TOGOFORUM - DEBATS

L'Accolade Beninoise


Message #897
Date: Aug 02 2000 12:55:49 EDT
From: TOGOFORUM, battybow@email.msn.com
Subject: L'accolade qui renforce l'esprit démocratique au Benin

A l'occasion du 40e anniversaire de l'indépendance du Benin, le 2 Août 2000, le Président Matthieu Kérékou et l'ancien Président, Monsieur Nicéphore Soglo se sont donné une longue accolade. N'est-ce-pas un évenement heureux pour la démocratie et l'Afrique? Ce genre d'attitudes demandent un courage incontestable. Nous devons être des adversaires politiques et non des ennemis. Nous devons prouver que nous avons une seule patrie,  et que tout ce qui touche à cette patrie nous unit, au-delà de nos diversités. Une accolade le jour de notre indépendance ne représentent que l'unité entre des fils d'une même terre. Accolade entre Kérékou et Soglo, C'est la paix des braves. 

Certains analystes y voient une sorte d'"epièglerie" de la part du président Kérékou. Jean Luc Aplogan, sur Radio France Internationale, fait un rapprochement un peu maladroit entre cette accolade et le fait qu'un jour, Matthieu Kérérou est monté sur un Zémidjan pour faire un petit tour de la ville de Cotonou. Pour moi ce rapprochement est inapproprié et hors sujet. Intention délibérée de ne pas saluer le symbole d'unité nécessaire entre les fils d'une même mère et d'un même père, le Bénin et l'Afrique.

Comme en Afrique nous ne savons pas apprécier les grands gestes, nous croyons que monter sur un Zémidjan comme tout autre citoyen relève de l'espièglerie. C'est vouloir enlever tout crédit d'humilité à Matthieu Kérékou. Je crois qu'être président d'un Etat ne signifie pas que l'on ne puisse faire comme les autres citoyens. Si un chef d'Etat est en accord avec son peuple, il n'y pas de raison qu'il ne circule pas librement dans son pays. Imagine-t-on un Eyadema sur un Zémidja à Lomé? Ce ne sont pourtant pas les taxi-moto qui manquent à Lomé. Ni de belles limousines qui manquent à Cotonou. On se souvient qu'avant que Kérékou ne redevienne Président pour la deuxième fois, il se promenait librement à Cotonou et les dames du grand marché Dantokpa lui remplissaient la voiture de biens en signe d'amiration. Peu de présidents en Afrique peuvent en dire autant? C'est le symbole de l'harmonie entre Kérékou et son peuple qui doit nous séduire. Je crois qu'il faut être assez bon dirigeant pour chercher à comprendre comment le commun des citoyens vit. 

En 1993, dans un débat télévisé, un journaliste a demandé à un politicien beninois combien le bol de maïs coûtait à Dantokpa(grand marché de Cotonou). Savez-vous que le politicien beninois, tout parlementaire qu'il était ne put repondre à cette question? Le Monsieur a balbutié quelques mots inintelligibles. On retient seulement qu'il disait avoir une "bonne" et que ce n'est que sa femme et sa "domestique" qui se chargeaient des dépenses menagères. Le politicien en question s'appelle Gracien Pognon, un diplômate de carrière. 

Un chanteur ivoirien a justement dit ceci: "Oh toi là-bas, descends de ton echelle pour vivre nos réalités quotidiennes." (dans série C.. an 2000). Il faut descendre des échelles pour savoir comment vivent les populations profondes. La population va à Zémidjan et non en limousine. Ce sont les réalités quotidiennes.

Qu'il soit monté un jour sur un Zémidjan ou pas, le président Kérékou vient de donner une accolade historique à Nicephore Soglo. Les deux adversaires politiques que rien ne divise fondamentalement se sont donné l'accolade devant le peuple beninois. Un grand  message au peuple. C'est fondamental. Amirons le geste. Que ceux qui veulent diviser les Africains pour régner en souffrent.

