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AgoraPress 06.24.02

Lomé, le 28 juin 2002

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 21257  CANDIDATS AU BAC II, CANDIDATS A LA MISERE
Mathias Akoulansa

Ils sont 21 257 candidats  à passer l’examen du baccalauréat cette année au Togo. Cette année  scolaire a connu , certes, moins de turbulences. Les ministres Koffi Sama et Agbobli avaient en 2000 chassé plus de 2000 enseignants  parce que ceux-ci réclamaient de meilleures conditions de vie et de travail. Ils voulaient surtout savoir  la destination de leurs cotisations de retraite qui disparaissaient sans trace. Cinq années de cotisations évaluées à plus de 3 milliards de francs par an.   Le CAPCOT (le Collectif des Associations des Professeurs Contractuels du Togo) dont le président, Dao, qui a eu tous les problèmes du seul fait qu’il est kabyè, avait été déclaré appendice de l’opposition. Depuis  les enseignants  sont  inactifs.  Ils tentent de sauvegarder un acquis incertain. Mieux vaut peu que rien.

Mais ce calme apparent traduit-il la qualité de l’enseignement dispensé ? En effet non. « Quel enseignement donné quand on a sa femme malade, ses enfants affamés ? » s’est interrogé un prof de Philo dans un lycée de la capitale.

Ils sont donc 21 257 cette année. Ils étaient 26 000 l’an dernier. Mais seul 16% avaient réussi soit environ 3402 reçus. Les bruits avaient alors couru que ces résultats portaient la griffe d’Eyadema. En effet celui-ci,  las d’attendre les étudiants à Lomé 2  avait appliqué l’adage qui veut que « si Mahomet ne va pas à la montagne , la montagne ira à Mahomet », en se rendant, courant  premier trimestre de l’an 2001, à l’Université de Lomé. Mais contre toute attente il avait été hué , sifflé, injurié. La chose  lui serait resté en travers la gorge   car il avait tout de suite  après fait monter les frais d’inscription de 5000 à 50.000 avant de les réduire à 25 000. «  Seuls sont ceux qui m’insulteront ceux qui auraient payé 50 000 ». On avait ironisé :50 000 ou le droit de huer Gnass.

Combien seront-ils donc à réussir cette année ? Peu ou nombreux , ils iront augmenter le nombre des étudiants évalués à plus de 21000, mal logés, mal nourris, mal habillés, mal éduqués. L’étudiant togolais n’inspire plus respect, ne suscite plus admiration tant il vit au crochet des parents des amis , de coco. Et avec tout ce cortège de souffrances, on dit : « Travail – Liberté  -Patrie ». Ainsi va la République. 

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