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Lomé, le 24 juin 2002

Actualité

Mise au point et contribution de la Coordination de Togoforum au débat sur les élections législatives au Togo

La Coordination de Togoforum trouve qu’il est de son devoir de faire la mise au point et la contribution qui suivent après le message titré «Cette façon de diffamer et de discréditer les autres est moins que nulle» de Monsieur Agnie Barré. Pas pour dire que son auteur n’ait pas le droit de critiquer ou de penser ce qu’il veut de nos publications, mais pour faire remarquer que l’article, «L’opposition togolaise ou la haute trahison» est la propriété de Togoforum en ce qu’il apparaît dans la rubrique AgoraPress qui est un journal en gestation. Donc l’article n’est pas la propriété exclusive du rédacteur en chef de cette rubrique, Samuel Batchati, qui du reste se bat non aux travers des seules facilités du monde virtuel. C’est pour nous un vrai honneur de l’avoir comme collaborateur. 

Il nous semble qu’avant de partgager avec vous notre philosophie (2), il importe de dire un mot sur les législatives hypothétiques du Togo(1), et sur lequelles portait l'article de Samuel Batchati. Nous toucherons legèrement à notre rubrique AgoraPress (3). 

1- Au sujet de la participation ou non aux legislatives litigieuses

Jusqu’ici, ni la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) d'Edem Kodjo, ni le Patri pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) de Zarifou Ayéva n’a donné d’explications plausibles au peuple togolais sur leurs motivations à vouloir aller au scrutin en vue. Peut-êre qu’ils nous convaincraient. Nous convenons avec vous qu'en tant que partis politiques, la CPP et le PDR ont le droit d’aller ou de ne pas aller à des elections. Cela devrait être notre droit aussi de pouvoir les critiquer et de déplorer que la retention de l'information soit un trait trop caractéristique de l'opposition togolaise.   

Seule une déclaration du représentant du Pdr-Europe, Monsieur Bassirou Ayéva que nous respectons beaucoup, invite l’opposition à réfléchir sur la stratégie adéquate face aux législatives togolaises. Nous pensons pour notre part qu'il n'existe pas plusieurs choix possibles pour l'opposition togolaise.  

Pour revenir à notre article et à votre réaction, nous aimerions dire que nous n'apportions en réalité aucune information qui n’était connue de beaucoup de Togolais. Que l'information fût fausse, il revenait aux deux partis politiques d'apporter un démenti rigoureux. 

Il nous semble que ce qui vous a le plus choqué et servi c’est le fait que notre article paru le 13 juin 2002 ait fait mention de "sources proches de Lomé II." Pourtant « La Lettre du Continent » déjà, dans sa parution du 06 juin 2002 (Numero 401), et sur un ton plutôt nuisible au combat du peuple togolais, publiait la même information avec des allusions ethniques sur Zarifou Ayéva, que nous trouvons impertinentes et mal intentionnées. Allusions qui ne servent que nos tares retrogrades et la cause du diviser pour règner. Nous ne jugeons pas utile d’en reproduire ici l’extrait que vous pouvez lire sur le site « letogolais »    

Vous reprochez au redacteur en chef d’AgoraPress d’accuser les deux partis politiques précités de trahison. Leurs raisons sont peut-être bonnes, mais comme nous autres ne les connaissons pas, qu'il nous soit permis d'être choqués et de nous sentir driblés par surprise à la dernière minute alors que nous nous attendions à une action de fermeté de notre opposition. D’où ces quelques questions suggestives:  

1)   Pourquoi avoir perdu tout ce temps en négociations inutiles si on savait qu’on pouvait aller à des élections organisées par les seules autorités du système qu’on dit combattre? Pourquoi donc faire souffrir un peuple si on peut décider un beau matin de laisser tomber ses revendications? Pourquoi?

2)   N’est-ce pas opter pour un suicide collectif que d’aller à des élections qu’on sait perdues d’avance? Car le vrai enjeu c’est la révision constitutionnelle et non la énième application du concept de “démocratie apaisée” qui veut que les dictateurs africains laissent  gagner les oppositions aux législatives afin de faire baisser les tentions et soulèvements pour se maintenir au pouvoir en s’embellissant d’une élection même mal organisée. Cela vient de se passer au Burkina Faso. Cela s'était déjà passé au Togo en 1994 avec la victoire CAR-UTD. 

      L'enjeu aujourd'hui est plus grand. Il s’agit d’élire une assemblée nationale aux fins de réviser la constitution pour permettre au Gééral Eyadema de se représenser à l’élection présidentielle de 2003. Et le pouvoir ne peut que gagner lesdites législatives.

3)   Sommes nous d'accord sur ce qui est en jeu? Si oui, pourquoi donc, nous demandons-nous s'il faut aller à ces élections ou pas? On nous repondra que rien n'empêche que ladite révision constitutionnelle soit opérée par l'Assemblée Nationale actuelle. Nous pensons que ce sera d'ailleurs l'option qui leur restera si aucun leader d'opposition n'avalisait ces élections. Nous gageons à Togoforum qu'au cas où l'opposition ne se laissait pas manipuler, le pouvoir n'organisera pas d'élections qui risqueraient de ne rien changer et de ne pas entrainer la reprise de la coopération avec l'Europe qui est désormais bien instruite sur notre cas. Et si le pouvoir poussait l'absurdité jusqu'à faire reviser la constitution par l'AN actuelle, cette revision sera nulle et de nul effet, du moins dans toutes les consciences, car s'inscrivant dans la logique de dictature, affaiblissant davantage le pouvoir qui se retrouverait ainsi comme dans un cercle vicieux. C'est pour cela que pour sauver le pouvoir, il faut absolument qu'au moins un parti politique d'opposant participe auxdites législatives.

4)   Quelles sont les marges de manœuvre de l’opposition face à un pouvoir qui dispose de tous les moyens et de tous les tours, loin d’observateurs internationaux que ce même pouvoir a réussi à faire partir en détruisant le cadre juridique qui permettait leur présence?

5)   Comment donc ne pas penser que ce serait une trahison si des hommes politiques s'engageaient et engageaient leurs militants dans une aventure contre la libération du Togo. Comment ne pas parler de trahison?     

Avouons qu’il y a quelque chose de choquant et d'humiliant de savoir d'une part que la stratégie du RPT n’a jamais changé, et d'autre part, que le Togo a une opposition dont les dirigeants ne rèvent que d'un pouvoir quelconque, d'une présidence simplement hypotétique, sans stratégie adéquate et surtout au mépris du peuple.

Suite ==> La philosophie de Togoforum

Mise au point et contribution