Joseph Takeli


Message #898
Date: Aug 02 2000 17:02:50 EDT
From: LIONEL AKUE, lionel16@hotmail.com
Subject: Re: L'accolade qui renforce l'esprit démocratique au Benin

Joseph:
Je ne puis rien dire mais tout simplement te retirer mon chapeau pour cette realite que tu viens de nous reveler. Je suis tellement fier de ton intervention.Que plus d'uns en tirent les lecons pour le meilleur de nos peuples. Je reve avec toute sincerite que ce moment vienne au Togo et partout en Afrique. Le poete Africain disait que "La langue et les dents appelees a coexister toute une vie, passent tout leur temps a se dechirer." Joseph, encore une fois felicitation.

Lionel


Message #899
Date: Aug 06 2000 09:07:11 EDT
From: Anselme YABOURI,  yabouri@go.com
Subject: Accolade sincere ou farce politique?

Suite aux reactions fort interressantes de Joseph et Lionel,

J'aimerais modestement contribuer en faisant remarquer a ceux qui considerent que l'accolade entre Kerekou et Soglo releve de l'espieglerie se trompent de combat.

Car en realite, la question n'est pas de savoir si l'accolade a ete sincère ou non.

 Il s'agit plutot de savoir si des les protagonistes de la scene politique d'une nation sont capables de coexister pacifiquement et de demontrer au peuple que, par dela les divergences politico-ideologiques, l'objectif est de se mettre au service de la construction de la nation, dans une atmosphere de tolerance et de coexistance pacifique. Ceci en comptant sur les poids et contre-poids du systeme democratique qui alloue un espace de manoeuvre, de visibilite et d'honorabilite a la minorite confinee dans l'opposition; et donc une possibilite de renverser la vapeur par le jeu de l'alternance democratique, pour le plus grand benefice suppose de la nation qui est censee (car il existes quelques terribles exceptions du genre du National Socialisme)en sortir toujours gagnante.

Par consequent, le plus important dans l'acte que ces deux animaux politiques que sont Soglo et Kerekou ont pose (l'accolade)reside moins dans sa sincerite ou sa non-sincerite que dans le fait qu'il envoie un signal fort au peuple pour lui demontrer que les divergences politiques et d'opinion ne doivent guere entraver l'esprit de coexistance, de discussion dialectique et de confrontation pacifique de methodes differentes de gouvernement qui doivent tout a la fois animer les electeurs que les elus et elus potentiels que sont les politiciens de la mouvance au gouvernement et de l'opposition.

C'est seulement par l'adhesion a de telles methodes qui privilegient la persuasion et le combat d'idee a la rustre violence a laquelle nous ont trop longtemps habitue nos dictateurs incultes que nous pouvons faire progresser nos pays si economiquement et politiquement meurtris et, par effet d'entrainement, oeuvrer a une unite de notre continent.

En cela, le geste du duo Kerekou/Soglo, peu importe qu'il soit theatral ou pas, est utile et doit servir d'exemple a travers tout le continent.

Anselme


Message #901
Date: Aug 06 2000 23:33:55 EDT
From: RAMANE SALIFOU, sramane@hotmail.com
Subject: Re: Accolade sincere ou farce politique?

Soyez le bienvenu parmi nous frère Anselme,

Comme viens de le dire Joseph, nous devons tout faire pour instaurer la culture démocratique chez nous. Ton analyse est très édifiante. Ce qui  importe dans l’accolade que nos détracteurs cherchent absolument à minimiser à travers leurs peroquets locaux, c’est le message d’une possibilité de  cohabitation. Ce genre d’accolade fait verser des larmes à toute âme sincère. Avez-vous jamais suivi un fils où à la fin vous constatez que vous versez des larmes. Tout simplement parce que l’inattendu ou l’impossible pourtant désiré s’est enfin réalisé. Comme je viens de le souligner, il faut être d’une âme sincère pour resentir ce genre de soulagement qui vous fait verser des larmes.

Joseph l’a déjà souligné dans son analyse que j’ai beaucoup aimée. J’ai été content que sa reflexion ait été affiché sur la DIASTODE. Joseph dit qu’en Afrique nous ne savons pas saluer les grands gestes. Je partage entièrement cet avis. Je revis ici notre façon trop singulièrement complexée de concevoir un chef d’Etat qui serait à jamais au dessus du peuple, loin du peuple, entièrement à part et totalement semblable à Dieu le père que personne n’a pourtout jamais vu. D’aucun vous dirons tout bêtement que cela les rabaisse en tant que citoyens de voir leur leader dans une certaine 
position pourtant non équivoque ni compromise du point de vue intégrité. 

