1- Au sujet de la participation
ou non aux legislatives litigieuses
Jusqu’ici,
ni la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) d'Edem Kodjo, ni le Patri pour la Démocratie
et le Renouveau (PDR) de Zarifou Ayéva n’a donné d’explications plausibles
au peuple togolais sur leurs motivations à vouloir aller au scrutin en
vue.
Peut-êre qu’ils nous convaincraient. Nous convenons avec vous qu'en tant
que partis politiques, la CPP et le PDR ont le droit d’aller ou de ne pas
aller à des elections. Cela devrait être notre droit aussi de pouvoir les
critiquer et de déplorer que la retention de l'information soit un trait
trop caractéristique de l'opposition togolaise.
Seule
une déclaration du représentant du Pdr-Europe, Monsieur Bassirou Ayéva
que nous respectons beaucoup, invite l’opposition à réfléchir sur la
stratégie adéquate face aux législatives togolaises. Nous pensons pour
notre part qu'il n'existe pas plusieurs choix possibles pour l'opposition
togolaise.
Pour
revenir à notre article et à votre réaction, nous aimerions dire que nous
n'apportions en réalité
aucune information qui n’était connue de beaucoup de Togolais. Que
l'information fût fausse, il revenait aux deux partis politiques
d'apporter un démenti rigoureux.
Il nous semble que
ce qui vous a le plus choqué et servi c’est le fait que notre article
paru le 13 juin 2002 ait fait mention de "sources proches de Lomé
II." Pourtant « La Lettre du Continent » déjà,
dans sa parution du 06 juin 2002 (Numero 401), et sur un ton plutôt nuisible
au combat du peuple togolais, publiait la même information avec des
allusions
ethniques sur Zarifou Ayéva, que nous trouvons impertinentes et mal
intentionnées. Allusions qui ne servent que nos tares retrogrades et la cause du
diviser pour règner. Nous ne jugeons pas utile d’en reproduire ici
l’extrait que vous pouvez lire sur le site « letogolais »
Vous
reprochez au redacteur en chef d’AgoraPress d’accuser les deux partis
politiques précités de trahison. Leurs raisons sont peut-être bonnes,
mais comme nous autres ne les connaissons pas, qu'il nous soit permis d'être choqués et de nous sentir driblés par surprise à la
dernière minute alors que nous nous attendions à une action de fermeté
de notre opposition. D’où ces quelques questions suggestives:
1) Pourquoi avoir
perdu tout ce temps en négociations inutiles si on savait qu’on pouvait
aller à des élections organisées par les seules autorités du système
qu’on dit combattre? Pourquoi donc faire souffrir un peuple si on peut décider
un beau matin de laisser tomber ses revendications? Pourquoi?
2) N’est-ce pas
opter pour un suicide collectif que d’aller à des élections qu’on sait perdues
d’avance? Car le vrai enjeu c’est la révision constitutionnelle et non
la énième application du concept de “démocratie apaisée” qui veut
que les dictateurs africains laissent gagner
les oppositions aux législatives afin de faire baisser les tentions et
soulèvements pour se maintenir au pouvoir en s’embellissant
d’une élection même mal organisée. Cela vient de se passer au Burkina
Faso. Cela s'était déjà passé au Togo en 1994 avec la victoire CAR-UTD.
L'enjeu aujourd'hui est plus grand. Il s’agit d’élire une
assemblée nationale aux fins de réviser la constitution pour permettre
au Gééral Eyadema de se représenser à l’élection présidentielle de 2003.
Et le pouvoir ne peut que gagner lesdites législatives.
3) Sommes
nous d'accord sur ce qui est en jeu? Si oui, pourquoi donc,
nous demandons-nous s'il faut aller à ces élections ou pas? On nous
repondra que rien n'empêche que ladite révision constitutionnelle soit
opérée par l'Assemblée Nationale actuelle. Nous pensons que ce sera
d'ailleurs l'option qui leur restera si aucun leader d'opposition
n'avalisait ces élections. Nous gageons à Togoforum qu'au cas où
l'opposition ne se laissait pas manipuler, le pouvoir n'organisera pas
d'élections qui risqueraient de ne rien changer et de ne pas entrainer la
reprise de la coopération avec l'Europe qui est désormais bien instruite
sur notre cas. Et si le pouvoir poussait l'absurdité jusqu'à faire
reviser la constitution par l'AN actuelle, cette revision sera nulle et de
nul effet, du moins dans toutes les consciences, car s'inscrivant dans la
logique de dictature, affaiblissant davantage le pouvoir qui se
retrouverait ainsi comme dans un cercle vicieux. C'est pour cela que pour
sauver le pouvoir, il faut absolument qu'au moins un parti politique
d'opposant participe auxdites législatives.
4) Quelles sont
les marges de manœuvre de l’opposition face à un pouvoir qui dispose
de tous les moyens et de tous les tours, loin d’observateurs
internationaux que ce même pouvoir a réussi à faire partir en détruisant
le cadre juridique qui permettait leur présence?
5)
Comment donc ne pas penser que ce serait une trahison si des hommes
politiques s'engageaient et engageaient leurs militants dans une aventure
contre la libération du Togo. Comment ne pas parler de trahison?
Avouons
qu’il y a quelque chose de choquant et d'humiliant de savoir d'une part que la stratégie
du RPT n’a jamais changé, et d'autre part, que le Togo a une opposition
dont les dirigeants ne rèvent que d'un pouvoir quelconque, d'une présidence
simplement hypotétique, sans stratégie adéquate et surtout au mépris
du peuple.
Suite ==>
La
philosophie de Togoforum