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AgoraPress 06.24.02

Lomé, le 10 juillet 2002

Editorial

JE VOUDRAIS ME TROMPER...ou alors, 
VIGILANCE, VIGILANCE, VIGILANCE!!!
Barthélémy Assikiba

Souvenons-nous de Me Joseph Kokou Koffigoh. Le chantre du concept du «grand Kloto»… Recruté au sein de la société civile et précisement de la Ligue Togolaise des Droits de l´Homme (LTDH), cet avocat était le symbole de la lutte populaire. Il portait tous les espoirs de libération de notre peuple au lendemain du soulèvement du 5 Octobre 1990.

Ce qu'écrit Agbeyomé Kodjo douze ans après, lui l´avait dit douze ans avant. Puis, le temps s'en est allé. Il a commencé par renier ses propres valeurs, par parler en désordre, vendre ses amis de l´opposition, avant de plier armes et bagages pour rejoindre le camp de celui qu´il pourfendait.

Souvenons-nous de Kodjo. Agbéyomé bien sûr… Lui accomplit aujourd´hui le parcours inverse. Comme lui-même l'écrit dans sa fameuse déclaration, il s'est «investi corps et âme ». Non pas pour faire avancer le pays, mais pour aider et soutenir son idole : Eyadèma. Cela, il a oublié de le dire. Kodjo a servi Eyadèma. Avec toute son intelligence bienfaitrice comme machiavélique, avec son cœur et ses trippes. Il l'a servi sans reserve.

Et, à l´image de son idole, lui aussi a volé, s'est illicitement enrichi. Il a nargué, menacé, emprisonné , humilié, torturé et assassiné ou fait assassiner.

Souvenons-nous. Oui, souvenons-nous de Kodjo, flamboyant et sadique ministre de l´Intérieur d´Eyadèma dont le nom est intimement lié au lugubre massacre de la Place Fréau Jardin de Lomé le 25 Janvier 1993. Bilan : des dizaines de morts, de disparus et de mutilés à vie.

Souvenons-nous enfin de Kodjo Agbeyomé. Le Premier ministre. L´Homme de la situation…Imbus de sa personne, arrogant, insolent, riche et inconscient il a été débarqué là, pour renforcer le pouvoir du guide en brisant le legitime plan de la lutte du peuple. Comme le dit l´adage : « Le tam-tam qui résonne trop fort annonce sa casse… ».

Premier des ministres d´Eyadèma grisé par la fonction et les privilèges, il se mit à aboyer trop fort. Il devint même plus royaliste que le Roi. Ce Roi, ou plutôt ce «Prince» qu'il accuse aujourd´hui de tous les maux(sic). Il ne voyait pas venir son déclin et courait à sa perte chaque jour.

Souvenons-nous de ce Kodjo qui sans scrupule ni état d´âme a effectué le voyage de genève (Suisse) en 2001, pour démontrer avec bec et ongles, sans vergogne les thèses d´accusations de violations massives des Droits de l´Homme du régime Eyadèma étaient fausses.

Souvenons-nous que, malgré les médiations de parents et d´amis, il a jeté son frère Agboyibo qui, selon lui n´etait pas du bon côté – dans les geôles du dictateur. Ces prisons étaient devenues les leurs car ils y envoyaient leurs opposants.

Koffigoh et Agbeyomé Kodjo ont eu des parcours inverses. Mais les resultats et les conséquences peuvent être les mêmes. Négatives. Nefastes. Nuisibles. Nocives pour la suite de notre combat.

Koffigoh est parti de l´opposition pour atterrir dans les bras d´Eyadèma. Agbéyomé Kodjo, fabriqué par Eyadèma quitte celui-ci pour jouer à l´opposant radical,accusant et promettant des «ripostes » (sic). Dans les deux cas, ces démarches contribuent à embrouiller la donne politique déjà non moins complexe.

Percus par les uns telle une provocation vis-à-vis du peuple et un soulagement par les autre (car la « cour du Roi se vide de ses courtisans »), les propos de Kodjo contre Eyadèma et ceux de Koffigoh contre l´opposition feront leur effet.Ceux de Koffigoh avaient refroidi la lutte. Ceux de Kodjo ameneront le pouvoir á se muscler, se militariser davantage avec pour conséquence le repli sur soi du RPT.

Je serai très heureux de me tromper. De savoir que la fuite et les cris de Kodjo sont de réels prémices d´un radical changement de mentalité, d´une prise de conscience au RPT. Je voudrais me tromper.

Dans tous les cas : vigilance,vigilance,vigilance.                                 

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