Nous aimons la bonbance, l’élégance, la sape etc… Ainsi par exemple, des gens n’hésitent pas à admirer le côté sapeur du général président du ou de Kodjo le coq. Oui, c’est bien normal qu’une certaine élégance séduise, mais ne nous exerçon pas à ne savoir admirer que le physique, admirons surtout le spirituel dans le sens non religieux du terme. Aussi n’oublion pas le proverbe français qui dit qu’à vieille mule, ceinture dorée. Sankara à vélo dans la ville Ouagadougou aurait certainement donné une belle giffle a Jean Luc Aplogan. Nous disons souvent: Oui, il a la carrure d’un président, voila quelqu’un qui a la carrure d’un président. Se serait beaucoup mieux si nous pouvions lutter pour avoir le physique et le moral en harmonie. Quelle est la carrure d’un bon dirigeant si ce n’ai son intégrité et son amour pour le peuple.

Faire une analyse sciemment erronnée, c’est-à-dire  de très mauvaise foi, de deux actes pourtant propres et nobles fait partie des prouesses qu’on retrouve souvent chez les media qui ont pour objectif de détruire des peuples entiers. Les média occidentaux, dont Radio France Internationale, 
présentent toujours l’Afrique sous de très horribles jours. Comment admettre que deux politiciens en Afrique peuvent faire la paix des braves sans verser du sang humain(guerre)? Ce n’est pas normal de le concevoir. Il faut bien sûr des relais locaux à ce genre de manoeuvres délibéremment rabaissantes de l’Africain. Comment contredire Chirac qui veut que la démocratie soit un “luxe pour les Africains.”

Malheureusement, avec la prolifération des antennes de RFI sur FM dans les villes et villages du continent, on se demande bien ce qui restera de notre culture dans les 25 à 50 ans à venir. On se demande bien de quel bois seront forgées les générations qui n’auront ainsi grandies que sous le mensonge et la désinformation. Comment peut-on honnêtement juger de négatif le fait qu’un chef d’Etat soit monté ou ait eu l’intention de monter sur un taxi moto. Nous pouvons aisément imaginer les qualités qu’il faut avoir pour servir comme journaliste sur RFI.

Ramane Salifou


Message #902
Date: Aug 08 2000 14:50:27 EDT
From: Claude Ayimenko, shunshiryu@yahoo.com
Subject: S' unir ou périr.

Bonjour à vous chers frères et soeurs, 

Je reçois avec plaisir, depuis un certain temps, les échanges d’idées concernant notre cher pays. Je tente aujourd’hui d’apporter mon humble concours aux débats qui nous agitent, nous opposent, mais qui toujours nous font penser le bien de notre nation.  

En fait de débat, je souhaite surtout vous soumettre la pensée qui s’impose à moi suite aux dérives
politiques et comportementales des leaders de l’opposition lorsqu’ils ont goûté au pouvoir, ou
lorsqu’ils en sont tout près. Je parle de toutes ces pensées égoïstes, ambitieuses qui vont jusqu’à
obstruer le jugement, et qui les rendraient incapables d’une simple accolade, ne fût ce que pour donner une signal fort au peuple. J’ai l’intime conviction que ces hommes sont incapables d’un tel geste, et que nombre d’entre eux se haïssent à tel point que ce contact physique tiendrait de la gageure. En d’autres termes, ils ne résisteraient pas à l’envie de se planter un couteau dans le dos. Puisse l’histoire me donner tort : je l’espère sincèrement. 

Le mensonge, la trahison politique, la manipulation et toute autre forme de rouerie font partie de l’univers politique de tous les pays du monde. Ils nous apparaissent comme des moyens discutables mais justifiés par une noble qui est de gouverner avec sagesse. Cette attitude, qui est tolérable dans une démocratie établie, se révèle mortelle pour le peuple dans une phase de transition démocratique. Nous en avons fait la douloureuse expérience au Togo. Lesdifférents retournements de veste de nos leaders ont tué la transition, discrédité l’opposition, et – plus grave encore – renforcé le général. 

