deux devises, le dollar et l'euro, afin de préserver nos investisseurs de tout risque de change.
2. En parlant de "lieu de tenue du compte", à l'époque de la
rédaction du texte, nous envisagions l'ouverture de quatre comptes afin de faciliter
les opérations de règlement : un compte dans un pays d'Afrique de l'Ouest,
un dans un pays d'Afrique Centrale, un en Europe et un aux Etats-Unis. Les
fonds resteraient bloqués sur ces comptes sur la responsabilité d'un
notaire et ne seraient débloqués qu'après la tenue de l'Assemblée
générale. Nous nous sommes rendus très vite compte du coût élevé d'un tel
dispositif. Cela aurait signifié : (1) Engager quatre cabinets de notaires
(sans compter celui du siège à Johannesburg) ; (2) Engager quatre banques
d'affaires puisqu'il est question de ne pas laisser "dormir" pendant
plusieurs mois des capitaux aussi importants, et que dès le versement des
fonds, des intérêts créditeurs courent jusqu'à la conclusion de
l'opération Air Afrique. Cette durée pouvant excéder six mois ; (3)
Obtenir toutes les autorisations nécessaires (cela peut prendre plusieurs
mois dans certaines régions) à la collecte des fonds du public dans le
cadre des réglémentations propres à chacun des Etats où les comptes
seraient ouverts.
Tout a été respecté dans cette première mouture sauf l'ouverture de
plusieurs comptes bancaires. Et au jour d'aujourd'hui, je serais très
heureux de l'envisager si ces trois écueils pouvaient être levés.
3. Gardez à l'esprit que tout montage financier requiert des fonds importants. Selon vous, qui a payé les frais de montage de cette opération
? Les honoraires des différents intervenants y compris ceux du cabinet
d'avocats à Johannesburg ? Les frais de constitution de la société ? La
réalisation d'un site internet et son installation sur le réseau ?
L'impression de centaines de milliers de brochures ? Les frais
administratifs (téléphones, fax, internet, sur un plan mondial) ? Les
coordinations nécessaires ? Nous entrons aujourd'hui dans le quatrième
mois du démarrage de l'opération Sara. Croyez-vous que pour une opération
de cette envergure il n'y ait pas des gens qui y travaillent à plein temps
? Il faut répondre chaque jour à une centaine d'Email provenant du monde
entier, chaque correspondant posant une question spécifique. Cela veut
dire qu'il faut répondre personnellement à chaque courrier.
4. La collaboration avec le personnel d'Air Afrique. Nous venons d'avoir
une journée d'entretien (vendredi 18 août 2000) avec la direction générale
d'Air Afrique à Abidjan. Le Fonds Sara a des contacts suivis avec les
différents syndicats du personnel.
Arrêtez de croire que les Africains ne sont capables de mettre leur génie
qu'au service des opérations d'arnaque. Arrêtez de croire que les
Africains sont incapables de dépassement, de générosité, de créativité
porteuse.
Et puis, les scandales que nous rapportent la presse tous les jours
montrent très bien qu'aucun dispositif n'a jusqu'aujourd'hui empêché un
"escroc" de parvenir à ses fins. Ces grands "escrocs" ne se
sont pas comptés, si l'on fait le point à ce jour par rapport aux montants
détournés, parmi d'illustres inconnus comme nous. Mais ce n'est pas là une
raison pour que votre ami n'ait pas ses doutes. Et si vraiment ses doutes
sont persistants, s'il pense qu'un "escroc (un seul suffit)" peut
"envoyer
tes sous en Suisse" (pour reprendre ses termes) pourrait se trouver parmi
les responsables du Fonds un peu comme un loup dans la bergerie, alors le
Fonds Sara n'est pas fait pour lui.
Cela dit, peut-être un peu méchamment, je voudrais ajouter, cette fois
gentiment, qu'il y a beaucoup à faire au Fonds Sara. Nous serions heureux
d'accueillir cet ami. De l'intérieur, il apprendra à mieux connaître les
hommes et les femmes qui l'animent. Et peut-être nous décevra-t-il moins
que ceux qui ont voulu tant nous apporter (je pense par exemple à toutes
les "bonnes volontés" qui se sont spontanément proposées de
traduire notre
site en anglais, et bien d'autres promesses en termes de millions de
dollars restées sans suite...).
Le Fonds Sara fait son petit bonhomme de chemin. J'en suis heureux, j'en
suis fier. Il tiendra ses promesses, j'en suis convaincu. Nos portes sont
largements ouvertes.
