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JE
VOUDRAIS ME TROMPER...ou alors,
VIGILANCE, VIGILANCE,
VIGILANCE!!!
Barthélémy Assikiba
Souvenons-nous
de Me Joseph Kokou Koffigoh. Le chantre du concept du «grand Kloto»…
Recruté au sein de la société civile et précisement de la Ligue
Togolaise des Droits de l´Homme (LTDH), cet avocat était le symbole de
la lutte populaire. Il portait tous les espoirs de libération de notre
peuple au lendemain du soulèvement du 5 Octobre 1990.
Ce
qu'écrit Agbeyomé Kodjo douze ans après, lui l´avait dit douze ans
avant. Puis, le temps s'en est allé. Il a commencé par renier ses
propres valeurs, par parler en désordre, vendre ses amis de l´opposition,
avant de plier armes et bagages pour rejoindre le camp de celui qu´il
pourfendait.
Souvenons-nous
de Kodjo. Agbéyomé bien sûr… Lui accomplit aujourd´hui le parcours
inverse. Comme lui-même l'écrit dans sa fameuse déclaration, il s'est «investi
corps et âme ». Non pas pour faire avancer le pays, mais
pour aider et soutenir son idole : Eyadèma. Cela, il a oublié de le
dire. Kodjo
a servi Eyadèma. Avec
toute son intelligence bienfaitrice comme machiavélique, avec son cœur
et ses trippes. Il l'a servi sans reserve.
Et,
à l´image de son idole, lui aussi a volé, s'est illicitement enrichi.
Il a nargué, menacé, emprisonné , humilié, torturé et assassiné ou
fait assassiner.
Souvenons-nous.
Oui, souvenons-nous de Kodjo, flamboyant et sadique ministre de l´Intérieur
d´Eyadèma dont le nom est intimement lié au lugubre massacre de la
Place Fréau Jardin de Lomé le 25 Janvier 1993. Bilan : des dizaines
de morts, de disparus et de mutilés à vie.
Souvenons-nous
enfin de Kodjo Agbeyomé. Le Premier ministre. L´Homme de la situation…Imbus
de sa personne, arrogant, insolent, riche et inconscient il a été débarqué
là, pour renforcer le pouvoir du guide en brisant le legitime plan de la
lutte du peuple. Comme le dit l´adage : « Le
tam-tam qui résonne trop fort annonce sa casse… ».
Premier
des ministres d´Eyadèma grisé par la fonction et les privilèges, il se
mit à aboyer trop fort. Il devint même plus royaliste que le Roi. Ce Roi,
ou plutôt ce «Prince» qu'il accuse aujourd´hui de tous les maux(sic).
Il ne voyait pas venir son déclin et courait à sa perte chaque jour.
Souvenons-nous
de ce Kodjo qui sans scrupule ni état d´âme a effectué le voyage de
genève (Suisse) en 2001, pour démontrer avec bec et ongles, sans
vergogne les thèses d´accusations de violations massives des Droits de l´Homme
du régime Eyadèma étaient fausses.
Souvenons-nous
que, malgré les médiations de parents et d´amis, il a jeté son frère
Agboyibo qui, selon lui n´etait pas du bon côté – dans les geôles du
dictateur. Ces prisons étaient devenues les leurs car ils y envoyaient
leurs opposants.
Koffigoh
et Agbeyomé Kodjo ont eu des parcours inverses. Mais les resultats et les
conséquences peuvent être les mêmes. Négatives. Nefastes. Nuisibles.
Nocives pour la suite de notre combat.
Koffigoh
est parti de l´opposition pour atterrir dans les bras d´Eyadèma. Agbéyomé
Kodjo, fabriqué par Eyadèma quitte celui-ci pour jouer à l´opposant
radical,accusant et promettant des «ripostes » (sic). Dans les deux
cas, ces démarches contribuent à embrouiller la donne politique déjà
non moins complexe.
Percus
par les uns telle une provocation vis-à-vis du peuple et un soulagement
par les autre (car la « cour du Roi se vide de ses courtisans »),
les propos de Kodjo contre Eyadèma et ceux de Koffigoh contre l´opposition
feront leur effet.Ceux de Koffigoh avaient refroidi la lutte. Ceux de
Kodjo ameneront le pouvoir á se muscler, se militariser davantage avec
pour conséquence le repli sur soi du RPT.
Je
serai très heureux de me tromper. De savoir que la fuite et les cris de
Kodjo sont de réels prémices d´un radical changement de mentalité, d´une
prise de conscience au RPT. Je voudrais me tromper.
Dans
tous les cas : vigilance,vigilance,vigilance.
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