Au Togo comme ailleurs, le pouvoir soumet celui qui l’exerce à de terribles tentations. A ceci près que dans une démocratie naissante, la probité des dirigeants de la transition est indissociable de la
réussite du processus. Que la peur, la soif de pouvoir, ou le manque de conscience politique ait
conduit des hommes à faillir dans leur tâche de dirigeant est tout à fait regrettable…. Mais il est
une chose qui l’est encore plus : l’incapacité de la CNS à prévoir une faille si commune à l’âme humaine.

Ils ont consacré toute leur énergie à justifier leurs décisions par des principes démocratiques. Ils ont
voulu créer un filet complexe de lois censé piéger le général… Mais le général n’use pas de la loi. Il use de la violence et de l’intimidation. 

La primature a été conçue sur un modèle démocratique purement calqué sur celui de… la France ! Ceci démontre – s’il en était besoin – à quel point il semble difficile d’imaginer un modèle de fonctionnement démocratique différent de celui que nous ont enseignés nos maîtres… « Qui me  forme me déforme » ; nombre d’entre nous devraient y penser.  

Sans prétendre donner des leçons à des gens rompus aux rouages de l’État, je me demande s’il n’aurait pas été préférable de diluer le pouvoir de l’exécutif en instaurant, pour la transition, un régime strictement parlementaire. Bien sûr, on reproche à ce genre de systèmes d’être lent à prendre des décisions…A mon sens, une assemblée est plus difficilement corruptible et intimidable qu’une personne lestée du poids du pouvoir. Le choix de la CNS concernant ce problème, ainsi que la réaction de J.K.K. lorsqu’il fut choisi, aurait dû interpeller les forces démocratiques. Mais il n’en fut rien. 

J’ai la terrible impression que la noble tâche de rédaction des lois fondamentales de notre pays a été
accomplie par des hommes pollués par leurs ambitions personnelles. 

J’ai la terrible impression que le mot d’ordre n’a pas toujours été de démettre le général pour instaurer la démocratie. Certains ont pensé avant terme à se ménager une place sur l’échiquier politique virtuel qui existerait après la tyrannie. L'âge requis pour être président, les problèmes de nationalité, etc…étaient ils réellement importants ? J’en doute. En 5, la constitution française a été construite par De Gaule, et pour lui-même. Je vois que son cas a fait école ; à la différence près que le sang togolais a encore coulé. Bien sûr, je reconnais l’utilité, le courage, et la relative honnêteté de ces hommes et femmes qui ont défié le pouvoir. Mais pour réussir, il ne fallait pas que ça. Il fallait une grande abnégation, et force est de constater que nous ne sommes pas des saints. 

Du coup, ils ont failli. Nombre d’entre nous ont payé cette erreur de leur vie sous les coups des
militaires, d’autres ont été contraints à l’exil. Est il possible d’avoir un jour des hommes qui veulent
aider notre pays sans, pour autant, vouloir le gouverner quel qu’en soit le prix ? Ma réponse est «
oui, sans doute ». Mais une chose est certaine, ce ne sont pas des hommes gravitant aujourd’hui autour des deux postes majeurs de l’exécutif, se faisant appeler « leaders », et prétendant cristalliser à eux seuls l’espoir du peuple togolais que viendra le salut. 

En d’autres termes, une nouvelle lutte s’annonce. Plus perfide et âpre que la précédente. La mascarade d’une union démocratique n’aura plus de raison d’être si un jour le général n’est plus là pour justifier une union sacrée entre les différents partis d’opposition. La rue sera prête à mourir pour sa liberté, les militaires voudront le pouvoir, et nos « leaders » s’entre-déchireront pour la gloriole d’une primature… Alors je ne vois qu’une alternative : soit ces «leaders » auront mûri, soit le général pourra se targuer, depuis sa tombe, d’avoir encore raison: ce sera le chaos. 

Je vous laisse deviner les perdants de cette sanglante triangulaire. 
  