Fraternellement,
Honoré de Sumo
| Date: | Aug 22 2000 01:28:42 EDT |
| From: | "Pierrot Sèvi KOTI" <pkoti@hotmail.com> |
| Subject: | Re: Fonds SARA: Honoré de Sumo repond à nos interrogations |
Salut frères,
Je viens de lire la reponse de Monsieur de Sumo à mes interrogations
concernant le fonds Sara et puisque les intrrogations proviennent de moi, je
me permet de répondre à ce monsieur.
Je suis vraiment etonné de la "brutalité" de son ton, j'aurai aimé
lui
adressé directement cette reponse, mais je trouve normal de faire via notre
forum. Mes réserves ne sont pas une méfiance pour la seule raison que ce
sont des frères africains, monsieur de Sumo se trompe. En affaire il faut
des garanties et pour sortir de l'argent, il faut savoir où il va et qui
le
gerera; même dans les affaires bousières où les sociétés sont localisées
aux
4 coins du monde, les garanties existent et sont claires sur papier et les
investisseurs sont en droit de poser des questions s'ils trouvent des incohérences (je parle en ma qualité d'ancien stagiaire à la bourse de Frankfurt en
Allemagne).
Je n'ai jamais eu en tête que le fonds Sara est une affaire d'arnaqueurs, mais je voudrais avoir des garanties et monsieurs de Sumo doit nous repondre et nous convaincre d'investir dans le fonds, je ne crois pas qu'avec ce
ton, il attirera des investisseurs: je préfère le ton de monsieur Gnonsian. Je demanderai pour terminer à monsieur de Sumo de relire mes interrogations
et il comprendra peut-être que je ne suis pas novice dans le milieu du marché
de l'argent et qu'en plus mes interrogations ont été formulé après consultations des amis et spécialistes de la BCEAO et de
Afrique-Audit: c'est parce que l'affaire m'interesse que j'investi mon temps pour en
savoir plus.
Monsieur de Sumo, vous n'avez pas besoin d'être sur la défensive et cessez de croire qu'on ne vous fait pas confiance tout simplement parce que vous êtes peut-être un africain, ayez confiance en vous et surtout utilisez
un autre ton pour attirer des investisseurs.
Amicalement, Pierrot KOTI (pkoti@hotmail.com)
| Date: | Aug 22 2000 06:49:01 EDT |
| From: | "LIONEL AKUE" <lionel16@hotmail.com> |
| Subject: | Re: Fonds SARA: Honoré de Sumo repond à nos interrogations |
Mes Chers Amis:
Etrangement, je viens de recevoir une note electronique de Monsieur Honore
de Sumu et le ton me parait peu propice aux affaires. Nous ou du moins moi
personnellement je cherche des garanties eu egard au plan du Fonds Sara.
Pour reprendre les propos de Pierrot, s'il est evident que le fonds est
destine a sauver et remettre le destin de la compagnie Africaine dans nos
mains, il n'en demeure pas moins que pour tout investisseur ou homme d'affaire, le premier objectif est de faire des benefices. J'ai donc pour
ces raisons adressees une correspondance electronique a Monsieur Sumu pour
lui demander quelles sont les strategies de gestion du Fonds Sara, strategie
a cour et long terme. Quelles garanties le fonds se propose d'offrir aux
investisseurs. Meme si le plan enumere par le fonds se veut provisoire, il
est evident que qu'il doit offrir un certain nombre de garde fou pour ceux
vont mettre leur CONFIANCE et leur INTERET dans le fonds.
Ce n'est parce que nous sommes AFRICAINS, nous passerons sous silence des
principes aussi simples aussi elementaires mais surtout cruciaux pour les
affaires. Neanmoins, je ne veux douter de la bonne foi qui anime les
fondateurs du Fonds Sara. Toujours est -il que pour l'instant mes
interrogations n'ont toujours pas trouve de reponses rassurantes et
comprehensibles. Notre nouvelle generation se veut etre celle de la rigueur
et de la discipline sur tous les terrains.
Donc il y a beaucoup a apprendre de ce Fonds Sara.
Dans les annees 80, une certaine banque qui s'est donnee pour mission
similaire s'est revele etre l'une des catastrophes financieres du temps. Je
demeure convaincu que le fonds est une bonne chose, mais cela en soi ne veut
rien dire si aucun plan d'action ne l'accompagne.
Lionel,
Le paysan Togolais
FIN DU DEBAT