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21257
CANDIDATS AU BAC II, CANDIDATS A LA MISERE
Mathias Akoulansa
Ils
sont 21 257 candidats
à passer l’examen du baccalauréat cette année au Togo. Cette
année scolaire
a connu , certes, moins de turbulences. Les ministres Koffi Sama et
Agbobli avaient en 2000 chassé plus de 2000 enseignants
parce que ceux-ci réclamaient de meilleures conditions de vie et
de travail. Ils voulaient surtout savoir
la destination de leurs cotisations de retraite qui disparaissaient
sans trace. Cinq années de cotisations évaluées à plus de 3 milliards
de francs par an.
Le CAPCOT (le Collectif des Associations des Professeurs
Contractuels du Togo) dont le président, Dao, qui a eu tous les problèmes
du seul fait qu’il est kabyè, avait été déclaré appendice de
l’opposition. Depuis
les enseignants
sont
inactifs.
Ils tentent de sauvegarder un acquis incertain. Mieux vaut peu que
rien.
Mais
ce calme apparent traduit-il la qualité de l’enseignement dispensé ?
En effet non. « Quel enseignement donné quand on a sa femme malade,
ses enfants affamés ? » s’est interrogé un prof de Philo
dans un lycée de la capitale.
Ils
sont donc 21 257 cette année. Ils étaient 26 000 l’an dernier. Mais
seul 16% avaient réussi soit environ 3402 reçus. Les bruits avaient
alors couru que ces résultats portaient la griffe d’Eyadema. En effet
celui-ci,
las d’attendre les étudiants à Lomé 2
avait appliqué l’adage qui veut que « si Mahomet ne va pas
à la montagne , la montagne ira à Mahomet », en se rendant,
courant premier
trimestre de l’an 2001, à l’Université de Lomé. Mais contre toute
attente il avait été hué , sifflé, injurié. La chose
lui serait resté en travers la gorge
car il avait tout de suite
après fait monter les frais d’inscription de 5000 à 50.000
avant de les réduire à 25 000. « Seuls sont ceux qui
m’insulteront ceux qui auraient payé 50 000 ». On avait ironisé :50
000 ou le droit de huer Gnass.
Combien
seront-ils donc à réussir cette année ? Peu ou nombreux , ils
iront augmenter le nombre des étudiants évalués à plus de 21000, mal
logés, mal nourris, mal habillés, mal éduqués. L’étudiant togolais
n’inspire plus respect, ne suscite plus admiration tant il vit au
crochet des parents des amis , de coco. Et avec tout ce cortège de
souffrances, on dit : « Travail – Liberté
-Patrie ». Ainsi va la République.
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