Limoges (France), 8 août 2000 
Claude Ayimenko 


Message #904
Date: Aug 10 2000 02:15:16 EDT
From: battybow, battybow@email.msn.com
Subject: S'unir ou périr
Frère Claude,
 
Merci d'avoir décidé de joindre votre voix à la notre sur cet petit espace afin qu'ensemble, nous contribuions de notre mieux à l'établissement de la culture démocratique et son corollaire, l'indépendance véritable et le développement économique et social. Chers frères et soeurs, disons tous ensemble Merci et Félicitations à notre frère pour sa présence parmi nous et surtout pour son analyse aussi rigoureuse qu'éducative. C'est le lieu de dire que l'epoir est permi pour le Togo. Ne dit on pas que toute Dictature se nourrit du silence de son peuple? Eh bien, je crois que nous sommes en droit d'espérer qu'avec les diverses analyses de compatriotes qui commencent par fuser de partout, la dictature actuelle ou celles qui seront tentées de lui succéder ne pourront plus compter sur le silence des Togolais pour régner. In cha' Allah! 
 
 Claude, tu viens de décrire les leaders togolais tels qu'ils sont. Pleins de rancueurs, très prompts à la calomnie, incapables de se tolérer et de "donner le signal fort au peuple" en faisons ce qui nous rejouit chez les politiciens Beninois, c'est-à-dire se donner de simples accolades. Je crois que le frère Ramane l'a très bien dit aussi sur Togoforum et sur la DIASTODE, dans un style à la fois imagé et piquant. Pour mettre l'accent sur l'attitude presqu'animal de nos leaders dont nous autres(peuple du Togo) souffrons et souffrirons pour longtemps peut-être, je vais reprendre un passage de ton analyse, Claude: "En d’autres termes, ils(nos politiciens) ne résisteraient pas à l’envie de se planter un couteau dans le dos. Puisse l’histoire me donner tort : je l’espère sincèrement." Amen, c'est ce que je peux ajouter.
Chers frères, l'analyse de Claude aborde aussi entre autres points très importants, la question de savoir si la constitution que nous avons au Togo est adaptée à nos réalités. Je pense qu'il y a beaucoup a en dire. Je ne saurais vous décrire ma peine lors de l'adoption de l'avant projet de constitution pendant la Conférende National de 1991. Je revois Me Djovi Gali imposant à tout un peuple un projet de constitution sans donner des chances à ce peuple de comprendre ce à quoi on l'engageait. Alors qu'il était parfaitement normal et loisible à nos présidentiables de la sale FAZAO de faire trainer la Conférence sur des inutilités, il leur a semblé tout à fait normal et loisible de faire adopter un projet de constitution sans reflechir. Ceux qui ont des cassettes de la CNS n'ont qu'à revoir les passages relatif à l'adoption de l'avant projet de constitution. Vous serez très surpris de la mise en scène dont l'acteur principal était maitre Gali. Il semble qu'il fallait absolument faire adopter le Régime semi-présidentiel au Togo. Il le fallait absolument. 
 
La question n'est pas de savoir si l'on est contre un regime à la française ou pas. La question est de savoir si nous n'avions pas le droit d'y refléchir assez mûrement. La question n'est pas non plus de savoir si l'on préfèrerait plutôt un regime présidentiel ou parlementaire. La question me semble de savoir si nous ne pouvons pas concevoir une constitution qui tienne compte de nos réalités. L'Afrique du Sud l'a fait et pourquoi n'aurions-nous pas pu le faire en 1991? C'est étonnant la paresse intellectuel qui nous caractérise ou la facilité avec laquelle autrui peut nous convaincre que son mode de vie à lui est le meilleur et que par conséquent nous sommes tenus de le copier.
 
Un autre vrai problème est que très peu de citoyens d'un pays(et surtout du Togo) comprennent les rouages constitutionnels les regissant. Ceci fait que la poignée qui en sait quelque chose en use à loisir. La Constution française a été conçue sur la mesure du général de Gaule dans un contexte d'après guerre. de Gaule avait besoin de pouvoirs assez étendus pour asseoir la France affaiblie par la Guerre Hitlérienne. Donc la force du président de la république fait du régime Français un régime présidenciel.  En même temps que la Constitution avait prévu un chef d'Etat assez fort, elle prévoyait un chef de Gouvernement nommé par le président de la republique dans la majorité parlementaire. Apparemment, dans l'entendement du constituant français d'alors, la majorité parlementaire ne pouvait être autre que celle à laquelle appartient le président de la répulique. Le système marche bien tant que le président de la république et la majorité parlementaire sont issus de la même tendance politique. Mais au cas contraire, c'est le chao(en Afrique francophone) ou la cohabitation avec ces inconsistances. 
 
La notion de cohabitation n'est apparue pour la première fois en France qu'en 1986. Entre Mitterrand de gauche et Chirac de droite. Tout le monde se souvient encore des petites guerre d'apprentissage qu'il y a eu entre les deux "animaux politiques français." Mais en réalité, le système n'a survecu que grâce à la culture démocratique ambiante, au sens de compromis des politiciens francais et surtout au souci de sauvegarder l'intérêt superieur de la France. Tout ceux qui ont quelque connaissance du droit constitutionnel vous diront, s'il sont de bonne foi, que le régime politique français est un système sans visage. Ni présidentiel, ni parlementaire. Un système qui ne survit que grâce au compromis et au souci de préserver l'intérêt de la France. Un système qu'on ne saurait importer tel quel en Afrique. Et pourtout....
 
L'impérialisme français s'est dit: <<Notre systéme politique n'est  pas du tout bon, mais c'est un bon outil de destabilisation dans nos anciennes colonies francophones d'Afrique et d'ailleurs. Là-bas en Afrique, il n' y a pas de culture démocratique, c'est le tribalisme, il n' y a pas de sens du compromis, ni d'amour ni de respect de l'intérêt supérieur de leur pays. Maintenant qu'on y parle de democratie, nous pouvons nous servir de notre constitution exporté là-bas pour destabiliser les systémes politiques. Si nous trouvons quelques intello qui pourraient jouer pour nous là-bas, ça y est.
Maintenant que nous ne pouvons plus utiliser un Bob Dénard, nous avons une arme assez efficace. Notre constitution bicéphale et vénimeuse.>> Belle stratégie, et je vous assure qu'elle marche. Des exemples existent.
 
Les résultats ne se sont pas fait attendre: Le Niger est tombé dans le chao après une transition très réussie. On connait la suite. Au Benin, le président Nicephore Soglo a pu terminer son mandat parce que le Benin est régi par un regime présidentiel. Les tentative de le faire furent nombreuses. Au point même où il y eut une brouille très sérieuse entre le président béninois et l'ambassadeur de France qui se permettait de rassembler l'opposition à Soglo a l'embasse pour des plans macabres. Et lorsque Kérékou(quoiqu'admirable) est revenu aux affaires avec l'aide de la France, il a été envisagé une révision constitutionnel pour introduire un premier ministre qui serait nommé dans majorité parlementaire. On a même nommé, de façon anticonstitutionnel un certain Adrien Houngbedji, Premier Ministre. Ce dernier n'a pas réussi sa mission de faire amender la constitution. Il a dû jeter l'éponge, tellement les acteurs politiques beninois sont tenaces et entêtés. Au Togo, le flou Constitutionnel a permis à Monsieur Eyadema de nommer celui qui plaisait le plus à l'Hexagone, Edem Kodjo, au détriment de Me Yaovi Agboyibor; etc...    
 
Alors, mes chers frères et soeurs, que diriez-vous de commencer individuellement à vous intéresser à la connaissance minimal du constitutionnel pour éviter que des cercles ésotériques souvent mal intentionnés ne nous imposent des idées ou plans de vie destructeurs. Que diriez vous également de commencer(chacun) par réfléchir à des projets de constitutions qui seraient adaptées à nos réalités? Ceci n'est pas impossible. Personne ne doit le faire à notre place car comme nous le voyons, importer la constitution française est exactement comme si nous établissions une bombe dans notre maison tout en sachant qu'elle explosera tôt ou tard et nous avec. 

Joseph Takeli


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